dimanche 28 décembre 2008

Bye bye 2008 (bilan de La Nuit)

Cette période de l'année est propice aux rétrospectives et ce blogue n'y échappe pas... Voici donc l'année du Collectif anarchiste La Nuit en revue. Une façon comme une autre de répondre à la question «mais qu'est-ce que ça mange en hiver un collectif anar» et de mesurer le chemin parcouru...

Rapport d'activités 2008

Pour le Collectif anarchiste La Nuit, l'année 2008 débute réellement... le 9 décembre 2007. C'est en effet lors d'une «union régionale» à Montréal qu'est adoptée ce qui teintera fortement le plan d'action de l'année, à savoir la «refondation» de la NEFAC au Québec dans un processus «ouvert». C'est également lors de cette réunion qu'est adopté, sur proposition de La Nuit, le principe d'une manifestation antimilitariste pour commémorer le 90e anniversaire des émeutes de la conscription.

C'est à la fin janvier que sort le no 18 de Cause commune, le journal de la NEFAC au Québec. Pour la deuxième année consécutive, le journal est produit à Québec. La Nuit distribue un millier de copies de chaque livraison, moitié dans les luttes, moitié dans divers endroits du centre-ville. La 'Une' de ce numéro enclenche la mobilisation antimilitariste prévue pour le mois de mars.

L'appel officiel pour cette manifestation est d'ailleurs lancé le 17 février. La NEFAC a réussi à rassembler pour l'occasion une coalition couvrant l'ensemble de l'extrême gauche. Rapidement des centaines d'affiches fleurissent sur la ville (les différents groupes participants en colleront plus de 600).



Le 21 février, une partie des militantEs du Collectif ont grossi les rangs du mini-cortège rouge et noir constitué par les étudiantEs de la NEFAC dans la manifestation nationale de l'ASSÉ à Québec.

En mars, notre camarade Mathieu lance à l'AgitéE son bouquin sur l'histoire de l'anarchisme au Québec. Il s'agit là du fruit de plusieurs années de labeur à retracer le fil de l'histoire libertaire dans la province (entre autre sous forme de chronique dans Ruptures). Le livre reçoit un bon accueil et est l'objet d'activités publiques aux quatre coins de la province.

C'est également en mars qu'est sorti le no 19 de Cause commune. Au sommaire de ce numéro, l'appel à la manifestation antimilitariste du 28 mars, bien sur, mais également un retour sur le lock-out au Journal de Québec, un texte sur l'appui que le mouvement populaire venait d'accorder à la revendication de gratuité scolaire et un premier appel au Camp des 4 Sans organisé par le FRAPRU.



Le 28 mars, environ 300 antimilitaristes ont défilé à Québec à l'appel d'une coalition d'extrême gauche initiée par la NEFAC.

Le premier mai a été cette année l'objet d'un certain cafouillage à Québec. En effet, la section locale du PCR avait voulu rééditer le succès de la manifestation du 28 mars en montant une nouvelle coalition large autour d'une manifestation de soutien aux lockoutéEs du Journal de Québec. Malheureusement, la coalition n'a jamais levé et, de mal-entendus en gaffes politico-syndicales, nous avons décidé de retirer notre appui à l'initiative maoïste. Finalement, nous avons fait acte de présence par curiosité et solidarité, sans plus. Espérons que le premier mai sera mieux organisé en 2009! Oh, la journée internationale des travailleurs et des travailleuses fut également l'occasion de lancer le no 20 de Cause commune. Ce numéro du journal était presqu'exclusivement consacré au droit de grève et au travail précaire.

Mi-mai, le Collectif fait un saut à Montréal pour le Salon du livre anarchiste. Le Salon est l'occasion pour notre organisation de sortir une foule de brochures à bas prix. De notre côté, nous en profitons pour sortir une critique du programme du PCR qui fut d'abord publiée sur ce blogue en chroniques. Si ce texte n'a pas connu une très large diffusion «papier» (une centaine de copies), il a eu une surprenante diffusion électronique (+ de 3450 hits sur le site de la NEFAC!). Outre cette brochure, le Salon fut également l'occasion pour La Nuit de diffuser des livres écrits par nos camarades (Sur les traces de l'anarchisme au Québec mais également The abolition of the state d'un camarade la NEFAC-NYC).


Le 26 mai, le Collectif reçoit de la visite de France. En effet, Guillaume et Juliette, deux camarades d'Alternative libertaire, ont décidé de profiter du Salon du livre anarchiste de Montréal pour visiter un peu le Québec. Ce fut l'occasion d'organiser une petite réunion publique à la Page Noire sur le projet de société communiste libertaire (un thème que les camarades d'AL ont développé dans un petit bouquin disponible, justement, à la Page Noire...).

video

Le 15 juin, des membres de la NEFAC profitent d'une Union régionale de la Fédération pour changer le nom d'une rue dans le Vieux-Québec. L'action est remarquée et fait l'objet d'une brève dans Média Matin Québec (le journal publié par les lockoutéEs du Journal de Québec).

En juin, c'est la sortie du no 21 de Cause commune. C'est l'occasion pour le Collectif de mousser deux évènements qui ont lieu à Québec, à savoir le Camp des 4 Sans et la manifestation antimilitariste du 3 juillet. C'est aussi la première fois que la NEFAC fait brièvement état publiquement de sa volonté de se «refonder».



Malgré beaucoup de bonne volonté, la participation de la NEFAC aux grandes manifestations de l'été n'a pas exactement été à la hauteur (peu de visibilité, pas de cortège faute de coordination). Comme quoi on ne peut pas toujours tout réussir...

Le 17 juillet, répondant à un appel à la solidarité de la CNT, une centrale anarcho-syndicaliste française, des membres du Collectif redécorent l'ancien magasin Omer de Serres du quartier Saint-Roch.

À la mi-août, la NEFAC annonce la création d'un forum de discussion anarchiste «Québec» sur le forum international Anarchist Black Cat. L'idée est de favoriser la discussion entre communistes libertaires dans la province.

C'est également en août qu'a lieu l'assemblée générale annuelle du Collectif. Outre les banalités d'usage (plan d'actions, rapport d'activités), ce fut l'occasion d'adopter une toute nouvelle «Charte du Collectif». Ce document de base couche sur papier notre mode de fonctionnement interne, ce qui était rendu nécessaire pour l'intégration des nouveaux et nouvelles. Grandes innovations: le Collectif créé un statu de sympathisantE et un bulletin de liaison pour faciliter la participation.

Le 3 septembre, le Collectif participe, avec quelques centaines de personnes, à une nouvelle édition du Réclame ta rue. C'est l'occasion pour notre groupe de sortir notre toute nouvelle table de littérature... Et de prendre une insolation dans Limoilou!! (Photos).

Fin septembre, une soirée d'échange privée a eu lieu avec des camarades proches du Collectif pour leur présenter le projet de «refondation» de la NEFAC. Plusieurs nouvelles collaborations sont nées de cette rencontre.



En septembre, la NEFAC s'unit au CRAC-Saguenay pour une campagne d'affichage abstentionniste pendant la campagne électorale fédérale. À Québec, les membres de La Nuit collent plus de 500 affiches.



Pour la deuxième année consécutive, plus de 80 personnes ont répondu à l'appel conjoint d'Ainsi squattent-elles et du Collectif anarchiste La Nuit pour une contre-manifestation pro-choix. L'action a attiré l'attention de certains journalistes (ici le Journal de Québec).

C'est au début octobre que sort le no 22 de Cause commune. La 'Une' entière est consacrée à la campagne abstentionniste menée conjointement par la NEFAC et le CRAC-Saguenay. À l'intérieur, on trouve un appel passionné à «refonder l'anarchisme organisé». Si ce texte a été accueilli avec scepticisme dans les villes où l'organisation est relativement bien implantée comme Montréal et Québec, il a soulevé l'enthousiasme de plusieurs anarchistes «en région». Il y a de quoi : pour la première fois de mémoire de militantE, un appel clair était lancé pour «sortir l'anarchisme des grandes villes» et «l'implanter sur tout le territoire». De plus, les initiateurs et les initiatrices de l'appel s'engageaient à «soutenir matériellement et moralement quiconque voudra intégrer un groupe existant de la nouvelle organisation ou en développer un dans sa ville». Plusieurs rencontres en région ont été organisées suite à cet appel (des membres de La Nuit sont notamment alléEs à Saguenay et Trois-Rivières).

En novembre, les libéraux prennent tout le monde les culottes à terre en déclenchant des élections provinciales juste après les élections fédérales. Au début novembre, le Collectif décide de reprendre une affiche produite par le CRAC-Saguenay pour relancer sa campagne abstentionniste. Nous en avons collé près de 500 dans les rues de Québec.

C'est également à la fin novembre qu'est finalement fondée l'Union communiste libertaire (UCL) au terme d'un processus ayant duré près d'un an. La refondation «ouverte» semble avoir donné de bon résultats puisque la nouvelle organisation compte deux fois plus de militantEs que la NEFAC...

À la mi-décembre, des membres du Collectif visitent les lignes de piquetage des supermarchés Maxi en grève. Les camarades en ramènent une entrevue qui sera diffusée sur les ondes de CKIA 88,3 FM et un article qui sera publié en 'Une' du journal communautaire Droit de parole.

* * *

À tout cela pourrait se rajouter nos implications sociales et politiques diverses (et il y en a!) mais, en ce qui concerne le collectif, c'est à peu près ça. Nous pourrions sans doute faire plus. Mais, pour cela, il faudrait être plus nombreux et nombreuses...

* * *

Retour vers le futur...
Que nous réserve 2009?

Difficile de dire dès maintenant de quoi sera fait 2009 pour le Collectif anarchiste La Nuit. Parions que nous allons continuer sur notre lancée avec ce blogue et l'émission de radio. Nous comptons également lancer une campagne sur le thème de la crise économique. Rien n'est encore coulé dans le béton mais nous envisageons un dosage d'information et d'actions. Nous aimerions également participer à l'organisation d'une grande manifestation populaire pour le Premier mai...

Autre dossier, il faudra bien consolider l'UCL et la faire connaître à Québec et au Québec. Pour ce faire, nous avons l'intention d'organiser une réunion publique à Québec au début 2009. Sinon, tout au long de l'année nous allons tenter de raffiner notre unité théorique et tactique, entre autre via la rédaction d'un manifeste communiste libertaire et l'organisation de groupes d'étude. Bref, beaucoup de pain sur la planche...

Incontournable...

Après des centaines de morts perpétrées par les forces armées d'Israël, je me suis dit que c'était là la seule image qui pouvait exprimer tout le dégoût que m'inspire cette situation.
C'est peut-être facile, mais je ne pouvais pas m'en empêcher. Après plus de soixante années de massacres et d'injustuces, un gars se retrouve à court d'arguments.
Nous verrons encore une fois des cailloux voler à la venue de blindés, des milliers de PalestinienNEs mourir sous le feu d'armes sur-développées. Surtout, nous aurons certainement la malchance de voir des "spécialistes" défendre Israël...

vendredi 26 décembre 2008

Le spectre de la liberté vient toujours le couteau entre les dents

Les surréalistes grecs nous ont transmis le message suivant

Tirer dans la chair est le point culminant de l’oppression sociale

Toutes les pierres arrachées des trottoirs et jetées sur les boucliers des flics ou sur les vitrines des temples de la marchandise ; toutes les bouteilles enflammées gravitant sous le firmament ; toutes les barricades érigées dans les avenues, séparant nos espaces des leurs ; tous les containers plein des déchets d’une société consumériste que les flammes de l’émeute transforment, d’un rien en un quelque chose ; tous les poings dressés à la lune ; ce sont les armes qui donnent un corps et un vrai pouvoir, non seulement à la résistance, mais aussi à la liberté. C’est ce sentiment de liberté qui, seul, mérite qu’on parie sur de tels moments : le sentiment des matins oubliés de notre enfance, lorsque tout peut arriver, parce que c’est nous, comme être humains créatifs, qui nous sommes réveillés, et non les futures machines-hommes productives du subordonné, du stagiaire, du travailleur aliéné, du propriétaire privé, du père de famille. C’est le sentiment de se confronter aux ennemis de la liberté – de ne plus les craindre.

Ainsi, celui qui veut continuer à penser à ses propres affaires, comme si rien ne se passait, comme si rien ne s’était jamais passé, a de sérieuses raisons de s’inquiéter. Le spectre de la liberté vient toujours le couteau entre les dents, avec l’envie violente de rompre toutes les chaînes qui réduisent sa vie à une misérable répétition, permettant aux rapports sociaux dominants de se reproduire. Depuis samedi 6 décembre, aucune ville dans ce pays ne fonctionne normalement : pas de thérapie par l’achat, pas de routes dégagées pour rejoindre nos lieux de travail, pas de nouvelles des prochaines initiatives du gouvernement pour le rétablissement, pas de va-et-vient insouciant entre des émissions de télé sur la façon de vivre, pas de conduites nocturnes autour de Syntagma, et ainsi de suite. Ces nuits et ces jours n’appartiennent pas aux boutiquiers, aux commentateurs télé, aux ministres et aux flics. Ces nuits et ces jours appartiennent à Alexis !

En tant que surréalistes, nous sommes sortis dans les rues dès le premier moment, ensemble, avec des milliers de rebelles et d’autres gens exprimant leur solidarité, parce que le surréalisme est né du souffle de la rue et n’a pas l’intention de le lâcher. Après cette résistance massive aux assassins d’État, le souffle de la rue est encore plus chaud, encore plus accueillant et encore plus créatif. Proposer une direction à ce mouvement ne nous correspond pas. Toutefois, nous assumons toute la responsabilité de la lutte commune, parce que c’est une lutte pour la liberté. Sans être obligés d’approuver chaque expression d’un mouvement aussi massif, sans être partisans de la colère aveugle ou de la violence pour elle-même, nous considérons que l’existence de ce phénomène est juste.

Ne laissons pas ce souffle flamboyant de poésie s’éteindre ou mourir !
Convertissons- le en une certaine utopie : la transformation du monde et de la vie !
Pas de paix avec les flics et leurs patrons !
Tout le monde dans la rue !
Qui ne peut comprendre la rage se taise !

Groupe surréaliste d’Athènes, décembre 2008

Pendant ce temps en Écosse...

Premier mai 2008 à Glasgow (peut-être pas Praxis...)

Groupe Praxis : « construire un pouvoir populaire »

Praxis est un jeune groupe communiste libertaire écossais. À Glasgow, ses membres militent beaucoup dans les associations de quartiers. Nos camarades irlandais du Workers solidarity movement (WSM) les ont interviewés [et nous on a repiqué cette traduction du site d'Alternative libertaire].

WSM : Que faites-vous à Glasgow ?

Praxis : L’an dernier, plusieurs d’entre nous ont monté un centre social visant à organiser les habitantes et les habitants des quartiers localement [1]. Ce centre a lui-même permis de lancer trois associations de quartier et d’aider à en monter une autre. […] Nous avons aussi lancé un journal spécifique pour les habitantes et les habitants, qui est distribué dans les épiceries, les points presse et les bibliothèques municipales. […]

En ce moment, on essaye de créer un mouvement dans le quartier de Maryhill pour s’opposer à la « gentrification » [2] en montant par exemple des associations de locataires […]. À l’échelle de la ville, nous nous efforçons de développer une fédération des associations de quartier […]. Avec le temps nous espérons qu’une [telle] organisation pourrait se battre pour plus de transports publics, pour plus d’espaces verts et de logements. […]

WSM : Quel but poursuivez-vous en faisant cela ?

Praxis : En Ecosse, les autorités locales ont beaucoup de pouvoir, surtout dans les grandes villes comme Glasgow. […] Il nous faut développer ce genre d’organisation de masse capable de mettre la pression à ces autorités pour obtenir de véritables avancées de classe. […] [Par exemple] il y a fréquemment des luttes contre les compagnies publiques et privées [qui gèrent les transports publics]. Elles sont rarement connectées aux luttes des quartiers […]. C’est un échec structurel du mouvement ouvrier […]. Liées à une stratégie municipale de contre-pouvoir au sein de nos quartiers, ces luttes pourraient [au contraire] permettre d’accumuler les victoires. […]

C’est notre travail en tant que révolutionnaires non pas de dire aux gens de se battre plus, mieux et plus vite dans des campagnes sans fin qui n’aboutissent à rien […] mais de nous impliquer dans nos quartiers et nos lieux de travail pour construire un pouvoir populaire. Construire ce pouvoir populaire veut dire essayer de monter des associations de quartier pour des améliorations spécifiques, puis s’organiser en coalition et en réseaux, puis enfin en fédérations. […] Ces larges fédérations pourraient […] arracher des concessions aux autorités, et même au final constituer un double pouvoir. On comprend parfaitement cela quand il s’agit d’un lieu de travail, mais on s’enflamme beaucoup moins pour les quartiers et leurs habitants, sans même parler de créer des liens au sein d’un vrai mouvement ouvrier entre les lieux de vie et les lieux de travail. Il est grand temps que ce genre d’initiatives se mettent en place.

Traduction par Rémi (AL Paris Sud)

Texte tiré du numéro de novembre du mensuel Alternative libertaire.

Publié initialement dans la revue irlandaise Red & Black Revolution, octobre 2007.

Pour plus d’informations (en anglais) voir : http://praxisglasgow.wordpress.com

[1] Saorsa Centre, 674 Pollokshaws Road, Glasgow.

[2] Gentrification : processus de réhabilitation d’un quartier qui conduit à en chasser les classes populaires par hausse de la valeur immobilière et des loyers.

jeudi 25 décembre 2008

Strike yes, but don't disturb peace


Depuis le 10 décembre dernier, les travailleuses/eurs de OC Transpo, fournisseur de service de transport en commun dans la capitale fédérale canadienne, sont en grève. Comme il semble que cela devienne l'habitude, les négociations, si on peut appeler ça de la sorte, achoppent surtout sur le normatif.

Nous apprenons, ce matin, qu'il y a du nouveau pour noël dans le dossier. La très cour supérieure de l'Ontario a su agir rapidement puisque la crise des crises s'annonçait pour ce vendredi. Les grévistes du Syndicat uni du transport menaçaient de perturber la tenue des activités du championnat mondial de hockey junior. Ou là là... Ces méchantEs grévistes menaçaient la paix publique et, surtout, allaient tamiser le rayonnement mondial de leur municipalité. C'était tout ce que ça prenait pour que justice soit faite.

Sur ce, joyeux noël à touTEs les fans de hockey qui pourront profiter de leurs bonnes parties de hockey junior dans une paix publique bien assurée par les tribunaux.

Pause Kit-Kat: Joyeux Noël quand même...



Comme dirait Molly: alors que le soleil renverse sa course et que les jours recommencent à allonger, espérons que les vôtres seront également long et ensoleillés en 2009...

mercredi 24 décembre 2008

Radio: Le Cabaret du Yule

On a reçu ça, c'est des conpains du blogue et des inconnus qui s'y collent, ça risque d'être sympa...

Le Cabaret du Yule


À CKRL cette année, la subversivitée sera au rendez-vous au Cabaret du Yule. Une expérience radiophonique de 7 heures auquel vous êtes invités à participer !

Le cabaret contiendra musique, poésie, échantillonnages louches et expérimentations.

Le Yule est une fête païenne qui célèbre le solstice d'hiver le 25 décembre. Elle est célébrée depuis des siècles bien avant la naissance du petit Jésus (qui n'est d'ailleurs jamais né le 25 mais allez donc expliquez ça aux grenouilles de bénitier).

Le Cabaret du Yule commencera le 24 à 20 heures et se poursuivra jusqu'à 3 heures du matin.

Lors de mon retour triomphant de chez grand-père, couvert de vomi et une bouteille de gin à la main, je syntonise le CKRL 89,1 pour être flabergasté!

On ze ouaibe: http://www.ckrl.qc.ca

mardi 23 décembre 2008

[Vidéo] Scènes d'une occupation d'usine réussie

On vous a parlé de l'occupation d'usine réussie à Chicago. De quoi peut bien avoir l'air une occupation d'usine aux USA en 2008? Voici une petite vidéo, en anglais, qui récapitule la lutte.

Irak: la barbarie en héritage

Pendant que certainEs s'offusquent de voir le nouveau dépité de Mercier lancer des chaussures sur une photo de Bush, ça fait tellement pas protocolaire!, l'actualité nous rappelle qu'il y a de quoi lancer toute une cargaison de godasses en regardant ce qui se passe en Irak. Sadam avait bien des défauts mais il faut reconnaître que dans son temps les intégristes avaient pas le choix de se tenir tranquille... Lu sur Solidarité ouvrière:

Une communiste et militante des droits des femmes décapitée dans le Kurdistan Iraquien

Nahla Hussain, militante des droits des femmes, leader de la ligue des femmes du parti communiste Kurde et mère de deux enfants, a été décapitée chez elle à Kirkuk dans le nord de l’Iraq. Elle était seule chez elle au moment de sa mort. D’après la police, des hommes non identifiés sont entrés chez elle dans la nuit de vendredi mais les circonstances qui ont suivi l’attaque restent inconnues.

Toutefois, les violences envers les femmes qui ne respectent pas les lois islamiques et les codes vestimentaires sont devenues un phénomène banal en Iraq. Militants des droits des femmes, laïques et communistes sont tous sous la menace constante de différents groupes rétrogrades dont les islamistes. Dans le contexte de la société Iraquienne, les circonstances qui ont conduit à la mort de Nahla Hussain sont en réalité très bien connues. Tout récemment, la loi de la charia est devenue loi officielle au Kurdistan. De plus, depuis que les Américains ont lancé l’attaque en Irak, déclenchant ainsi terrorisme islamiste et violences tribales, les femmes sont victimes de violence et du terrorisme. Nahla Hussain a été sauvagement assassinée à cause de ses convictions et de ses activités politiques : c’est un fait avéré. Elle est une victime du sexisme et des forces réactionnaires.

Ce meurtre brutal doit être condamné par toutes les organisations progressistes, éprises de liberté et défendant les droits des femmes. Nous demandons avec vigueur l’arrestation et la condamnation des meurtriers par le gouvernement du Kurdistan Iraquien. En créant un Etat islamique et en faisant régner lois tribales et islamiques, ce gouvernement réactionnaire a créé un véritable paradis pour les islamistes et toutes les forces réactionnaires. Les femmes sont devenues les cibles désignées de ces forces. Ce sont donc ces conditions qui ont abouti au meurtre de Nahla Hussain ainsi qu’au meurtre et à la mutilation de centaines d’autres femmes. Nous devons mettre un terme à ces actes inhumains et sanglants en Iraq.

Pro-Choix, 23 décembre 2008

Sondage: la montrée de l'abstention est le fait le plus significatif des élections



Selon un sondage très scientifique, le fait le plus significatif des élections est la montée de l'abstention. C'est en tout cas l'opinion de la moitié des lecteurs et des lectrices de Voix de faits qui se ont voté sur la question. Deux autres faits ont retenus l'attention d'un nombre significatif de personnes soit l'élection d'un solidaire (32%) et la débandade adéquiste (18%). Fait à noter, personne ne semble croire que l'élection d'un gouvernement libéral majoritaire ou la remontée du P.Q. ne soit le fait le plus significatif des élections...

Le sondage a été effectué la semaine dernière auprès de... 59 internautes!

[Accessoirement, ça indique qu'il y a au moins 59 personnes qui lisent ce blogue... un progrès de 16% par rapport au sondage réalisé juste avant les élections ! ]



Analyse

Que serait un sondage sans son analyse? Tout d'abord, le pluralisme du lectorat de Voix de faits se confirme mais c'est un pluralisme relatif. En effet, tout le monde ne campe peut-être pas dans le camp anars mais tout le lectorat loge à la gauche du spectre politique!

(à moins que ceux et celles qui ont coché «la débande adéquiste» ne l'ait pas fait dans la joie et l'allégresse mais avec un pincement au coeur... c'est techniquement possible quoi que peu plausible)

Le peuple a parlé: le fait le plus significatif des élections est la montée de l'abstention. Cette montée traduit une crise profonde de la démocratie libérale. De moins en moins de gens croient à herr system. Concrètement, cela se traduit par une érosion du vote pour les garants du statu quo, les «vieux partis» (oui, le P.Q. est un vieux parti garant du statu quo, vous avez bien lu). Comme l'ont soulignés de nombreux analystes, ni les libéraux, ni les péquistes ne se sont partagés les dépouilles électorales de l'ADQ. Il semble que quelques 700 000 personnes avaient donné une dernière chance à herr system en votant «contre les vieux partis et le statu quo» la dernière fois et que, devant la performance calamiteuse de l'ex-opposition officielle, elles aient choisi de rester chez-elles cette fois. Les populistes ont tord de croire que ces votes leurs appartiennent, de fait c'était la première (et la dernière?) fois qu'autant de gens votaient pour l'ADQ et visiblement il s'agissait bel et bien d'un vote de protestation.

Ce qui nous amène au deuxième fait le plus significatif des élections selon notre sondage: l'élection d'un solidaire. À l'autre bout du spectre politique, les solidaires, comme les adéquistes, surfent sur le rejet du statu quo et des vieux partis. L'ennui c'est que, contrairement aux adéquistes, les solidaires ne sont pas équipés pour capter le vote de protestation. En effet, il manque à leurs voiles le souffle de certains vecteurs d'opinions qui ont portés l'ADQ depuis quinze ans. En bref, les solidaires rament vraiment à contre courant! Cela rend d'autant plus importante leur victoire dans Mercier. Ce que ça indique c'est que lorsque les solidaires se donnent les moyens, entre autre en concentrant leur mini-machine électorale sur quelques comtés clefs, ça peut donner des résultats et même permettre de battre les vieux partis. Cette victoire lève une hypothèque importante pour le petit parti de gauche. Québec solidaire a maintenant quatre ans pour se faire voir, recruter et travailler le fameux terrain dans les comtés urbains qui leur sont les plus favorables.

Reste la débandade adéquiste... En recoupant les résultats des élections fédérales, on se rend compte que le noyau dur du vote populiste est stable à environ 20%. La montée de la droite a donc été endiguée. Jusqu'à un certain point, ils se sont battu tout seul mais ça change néanmoins radicalement la conjoncture politique régionale. Les progressistes pourront peut-être enfin sortir de leur hibernation et reprendre confiance. Tout ceux et toutes celles qui se sont défini ces dernières années par rapport à la montée de la droite populiste, et nous en sommes, devront adapter leurs orientations stratégiques et passer à l'offensive. La droite populiste ne constituant plus un danger imminent, il faudra recentrer notre tir sur les vieux partis, notamment les libéraux redevenu majoritaires.

lundi 22 décembre 2008

Lire : Politique et science-fiction

C'est les vacances --m'enfin, pour certainEs d'entre-nous-- et qui dit vacances dit lectures. Belle occasion de présenter un dossier produit par Alternative libertaire sur quelques auteurs de science-fiction qui permettent certes de décrocher, tout en demeurant dans un registre politique.

Lire : Politique et science-fiction

Pour beaucoup, la science-fiction n’est qu’un sous genre de littérature de gare, sans grand intérêt artistique, où des aventuriers de l’espace se battent avec des pistolets laser, utilisant un jargon technologique incompréhensible en allant de planète en planète, ce qui en soit, ne présente que peu d’intérêt. Il est vrai que qu’une grande partie de la science fiction s’inscrit dans cette lignée, la série Star Trek en est un bon exemple.

Ce n’est pas ce genre de science fiction qui nous intéresse. Pour ce dossier spécial SF, nous allons nous intéresser à l’autre type de science fiction, celui qui a des qualités littéraires et qui pose de vraies questions de société. Eh oui, il y a aussi de la SF dont les qualités n’ont rien a envier à la littérature généraliste, par exemple Dune de Frank Herbert ou l’œuvre de Philip K. Dick dont l’univers tourmenté vaut bien celui de Franz Kafka ou celui de Mishima. On pourrait ranger ce type de SF dans la catégorie « anticipation » plutôt que dans celle du space opera, bien que ces catégories ne soient pas exclusives. Des questions de société sont posées et ont très souvent un caractère politique. Les projections faites sur le futur reflètent avant tout les conceptions que l’auteur se fait de la société contemporaine. Ainsi le scientisme acharné de la SF des années 1950 reflète celui qui impregnait la société américaine de l’époque. De même, le cyberpunk, qui décrit un monde où l’homme est déshumanisé par la technologie et où les multinationales ont pris le pouvoir tant au niveau symbolique que politique, l’État s’étant effacé, traduit bien les évolutions de nos sociétés depuis les années 1980.

Ces pages culture inhabituelles présentent des œuvres offrant une vraie réflexion et une critique sociale radicale. Elles ont pour objectif de faire découvrir un genre trop souvent méprisé.

Matthijs ( AL Montpellier)

La suite du dossier, sur le site d'AL:
  • Ursula Le Guin : Les Dépossédés
  • Norman Spinrad : Ces hommes dans la jungle
  • Frederik Peeters : Lupus
  • Norman Spinrad, Jack Baron et l'éternité
  • Edward Bellamy, C'était demain

dimanche 21 décembre 2008

L'infoshop la Page Noire ferme pour les fêtes...


Le Collectif de La Page Noire nous informe que l'infoshop local sera fermée du 22 décembre au 6 janvier. En attendant, vous pouvez toujours visiter leur blogue si vous vous ennuyez d'eux et elles! Les camarades nous invitent à retourner les voir en janvier. Paraît qu'il y a plein de nouveauté en librairie...

samedi 20 décembre 2008

Le retour du bon vieil antagonisme est-ouest?


Un navire russe est entré en eau cubaine pour la première fois depuis la fin de la guerre froide hier. Le bateau venait tout juste d'effectuer diverses manœuvres avec la flotte vénézuelienne

Les relations entre les États-Unis et la Russie sont mises à mal suite à l'installation d'un système de défense en Europe de l'Est (sois-disant pour se protéger de l'Iran mais en réalité contre la Russie).

Le ton est au jovialisme moqueur. L'ambassade russe à Cuba a dit aux journalistes que les bateaux étaient en mission de paix pour "développer la coopération entre les deux pays".

Le Panama, pays dans lequel les bateaux de guerre russes ont barbotés, a ajouté que le canal est ouvert "à tous les bateaux" et que le passage du navire russe n'avait aucune signification politique.

Mais entre vous et moi, ça prend pas un doctorat en relations internationales pour comprendre que Moscou montre les dents. La Russie empiète clairement aux frontières du territoire symbolique de la "destinée manifeste" des États-Unis.

Le retour de l'antipathie est-ouest aurait l'avantage pour les États-Unis d'obtenir un nouveau bouc-émissaire à désigner pour les problèmes internationaux, en dehors des terroristes.

Source: la BBC

Conscience de classe déficiente


Ouais, c'est fait, le patron du Maxi sur Louis XIV, Charlesbourg, a eu raison de 60% de ses employéEs qui ont dit oui à des offres réduites comparativement à ce que le local 503 des TUACS demandait pour eux/elles.

Ainsi, ce 60% de ce qu'il convient dorénavant d'appeler des jaunes rompt avec les 40% restant de leur propre établissement ainsi qu'avec les grévistes de la région. Notons au passage que ce 60% d'individus salariés du Maxi Charlesbourg ont profité, depuis le 22 octobre dernier, d'une grève de solidarité de la part du Maxi place Fleur de Lys.

Dans cet établissement, le patron était d'accord avec les demandes des employéEs et leur avait offert de signer afin qu'elles/ils rentrent, mais ils/elles avaient choisi de rester solidaires avec, entre autre, leurs camarades de Louis XIV. Ouais, il y a encore des gens qui ont un bon fond en ce qui a trait à la solidarité de classe face aux boss.

Nous étions aussi allé voir les gens sur Louis XIV et, par respect pour celles et ceux qui avaient bien voulu nous parler, il nous faut souligner ici que ce n'est pas tout le monde de là-bas qui a abandonné le front commun. Simplement, le patron a su tirer les bonnes ficelles au bon moment afin de scinder son staff. Laissez-nous vous dire que l'ambiance sur les lignes était plutôt froide, et qu'il en sera de même lors de la rentrée au travail.

Pour les 40% de grévistes qui ont su affirmer leur solidarité jusqu'à la fin, vous avez tout mon respect.

Pour les 60% de jaunes qui ne connaissent rien de rien à la solidarité de classe, sachez que vous n'étiez pas les seulEs à vivre de votre rente de gréviste. Pis encore, il y a au moins touTEs les employéEs de place Fleur de Lys qui se sont privéEs depuis des semaines afin que vous ayez les mêmes conditions qu'elles/eux. La honte est sur vous.

Votez qu'ils disaient


Les trifluviens, dès le premier janvier qui s'en vient, vont avoir l'opportunité de fêter leur 375e anniversaire de création de la ville. Tout comme l'année de débile que nous venons de nous taper dans la capitale provinciale, l'année sera bourrée d'âneries que peronne n'aurait pu avoir les fonds afin de les concrétiser normalement. Surprise, tout comme à Québec, les dollars pleuveront de partout. De partout, presque, sauf d'un petit palier gouvernemental composé d'irréductibles conservatrices/teurs qui résistent encore et toujours à l'invasion des mauvais choix électoraux des citoyenNEs.

On l'apprend aujourd'hui dans le Soleil, Trois-Rivières devra faire une croix sur deux millions de dollars de subventions de la part du fédéral pour une simple et bonne raison: elles/ils n'ont pas voté bon bord. Selon des employéEs de bureau (dont son attaché politique) de Christian Paradis, lieutenant québécois du Harper, les gens de Trois-Rivières ont fait leur choix, et c'était le mauvais. On rappelle aussi que le Harper avait dit, lors de son passage dans la région, que pour le 375e, il avait "hâte de travailler avec une députée... conservatrice". Et vlan dans les dents.

Pour le moment, la bloquiste élue tente de rencontrer Paradis, mais en vain. Cerainement que les vacances ne l'aident pas... ou serait-ce le fait que les requêtes des vilainEs séparatistes du Québec ne se rendent pas aux bonNEs conservateurs/trices.

Après ça, on nous dit que ce sont les anarchistes qui sont puérils.

vendredi 19 décembre 2008

Le sapin, ce païen...




Lu dans l'Actualité:

Le saviez-vous?
LE SAPIN, CE PAÏEN

Pour certains, le sapin de Noël est un symbole chrétien qui n'a pas sa place dans une école ou un édifice gouvernemental. Ces gens devraient lire les écrits du chroniqueur et géographe allemand Adam de Brême, qui vécut au Moyen Âge. On y apprend que notre sapin est plutôt le symbole d'un culte païen.

Vers l'an 1000, les Vikings vénéraient un grand conifère sacré près du temple d'Uppsala (en Suède actuelle). Tous les neuf ans, au solstice d'hiver, on y accrochait des décorations plutôt macabre: les corps sacrifiés de neuf jeunes esclaves masculins, ainsi que des cadavres de chevaux et de chiens. La cérémonie, en l'honneur d'Odin (dieu de la guerre), de Thor (dieu du tonnerre) et de Freyr (dieu de la fertilité), durait neuf jours.

Lorsqu'elle a converti les Vikings au christianisme, l'Église a conservé la tradition de l'arbre, en suggérant toutefois qu'on y accroche des pommes et des gâteaux plutôt que des cadavres.

F.G.

Justice de classe: les grévistes de Maxi interdit de bloquage à l'entrepôt Provigo de Québec


Photo reprise du site des TUAC 503

Selon le site de la section locale 503 des TUAC, la cour supérieure vient d'interdire aux grévistes de Maxi d'aller piqueter pour la peine devant l'entrepôt Provigo de Québec. Fait cocasse, l'entreprise paysagiste qui avait déversé la neige dans les entrées de l'entrepôt mercredi matin est également visée par l'injonction. Et dire que la porte-parole de Provigo claironnait dans les médias que la température avait plus d'effet sur les activités de Provigo que l'action des grévistes... Le simple fait que la cie ait demandé et obtenu une telle injonction prouve deux choses: 1) les actions des grévistes ont un impact et 2) l'État est du bord des patrons. Télécharger l'injonction

Diviser pour...


Tout récemment, R. Labeaume Premier en a eu plein la gueule dans les médias, et même dans les médias de masse (du moins localement). Lorsque les journalistes ont enfin pu mettre le doigt sur un document qui prouvait hors de tout doute que le Labeaume mentait sur les congés maladie pris par les employéEs municipaux, le pauvre petit maire a laissé tombé qu'il ne fallait pas négocier sur la place publique.

Tout de même, quelques jours après, il est reparti de plus belle avec ses menaces sur la place publique. Résultat: les cols bleus de la ville devraient, toujours selon le Labeaume, faire une croix sur leur rétro de deux ans parce que son deadline était maintenant passé.

La réponse des bleus: "nous avons envoyé une proposition avant le deadline et la ville ne donne pas de nouvelles". Et, excusez ma mauvaise foi, mais j'ai tendance à croire les bleus plus que le Labeaume.

C'est là que ça commence à être fun. Les cols blancs, de leur côté, ont eu droit à une extension de leur deadline jusqu'à la fin janvier parce qu'ils/elles ont fait une offre à l'employeur (comme les bleus au fond).

L'option que semble se donner le Labeaume est fort simple à comprendre: faire en sorte que les négos ne soient pas un bloc monolithique et éviter ainsi une unité chez les employéEs de la ville.

Imaginez un instant que vous êtes unE col blanc ordinaire (sans conscience de classe ni rien). Allez vous risquer de perdre votre rétro de deux ans pour simplement être solidaire des bleus?

Et ce n'est que le début. Ensuite, le Labeaume aure le beau jeu pour le reste des négos afin de faire jouer les cols bleus contre les cols blancs à gands coups de comparaison des acquis obtenus dans les négos. Il n'y a rien d'original là-dedans.

Wal Mart a perdu une manche


Après trois ans et demi d'attente, les employéEs du Wal Mart de Hull ont eu enfin raison de leur employeur, du moins sur un aspect: leur droit à la syndicalisation. On vit dans un magnifique système, n'est-il pas? Trois ans et demi de longue et interminable bataille juridique pour faire respecter ses droits fondamentaux liés au travail.

Dans les mass-média, on nous parle que de cet aspect de la bataille qu'ont du mener les travailleuses/eurs du Wal Mart de Hull. Toutefois, souvenez-vous des témoignages qui sont parvenus de tous les établissements de cette chaîne de la part des employéEs qui avaient tenté la syndicalisation. Elles/ils relatent l'usage de la menace de chômage, de l'intimidation (à diverses niveaux) faite par l'employeur, sans parler de la surveillance accrue et du dénigrement le plus complet fait à l'égard de ce que Wal Mart appelle la "tierce partie" losrque viens le temps de parler du syndicat.

C'est donc une victoire juridique importante qu'ont remporté les employéEs du Wal Mart de Hull, mais, surtout, une victoire sur leur milieu de travail. Félicitations à celles et ceux qui ont su tenir bon face aux menaces constantes de la part de la partie patronnale.

jeudi 18 décembre 2008

Voix de faits dans tes oreilles


L'émission de cette semaine est disponible en ligne.

- Pouvoir des médias & médias du pouvoir
- Quebecor embauchait des scabs pour publier le Journal de Québec
- Retour sur l'occupation à Chicago
- etc.








3657-1-voix_de_faits.mp3

Le TUAC 503 frappe encore



D'autres photos et une vidéo sur le site des TUAC 503.

Comme vous le savez déjà, une bonne partie des membres du TUAC 503, celles et ceux qui travaillent pour Maxi, sont en grève depuis un moment maintenant et ils/elles n'entendent pas se laisser geler les orteils en restant inertes sur leurs lignes de piquetage respectives.

Ayant probablement jugé avoir été déplacéEs par les forces de l'ordre lors de leur blocage d'entrepôt de la semaine dernière, les syndiquéEs ont apporté avec elles/eux, pour cette fois-ci (mercredi 17/12/08 A.M.), des camions chargés de neige afin de ralentir la flicaille dans sa besogne.

Malgré tout, la représentante de Provigo, Josée Bédard, a le front de dire que la température a eu plus d'effets que le blocage d'entrepôt sur la livraison. Bien sûr, Josée, et c'est certainement pas ton boulot de porte-parole du boss qui te fait dire des âneries pareilles...

Sans blagues, les syndiquéEs en grève de Maxi le sont depuis la fin octobre surtout pour faire des avancées sur le normatif et pour obtenir une convention uniforme. Bref, on bosse chez Maxi, on veut la même convention que celui ou celle qui bosse chez Maxi dans la ville voisine.

Notons au passage que les blocages sont ciblés le mercredi matin afin de ralentir les livraisons pré-aubaines du jeudi. Pas fou au fond...

mercredi 17 décembre 2008

Grèce Le fantasme matérialisé...

Les jeunes insurgés grecs ont réalisé le fantasme de tout mouvement de lutte d'envergure: interrompre la parole du pouvoir et faire dérailler le ron-ron télévisuel. Combien d'associations étudiantes, de syndicats, de groupes populaires, de collectifs radicaux ont-ils rêvé d'envahir les ondes? Les anarchistes grecs l'ont fait! Cette vidéo, repiqué à La Commune, est directement tirée de la télévision d'État grecque, qui montre quelques jeunes interrompant un discours du premier ministre Karamanlis, en forçant la diffusion de leur message. Sur leurs banderoles, les téléspectateurs et les téléspectatrices pouvaient lire : «Cessez de regarder, sortez dans les rues», «Libérez les arrêtéEs».



(évidemment, on arguera à raison que les jeunes grecs ont fait beaucoup plus que d'occuper un plateau de télévision et que le véritable fantasme réalisé c'est l'insurrection en cours... mais bon, des émeutes, ça y'en a somme toute régulièrement même si celle là commence à prendre des allures de Mai 68...)

Action de sensibilisation sur les normes du travail

Des camarades nous ont envoyés l'invitation suivante... N'hésitez jamais à nous parvenir vos infos pertinentes.

La période du temps des fêtes est trop souvent un moment d’abus des employeurs.

Une action de distribution de tract aura lieu ce samedi 20 décembre pour sensibiliser la population sur le respect des normes du travail. C'est un rendez-vous à proximité des Guichets automatiques (entrée 4) de Laurier Québec (Place Laurier), le 20 décembre à 13h00.

Ps. Habillez-vous chaudement

Groupe d'aide et d'information pour les non-syndiquéEs (GAINS)

Contact: gains.aide@hotmail.com 418-922-2453

mardi 16 décembre 2008

Pouvoir des médias & médias du pouvoir

Jacques B. Gélinas, dans un texte publié sur Presse toi à gauche, attire notre attention sur un fait «légèrement» troublant. En effet, le sondage qui est arrivé le plus près du résultat des urnes le 8 décembre n'a pas été réalisé de façon classique auprès des électeurs mais en mesurant la place que chaque parti occupait dans l'espace médiatique.

(les résultats ont été arrondi)

En effet, la marge d'erreur du «poids média» de chaque parti politique versus leurs résultats électoraux réels n'est que de 1,6%. C'est, à ce jour, le «sondage» électoral le plus fiable! Autrement dit, les résultats électoraux des uns et des autres sont directement proportionnels à la couverture médiatique obtenue. Et après ça on nous dira que Noam Chomsky hallucine avec sa «fabrication du consentement»...

N.B.: Le blogue Banc d'essai avait déjà publié le communiqué post-électoral d'Influence communication, la firme qui mesure le dit «poids médias».

lundi 15 décembre 2008

Écologie: le marché c'était peut-être pas une si bonne idée que ça finalement...


Depuis quelques années un grand nombre d'écologistes se sont convertis au marché. On parle de plus en plus de bourse du carbone et autres mécanismes de marché pour régler les problèmes environnementaux. C'est un peu (beaucoup!) la vieille idée de retourner les armes de l'ennemi contre lui-même. Une sorte de judo pragmatique quoi.

Les récents développements dans le domaine du recyclage indiquent toutefois que de détourner le marché à des fins écologiques n'est peut-être pas une si bonne idée que ça. En effet, voici ce que disait récemment un éditorial du Soleil:

«Aussi étonnant que cela puisse paraître, la crise financière et économique qui secoue le monde a même des répercussions dans le recyclage des déchets. L'Asie n'est plus au rendez-vous sur le marché à cause de la dégringolade du prix des matières premières. Des matières recyclables habituellement prisées ont perdu de leur valeur. Par exemple, la tonne de vieux cartons ne vaut plus qu'une vingtaine de dollars, alors qu'on pouvait en tirer 140 $ au début de l'automne. Pour l'aluminium, la tonne vendue 2000 $ à l'été est laissée aujourd'hui à 200 $.

Conséquence? Les centres de tri affichent des pertes. Certains accumulent des inventaires en espérant des jours meilleurs. Des municipalités se demandent si le verre, le papier et le plastique récupérés ne prendront pas finalement le chemin des sites d'enfouissement compte tenu qu'ils ne valent plus rien.» (Source


Rendons à César ce qui appartient à César, c'est le Blogue du Québécois libre qui m'a mis sur la piste. J'en arrive toutefois à une conclusion fort différente: on ne peut pas faire confiance aux mécanismes qui nous ont mis dans la merde au point de départ pour nous en sortir! Le marché est inadéquat, que ce soit pour le partage des ressources ou la gestion de nos déchets. Il est urgent de socialiser le recyclage (...comme tout le reste!).

Vernissage de l'expo «lieux où l'on méprise l'État»

Voici un communiqué que nous avons reçu récemment. N'hésitez jamais à nous envoyer vos infos pertinentes...

À l'AgitéE mercredi le 17 décembre à 17 heure aura lieu le vernissage de l'exposition "Lieux où l'on méprise l'état" de Guillaume Beaulieu. Le tout sera suivi à 18h de l'opéra électro-punk: "Le Canaduh comme si vous y étiez" illustrant le processus de création.

Les toiles qui composent cette d'exposition furent réalisées en 3 jours, chacune dans une ville différente, l'espace entre les villes étant traversé en auto-stop. Elles représentent l'intérieur des infoshop du Canada. L'artiste partit avec 100 dollars dans les poches, quelques pots de peinture et des toiles préparées pour l'occasion.

Suite à la vague de mobilisation anti-capitaliste au tournant du millénaire, de nombreux anarchistes se sont orientés vers la diffusion de matériel anti-capitaliste et progressiste comme manière de continuer leur engagement contre ce système oppressif. Si bien qu'on compte désormais plus d'une dizaine d'Infoshop, qui sont des espaces sociaux, culturels et communautaires, visant à diffuser par le prêt, la vente, le don ou l'aide à la création, de livres, cds, brochures, dépliants ou objets promotionnels rejoignant l'anticapitalisme, le féminisme, la lutte à l'hétérosexisme, le syndicalisme, la lutte au racisme et à la discrimination, l'écologie, la solidarité avec les luttes des premières nations, l'environnementalisme, le progrès social, le socialisme, l'anarchisme et le communisme.

Phénomène étrange: peu des individus impliqués n'eurent la chance de visiter plusieurs des autres infoshops, alors que plusieurs de ces espaces furent créés à des périodes semblables, sans aucun contact entre les groupes. Les oeuvres visent à encourager cette forme d'engagement anticapitaliste et à lier ces groupes les uns aux autres, en montrant la simplicité de l'entreprise.

Ces lieux ont été représentés d'une manière impressionniste à l'acrylique, mettant l'accent sur le livre. Les 7 oeuvres présentées représentent l'intérieur des sept infoshops canadiens à l'ouest de Sherbrooke, soit ceux de Victoria (CAMAS BOOKSTORE AND INFOSHOP), Vancouver (SPARTACUS BOOKS), Winnipeg (MONDRAGON CAFÉ et JUNTO LOCAL 91), Ottawa (EXILE INFOSHOP), London (EMPOWERMENT INFOSHOP), Hamilton (BREAD AND ROSES CAFÉ et LIBER LIBRI ZINE LIBRARY) et Montréal (CENTRE DES MÉDIAS INDÉPENDANTS et le DIRA). Quelques autres oeuvres de l'artiste seront présentées.

L'opéra électro-punk qui suivra mettra l'accent sur les déboires pitoyables de l'artiste q réussit quand même à se rendre chez lui sain et sauf, par les faveurs des camionneurs ontariens, des ex-prostituées de la Colombie-Britanique et des ex-taulards non-repentis. En couchant sous les pont et en ouvrant sont sac où ses pots de peintures avait aussi ouvert, l'artiste questionne la dichotomie "performance-création" pour en créer un hybride activement politique.

==> http://paint-tour.joblo.serveblog.net/

Grèce: On n'avait pas besoin d'un autre martyr


Solidarité avec le mouvement anarchiste grec et avec les victimes de la répression; solidarité internationale avec toutes les luttes sociales, en Grèce et dans le reste de l'Europe!

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On n'avait pas besoin d'un autre martyr

Tandis que la Grèce se préparait à une journée de grève générale, le mercredi 10 décembre, contre le gouvernement Karamanlis et la crise économique, et avec la mobilisation qui germe de la base dans les écoles et les universités, contre les projets de réforme, Alexandros Grigoropolous, âgé de 16 ans seulement, a été désigné pour servir de victime, de bouc émissaire pour l'appareil policier, et fut tué de sang froid par les forces répressives de l'État.

La crise économique, déclenchée par le capitalisme international contre les exploitéEs du monde entier et gérée par les États à coups de mesures imposant l'appauvrissement général, affaiblit l'équilibre fragile entre les groupes de pouvoir et les partis, de droite comme de centre-gauche, nous permettant d'entrevoir la véritable vocation anti-démocratique subversive de l'État et de son système (in)sécuritaire : l'aliénation, la criminalisation et l'élimination de l'opposition populaire.

Ça s'est produit avec Carlo Giuliani, à Gênes, en 2001. Ça s'est produit à de nombreuses reprises, ces derniers temps, en des endroits comme la Palestine et Oaxaca, au Mexique. Samedi dernier, ça s'est produit en Grèce.

En ce moment, des milliers d'étudiantes et d'étudiants manifestent devant les quartiers généraux de la police, à Athènes, mais aussi dans bon nombre de villes et villages d'un bout à l'autre de la Grèce.

Les manifestations spontanées à travers le pays sont le résultat de la colère populaire contre le gouvernement Karamanlis et les agissements criminels de la police. Le gouvernement grec a d'abord armé et envoyé les flics assassins, puis a lancé une kyrielle pathétique d'excuses et de résignations, sans que personne n'ait été puni. En fait, il tente d'attirer l'attention sur la destruction de propriété publique et privée, tout en continuant de réprimer les manifestations, en attaquant le peuple avec des armes chimiques et en torturant les personnes arrêtées.

La révolte ne fait que commencer. Et la grève générale, cette grève syndicale et sociale, politique et de classe, peut transformer la rage du peuple en une force organisée pour la construction de l'alternative libertaire.

Dans tous les pays, la crise croissante du capitalisme refile la facture aux travailleuses, aux travailleurs et aux exploitéEs.

Nous devons répondre, dans chaque pays, en construisant ensemble l'opposition sociale, nécessaire à notre défense collective face à l'annihilation au nom du profit.

Solidarité avec le mouvement anarchiste grec et avec les victimes de la répression; solidarité internationale avec toutes les luttes sociales, en Grèce et dans le reste de l'Europe!


8 décembre 2008


Federazione dei Comunisti Anarchici (Italie)
Melbourne Anarchist Communist Group (Australie)
Zabalaza Anarchist Communist Front (Afrique du Sud)
North-Eastern Federation of Anarchist Communists (États-Unis)
Union Communiste Libertaire (Canada)

(Traduit par Philou de l'UCL)

[USA] LE CHANGEMENT DONT NOUS AVONS BESOIN: Une perspective anarchiste sur l'élection présidentielle de 2008

L'élection est terminée. Barack Obama deviendra le prochain président des États-Unis. La nouvelle de la victoire d'Obama a donné lieu à des célébrations spontanées dans tout le pays. L'énergie était partout contagieuse et partout les conversations semblaient traduire une perspective positive que les gens aux États-Unis n'ont pas connu depuis de longues années. Des mots comme changement et espoir sont utilisés, et il semble largement admis que l'élection d'Obama annonce une nouvelle ère de justice sociale, la fin de la guerre et la réduction significative du racisme qui gangrène la société américaine. Mais, alors que l'énergie et le spectacle médiatique s'estompent, nous aimerions que vous considériez l'élection d'un autre point de vue. En tant qu'anarchistes de lutte de classe, c'est notre conviction que les élections dans une société capitaliste ne peuvent en fait jamais apporter la véritable justice et la sécurité aux personnes ordinaires. Nous ne pensons pas que ces élections puissent prévenir les guerres, traiter efficacement le racisme, le sexisme ou la dégradation de l'environnement de façon le moindrement permanente.

Nous sommes solidaires des espoirs de changement profond des millions de personnes qui ont voté pour Obama. Toutefois, nous reconnaissons également que le système capitaliste est dans une grave crise qui s'étend à toutes les personnes salariées et opprimées, une crise que même le titulaire le mieux intentionné de la plus haute fonction est incapable de résoudre. Le but de ce texte est de fournir une perspective sur la crise et une esquisse de solutions.

La présidence de George W. Bush a été, à presque tous points de vue, une catastrophe. Mensonges, guerres, une crise financière et une récession profonde, et le renforcement de l'État policier ne sont que quelques-uns des legs douteux de Bush. Certains d'entre eux étaient déjà évidents il ya deux ans, quand la saison électorale fut ouverte et que les libéraux(*) et les réformistes ont commencé leur campagne contre ces problèmes. Toutefois, la raison pour laquelle ces problèmes existent en premier lieu était manifestement absente de leurs attaques.

Il est de notre conviction que l'inégalité économique, la guerre, le racisme, le sexisme et la destruction de l'environnement sont inhérents à toute société capitaliste. Considérez un instant la grande richesse que notre société crée, tout depuis les cultures jusqu'aux médicaments. Toutefois, l'accès à cette richesse est inégalement réparti, soit disant déterminé par les marchés libres. Il est admis par les politicienNEs et les médias que ces soit disant marchés libres sont une partie naturelle de la vie. Les marchés, toutefois, sont mis en place par les gens; ils peuvent également être modifiées ou annulées par les gens. Comme anarchistes, nous croyons que la production et la distribution de la richesse de la société devrait être décidé démocratiquement, par les personnes, et non par un mécanisme de marché qui est en fait contrôlée par quelques-unEs.


La démocratie:


Les anarchistes sont tout à fait en faveur de la démocratie. La notion que les gens devraient se réunir et prendre des décisions est l'épine dorsale de notre idéologie. Cependant, nous ne considérons pas le système démocratique américain comme étant représentatif de ces idéaux. Les républicains et démocrates existent en deux factions rivales luttant pour notre consentement à être dirigé. Tous deux soutiennent une rhétorique d'intérêt commun avec les gens ordinaires, mais nous estimons que ce n'est qu'une illusion. Les hommes et les femmes politiques dans ce pays existent pour fournir une plate-forme stable de gestion et d'exploitation de la majorité de la population active en Amérique par la minorité des capitalistes, c'est-à-dire les propriétaires des outils avec lesquels nous produisons la richesse. Nous construisons, surveillons, nettoyons et travaillons dans les bureaux et les usines, nous transportons les marchandises, et nous les vendons, mais les capitalistes les possèdent et empochent les profits. Les intérêts de ces deux groupes ne sont pas les mêmes. La classe des patronNEs veut obtenir le plus possible des travailleurs et des travailleuses. Ils veulent nous payer aussi peu que possible et nous vendre tout ce qu'ils possèdent aussi cher que faire se peut. Laissé à elles-mêmes, ces conditions ont conduit à des soulèvements. Vous ne le croyez pas? Regardez notre propre histoire! L'abolition de l'esclavage, la journée de 8 heures, le droit de constituer des syndicats, la rémunération des heures supplémentaires, les lois sur le travail des enfants, la fin de la ségrégation légale, le droit de vote des femmes et leur droit de choisir, le droit des gais et des personnes transgenres d'être eux et elles-mêmes n'ont pas été gagné par les urnes, mais par des gens s'organisant, faisant la grève, organisant des boycott et prenant la rue. Les libéraux en fonction ont adopté des lois en réponse aux mouvements et pour décapiter ce qui aurait pu devenir une poussée révolutionnaire.


Conséquences de l'élection



Sans aucun doute, cette élection a été historique. Nous voyons deux raisons. Un homme noir a été élu à la magistrature suprême aux États-Unis, un pays fondé sur le kidnapping de masse des AfricainNEs et le vol des terres des peuples autochtones qui vivaient déjà ici. Deuxièmement, la campagne d'Obama a été marquée par l'un des travail d'organisation de masse les plus étendu depuis des années.

Les États-Unis sont un pays profondément marqué par le racisme, et malgré ce que certains expertEs pourraient croire, il est clair pour toute personne ordinaire que le racisme est loin d'être mort. L'oppression raciale est une question complexe, et nous ne voulons pas la simplifier. Toutefois, une discussion des raisons pour laquelle le racisme et la suprématie blanche ont été si inextricable dans la société américaine aurait à examiner comment la race a toujours été utilisée comme un levier de la classe dirigeante dans sa rhétorique et ses politiques pour maintenir la classe ouvrière divisée selon des critères raciaux et ainsi l'empêcher de réaliser son plein potentiel en tant que force capable de s'auto-organiser et de surmonter son oppression. L'élection d'un Noir à la présidence des États-Unis représente un réel changement dans les attitudes des AméricainEs, et nous nous félicitons de ça. Toutefois, le racisme n'est pas seulement une question de mentalités. Il fait partie intégrante du système d'exploitation des travailleurs et des travailleuses. Ce racisme systémique est ce qui soutien les intérêts de la classe dirigeante, et, avec l'ampleur de plus en plus évidente de l'effondrement de l'économie, la classe dirigeante sera énergiquement à la recherche d'opportunités de défendre ses intérêts. La voie à suivre pour la classe ouvrière est de s'organiser dans son propre intérêt, pour défendre les aspirations de ceux et celles qui sont opprimés par le racisme. Nous voyons des mouvements de justice sociale, des associations de quartier et des groupes de surveillance de la police à titre d'exemples. Ces sortes de mouvements de bas en haut sont en contradiction flagrante avec ce que seront les efforts de haut en bas de l'État, même dirigé par une administration Obama, pour résoudre les problèmes sociaux. Ces efforts peuvent soulager certains des symptômes, mais laisseront intact les causes profondes des problèmes.

L'autre élément important de l'élection a été la mobilisation de base sans précédent qui a appuyé la campagne de Obama. Sous le signe du changement et de la justice sociale plusieurs milliers de personnes se sont portées volontaires, ont donné de l'argent, ont fait rouler la campagne. Nous considérons cette tendance avec grande excitation. Imaginez ce qui pourrait être obtenu si cette concentration sur le travail d'organisation à la base était transposés dans les communautés où nous vivons, dans des actions directes en notre nom au lieu d'appels au pouvoir.

Nous demandons instamment que cette énergie et cette créativité aille dans des mouvements indépendants des politicienNEs. Nous encourageons le soutien aux syndicats, à la démocratie de quartier, à la résistance à la brutalité policière, au soutien aux prisonnierEs politiques, à des modèles d'éducation de masse et aussi un mouvement avec des dents. Par-dessus tout, nous devons nous battre pour ce dont nous avons besoin, pas ce que le système est prêt à nous donner.

En outre, nous devons tous et toutes guetter les expressions de haine raciste et des mouvements fascistes organisés dans les mois et les années après l'élection. La vérité est que de nombreux AméricainEs blancHEs sont encore ouvertement racistes, et il ya des groupes qui exploitent ça, et la véritable colère des questions sociales, pour créer des mouvements violents. La nouvelle d'une église noire brûlée à Springfield, MA, quelques heures à peine après l'élection n'est pas surprenante, et nous devons utiliser tous les moyens nécessaires pour mettre fin à de tel mouvements.


LA NEFAC USA
Novembre 2008

["Traduction" par Phébus (UCL-Québec)]

(*) Aux États-Unis les libéraux désignent les progressistes.

dimanche 14 décembre 2008

Bush accueilli!



Aujourd'hui, en Irak, le président sortant étasunien s'est fait accueillir à grand coup de lancements de chaussures de la part d'un journaliste irakien. Le score n'est pas mauvais du tout, on pourrait même parler d'un 100% au niveau de la précision du lancer.

« C'est le baiser d'adieu du peuple irakien, chien » a lancé en arabe le journaliste qui devrait se faire offrir le prix Nobel de la paix sous peu.

Imaginez un peu le topo. Vous vous trouvez dans la même pièce que le responsable direct de la merde qui se passe dans votre pays depuis plus de 5 ans. Le type qui a fait en sorte que la guerre civile s'installe confortablement et durablement dans votre contrée natale est là, juste devant vous, en train de vous dire, comme à toutes les autres conférences de presse qu'il a bien pu donner, que son choix a été le bon et que les IrakienNEs n'auront jamais été aussi libre.

Vous ne pouvez rien apporter de tranchant, encore moins une arme à feu avec vous. Vous ne pourrez jamais courir jusqu'à lui pour le tabasser. Que reste-t-il qui puisse lui procurer une bonne frousse? Les chaussures.

Bientôt, lors de conférences de presse de Bush, il faudra entrer dans la salle avec un kimono et nu pieds.

samedi 13 décembre 2008

Archives vidéo: Front libertaire (1975)

En 1975, des membres de l'Organisation révolutionnaire anarchiste (ORA) ont eu la possibilité de faire une tribune libre sur un poste de télévision français (FR3). Voilà un témoignage vidéo rare du renouveau communiste libertaire des années 1970. À voir, c'est quelque chose...

Cliquez pour aller voir le film (ça dure 15 min)

Pendant ce temps en France: Alternative libertaire lance une campagne d'envergure



Alternative libertaire a lancé sur l'hexagone une campagne de développement de son courant politique dans un contexte de crise politique et économique. Nos camarades écrivent que «le combat politique est rude et nous avons besoin d’une gauche libertaire, révolutionnaire et extraparlementaire plus forte, ayant plus d’écho parmi les exploité-e-s», un constat qui vaut d'un côté comme de l'autre de l'Atlantique.

Outre le matériel de campagne habituel, AL en a profité pour republier le Manifeste pour une alternative libertaire. Il s'agit d'un texte majeur du courant communiste libertaire francophone contemporain. Ironiquement, ce texte risque d'avoir aujourd'hui une bien meilleure diffusion que lors de son lancement, au tout début des années 1990. En effet, cette fois le Manifeste est encarté dans le mensuel du groupe et est diffusé en kiosque dans toute la France.

==> Téléchargez le pdf du Manifeste

L'édito de la campagne d'AL:
Résister Contre-attaquer

La crise financière démontre de façon éclatante à quel point le capitalisme conduit l’immense majorité de la population à la faillite. Elle souligne ainsi la nécessité de construire une alternative à la dictature du capital.

Pourtant les exploité-e-s ne sont pas suffisamment organisés à la fois pour résister et contre-attaquer. Face à un patronat et à une droite décomplexés, face à un PS toujours plus libéral et en voie de décomposition, il est urgent :

– de faire converger les luttes à travers un front social de l’égalité et de la solidarité qui combine mesures d’urgence et mesures de rupture avec le capitalisme ;

– d’œuvrer pour un front anticapitaliste, car ce front est essentiel pour favoriser l’essor des mobilisations et les radicaliser.

Mais pour peser dans ce sens, il est capital de renforcer un outil comme AL en développant sa presse, ses implantations dans les villes, les campagnes, les quartiers, les entreprises et dans la jeunesse.

Il faut donner dans le paysage politique plus de poids à ce courant politique qui priorise les luttes et la bataille idéologique pour l’autogestion, là où d’autres privilégient la représentation et le combat électoral.

C’est pourquoi AL a édité des dizaines de milliers d’affiches et d’autocollants afin de donner plus de visibilité à ce combat et tout autant d’argumentaires (quatre-pages) exprimant ses analyses, sa stratégie et son projet politique.

C’est également la raison pour laquelle nous rééditons, dans le mensuel du mois de décembre un document fondateur, le Manifeste pour une Alternative libertaire. Bien qu’élaboré en 1991, il conserve une étonnante fraîcheur et une grande clarté, et bon nombre des gens qui ont rejoint AL ces dernières années l’ont fait après l’avoir lu.

Le combat politique est rude et, aujourd’hui comme dans les années qui viennent, nous aurons besoin d’une gauche libertaire, révolutionnaire et extraparlementaire plus forte, ayant plus d’écho parmi les exploité-e-s.

jeudi 11 décembre 2008

C'est confirmé: Régis Labeaume dit n'importe quoi pour monter le bon peuple contre les syndicats



Finalement, la Ville de Québec a été forcée de produire des statistiques fiables sur le taux d'absentéisme au travail des cols-bleus. Vous vous en doutiez, ces chiffres ne concordent pas avec les déclarations haineuses du maire Labeaume sur les «fourreurs de système» qui prennent 18 jours de congés par année sans billet du médecin. L'insistance du syndicat des cols-bleus a permis de révéler au grand jour que le «premier magistrat» parlait au travers de son chapeau. En effet, la Ville a dû engager des ressources pour produire les statistiques demandées par les cols-bleus. C'est donc que le maire n'avait pas de chiffres en main quand il a fait ses déclarations à la radio poubelle! Deuxièmement, les chiffres produits sont loin de révéler un scandale national. En effet, les cols-bleus prennent en moyenne 4,95 jours de congés de maladie par année sans billet du médecin... Il était hilarant d'apprendre dans Le Soleil que la Ville ne voulait pas que le syndicat diffuse les chiffres parce qu'elle ne voulait pas négocier sur la place publique! (Source)

À force de se faire ridiculiser en public, le maire va peut-être apprendre à tourner sa langue sept fois dans sa bouche avant de parler. Au point où on en est, il n'y a plus que les réactionnaires et les anti-syndicalistes primaires --malheureusement très nombreux!-- qui soutiennent encore la stratégie de la mairie et qui croient à sa bonne foi. Tous les autres auront compris que le maire n'est qu'un populiste qui manipule l'opinion publique pour arriver à ses fins et écraser un maximum les syndicats. Même Le Soleil a dénoncé cette stratégie en page éditoriale!

En passant, la Ville n'est toujours pas en mesure de fournir de chiffres en ce qui concerne la catastrophe appréhendée du régime de retraite.

Ça jase d'abstention

Le bond de l'abstention lundi dernier aux élections provinciales a ceci de bon que, pour la première fois, on en jase sérieusement dans une optique politique. Notre ligne traditionnelle sur la question --sur le progrès de l'abstention, sur le fait que cette désaffection est politique en soit, sur le fait qu'il est légitime et politique de s'abstenir-- est même reprise par plusieurs personnes dans les grands médias. Dans les derniers jours on a pu voir Pierre Graveline publier une opinion dans Le Devoir qui aurait eu sa place ici, Éric Grenier reprendre la même analyse sur Jobboom Blogue, Pierre Foglia et David Desjardins revendiquer ouvertement la portée politique de leur abstention, respectivement dans La Presse et le Voir Québec.

Considérant qu'en 2007 l'objectif principal de la Coalition «Nous on vote pas» était de légitimer et politiser l'abstention, je crois qu'on peut dire qu'on a fait des progrès. On lâche pas, la prochaine fois on va avoir la majorité absolue!

Voix de faits dans tes oreilles


L'émission de cette semaine est disponible en ligne.

- Chronique sur les élections
- Retour sur le PI
- Entrevue et chronique sur la grève chez Maxi
- etc.








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Victoire pour les occupantEs de l'usine de Chicago



Nous avons parlé dans les derniers jours, à la radio et sur le blogue, d'une occupation d'usine à Chicago. Et bien, selon le dernier communiqué du syndicat, c'est dans la poche. Les occupantEs ont ratifié une entente de principe leur accordant leur huit semaines de salaire, deux mois de couverture médicale et les paiements des sommes dues (temps supplémentaire et vacances). Le syndicat a mit fin à son occupation. Comme on dit chez nos voisins du sud: direct action gets the goods. source

mercredi 10 décembre 2008

Une grève de solidarité chez Maxi

La ligne de piquetage devant le Maxi Fleur de lys. Photo: Roxane Larouche (TUAC-503)

Depuis le 22 octobre, une grève frappe certaines épiceries «Maxi» de l'est de la province. Au total, ce sont 789 membres de la section locale 503 du syndicat des Travailleurs unis de l'alimentation et du commerce (TUAC) qui ont croisé les bras de Trois-Rivières à Sept-Îles. Des lignes de piquetage ont été dressées devant sept commerces de la région, dont les «Maxi» de Place Fleur de lys, à Vanier, Lebourgneuf et Louis XIV à Charlesbourg. Il s'agit d'un conflit majeur pour le syndicat, qui cherche à uniformiser les conditions de travail dans l'ensemble de la bannière.

Comment des salariés au statut somme toute précaire, 60% de temps partiel, en sont-ils venus à prendre le sentier de la grève? «Les dernières années ont été difficiles dans le domaine de l'alimentation, surtout chez Maxi, explique André Dumas, président des TUAC-503. L'employeur a restructuré son entreprise et a fermé ses boucheries. Il y a toujours un département de viandes mais il n'y a plus de boucher actif qui coupe la viande dans les épiceries. C'était le meilleur travail, en tout cas le mieux rémunéré dans les épiceries. De plus, à la suite de ça, les gens les mieux payés ont vu leurs salaires gelés pendant plus de 8 ans.» Or Maxi est une bannière rentable, en fait, c'est la bannière qui s'en tire le mieux actuellement au Québec et elle appartient à la chaîne la plus riche. Alors, il y a deux ans, le syndicat a lancé un processus pour identifier avec les membres les revendications qui permettraient d'améliorer leurs conditions.

«Nous, ce qu'on a identifié, c'est d'avoir une convention collective pratiquement uniforme dans toute la bannière, raconte André Dumas. On s'est assis avec les délégués et on a monté un projet très réaliste et terre-à-terre et on l'a négocié dans un premier Maxi, à Baie-Comeau. Ça a pris un bon bout de temps, mais on en est venu à une bonne entente, les gens étaient satisfaits, et on a demandé la même entente dans les autres établissements Maxi, ce que l'employeur refuse.» En cas de refus, les syndiqués avaient voté massivement pour la grève dans 13 Maxi sur 14 (dans le cas du Maxi d'Estimauville, l'offre finale patronale a été présentée aux membres et acceptée à 62.5%). De plus, le syndicat a déposé une nouvelle demande d'accréditation syndicale unique pour une quinzaine de Maxi de l'est de la province, marquant ainsi sa volonté d'en arriver à une seule et même convention collective.

Écoutez notre entrevue avec le président du syndicat local:







Diviser pour régner

Face à cette stratégie, la compagnie applique la tactique de diviser pour régner. Elle argue offrir des conditions en fonction des conditions locales du marché de l'emploi et du volume de vente de chaque magasin. «C'est une grève de solidarité, explique Guy(*) un gréviste rencontré en face du Maxi Fleur de lys, parce qu'on aurait pu obtenir ce qu'on voulait dans la plupart des magasins mais certains n'avaient pas les mêmes choses que nous autres. Pourtant, le gars qui place du lait, que ce soit dans le magasin de Sainte-Anne-de-Beaupré, par exemple, versus celui de Lebourgneuf, il fait la même job, c'est pour ça qu'on demandait la même chose.»

Curieusement, les fissures dans le front commun syndical ne sont pas venues des magasins «les mieux nantis» mais plutôt de petits établissements au nom desquels les autres font la grève. Ainsi en est-il dans la région du Maxi Louis XIV. Là-bas, une pétition a été initiée exigeant un vote sur les offres finales de l'employeur et le retour au travail avant les fêtes. Sur place, nous avons rencontré des piqueteurs furieux qui, sous le couvert de l'anonymat, en avait long à dire sur leurs «collègues». Selon la rumeur, il s'agirait d'une mouvement dirigée par une assistante gérante et «l'équipe du jour», des gens qui trouvent leur compte dans les offres actuelles. «Ils ne sont pas venus aux assemblées, à quoi ils pensaient?, lâche un gréviste amer. On est pas tout seuls là-dedans, le vote de grève a été pris à 100% ici, à cause d'eux-autres on est gênés de dire qu'on vient de Louis XIV dans les manifs.» Plusieurs craignent un retour au travail particulièrement difficile avec les «collègues».

Les demandes

Les principales demandes des syndiquéEs concernent quatre points. Tout d'abord, les grévistes veulent des augmentations salariales de 3%. Mais ce n'est pas le principal, selon les grévistes rencontrés. Les demandes «normatives» sont en effet beaucoup plus importantes parce qu'elles vont vraiment changer les conditions de travail. Il y en a trois principales. La première est une protection des employés régulier. La seconde est la rotation pour la journée du dimanche, afin de permettre aux étudiantEs d'avoir au moins une journée de congé de temps en temps. La dernière est finalement le choix des horaires par ancienneté.

Bloquage de l'entrepôt Provigo par 352 gréviste le 26 novembre dernier.
Photo: Roxane Larouche (TUAC-503)



Les patrons exigent auprès de la Commission des relations de travail que les employéEs puissent voter sur les «offres finales» de la compagnie, ce que conteste le syndicat. Au moment d'écrire ces lignes, les actions d'éclat se multiplient aux quatres coins de la province mais des rencontres de conciliation avec un médiateur du Ministère du travail sont à l'agenda. Les propriétaires perdent au moins 6,5 M$ par semaine durant la grève. Afin d'hâter le réglement du conflit, les grévistes demandent aux clientEs de s'abstenir d'acheter dans les Maxis toujours ouvert.

(*) Sans revendiquer l'anonymat, Guy a «oublié» de nous donner son nom de famille.

[Texte à paraître dans Droit de Parole - Entrevue diffusée à l'émission Voix de faits sur les ondes de CKIA 88,3 FM les 10 et 11 décembre 2008]

Les couleurs du PI: blanc, bleu...et brun ?

Sans être ouvertement un parti fasciste, on peut se poser des questions sur l'allégeance politique de certains candidats du Parti Indépendantiste (PI). L'ancien député bloquiste, Ghislain Lebel (candidat dans Chambly), est l'un de ceux-là. Ce dernier est un pro-vie notoire, proche du groupe Campagne Québec Vie. Il est aussi connu pour ses opinions conservatrices .

Le candidat dans la circonscription de Hull, Jean-Roch Villemaire, semble lui aussi avoir un penchant pour les idéaux de la peste brune. Sur son blogue (aujourd'hui fermé), il a avoué son admiration pour Jörg Haider, une figure importante de l'extrême-droite autrichienne, qui s'est tué dans un accident de voiture en octobre dernier et aussi pour Jean-Marie Le Pen. Il faisait aussi clairement référence au nationalisme révolutionnaire, une idéologie d'extrême-droite, par le biais de nombreux liens vers divers groupes français partageant cette conception politique. Voici ce qu'il a déclaré relativement aux émeutes survenues à Montréal-Nord, suite à la mort du jeune Freddy Villanueva:

« Tel est le résultat d’une immigration sans frein, d’une invasion migratoire anarchique que les gouvernements successifs, libéraux et péquistes, ont laissé se développer et contre laquelle le gouvernement actuel ne prend aucune mesure »

Jean-Roch villemaire, Gatineau, Le Journal de Montréal, 13 août.

En réaction à un article publié sur La tribu du verbe, Colette Provost (l'ancienne secrétaire générale du PI) a publié ce message dans les commentaires:

Vous n'êtes pas sans savoir qu'une scission vient d'avoir lieu au Parti Indépendantiste et que tous les éléments de centre et de gauche l'ont quitté. D'ailleurs Victor Lévy-Beaulieu qui devait se présenter pour le P.I en a claqué la porte et se présente comme indépendantiste indépendant. Le nouveau représentant officiel, choisi par le chef après la scission, signait l'an dernier ses interventions sur Internet du pseudonyme "Duplessis". Quoique sans enfants, c'est un adepte des politiques natalistes qui soutient que les Autochtones ont volé leurs terres aux Québécois (?!). Les candidats aux élections sont du même acabit.
Alors, à votre question " Est-ce que le Parti Indépendantiste est au Québec ce que le Front National est à la France?" j'aurais tendance à répondre oui, mais heureusement nous pouvons considérer que non car sa popularité est beaucoup moindre.
Colette Provost
ex-secrétaire générale du Parti Indépendantiste

Clone du FN ou non, reste que ces positions politiques sont inquiétantes et que la récente scission survenue laisse croire que nous ne sommes pas en présence d'un nationalisme de gauche. Il sera donc important de garder ce parti à l'oeil.

Autres liens:


http://www.info07.com/article-208079-JeanRoch-Villemaire-veut-un-moratoire-sur-limmigration.html
http://www.cyberpresse.ca/le-droit/elections-quebecoises-2008/200811/21/01-803262-villemaire-savoue-des-affinites-avec-le-pen.php
http://forums.asse-solidarite.qc.ca/viewtopic.php?f=3&t=3012

Dernière heure: Flic accusé d'homicide en Grèce

Le policier qui a tiré sur un jeune grec, déclenchant de nombreuses émeutes à travers le pays, a été inculpé d'homicide volontaire et d'«usage illégal de son arme de service». Son collègue a été accusé de complicité. Les deux policiers sont présentement en détention provisoire.

Pour lire la suite: http://www.cyberpresse.ca/international/europe/200812/10/01-809274-grece-le-policier-qui-a-tue-ladolescent-inculpe.php

mardi 9 décembre 2008

Abstention 2008

Le 8 décembre 2008, pas moins de 5 738 811 personnes étaient inscrites sur les listes électorales tenues par le DGE du Québec. À ces 5 738 811, le DGE mettait 24 321 bureaux de votes à leur disposition afin d'aller y pratiquer notre "premier droit inaliénable".

Et bien, la population a dit non. Sur plus de 7 millions et demi de population dans la province de Québec, seulement 3 240 141 bulletins de vote valides ont été reçus. Plus de 50 000 personnes ont fait en sorte, peu importe comment, que leurs bulletins de vote soient rejetés. CertainEs auront mal coché, mais peu en fait. La majorité de ces 50 000 personnes qui ont vu leurs bulletins de vote rejetés l'ont volontairement annulé.

Le DGE vous dira que les conditions climatiques étaient plutôt mauvaises, que les forts vents et le froid intense ont eu raison de bon nombre d'électeurs/trices, mais il faut cesser de prendre les gens pour des cons aussi. Les forts vents et le froid n'empêchent pas 43% des inscritEs sur les listes de sortir de chez eux/elles. On serait plutôt stupide de croire ça.

Les partis d'opposition vous diront que cette abstention est due au fait que les QuébécoiSEs ne voulaient pas de cette élection lancée de façon opportuniste par Jean Charest. Mais, si c'était vraiment le cas, si les gens ne voulaient pas de ce cirque lancé par les libéraux, pourquoi sont-ils aujourd'hui majoritaires? Laissez-nous tenter de comprendre la logique de l'opposition parlementaire ici. Étant donné que la population était fachée d'être encore appelée aux urnes, elle a (partiellement, on s'entend) exprimé son mécontentement en allant voter majoritairement pour les responsables mêmes de tout ce foutoir. Wow... d'une logique imparable.

Nous, ce que nous disons, c'est que les gens en ont plein le cul. Les 43% d'inscritEs qui ne se sont pas pointéEs aux urnes ne l'ont pas fait par lâcheté ou par peur des intempéries, non, elles/ils l'ont majoritairement fait en toute connaissance de cause. Nous avons eu droit à un groupe composé d'environ 2 500 000 personnes qui ont envoyé chier les parlementaires. C'est le tiers de la population totale de la province de Québec qui s'est levée hier pour faire autre chose que de participer au Grand Cirque.

Pensez-y un instant. Le tiers de la population québécoise n'est pas allée voter. Son plus proche concurrent, le parti Libéral du Québec, n'a récolté que 1 362 801 votes. C'est pratiquement un million de voix de moins que les abstentionnistes et les parlementaires vous dirons qu'elles/ils ont légitimement le droit d'exercer le pouvoir. De plus, ces 1 362 801 voix sont, toujours selon le système parlementaire québécois, suffisantes pour faire en sorte de contrôler la destinée de plus de sept millions et demi de personnes. Après ça, on nous dira: "si tu ne votes pas, t'as pas le droit de chiâler".

Élections 2008: «analyse» à chaud

Ce texte aurait normalement dû être publié à minuit et demi hier mais ma connexion a planté. Le voici donc ce matin...

Jean Charest a gagné son pari, les libéraux sont redevenu majoritaire à l'Assemblée nationale. Inutile de le nier, c'était écrit dans le ciel et c'est arrivé. Pas de quoi se réjouir de ça. Par contre, quelques autres éléments sont plus intéressants...

Bond de l'abstention

C'est, une fois de plus, le fait marquant de cette élection: l'abstention a fait un nouveau bond. Selon le site du Directeur général des élections, le taux de participation à 00:10 s'élevait à 57,3%. C'est le pire taux de participation de l'histoire de la province. Contrairement à ce que plusieurs écriront, c'est un fait éminemment politique. Ça signifie que plus de 40% des gens ne se donnent même plus la peine de poser ce qui est officiellement le geste politique fondamental de notre système politique. Ça en dit long sur la crise de légitimité de la démocratie libérale.

Écrasement de l'ADQ


Deuxième bonne nouvelle de cette soirée électorale: le plus à droite des partis mainstream c'est écrasé. Sauf erreur, avec 7 élus et 16,25% des voix, l'ADQ n'est même plus un parti politique reconnu. Super Mario a tiré sa révérence. Avec un peu de chance, ce qui reste de l'ADQ va être absorbé par l'un ou l'autre des grands partis. Bon débarras! Il ne faudrait toutefois pas croire que s'en est fini de la droite populiste. Disons seulement que son expression politique provinciale a mangé ce soir un sérieux coup.

Un solidaire à l'Assemblée nationale


Finalement, soyons beau joueurs, nos amis solidaires ont de quoi se réjouir. Un des leurs entre à l'Assemblée nationale. Reste à voir si ça va changer quelque chose... Probablement. La grande question c'est: quoi. Québec solidaire obtient sensiblement le même pourcentage du vote qu'en 2007 (un peu plus même) et fait une fois de plus la preuve que son implantation ne se limite pas à la grande région montréalaise. Reste à voir quel impact ces résultats auront pour la gauche sociale. Il y a fort à parier que la position des solidaires en sortira renforcée. À court terme ce n'est pas nécessairement une bonne nouvelle pour les révolutionnaire... Reste à voir comment cela se traduira dans la pratique.

lundi 8 décembre 2008

Exit l'ADQ?

Il vient de l'annoncer, il ne sera pas de la partie lors du prochain scrutin. Il vient de le dire, l'ADQ va devoir travailler sur la transition. Il va "rejoindre les siens", il dit en avoir beaucoup donné au Québec. Mario Dumont premier a annoncé qu'il était dans son dernier tour de piste, un dernier petit coup pour une retraite plus qu'attendue.

Que reste-t-il de l'ADQ sans sa tête, son corps et son esprit? L'ADQ, ne l'oublions pas, c'est ce parti qui, il n'y a pas si longtemps, voulait que l'on mette Mario Dumont entre parenthèses sur les bulletins de vote afin que tout le monde sache où aller cocher pour le changement.

L'ADQ, c'est cette organisation qui a bien voulu et tenté d'éveiller le côté réactionnaire de la société québécoise, si société québécoise il y a vraiment. C'est ce regroupement d'individus qui voulaient que la population québécoise revienne à ses racines canadiennes françaises catholiques, celles qui sont gentilles mais pas ouvertes d'esprit, tolérantes mais sans réellement accepter les autres, business (wo)man mais surtout pas consciente des réels enjeux économiques, etc.

L'ADQ, c'est ce regroupement de personnes déçues du PLQ, un peu trop à droite pour se dire libérales mais pas assez fronteux pour fonder un parti ouvertement conservateur qui porterait clairement la bannière conservatrice. On le sait touTEs, se dire ouvertement conservateur/trice, du moins du temps de la fondation de l'ADQ, c'était mal vu au Québec. Ça n'aurait pas été winner que de se nommer tout bonnement parti conservateur du Québec.

L'ADQ, ça a aussi été une grosse farce. L'élection de 41 adéquistes en 2007 tenait de quoi au fond? CertainEs parleront d'un vote de contestation. D'autres diront que c'est l'ambiance du moment avec les fameux accomodements raisonnables qui a porté autant d'adéquistes à l'Assemblée Nationale. Mais la blague ne s'arrêtait pas là. Les candidatEs localement étaient souvent des jokes en soi. L'ancien candidat d'Abitibi-Est parlait publiquement du "complot juif international" et du fait qu'il était convaincu que les hommes homosexuels étaient " des corps d'hommes avec des têtes de femmes". C'est aussi ça l'ADQ.

Je ne me réjouis pas forcément de la disparition prochaine de l'ADQ. L'Assemblée Nationale ne fera que revenir au même jeu entre le PQ et le PLQ, avec un solidaire isolé. La mort de l'ADQ ne représentera pas la fin des idées que le parti véhiculait quotidiennement. La mort d'un porte-parole réactionnaire n'équivaut pas à la fin des pensées réactionnaires rétrogrades, mais ça peut toujours faire plaisir.

Sur ce, j'annonce encore une fois que les abstentionnistes devraient obtenir une écrasante majorité, mais elle ne sera jamais reconnue.

Sont vite en affaire...



Un communiqué de la FTQ, saluant l'élection d'un gouvernement libéral majoritaire, est arrivée dans ma boîte courriel à 20:48. Considérant que je les reçois quand même un peu après les médias, ça veut dire que la centrale est vite en ti-ti. Parions qu'ils ont appuyé sur «send» dès le moment où le meuble des soirées électorales de Radio-Canada a prononcé la phrase fatidique «si la tendance se maintient...».

Entre autres joyeusetés, la FTQ «souhaite la continuité dans le respect du modèle québécois» et clame avoir «pris acte de l'engagement maintes fois réitéré par le premier ministre, durant la campagne, voulant que le Jean Charest de 2008 avait compris le message de la population et ne reviendrait pas à ses façons de gouverner de 2003».

«Nous ne pouvons que respecter un dirigeant de gouvernement qui apprend réellement de ses erreurs pour aller de l'avant», a déclaré le président de la FTQ, Michel Arsenault, après l'annonce des résultats du scrutin.

Franchement, on pourrait se garder une petite gêne, non?

Y'en a qui ont du front tout le tour de la tête

Alors que sa boîte a perdu 12 milliards cette année, le pdg de Merill Linch a demandé un bonus de 10 millions. Demande reçue plutôt froidement selon le Wall Street Journal... Sans commentaires! (Source).

[Brochure] Les barricades renversées - la rebellion de Oaxaca

Une autre brochure éditée en mai dernier par l'Union locale de Montréal...

LES BARRICADES RENVERSÉES
LA RÉBELLION DE OAXACA :
SES VICTOIRES, SES DÉFAITES ET SES RÉPERCUTIONS AU-DELÀ DE SES FRONTIÈRES.

Une traduction de Louisane LeBlanc (loulouleblanc@yahoo.ca)

Par le Collectif Reinventions

Le texte qui suit est le résultat d'une étroite collaboration et il est le fruit d'un nombre considérable de rencontres et de discussions. De plus, il reflète les concessions mutuelles, voire les hésitations, d'une conversation qui à court. Il est à noter dès le début que cet essai ne prétend pas être un compte-rendu fidèle de la rébellion de Oaxaca ni même le produit d'une observation active ou d'une expérience vécue des événements. Comme tous les événements historiques lourds de sens, la rébellion de Oaxaca renferme plusieurs vérités, pas seulement une Vérité Absolue. Toujours est-il que cette analyse a été écrite loin de l'agitation mexicaine, alors qu'ici nous discutions. Quoique le texte soit d'une attitude partisane qui saute aux yeux, principalement pour les rebelles de Oaxaca, surtout pour les plus radicaux parmi eux, ce n'est pas un travail de simple complaisance ou de désolation. Même si ce texte dépeint un genre de ventriloquisme commun à la gauche, il ne prétend pas parler au nom des rebelles de Oaxaca qui peuvent très certainement parler pour eux-mêmes. Cet essai tente de mettre en perspective la rébellion et de révéler où a pris source ce phénomène et rien de plus.

Ce texte a été rédigé après l'apogée de la rébellion de Oaxaca, et ce, avec la certitude que ce mouvement n'est pas mort, que d'une manière ou d'une autre la lutte qui a débuté en 2006 continuera. Notre analyse est présentée dans l'espoir d'éclairer le lecteur avant que le soulèvement de Oaxaca ne soit mythologisé (par les antiautoritaires), distordu (par tous les Léninistes d'avant-garde qui, arrogants de surcroît, sont empressés de communiquer leurs sévères " leçons " à la " populace " de Oaxaca) ou simplement oublié puisque les médias ne font plus de cette rébellion leur chou gras.

dimanche 7 décembre 2008

Athènes brûle, et nous?

Sans aucun doute, l'assassinat policier est une plaie internationale. En fait, c'est bien simple, partout où vous trouvez un État qui ait organisé une force policière pour bien assoir son pouvoir, parce que c'est bien à ça que sert la police dans nos sociétés, vous retrouvez des assassinéEs par cet organe. Le dernier meurtre policier à faire la manchette est celui d'un jeune garçon à Athènes.

Tout de suite, il est possible de voir la critique des réactionnaires poindre à l'horizon: "ouais, bien y'avait qu'à pas attaquer la police". Comme à leur habitude, ces réactionnaires ne tiennent pas compte des raisons pourquoi on en vient à attaquer les polices partout dans le monde.

Les lecteurs/trices assiduEs de ce blogue connaissent aussi notre penchant pour la défense des émeutierEs de partout dans le monde, ce qui nous évite ici d'élaborer trop sur les émeutes athéniennes de la nuit dernière.

Ce qui a attiré l'attention ici, c'est l'honnêteté d'une journaliste grecque qui, dans ce qui ressemble à un véritable cri du coeur, a lancé sur les ondes de RDI que la police grecque tue, commet un nombre relativement important de crimes et n'est jamais inquiétée. Vous avez entendu le même genre de discours ne serait-ce qu'une seule fois être permis sur les ondes télévisuelles canadienne? Dans l'affaire Villanueva, vous avez entendu ce genre de critique? Jamais.

La vérité, elle est toujours bonne à dire pour le voisin dans nos bons médias de masse. Quand vient le temps de voir à critiquer les forces répressives de l'État canadien, motus et bouche cousue.

Occupation d'usine à Chicago

Voilà une dépêche intéressante tiré de La Commune, le blogue de nos camarades de l'UCL-Montréal.

Occupation d'usine à Chicago

En gros, la petite histoire commence mardi passé, quand les boss de Republic Windows & Doors (une compagnie dans le nord de Chicago) annoncent que l'usine devait fermer vendredi, pour des raisons de manque de cash (la Bank of America a racheté la banque avec laquelle la compagnie avait une entente pour 5M$ en aide et a décidé que ça faisait plus son affaire). Dans ces cas-là, y'a le Worker Adjustment and Retraining Notification (WARN) Act, loi datant de 89, qui protège une partie de la classe ouvrière américaine en prévoyant un délai de 60 jours avant qu'un patron puisse mettre la clef dans la porte (peut aussi choisir de payer 60 jours de salaire). Et la loi de l'État de l'Illinois prévoit un 15 jours supplémentaire.

Sauf que les 240 travailleurs et travailleuses de la place n'ont rien eu et ont donc organisé un sit-in, vendredi, qui a viré en occupation. Une rencontre devait avoir lieu avec la banque et RW&D, mais la compagnie ne s'est pas pointée. Les camarades ont affirmé leur volonté de rester jusqu'à ce qu'ils et elles obtiennent, au moins, l'indemnisation prévue par la loi, ou jusqu'à ce que la police les tasse par la force.

Comme si c'était pas assez, y'a un politichien démocrate qui s'en mêle, et, de ce que j'ai cru comprendre, une partie des ouvriers et ouvrières l'encourageait d'un glorieux : "Si se puede" (Yes we can, le slogan de campagne d'Obama).

C'est donc une histoire à suivre, qui servira, je l'espère, à montrer que la solidarité et la combativité sont nos armes face aux temps durs qui s'en viennent.

EDIT: Des photos de l'occupation de l'usine sont disponibles sur l'Indymedia Chicago.


Nos camarades du Worker's Solidarity Alliance nous informent que ce type d'action directe est extrêmement rare aux États-Unis. Il faut dire que le syndicat qui organise l'occupation n'est pas particulièrement «représentatif» du syndicalisme d'affaire américain. En effet, l'UE est un syndicat industriel qui a été fondé dans les années 1930 et expulsé de l'AFL-CIO dans les années 1950 parce qu'il avait refusé de prendre le virage anti-communiste. Aujourd'hui l'UE est reconnu pour sa combativité et sa grande démocratie interne.

Par ailleurs, les camarades du 4 Star Anarchist Organization, un groupe basé à Chicago, nous informent que le meilleur endroit pour prendre des nouvelles de la lutte est ce blogue: http://pilsenprole.blogspot.com tenu par un journaliste syndicaliste révolutionnaire membre des IWW.

N'empêche, voilà un développement intéressant qui, s'il faisait tâche d'huile, pourrait annoncer un scénario à l'Argentine dans la première puissance de la planète...

samedi 6 décembre 2008

Crise politique: le débat est resté sur le trottoir...



Aujourd'hui c'était jour de manifestation à Montréal: pour ou contre la coalition libéralo-néodémocrate mort-née appuyée par le Bloc? C'est sûr qu'avec la prorogation de la session parlementaire, l'enjeu était légèrement moins brûlant... Les manifestations étaient tout de même maintenue et Mouton Marron, notre correspondant bien involontaire, est aller voir de quoi il en retournait. D'après lui, ils étaient une soixantaine de conservateurs sur le trottoir et entre 2 000 et 3 000 du côté syndicalo-bloquiste (dont Amir Kadir semble-t-il). Allez donc lire son reportage pour en savoir plus...

Bolivie: Les États-Unis proposent la tactique de la terre brulée


Alors que l'administration Bush se dirige vers la porte de sortie, celle-ci en profite pour "mettre la marde dans le fan". Comme les armées du Tsar face à celle de Napoléon, on fout le feu, on pille, on détruit pour s'assurer que ce qui reste ne puisse plus servir à personne. C'est la stratégie utilisée par Washington dans ses relations récentes avec la Bolivie. Des rapports entre les deux pays, il n'en reste que des cendres.

La situation n'a jamais cessée de se dégrader entre la Bolivie et les États-Unis depuis l'élection du président Evo Morales. Evo est un leader populiste, défenseur de la coca et ami avec l"axe du mal socialiste", Vénézuela et Cuba.

Cependant, ce sont les actions maladroites des États-Unis qui ont provoqué les problèmes. En février 2008, l'ambassade des États-Unis a invité des travailleurs humanitaires et des étudiants états-uniens à rapporter les agissements, les actions et les adresses des professionnels Vénézueliens et Cubains. Pour ceux qui n'ont pas compris: C'est d'espionnage qu'on parle!

Plus récemment, les actions des provinces opposées au gouvernement, la Media Luna, a poussé Evo Morales a expulser l'incompétent ambassadeur des États-Unis Philip Goldberg. En période de crise, il est toujours de bon ton de trouver un bouc émissaire et M. Goldberg était tout désigné pour hériter de ce titre.

Washington a répondu très durement: Expulsion de l'ambassadeur bolivien et suspension de l'Andean Trade Preference Act (ATPA) et l'Andean Trade Promotion and Drug Eradication Act (ATPDEA), menaçant par la même occasion plus de 20,000 travailleurs. On a aussi retiré les Peace Corps, organisme d'aide étatsunien, sous le prétexte hypocrite de protéger ces travailleurs humanitaires du danger (Par la même occasion, vous pouvez constater l'indépendance de facade des organisations humanitaires par rapport au gouvernement qui les financent, qu'ils soient Étasuniens ou Canadiens).

Est-ce que la nouvelle administration a l'intention de repartir de saines relations avec la Bolivie? Un discours d'Hillary Clinton en janvier semble pointer dans cette direction. Celle-ci aurait indiquée: "[...] Je crois que les États-Unis ont fait une série d'erreur[...]. Evo Morales a fait ce qui est compréhensible en se tournant vers ceux qui, comme Hugo Chavez, lui ont offert de l'aider. Alors je tenterai de créer une nouvelle relation avec l'Amérique Latine et ça inclu certainement la Bolivie."

En se basant sur ces déclarations, on peut espérer des relations plus saines entre les deux pays dans le futur. Elles ne peuvent difficilement être pire qu'elles ne le sont actuellement.

Source: http://www.democracyctr.org/blog/

Débat et discussion sur les prisons, la sécurité, les lois et l'anarchie

Les camarades des «mardi de l'anarchie» nous informent que la soirée du 9 décembre portera sur les prisons, la sécurité, les lois et l'anarchie. C'est un débat-discussion («Qu'est-ce qu'on ne pourrait pas faire dans une société anarchiste, et qu'adviendrait-il si on le faisait quand même?» demandent-ils). C'est à l'AgitéE, à 19h00.

N.B.: l'organisateur suggère de lire ou relire la brochure «Déviance en société libertaire» (si vous ne l'avez pas, écrivez-nous, on va vous envoyer un pdf).

Réalisme et politique

L'une des grandes ambitions de Françoise David pour Québec solidaire était d'arriver à présenter une alternative de gauche crédible et réaliste. L'un des moyens identifié pour se faire était de chiffrer toutes les propositions et de produire un sacro-saint cadre financier. Était-elle inspirée du Jean Charest cuvée 2003? Qui sait!

Toujours est-il que cette fois-ci, selon le journaliste économique Gérald Filion, Québec solidaire est aujourd'hui le parti qui a le cadre financier le plus détaillé du Québec! Le radio-canadien s'est en effet penché sur la question, sur son blogue, et il en conclu: «Québec solidaire détaille de façon quasi maniaque chaque proposition, ce qui permet de donner plus d'informations». (c'est Pwel qui m'a mis sur la piste...)

Théoriquement, Québec solidaire est donc aujourd'hui le parti le plus réaliste et le plus crédible de tous! L'ennui c'est qu'à part Gérald, personne ne semble avoir remarqué...

Accessoirement, à lire le comparatif entre les partis, on se rend également compte que l'action de Québec solidaire se situe en plein dans les balises permises par le système capitaliste. Nulle rupture à l'horizon, Québec solidaire n'est pas radical pour deux sous. D'ailleurs, ils le disent eux-mêmes: «les engagements actuels de Québec solidaire sont plutôt sociaux-démocrates et souhaitent une meilleure redistribution de la richesse d'un point de vue économique» (source). Bref, quoi qu'en dise Alexa Conradi, la présidente du parti, pour «une perspective critique du capitalisme», faudra regarder ailleurs.

vendredi 5 décembre 2008

L’impasse afgane (1/6) : Quand l’occupant était russe

Aujourd'hui, les médias nous ont appris la mort de trois soldats canadiens en Afghanistan. Ça porte le nombre de morts à 100. Évidemment, personne ne se soucie de savoir combien d'afghans sont morts depuis le début de l'occupation de l'Otan... Voilà donc une bonne journée pour inaugurer sur notre blogue une nouvelle chronique mensuelle qu'écris un des camarades de l'UCL de Montréal pour le mensuel français Alternative libertaire.

* * *

L’impasse afgane (1/6) : Quand l’occupant était russe


Entre 1979 et 1989, l’Afghanistan a connu une terrible guerre opposant l’Armée rouge aux moudjahidin. Les arguments pour justifier l’intervention soviétiques ressemblaient singulièrement à ceux de l’Otan.

L’URSS est présente en Afghanistan dès 1919, et y joue un rôle important : en 1978, son aide financière fournit 40 % du budget afghan [1]. En avril 1978, le Parti démocratique populaire d’Afghanistan prend le pouvoir sous la direction de Taraki et se rapproche de l’URSS. Les États-Unis tentent alors de déstabiliser le pays, en finançant une trentaine de groupes de moudjahidin. Le président Taraki est assassiné par Amin, dont le coup d’État déclenche une guerre civile. Plus de 600 membres du parti communiste sont alors exécutés [2]]]. Mais ce chef d’État est à son tour assassiné en décembre 1979, par un homme de main du KGB à Kaboul.

70 ans de présence soviétique


L’Armée rouge envahit à ce moment l’Afghanistan, sous prétexte d’une attaque imminente des États-Unis, qui mettrait en péril la révolution Afghane. Elle invoque une intervention en conformité avec le Traité soviético-afghan, à la demande d’un gouvernement ami aux prises avec une insurrection subventionnée par les États-Unis (article 51 de la Charte des Nations unies). Selon la Pravda, cette intervention humanitaire devait prévenir l’instauration d’un régime terroriste, protéger le peuple afghan d’un génocide et repousser une éventuelle agression étrangère [3].

La propagande à l’Est et à l’Ouest


Mais les dirigeants de l’Occident voient la réalité d’une toute autre façon, et soutiennent la guérilla anticommuniste, qu’ils jugent tout à fait légitime. Ronald Reagan compare même Ben Laden et un groupe de rebelles afghans, qu’il reçoit, à « l’équivalent moral des pères fondateurs des États-Unis » 1. Car l’Occident sait que l’URSS a des intérêts impérialistes dans le contrôle des ressources du Moyen-Orient. Un intérêt crucial également pour les pays de l’Otan, car le nord de l’Afghanistan constitue une route alternative pour le pétrole du Kazakhstan et de l’Azerbaïdjan, deux régions qui représentent 4 à 5 % des réserves mondiales de pétrole et de gaz naturel [4].

Les peuples n’aiment pas les libérateurs bottés

En mars 2008, dans des débats au parlement canadien, un soldat soviétique, qui a servi en Afghanistan en 1987, déclare que « son unité livrait de la nourriture, du bois de chauffage, des vêtements […] aux Afghans ordinaires. Elle a construit des lignes de transport d’électricité, protégé les médecins soviétiques ». Ces soldats considéraient donc « que toute personne qui leur offrait une résistance était nécessairement mauvaise », puisqu’ils étaient là pour aider ces gens [5]. Récemment, une militaire canadienne déclarait : « Ce sont les Américains qui font la guerre. Nous, on est en Afghanistan pour la paix. On bâtit des écoles, on essaie d’aider le monde. » [6] Malheureusement, en dépit des « nobles intentions », autant des soviétiques que de l’Otan, tous se foutent éperdument de la population afghane.

Pendant plus de neuf ans, 250 000 soldats soviétiques ont constamment occupé le pays, 14 000 ont été tués et 75 000 blessés. De l’autre côté, 1 242 000 morts Afghans sont estimés, dont 80 % de civils. Aujourd’hui, comment l’occupation de l’Otan, qui repose sur les mêmes raisons fallacieuses que celle de l’URSS, peut-elle espérer réussir avec 70 000 hommes ?

Stéphane Boudreau (UCL)

Extrait du numéro 178 (novembre 2008) du mensuel Alternative libertaire.

[1] Dupuis Déri F., L’Ethique du vampire. De la guerre d’Afghanistan et quelques horreurs du temps présent, Lux, 2007.

[2] PCUS, Report on Events in Afghanistan on 27-28 December 1979, sur www.alternativeinsight.com.

[3] Lyahovsky, A. A., & Zabrodin, V. M., Taini Afganskoi Voini [Secrets of the Afghan War], Moscow, Planeta, 1991.

[4] Genté R., « Du Caucase à l’Asie centrale, « grand jeu » autour du pétrole et du gaz », Le Monde diplomatique, juin 2007.

[5] http://www2.parl.gc.ca

[6] « S’engager… sans vouloir combattre », La Presse, 12/10/08.

Propagande conservatrice: faut le voir pour le croire...

Depuis deux ou trois ans, les conservateurs nous ont habitués à des déclarations d'amour envers le Québec et à une cruise assidue des nationalistes mous. On a beau lire dans les journaux ces jours-ci qu'ils sont repartis dans une croisade sur l'unité nationale, qu'ils essaient de se sauver en alimentant la peur des «séparatisses», c'est dur à croire. En fait, faut le voir pour le croire! De la propagande a son meilleur. Voici donc la pub télé officielle du Parti conservateur qui tourne en ce moment dans le Canada anglais. Ça c'est la version officielle, alors imaginez ce qui se dit «informellement», sur les blogues, les tribunes téléphoniques et cie. Être souverainiste, je pense que je paierais pour faire tourner cette pub avec une traduction simultannée sur les réseaux de télé francophones. Sérieux, Harper joue avec le feu, non?

jeudi 4 décembre 2008

Crise politique: on s'en reparle en janvier?

Finalement, Harper a acheté la paix pour deux mois en convainquant la Gouverneure générale de suspendre la session parlementaire jusqu'en janvier. Qui sait ce qui va se passer entre la dinde et l'attaqua? ... Avouons qu'on s'en sacre un peu.

Ce dont on se sacre un peu moins c'est de savoir qu'il n'y a pas que les politicienNEs, les journalistes et les blogueurs (!) qui s'excitent le poil des jambes avec la crise politique. Il y a aussi des syndicalistes! Le cartel FTQ-CSN-CSQ, qui prévoyait manifester samedi pour faire contre-poids aux conservateurs, vient d'annoncer un déjeuner au sommet vendredi matin.

Selon le communiqué envoyé aux médias, «les leaders syndicaux feront le point sur le coup de force du gouvernement conservateur qui a choisi d'envoyer le Parlement en vacances plutôt que de s'occuper de la crise économique». On devrait savoir après le déjeuner ce que nos syndicalistes nous ont concoctés.

Gageons qu'il sera question d'à peu près n'importe quoi, sauf de grèves et d'actions de perturbation économique pour défendre les intérêts de leur membres face au gouvernement, quel qu'il soit. En effet, faire de la politique partisane, ça les «leaders syndicaux» veulent bien mais ce serait sans doute trop leur demander de faire du syndicalisme politique...

Pause kit-kat: crise politique version canadienne?



Dommage que ce soit une pub! Sinon, ça ressemble pas mal à l'idée que je me fais d'une crise politique à la sauce canadienne... (vous voyez Jack Layton en Che Guevera vous?)

Crise politique: le débat se déplace dans la rue...


(Photo: Manif du groupe d'opposition Otpor à Belgrade lors de la crise politique de 2001)

Wow, ça a l'air qu'on va avoir droit à une vraie de vraie crise politique au Canada! Il paraît même que le débat parlementaire va se déplacer dans la rue dès samedi. En effet, la rumeur médiatique veut que les conservateurs appellent à des manifestations d'appui dans les grandes villes canadiennes (ça s'appelle "Rally for Canada"). Pour ne pas être en reste, les trois plus grandes centrales syndicales québécoises appellent elles aussi à un rassemblement samedi, à Montréal, en appui à la coalition proposée par l'opposition (*). Ça va être beau tout à l'heure si les deux groupes se rencontrent! Manquerait plus que les libertaires organisent des rassemblements pour appeler à la dissolution de l'État...

Parlant de libertaires, Anne Archet à une solution toute trouvée pour une sortie de crise: Shirley Temple for Prime Minister (c'est en français malgré le titre).

(*) d'après Molly, la même chose se passe aussi au Canada anglais avec des rally du CTC dans toutes les grandes villes canadienne.

mercredi 3 décembre 2008

Le FRAPRU a retrouvé la promesse perdue

C'est sur le boulevard Laurier, entre deux ou trois immenses chantiers de construction que le FRAPRU a retrouvé la promesse perdue des libéraux. En fait, il en a retrouvé deux pour le prix d'une...

Plus prosaïquement, une délégation du FRAPRU s'est subtilement invitée à une activité de la Fédération québécoise des municipalités, qui se tenait à l'hôtel Plaza Québec, et à laquelle participait les chefs des trois principaux partis faisant actuellement la cour aux zélecteurs. En mettant leurs chapeaux de journalistes communautaires, les militantEs ont pu interpeller Jean Charest et Pauline Marois. De guerre lasse, les deux politiciens ont lâché le morceau: leurs partis respectifs s'engagent à financer 3000 nouvelles unités de coopératives et d'OSBL d'habitation par année pendant cinq ans s'ils sont élus.

Notons que le PQ et le PLQ promettent exactement la même chose... sur le logement comme sur une foule d'autres sujets d'ailleurs. À ce demander pourquoi tant de gens insistent pour dire que l'un est de centre-droit et l'autre de centre-gauche. Dans le fond, PQ et PLQ ne sont que les deux faces d'une même médaille, à savoir le parti unique de la classe dominante québécoise.

(Ceci dit, tant mieux si on peut récolter une couple de coops, une hausse du salaire minimum et la pleine indexation des prestations d'aide sociale au passage. Ce ne sera certainement pas de refus à voir les années de vaches maigres qui s'annoncent. N'empêche, y'a rien là pour faire avancer «la cause», quelle qu'elle soit, et ce, quoi qu'en disent tous les blogueurs pragmatiques de toutes les couleurs.)

Assez, c'est assez.

À la suite du trépassement de la Boucher, la ville de Québec s'est doté d'un autre administrateur, d'un sauveur, d'un vrai gars du peuple, bref, de Régis Labeaume. Régis est un gars ordinaire qui a su rouler sa bosse dans le business. Il a toujours été là pour sa famille et c'est un homme qui a toujours été accessible à la population en général.

Bon, c'est là qu'on arrête les conneries.

Régis est colérique. Dans les derniers mois, on lui attribue:
-"Je l'aime bien, mais il y a des fois où je la battrais."
Dirigé à Josée Verner.
-"Mon ostie, je vais t'en crisser une dans l'front."
Dirigé au conseiller municipal Michel Fecteau.

Conséquences de ces actes? Aucune. Rien. Nada. Il a dû s'excuser publiquement. Je ne sais pas pour vous, mais je sais que si j'en venais à dire à Labeaume que j't'aime bien, mais des fois j'te battrais ou mon ostie, je vais t'en crisser une dans l'front, les conséquences seraient bien pires.

Pourquoi?

Parce que nous vivons dans une société de classes où les hiérarchies sont bien implantées et que tout travaille dans ce sens. Un personnage public, encore plus s'il est au pouvoir, a bien plus de droit que vous ou que moi. Dans cette logique de société inégalitaire, Régis peut se permettre de menacer de voies de faits n'importe qui n'importe où sans que ça porte son lot de conséquences.

Beau monde n'est-il pas?

lundi 1 décembre 2008

Débat contradictoire: les révolutionnaires et les élections

Samedi dernier, des marxistes indépendantEs ont eu la bonne idée d'organiser une conférence-débat sur le thème «La voie parlementaire est-elle le terrain de lutte de la classe ouvrière?» Malgré la bonne volonté des organisateurs, les «pro-Québec solidaire» avaient la parité sur le panel, le tout a pas mal viré au consensus abstentionniste et la portion «débat» n'a pas vraiment levé. Il faut tout de même saluer l'initiative.

Présentation du panel

À quoi servent les élections ? Du point de vue des travailleurs et des travailleuses, la participation aux élections est-elle un piège ou peut-elle représentée un pas en avant ? C'est à partir de perspectives historiques, politiques, économiques, nationales et internationales, que nous débattrons de ce sujet en compagnie d'organisations qui se réclament de différents courants révolutionnaires.

Participaient au panel:

Sibel Ataogul (Socialisme international)
Richard St-Pierre (Groupe Internationaliste Ouvrier)
François Jean (NEFAC)
David Mandel (Gauche Socialiste)


* * *

Des camarades de l'UCL-Montréal ont rendu disponible un enregistrement audio. Le son n'est pas génial mais c'est assez clair pour comprendre si on se concentre... Le fichier MP3 est sur le site de la NEFAC (attention, ça fait plus de 60 MO).

Servir et protéger

Dorénavant, dans les descriptions de tâches des policierEs, on pourra lire "tuer moyennant quelques vacances". Mais, ne vous en faites surtout pas, un autre corps policier viendra "enquêter" sur ces agissements (d'où les vacances) pour faire croire à la population que "la justice suit son cours". On le voit de plus en plus souvent, ça en devient pratiquement coutumier.

À Québec, il y a eu Claudio Castagnetta. Le jeune homme n'a été coupable, au fond, que de se retrouver en crise au mauvais moment, au mauvais endroit. Le nouveau St-Roch, c'est vraiment pas une place où tomber en pleine crise lorsque l'on est atteint de maladie mentale. Le dangereux individu a eu droit au tout nouveau tout beau taser de la police de la Ville de Québec. Ensuite, sa crise ne s'est pas éclipsée. Les agissements (ou devrions nous dire non-agissements) des policierEs l'ayant vu en crise dans sa cellule sont criminels. Conclusion: aucun blâme envers le SPVQ.

À Montréal, le taser a aussi tué. Toutefois, comme l'attention était trop portée sur cet engin électrique, les flics du SPVM ont décidé de ressortir leurs bons vieux guns. Quoi de mieux pour intimider des jeunes de quartiers défavorisés que d'en tuer un? La réponse est claire et nette: en tuer un, lui faire porter la responsabilité de sa mort et le faire passer pour un criminel, tout en laissant les assassinEs s'en sortir avec des petites vacances payées. C'est, grosso modo, ce qui a été dit en conférence de presse dans les minutes qui viennent de passer.

Oubliez ça maintenant d'appeler les policierEs "flics", "poulets", "cochons" ou "boeufs"; le terme de plus en plus officiel est bien plus près de la réalité: ce sont des tueurs à gage. Tueurs/euses parce qu'ils/elles assassine quotidiennement. À gage parce que, leur gage, c'est leur solde, leur paie. Voilà ce que c'est, la flicaille.

Pendant ce temps à Drummondville...

Un nouveau blog d'un collectif de l'UCL

(via La Commune) Après Montréal, Québec, Sherbrooke et Saguenay, c'est au tour de Drummondville de lancer son blogue. Le collectif La Barricade a lui aussi maintenant son blogue. La diffusion des idées libertaires au Québec continue son chemin...

Un blogue amenant un point de vue communiste libertaire sur l'actualité locale ou extérieure, voilà ce que nous vous proposons. Vous y trouverez des analyses, de la documentation, des vidéos, des éditoriaux, des nouvelles sur le mouvement, bref tout ce qui pourra vous être utile pour bien comprendre le mouvement communiste libertaire, plus précisément, l'Union communiste libertaire.

Nous croyons qu'il est important de parler de ce qui se passe à Drummondville et sa région puisque nous sommes tous et toutes aussi touché-e-s par les différents système d'oppression qu'ailleurs, mais d'une autre façon. De plus, nous croyons qu'il est primordial d'étendre la lutte dans les régions souvent qui sont souvent mises de côté. Finalement, avec les nombreuses fermetures d'usine, nous croyons qu'il est essentiel d'amener un point de vue qui représente vraiment l'intérêt des travailleurs et des travailleuses et non celui des exploiteurs et exploitrices qui contrôle les partis politiques et les médias.


Pour le visiter: Ici...