mercredi 7 juillet 2010
Des féministes suédoises brûlent.... de l'argent!
C'est, il va sans dire, une somme considérable que le Parti a décidé de brûler dans l'espace public. Même si un parti reste un parti - et que je n'en suis pas moins abstentionniste - je trouve le clin d'oeil à la fameuse histoire des méchantes féministes américaines qui bûlent leur soutien-gorge intéressante. Et personne ne peut contester, il s'agit bien d'un geste radical! D'autant plus que leur communiqué précise que ce geste est fait consciemment (mais qui aurait pu en douter... brûler 13 000$ bordel!). Répliquant aux journalistes, la porte-parole délégitime l'idée de donner cet argent à une oeuvre caritative, argumentant que l'idée même d'une organisation politique est de faire de la politique, et non de la philanthropie.
Quant à moi, je trouve l'idée bonne même s'il traduit en même temps un problème structurel important: y'avaient de l'argent pour faire ça!!!
mercredi 5 mai 2010
15 mai : Un Québec contrasté
Militants gais et cathos, réactionnaires et progressistes, réunis et manifestant dans la capitale le même jour.
Le 15 mai, Québec sera l'hôte d'activités pour le moins contrastées. Pendant que la droite catholique se réunira en haute-ville sous l'égide de la très conservatrice Campagne Québec-Vie, la gauche se réunira en basse-ville pour parler d'anticapitalisme, à l'appel du Centre Justice et Foi, le tout sur fond de célébration de la Journée internationale contre l'homophobie!
Anti-choix
La Campagne Québec-Vie, fer de lance bien de chez-nous des anti-choix, tient son congrès annuel à l'hôtel Château-Laurier, le 15 mai, sur le thème «une lutte pour l'âme du Québec : deux visions du mariage et de la famille». À regarder l'horaire, il semble que les pro-vies en ait aujourd'hui contre le projet de loi sur l'euthanasie et le suicide assisté déposé à la chambre des communes par la députée bloquiste Francine Lalonde. C'est en tout cas le thème qu’abordera le président de Campagne Québec-Vie lors d'un atelier en matinée et en assemblée générale.
L'après-midi sera plutôt consacré à diverses conférences sur des thèmes comme l’activisme pro-vie, les adolescents et la question de l'avortement, la natalité au Québec, l’idéologie du féminisme radical (!) et «l'homosexualisme» (sic). En soirée, Marc Ouellet, ci-devant cardinal de Québec, sera l'invité d'honneur d'un souper. À notre connaissance, c'est la première fois que la hiérarchie catholique s'associe ouvertement à l'aile réactionnaire et activiste du mouvement anti-choix.
Anti-capitalistes
Fait plutôt cocasse, au même moment une institution de l'aile gauche de l'Église, le Centre justice et foi, qui publie la revue Relation, organise une journée d'étude au cégep Limoilou sur «les défis de l'anticapitalisme», en collaboration avec le site Internet Presse toi à gauche. De leur côté, les progressistes vont parler, entre autre, de la marche des femmes pour leur émancipation, d'une lecture chrétienne de l'anticapitalisme, du défi écologiste, des inégalités nord-sud, de la crise du capitalisme, etc. Aucun bonze de l'Église n'étant attendu à cette activité, c'est plutôt le mécréant auteur de ces lignes qui prononcera la conférence de clôture (sur «la perspective anticapitaliste dans les luttes sociales», c’est vous dire). [Attention, si ça vous intéresse, il faut s'inscrire et c'est la dernière semaine ou vous pouvez le faire!]
Contre l’homophobie
Cerise sur ce sunday idéologique, c'est aussi le 15 mai, pour des raisons de commodité, que le GLBT-Québec/Lutte à l'homophobie a choisi pour souligner la Journée internationale contre l'homophobie (le 17 mai). La marche, cette année, débutera à l'Assemblée nationale à 13h30 et se dirigera vers le Musée des beaux-arts, sur le thème de l'homophobie dans le monde du sport.
Science fiction
Que ce passera-t-il si tout ce beau monde se croise sur un coin de rue? Qui sait, certainEs voudront peut-être provoquer des rencontres…
mercredi 3 mars 2010
Autour du 8 mars à Québec
(affiche du Groupe Béton Armé de la FA pour la manif féministe du 8 mars à Paris...Ça l'a pas rapport mais elle est jolie)
Le 8 mars, journée internationale des femmes, arrive à grand pas et les propositions d'activités se succèdent. Voici un aperçu des évènements qui sont venus jusqu'à mes oreilles masculines.
Mais d'abord, qu'est-ce que le 8 mars et d'où ça vient? Pour en savoir plus, il y a feu le Groupe anarchiste Émile-Henry qui avait écrit un petit texte d'introduction sur le sujet pour le 8 mars... 2000! ==> La liberté des femmes ne se légifère pas, elles se prend!

Aussi, quoi de mieux pour commencer qu'une petite action de solidarité internationale (après tout, c'est la journée internationale des femmes...)! Prenez le cas de Seher Tümer. C'est une syndicaliste d'origine kurde qui est actuellement incarcérée et qui risque de passer le 8 mars en prison si on ne fait rien. Informez-vous de la situation de cette militante et, lorsque ça sera fait, envoyez un petit courriel de protestation (il y a un lien sur ce site)...
Vous pourriez aussi en profiter pour avoir une pensée pour les femmes iraniennes dont certaines lançaient récemment un appel international à la solidarité pour la journée internationale des femmes (à ma connaissance il n'y a rien d'organisé à ce sujet à Québec).
Les activités régionales
Cette année, le 8 mars commence le samedi 6! Comme nous vous l'annoncions lundi, les camarades d'Ainsi squattent-elles présentent la IV édition de Sacoches et Maillonches (un cabaret spectacle non-mixte) à l'AgitéE. Cliquez pour avoir toute l'info et le programme de la soirée.
Si vous êtes sur la Rive-Sud, il y a des activités féministes le dimanche 7 mars au Patro de Lévis (6150 rue St-Georges (entrée rue de la Visitation)). Au programme : Contes, chants, danses, témoignages pour se rappeler l’histoire des Marches Mondiales des Femmes. Contribution volontaire, information 418-838-3733
À Québec, les organisations féministes officielles se mobilisent le 8 mars en tant que tel pour une marche et une soirée féministe. C'est la Coalition régionale de la Marche mondiale des femmes qui invite au lancement des revendications 2010 de la Marche Mondiale des Femmes. À 18h il y a un Rassemblement et une marche festive (rendez-vous à l'Église Saint-Sauveur au 215 rue des Oblats) suivi à 19h30 d'une soirée féministe (à l'ÉNAP au 555 Boulevard Charest Est). Selon l'affiche qui circule, la soirée est non-mixte (j'en déduit donc que la marche ne l'est pas). Pour information, communiquez avec ROSE du Nord au 418-622-2620.
Par ailleurs, notre station de radio communautaire préférée organise une programmation spéciale pour le 8 mars. De 17h à 18h il y aura une émission «en sortie» (au café Babylone, 181 rue Saint-Vallier Est). Selon le communiqué «En compagnie d’Émilia Castro et de Michèle D’Haïti, nous fêterons le 100ème anniversaire de la Journée internationale des femmes et nous parlerons de la situation des femmes haïtiennes suite au séisme du 12 janvier dernier. Musique et poésie seront aussi au rendez-vous avec entre autre Mam’zelle Ruiz et Alix Renaud. À 18h, la soirée se poursuivra sur cette lancée en musique avec micro ouvert et autres surprises ! Ce sera aussi l’occasion pour l’équipe d’Égalité : Genre Féminin de fêter la mise en nomination de l’émission pour le Prix Égalité 2010 décerné par le Ministère de la culture, des communications et de la condition féminine.» Vous pouvez bien sur écouter ça au 88,3 FM ou vous présenter sur place.
Également au programme féministe durant le mois de mars:
C'est pas le 8 mars mais ça a rapport... Le 17 mars, à 18h, le groupe Mère et Monde organise une projection du film «La domination masculine» de Patrick Jean. C'est gratuit mais il faut s'inscrire au (418) 522-5139. Une halte-garderie est possible selon les besoins.
Également à signaler, la projection du documentaire «Femmes invisibles et indivisibles», sur la place des femmes autochtones au Québec, au Tam-Tam Café, 421 Boulevard Langelier (coin Charest), le 19 mars à 19h.
lundi 15 février 2010
"Kiss-in" à Paris et répression

Si bien que des gens sur place s'y sont tout de même rendus, scandalisés que les gai.e.s ne soient pas les bienvenu.e.s sur la grande place publique, refoulé.e.s dans les quartiers déjà sensibles à l'hétérosexisme. Les intégristes les attendaient, la haine homophobe se dévoilant au grand jour. De Romilly, militant sur place, rapporte sur Rue89:
Je n'ai pas très bien compris ce qui s'est passé. Des hommes ont surgi pour se jeter sur les couples principalement féminins s'embrassant. La violence est inouïe, sortie de nulle part. Deux jeunes femmes sont à terre. N'embrassant personne, j'ai quand même droit à un grand coup de pied. Une journaliste de France Info est bousculée en pleine interview d'un jeune homosexuel. La réalisatrice Emilie Jouvet est heurtée par un casque de moto. Une autre femme prend un coup de poing.
La police est repartie avec 4 des agresseurs...c'est au moins ça bordel! Évidemment, plusieurs victimes ont porté plainte pour violence et insultes à caractère homophobe.
vendredi 12 février 2010
Saputo: la liberté de l'exploitation
La défense de Saputo est splendide: le blogue de Jay Louis ne fait que "partager [des] informations qui mettent en lumière la diversité culturelle de Montréal". Diversité??? Franchement, je ne savais pas que de défendre une culture sexiste et homophobe reflétait la diversité. Madame Cousineau chez Saputo continue de plus belle:
Bref, what-up-gangstars.com
se veut un lieu d’échange pour les jeunes de 15 à 25 ans qui désirent partager sur des sujets qui les touchent, dans un environnement décontracté et convivial.
Eh bien! On aura tout entendu! Un extrait du site peut-être?
On est loin d'une association avec Tel-Jeunes ou Gai Écoute!!! Ce site dégrade clairement les femmes et met en valeur la culture masculine virile . Tant qu'à moi, ça n'engendre que la haine et la violence. Je vois mal comment les jeunes peuvent échanger dans un environnement décontracté et convivial: allez les jeunes, traitez vous de putes pis de mafieux, sortez les guns. Ils pourraient faire la différence entre le hip hop pis le "gangsta".-Comment on fait pour collaborer au blog ou t’envoyer des nouvelles?
Facile. Envoie-moi un e-mail: jay@what-up-gangstars.com. Si ta news est fresh, je verrai ce que je peux faire…Sinon, les filles, si vous êtes chaudes, vous pouvez aussi m’écrire, je suis célibataire.
[...]
-Est-ce que c’est vrai que tu as 5 blondes?
C’est compliqué, mais oui, je confirme.
Franchement, j'aime encore mieux qu'on nous vente la responsabilité sociale des entreprises et qu'elles financent des associations de type communautaire. Au moins, dans ces cas-là il y a possibilité de défendre nos idées radicales, il y a possibilité de débats "intellectuels". Si les entreprises se mettent à défendre ces valeurs rétrogrades, on n'en a pas pour longtemps avant que ça dégénère ici aussi, au Québec, vu le pouvoir qu'ils ont dans notre belle société capitaliste.
J'espère que vous allez faire comme moi, écrire à Saputo (section nous joindre de leur site) pour vous plaindre. Je serais curieuse de voir si votre réponse est aussi sublime que la mienne.
mercredi 10 février 2010
La lutte des femmes d'Iran est celle de toute l'humanité !
[Texte trouvé sur le Jura Libertaire.]Le Manifeste de la libération des femmes d’Iran indique très justement : «Avec le renversement de la République Islamique, nous tendrons une main solidaire à des millions de femmes dans les pays soumis à l’Islam, qui sont prisonnières des États et des gangs islamistes, des adorateurs de l’honneur et des traditions chauvinistes-mâles islamiques.»
Les révolutions et les contre-révolutions, où qu’elles aient lieu, ont en effet toujours une répercussion internationale. Ce fut le cas pour la Révolution française de 1789, la Commune de 1871, la Révolution russe de 1917, comme ce fut le cas pour la contre-révolution islamique de 1979, avec la prise du pouvoir de Khomeini contre l’aspiration populaire à la liberté et à l’égalité. Avec l’instauration de la République Islamique s’est développé un courant réactionnaire, l’Islam politique, qui a frappé l’ensemble du monde dit «arabo-musulman», avec les mêmes slogans misogynes et les mêmes méthodes terroristes contre les femmes. En Iran, le Hezbollah criait, en 1979, «le voile ou les coups», et au fil des jours, les matraques se sont transformées en couteaux, puis les couteaux en fusils. On peut changer les dates et les lieux, ces mêmes slogans ont été hurlé par les islamistes en arabe, en kurde, en dari ou en ourdou. Ils ont d’abord fait des «pressions amicales», puis jeté des pierres, puis menacé, et exclu des écoles pour voiler les femmes dans la bande de Gaza ; organisé des campagnes de terreur pour imposer le hidjab en Algérie ; enfermé les femmes sous la burqa en Afghanistan… Ce voile était un drapeau pour rendre les femmes invisibles, et imposer un véritable apartheid sexiste. Si on trouve dans les courants islamistes des alliés des régimes en place, voire des supplétifs aux armées régulières comme le fut le Hezbollah turc au Kurdistan, et des opposants, des «anti-impérialistes» et des membres de gouvernements au service de l’Occident, il y a un point fondamental, essentiel, sur lequel se rejoignent tous les courants de l’Islam politique, leur haine et leur guerre permanente contre les femmes et leur liberté.
Bien sûr, il serait absurde de considérer que l’oppression des femmes est née avec l’islamisme. L’oppression des femmes est la première et la plus ancienne des oppressions qu’a connu l’humanité. Et les femmes subissaient déjà les mariages forcés, les meurtres «d’honneur», l’excision, les violences en tout genre bien avant 1979. Mais, comme s’ils prenaient en compte ce principe que l’on mesure le degré de liberté d’une société au degré de liberté des femmes, les islamistes ont toujours d’abord attaqué les femmes pour enfermer toute la société dans une prison médiévale. Au nom de la religion et pour s’appuyer sur tout ce est le plus réactionnaire, les islamistes ont défendu les plus rétrogrades traditions patriarcales, comme l’excision en Égypte, les meurtres d’honneur en Jordanie, les mariages et le viol qui s’en suit de fillettes en Arabie Saoudite, et ont réintroduit des atrocités comme la lapidation en Iran, en Somalie ou au Nigéria. Bien des régimes aussi, sans être officiellement islamiques, se sont appuyés sur ces groupes et partis réactionnaires pour imposer des reculs pour les droits des femmes, comme le Code de la famille en Algérie.
Mais depuis juin 2009 et le mouvement révolutionnaire en Iran, les femmes et jeunes filles aux premiers rangs des manifestations, des protestations et des affrontements avec les forces de répression ont montré aux réactionnaires qui les considèrent comme des «moitiés d’humains» qu’elles pouvaient les combattre et elles montrent, surtout, aux femmes du monde entier que la résistance et la libération sont possibles. Elles démontrent, non pas sur du papier mais dans les faits, que la soumission et l’esclavage peuvent être brisés. Chaque recul de la République Islamique est un recul des islamistes et des réactionnaires partout dans le monde, et le renversement du régime des mollahs en Iran ouvrira la perspective d’écraser partout ceux qui ne rêvent que de maintenir voir de renforcer l’oppression patriarcale, d’enfermer les femmes sous des voiles, et de barrer la route aux aspirations universelles à la liberté et à l’égalité.
Car, contrairement aux discours des réactionnaires et aux idéologies sur le relativisme culturel et le choc des civilisations, il n’y a pas des femmes «musulmanes» à opposer aux femmes «occidentales», mais uniquement des êtres humains qui aspirent à profiter de la vie, à aimer qui elles veulent, et à profiter de toutes les richesses matérielles, intellectuelles, culturelles et sociales que le XXIe siècle pourrait offrir à l’humanité. Qui peut décemment penser qu’il y aurait des fillettes qui souhaiteraient être excisées ? Des gamines qui rêveraient d’être mariées de force et violées à neuf ou dix ans ? Des jeunes filles qui voudraient être tuées «pour l’honneur» ? Des femmes qui aimeraient être lapidées ? Qui se réjouissent d’être des citoyennes de seconde zone ? Qui sont heureuses de devoir, même à quarante ou cinquante ans passés, demander l’autorisation d’un tuteur masculin, mari, frère, père ou oncle, pour pouvoir se marier, quitter le pays, ou travailler ?
Les défenseurs du relativisme culturel et du choc des civilisations peuvent bien théoriser ce qu’ils veulent, il n’y a pas une femme au monde qui souhaite être battue, violée, ou discriminée. Et c’est bien parce qu’elles n’en peuvent plus de subir toute cette oppression, que tant de jeunes femmes d’Afghanistan ou du Kurdistan s’immolent par le feu pour fuir une vie faite de souffrances. À toutes celles qui ne voyaient pas d’autre alternative que la souffrance ou la mort, la révolution féminine en Iran apporte une voix d’espoir, celle d’une vie meilleure, libérée de l’oppression.
La révolte des femmes d’Iran fait battre le cœur de millions et de millions de femmes qui crèvent des traditions rétrogrades et des pressions réactionnaires. Elle résonne dans les cœurs des Algériennes en lutte contre le Code de l’infamie et des Pakistanaises pour l’abrogation des lois Hudood, dans celui des Kurdes révoltées par la barbare mise à mort de Doa Khalil et des Afghanes qui se lèvent contre les lois misogynes du gouvernement Karzaï dignes de celles des Talibans, dans celui des Irakiennes qui refusent la Charria imposée par le gouvernement mis en place par le militarisme US et dans celui des Syriennes qui réclament la criminalisation des meurtres «d’honneur», dans celui des fillettes du Yémen, qui comme Nojoud, refusent d’être mariées à dix ans et dans celui des Soudanaises et Égyptiennes qui ne veulent plus être mutilées.
En avançant la revendication d’égalité totale entre les femmes et les hommes, de la destruction de l’apartheid sexiste, et de l’abolition de toutes les lois religieuses et codes traditionnels qui enferment les femmes, les Iraniennes ouvrent la perspective d’une formidable et radicale révolution féminine et anti-patriarcale. Ce souffle de la liberté se transformera en une tempête qui balayera non seulement la République Islamique et ses mollahs, mais aussi Karzaï et les Talibans, la dynastie Al Saoud, les émirs et les dictatures policières ou militaires, les prédicateurs qui justifient les violences contre les femmes et plus largement tous les défenseurs de la réaction religieuse et des traditions misogynes. En ce sens, cette révolution ne vengera pas seulement toutes les Neda, Taraneh, Delara et autres Iraniennes victimes de trente ans de régime misogyne, mais aussi toutes les Yousra Al-Azam, Nahla Hussain, Aicha Ibrahim Duhulow, et toutes celles qui, d’Algérie au Bangladesh ont été assassinées par les brutes islamistes, ainsi que toutes les Doa Khalil, Banaz Mahmod, Meryem Sökmen, Hatin Surucu, Hamda Abu-Ghanem et autres victimes des traditions patriarcales les plus rétrogrades.
Par leur radicalité et leur combativité, les femmes d’Iran démentent aussi tous les discours des diplomates et intellectuels occidentaux sur les «transformations progressives», la nécessité de changer les choses lentement et «pas à pas», comme si au nom de telle ou telle «culture», «tradition» ou «religion», on pouvait accepter que les droits humains les plus basiques des femmes soient violés. Les Iraniennes ont répondu à ces discours creux et pourraient reprendre ces mots de Nadina El Bedair, journaliste féministe saoudienne : «Les gens disent que les choses vont changer lentement et je leur dis toujours que nous n’avons pas le temps pour que cela change lentement (…). Les gens qui devraient changer sont les gens islamiques et traditionnels, mais je n’ai pas à attendre qu’eux changent leurs idées, je dois changer ma vie parce que je n’ai qu’une vie, qu’une seule chance de vivre ma vie et je veux la vivre comme j’en ai envie et pas comme les islamistes le veulent.» Affrontant la mort par soif de vie, les Iraniennes rappellent face à tous ceux qui ont voulu enterrer cette perspective, que la révolution est la seule voie pour briser l’oppression.
En ouvrant, au cœur d’une région ensanglantée par les guerres, le racisme, le machisme et l’intégrisme religieux, un troisième front, libérateur, féministe et égalitaire, face à l’impérialisme et à l’Islam politique, les femmes d’Iran et les hommes qui luttent à leurs côtés, ouvrent la possibilité d’un Moyen-Orient où il fera bon vivre pour toutes et tous, sans que soient prises en compte les fausses identités religieuses, nationales ou ethniques, où non seulement chaque humain pourra exprimer, sans risque, son opinion mais où les femmes pourront même parler de leurs amants, et pour certaines de leurs amantes, sans aucune crainte. Et bien au-delà du Moyen-Orient, en brisant un régime théocratique et misogyne, la révolution féminine en Iran sera un point d’appui considérable pour celles qui, de Pologne aux États-Unis, doivent affronter l’Église catholique ou les fondamentalistes protestants pour obtenir ou défendre le droit à l’IVG. Suivant le principe que la liberté des femmes mesure le degré de liberté de toute la société, les femmes en Iran, en revendiquant aussi l’abolition de la peine de mort, la libération des prisonnier(e)s politiques et la liberté d’expression, redonnent y compris espoir à Mumia Abu Jamal et aux enfermés des couloirs de la mort, aux anarchistes emprisonnés de Serbie, aux syndicalistes assassinés de Colombie, et à toutes celles et tous ceux qui, où qu’elles ou ils vivent, subissent le poids de la répression étatique, des discriminations, et de l’exploitation capitaliste.
Si le pouvoir institué par les ayatollahs a lancé dans le monde entier le slogan misogyne «Le voile ou les coups», la révolution féminine en cours en lance un autre, doux et tendre comme des mots d’amour : «Ni voile ni coups, liberté ! Égalité !»
Stop Honour Killings, 30 janvier 2010.
lundi 1 février 2010
Lancement du livre «J’HAÏS les FÉMINISTES» à la Page Noire
Le Collectif féministe libertaire Ainsi-squattent- elles! et la Librairie sociale autogérée La Page Noire
vous invitent au lancement à Québec du dernier livre de Mélissa Blais:
«J’HAÏS les FÉMINISTES», le 6 décembre 1989 et ses suites.
À travers une étude minutieuse des médias, cet ouvrage retrace l’évolution des réactions à la tuerie survenue à l'école polytechnique le 6 décembre 1989. Mélissa Blais s’intéresse aux multiples explications du geste de Marc Lépine, et défend les analyses et discours féministes, nés dans l’urgence, puis violemment discrédités ou détournés, malgré les intentions clairement exprimées par le tueur.
Elle examine également les principales commémorations, notamment celles entourant le 10e anniversaire, et consacre un chapitre au film Polytechnique sorti en 2009.
Le lancement aura lieu vendredi le 5 février 2010Formule 5 à 7 avec présentation de l'auteure et échanges
À La Page Noire
265, rue Dorchester à Québec.
En collaboration avec les Éditions du Remue-ménage.
mardi 29 septembre 2009
Le 4 octobre: défendons le droit à l'avortement
À DIFFUSER LARGEMENT!
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Le droit au libre choix à l’avortement est encore et toujours remis en question!
Appel à défendre le droit à l’avortement !!
Rendez-vous le 4 octobre 2009, à 13h00
Devant le Centre mère-enfant du CHUL
(devant Place Laurier)
C’est seulement en 1988 que l’avortement a été décriminalisé au Canada, suite aux luttes des femmes et à celle du Dr. Morgentaler. À peine 20 ans plus tard, le droit des femmes de choisir librement si elle souhaite ou non se faire avorter, est pourtant une fois de plus remis en question au Canada et au Québec.
À Québec, la situation n’est pas différente. Depuis quatre ans des anti-choix se présentent le premier dimanche d'octobre devant le Centre mère-enfants du CHUL pour s’opposer au droit des femmes de choisir de poursuivre ou non leurs grossesses.
Pour contrer cette nouvelle démonstration de la droite religieuse, près d’une centaine de manifestantEs pro-choix se sont présentéEs sur les lieux du rassemblement en 2007 et en 2008. Ils avaient dénoncé avec vigueur ces nouvelles menaces aux droits des femmes acquis de hautes luttes.
Cette année, une nouvelle manifestation anti-choix s’organise à Québec et encore une fois, le droit du libre choix à l’avortement est remis en question. L'enjeu est très important à l'heure où les attaques se multiplient.
- Nous devons montrer que le droit à l’avortement est le droit fondamental des femmes de disposer de leur corps.
- Nous devons montrer qu’il y a toujours un large support de la population envers le droit au libre choix.
- Nous devons manifester pour contrer la droite conservatrice qui attaque de tout front les droits gagnés vers l’égalité entre les femmes et les hommes.
Il faut réaffirmer que le droit à au libre choix est fondamental pour toutes les femmes. Il s’agit du droit des femmes de disposer librement de leur corps.
Si votre groupe ou organisation souhaite endosser ou appuyer cet appel et participer à la mobilisation, veuillez nous contacter!
Informations :
Ainsi-squattent-elles ! : ase (à) resist.ca
Collectif anarchiste La Nuit (UCL-Québec) : ucl.quebec (à) causecommune.net http://voixdefaits.blogspot.com
jeudi 20 août 2009
Quand le racisme se sert des femmes

Vous avez peut-être entendu parler du tolé en France contre le burkini, ce maillot de bain conforme à la loi islamique qui recouvre des cheveux à la cheville? Le débat est reparti de plus belle alors qu'un maire italien interdit d'en porter un "dans les piscines et le long des cours d'eau" de sa municipalité.
Écoutez ce qu'il avait à dire:
«La vue d'une "femme masquée" pourrait troubler les plus petits enfants, sans parler des problèmes d'hygiène», a-t-il dit. «Nous ne devons pas être obligatoirement toujours tolérants. Imaginons le bain d'une femme occidentale en bikini dans un pays musulman. Les conséquences pourraient être la décapitation, la prison ou l'expulsion. Nous nous limitons à interdire l'utilisation du "burkini" et si cette décision gêne quelqu'un, cette personne pourra toujours prendre un bain dans sa baignoire», a conclu le maire.Sans grande surprise, le maire Gianluca Buonanno est membre de la Ligue du Nord, un parti régionaliste anti-immigrés qui, d'après Le parisien, a coutume de viser la communauté musulmane.
Beaucoup plus présent en France qu'ici, le débat sur la laïcité/universalisme, popularisé au Québec avec les accomodements raisonnables et le port du voile en France use de toute part d'une rhétorique "pour le droit des femmes". Dans le discours du maire Buonanno, on voit bien comment le droit des femmes est plutôt une instrumentalisation: les femmes de "là-bas" ont des droits et des devoirs spécifiques, il en va de même ici! On pourrait tout aussi bien transformer par "comme elles ne sont pas libres là-bas, elles ne seront pas libres ici"!
Je conviens que le débat est émotif pour toutes celles qui se sont battues pour la liberté de mouvement et le libre-choix, mais il est dommage que plusieurs féministes et militantEs préfèrent s'en remettre au pouvoir répressif de l'État pour vivre leur liberté que de continuer à lutter jour après jour dans et avec les communautés locales pour une transformation des rapports sociaux (y compris des rapports sociaux de sexe). Le discours raciste du maire Buonanno montre bien le rôle de l'État: exclusion des non-citoyens et non-citoyennes, non seulement des gens qui habitent un autre territoire (et qui en théorie sont protégés par un autre État), mais aussi exclusion de l'espace publique de celles et ceux dont on veut limiter le pouvoir de décision politique.
Pendant longtemps, l'exclusion politique s'est opéré de façon affirmative contre le prolétariat (droit politique à ceux...et celles! qui étaient propriétaires) pour ensuite se concentrer à l'exclusion des femmes, des Noir.e.s et des communautés culturelles. Aujourd'hui, la lutte des sans-papiers montre bien comment l'exclusion politique s'opère toujours. L'État est après tout le monopole de la violence sur un territoire donné (y compris sur sa population) pour reprendre l'expression de Max Weber. Si la violence d'aujourd'hui est peut-être en reconfiguration tel que soutient Foucault, il n'en reste pas moins que le racisme et l'anti-féministe se déploie très facilement par le pouvoir d'État pour reproduire un type de citoyenneté qui exclut tout ce qui pourrait le mettre en danger.
Tant qu'à moi, je dirais que si l'État s'est toujours servi d'une division entre les "bons immigrantEs" et les "mauvais"(penson à la colonisation en terres américaines), le féminisme a tendance à opérer le même type de discours entre les "femmes libérées" et les autres. Pour Chandra Mohanty, Spivack et Nurayan (pour ne nommer que ces trois féministes post-colonialistes parmi plusieurs), c'est bien là pour éviter de remettre en question toute la lutte qui a été faite et surtout, éviter de voir combien il reste à faire. Vaut mieux se comparer aux autres qu'avec son idéal. Elles ont montré comment en Inde la rhétorique sur les femmes a servi de justification à la colonisation (ces pauvres femmes, il faut les sauver!) et comment, en contrepartie, la rhétorique anti-féministe a aussi servi aux hommes qui voyaient dans la lutte des femmes le signe parfait de la colonisation (elles ne se rebellaient pas avant!).
Je me demande bien qui est le plus fautif entre un homme qui interdit à sa femme de s'habiller comme elle veut et un autre qui lui interdit de se promener où elle l'entend... Et si on rentre dans cette équation l'idée qu'il y ait une chance (et je conviens que ça prendrait des nuances) que la femme en question décide par choix de porter ces habits religieux, eh bien la réponse est assez simple!
Finalement, je tiens à dire que la vue d'une "femme masquée" ne dérange quiconque lorsqu'il s'agit d'une religieuse catholique ou de la statue de la vierge marie. Personnellement, j'ai été beaucoup plus traumathisée étant jeune de comprendre qu'il faudrait un jour que je m'épile tout le corps pour aller sur une plage que de voir une femme mettre un habit de plongée sous-marine. Tant mieux si des femmes osent défier les critères de beauté existants (même si c'est malheureusement au nom de la religion) j'espère que ça donnera le goût à d'autres d'être critiques de ses propres valeurs et de s'engager dans des voix alternatives. Quant à l'argument de l'hygiène, je ne dirai rien à ces capitalistes qui saccagent l'environnement sans se poser de question parce que je vais devenir méchante...
Sources:
Article sur l'interdiction du burkini en Italie: leparisien.fr
Pour voir que le cie qui produit le burkini n'est qu'une "simple" cie capitaliste comme les autres: ahiida.com
mardi 11 août 2009
Les traditions oppriment les femmes
Une société qui se base sur l’exploitation de l’humain a besoin d’un ordre sexuel rigoureux. Réaction, statu quo, évolution, révolution,... la condition des femmes dans une société est un élément fondamental de l’analyse du contexte politique ; et cette condition est inséparable du poids qui est donné dans la collectivité aux traditions et religions.
Cette évidence est souvent "oubliée" actuellement. En effet, même dans les milieux qui se pensent progressistes, même dans le milieu libertaire, qui pourtant s’affiche féministe et anti-patriarcal, les conservatismes les plus lourds ont gangrené le discours et la pensée [1]. Certes, ils l’ont fait habilement. Ils ne s’expriment plus selon la vieille rhétorique, "Travail, famille, patrie". Ils se camouflent derrière de nouveaux oripeaux et prennent les déguisements du "régionalisme", de la défense "des peuples originels" de celle de la notion de "coutumes" quand ce n’est pas le "respect" de "certaines traditions religieuses"...
Lire la suite de ce texte...
vendredi 31 juillet 2009
Des travailleuses du Honduras obligées de marcher pour la paix

(Une nouvelle qui date du 21 juillet, mais qui est toujours d'actualité.) CODEMUH, une organisation féministe du Honduras, dénonce que des travailleuses des maquiladoras soient contraintes à participer aux "Marches pour la paix" [pro-coup d'état] par leurs patrons. Qu'elles y soient envoyées sur leurs heures de travail ou pour du "temps supplémentaire" [non payé d'ailleurs!], elles appellent à la résistance contre la bourgeoisie qui abuse de son pouvoir: "les femmes sont des êtres humains, pas des machines, et les employeurs usent de leur pouvoir capitaliste et patriarcal pour opprimer les travailleur.e.s".
Nous reproduisons ici l'excellent communiqué de CODEMUH. (N'ayant pas les compétences pour le traduire, il est seulement en anglais, désolé):
FEMINIST WOMEN: POWERLESSNESS, PAIN, RAGE, ANXIETY, SADNESS AND HOPE WE LEARN FROM CONFLICT
Feminist women organized in the Honduran Women’s Collective (CODEMUH) feel it is important
to expose, both nationally and internationally, the situation that women maquila workers are
experiencing in this country.
Workers are being forced to participate in so-called “Marches for Peace” [pro-coup demonstrations]. In some companies, workers are selected from high-producing work-groups,
groups that achieve their quotas. Workers are not asked whether they want to participate or not, and in at least one case, the administrators of a cooperative are being forced to participate.
Employers are also insulting the anti-coup demonstrators, saying they are trouble-makers who
want to harm participants in the “Marches for Peace.”
This is a perverse statement on the part of the manufacturing sector, since the demonstrations of resistance from the Honduran people include workers’ family member and friends. The manufacturers’ cynical intention is to be the protagonists of a conflict which will maintain the divisions between the impoverished people of Honduras. This in turn will increase violence between people, and increase the nearly-absolute power of the Honduran State.
We also want to clarify that male and female maquila workers who have been forced to
participate in the “Marches for Peace” have not received a penny for their participation. In fact,
there are companies that are forcing workers to make up the day on the Saturday after the
march, and promising to pay them overtime on that day. That overtime pay never appears – so
not only are these workers obliged to participate in marches for the bourgeoisie, but they have to
work an extra day.
The workers living through this, just to keep their jobs, feel powerless and sad. They do not agree with these activities organized by the employers. We call on maquila workers to stop accepting when they are told they are “maquileras” but to call themselves “workers”. We have to reclaim our class identity. As well, we call on maquila workers to resist being taken to the “Marches for Peace”. Workers cannot be fired for refusing to participate. This is an abuse by manufacturers – you have not been hired to fight in the streets for their interests, but to work in their factories. Women are human beings, not machinery, and employers are using their patriarchal capitalist power to oppress the workers. Jobs yes, but with dignity!
Women want peace, but an inclusive peace where impoverished people enjoy the full respect of
their rights at home, at work and in the street - without coup d’états, without unexpected electricity cuts, without censorship of television and radio channels sending out information to the people, without curfews, without the suspension of our fundamental human rights in the absence of any authority.
This conflict has really given us the opportunity to see the true colours of our leaders. Who votes
on Election Day? Who elects our leaders? Isn’t it enlightening to see their true colours and to
remember the power we have?
WE ARE FOR TENDERNESS, BEAUTY, HOPE AND SISTERHOOD BETWEEN HUMAN BEINGS. NO MORE VIOLENCE AGAINST THE WOMEN AND MEN OF THE HONDURAN PEOPLE
San Pedro Sula, July 21, 2009
dimanche 19 juillet 2009
Féminisme et luttes de classes - Enjeux des théories de l’identité
La position de la NEFAC sur le patriarcat n’a jamais été claire. Si parfois on se revendique de l’anarka-féminisme, c’est jamais sans définir le terme ni faire référence à des auteur-e-s, ni même à un courant précis issu du mouvement social. On préfère plutôt s’en tenir à des positions «contre l’oppression des femmes», au même titre que lors d’enjeux précis contre le racisme ou contre l’homophobie. Mais il faut se rendre à l’évidence, la NEFAC n’a jamais été capable de dépasser cette position et d’avoir une réelle et effective unité théorique sur l’interrelation des systèmes d’oppression. Loin de moi l’idée d’en arriver à une conclusion ici. Ce texte se veut plutôt une exposition au meilleur de mes connaissances des idées théoriques qui existent déjà sur cette question pour en démocratiser la réflexion (souvent monopolisées par les milieux universitaires). Ainsi, j’espère qu’il amorcera une réflexion plus globale sur les enjeux des luttes de classes et que d’autres le complèteront ultérieurement.
Luttes de libération
La NEFAC-Québec
Présentement, la NEFAC reconnaît politiquement la diversité des luttes de classe et des formes d’aliénation, en mettant tout particulièrement l’emphase sur la lutte des femmes, de genre et contre le racisme. On les appelle communément «oppressions sociales» dans ce sens qu’elles sont interreliées au système économique tout en étant autonomes. Leur logique de production et de reproduction est plutôt reliée à la socialisation (les stéréotypes, les institutions sociales, etc., bref, les rapports sociaux) qu’à une dénonciation économique et politique de leur système autonome. Pour ce qui est de la pratique politique, on est généralement à la remorque de l’actualité, c’est-à-dire qu’on va se mobiliser lorsqu’il y a des reculs face aux libertés individuelles, que ce soit C-484 (droit des femmes) ou Montréal-Nord (racisme) ou encore contre l’homophobie à Québec. L’organisation du Québec, pour sa part, n’a aucune structure spécifique tandis que la fédération a un comité femme.
Le contexte général
Il y a très certainement une perte de sens de l’universalisme qui traverse les mouvements sociaux. On nage en pleine fragmentation des mouvements sociaux où l’on se replie sur l’identité pour construire un contre-pouvoir, principalement basé sur la volonté d’être inclus-e-s dans le projet politique. Au plan théorique, la définition foucaldienne du pouvoir fait «des petits». On sort d’un cadre théorique macrosocial où les classes sont en lutte pour se concentrer sur une analyse individualisante. Dans le fond, c’est un rejet de la libération post-révolutionnaire et dans cette optique, il vaut mieux miser sur le pouvoir d’action des individus pour transformer les inégalités d’aujourd’hui.
L’interrelation entre les identités est un enjeu important. Le problème pour l’anarcho-communisme c’est que présentement, il ne développe pas de nouvelles «idées» ou, pour être plus précise, il ne réfléchit pas aux transformations sociales qui ont percé les rapports sociaux sous l’impulsion des revendications multiples des mouvements sociaux. Il faut dire que la réalité est complexe, certes, et que nous sommes davantage propulsé-e-s par les luttes concrètes que par des enjeux purement théoriques. N’empêche, notre vision des rapports sociaux et de l’interrelation des aliénations et des luttes de classe doit être débattue.
==> Lire la suite sur le portail Anarkismo
vendredi 17 juillet 2009
Crise économique
L'indice rouge à lèvre, vous connaissez? Après les attentats du 11 septembre et la récession économique qui s'ensuivit, le pdg de la société Esthée Lauder a réalisé que les crises économiques étaient un bon moyen pour lui de faire du cash. En temps de crise, les ventes de rouge à lèvre sont en hausses! Y paraît même que le phénomène n'est pas nouveau et que ça date de la Grande dépression.Dommage que l'indice ne calcule pas les profits de monsieur Lauder avec la misère des femmes et l'augmentation de la prostitution. J'sais pas pourquoi pas, j'ai plutôt l'impression que c'est du 200%. Non?
mardi 24 février 2009
Invitation Sacoches et mailloches III
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Nous avons reçu l'invitation suivante.
Bonjour,
Pour la troisième année consécutive, le collectif féministe libertaire Ainsi squattent-elles ! et plusieurs collaboratrices, organise une soirée cabaret-spectacle dans le cadre de la journée internationale des femmes. La soirée est organisée par et pour les femmes.
Samedi, 7 mars, 20h
Café-bar l'Agitée
251 rue Dorchester
Contribution volontaire
Soirée non-mixte
C'est l'occasion pour plusieurs femmes de monter sur scène pour une première ou une nouvelle fois.
Au programme: chanson, musique, danse, slams, gumboots, poésie, et plus... se terminant sur la musique de DJs qui vous fera danser jusqu'aux petites heures!!
Artistes :
Sylvie Beaudry
Marie Belleau
Laurence B.-C. et Nadine D.
Émilie Dufour
Dominique Fiset et Jane Ehrhardt
Emilie Guimond
Ariane Gauthier-Tremblay
Léa Hardy
Gabrielle Noëlle-Bégin
Jodi Proctor
Véronica Rioux
Isabelle Simard
Mélissa Simard
Véro Trash
dimanche 1 février 2009
Féministes?
En gros, l'article rappelle le fait que l'ex conjointe de fait d'un richissime québécois demande une pension alimentaire qui sort de l'ordinaire, malgré le fait que le couple n'était pas marié et que les conjointes de faits n'ont pas légalement les droits des femmes mariées.
Jusqu'ici, rien de spécial. Un autre de nos médias de masse fait encore du kilométrage sur le star system sans apporter rien de trop controversé. Là où le bat blesse, c'est lorsque la journaliste Louise Lemieux laisse comprendre que Louise Langevin de la chaire Claire Bonenfant est féministe au même titre que Lise Bilodeau de la pseudo-organisation des nouvelles et nouveaux conjoints.
L'ANCQ, lorsque l'on gratte un peu sous la surface, n'est rien de plus qu'une organisation masculiniste qui accepte les femmes. Mieux encore, les masculinistes aiment beaucoup pouvoir se servir de quelques femmes bien soumises afin de faire en sorte de porter l'odieux de leur message.
Les points dénoncés par cet organisme regroupent, entre autres:
-Au Québec, 96% des ordonnances alimentaires, gérées par le ministère du Revenu, sont payées par des hommes.
-Au Québec, après le partage du patrimoine familial, des régimes de pension, des REER, les ex-épouses sans enfants bénéficient de pensions alimentaires à vie (sans terme).
-Au Québec, les ex-épouses ou conjointes peuvent changer d'orientation sexuelle à vos frais!
Bon, assez rigolé ou pleuré comme ça. Pour voir toutes leurs "dénonciations", allez sur le site officiel de l'ANCQ au http://www.ancq.qc.ca/. Bien entendu, on y retrouve des "dénonciations" qui peuvent, à la limite, avoir du sens, mais sans plus. Un survol de leur site vous laissera voir que le tout n'a rien de féministe.
Une courte visite sur le site web de la Chaire, nettement plus clair que celui de l'ANCQ, vous laissera comprendre à quel point nous entrons dans une toute autre catégorie.
Ses mandats et objectifs:
Le mandat de la Chaire d’étude est de développer la recherche multidisciplinaire sur la condition des femmes et d’assurer la diffusion des résultats des études effectuées.
La Chaire d’étude Claire-Bonenfant sur la condition des femmes entend donc :
1. Promouvoir les travaux qui ont pour objectif la transformation des systèmes de valeur, structures et rapports sociaux qui maintiennent les inégalités entre les hommes et les femmes.
2. Favoriser l’interdisciplinarité dans le domaine de la recherche et l’enseignement sur la condition des femmes.
3. Collaborer avec les groupes de femmes en leur facilitant l’accès aux ressources pertinentes.
4. Favoriser l’échange et la concertation avec les chercheuses intéressées par l’étude de la condition des femmes et l’approche féministe.
De façon plus précise, la Chaire d’étude vise les buts suivants :
a. L’étude des interactions entre l’évolution des conditions de vie des femmes, les changements socioéconomiques et technologiques, les idéologies, les images et représentations au sujet des femmes.
b. La connaissance des femmes comme actrices de changement social et l’étude de l’influence de leurs décisions sur l’ensemble des institutions de la société : famille, école, travail, etc.
Le tout tiré du http://www.etudesfeministes.fss.ulaval.ca/ChaireClaire-Bonenfant/index.html.
Le féminisme peut prendre plusieurs visages, on s'entend. De "bonnes bourgeoises" ont pu avoir une quelconque utilité historiquement dans ce mouvement, mais jamais les collaboratrices qui se complaisent dans leur rôle de femme bien soumise ne pourront, sans être dénoncées, se faire passer pour des féministes.
Le fait que Lise Bilodeau de l'ANCQ se fasse passer personnellement pour une féminste passe encore. Il faut, tout comme les politicienNEs qu'elle fasse passer son message, peu importe comment. Jamais mentir n'a bloqué les politicienNEs d'aller de l'avant, ce n'est pas elle qui commencera à avoir une conscience à cet égard.
Toutefois, la journaliste du Soleil, sous ce faux couvert d'objectivité, intitule son texte de manière à faire croire que les féministes s'affrontent. C'est, après une courte analyse, complètement faux (dans ce cas précis) et pathétique.
lundi 26 janvier 2009
Appel aux artistes : 3e édition du Sacoches et Mailloches !
Appel aux artistes :
3e édition du Sacoches et Mailloches !
L'équipe de l'émission de radio féministe libertaire Ainsi squattent-elles! et ses collaboratrices sont à la recherche de femmes ou groupes de femmes prêtes à faire de courtes performances artistiques (musicales, théâtrales ou autre) d'une quinzaine de minutes à l'occasion de la journée internationale des femmes et du spectacle non-mixte qui s’organise depuis maintenant 3 ans : Sacoches et Mailloches III !
Conçu et livré exclusivement par et pour des femmes, ce spectacle style cabaret met en vedette la diversité des femmes et leurs différentes forces. Après le succès fou de cette soirée thématique les dernières années, le comité organisateur souhaite se dépasser cette fois-ci en offrant un spectacle des plus éclatés et engagés!
Merci de nous faire parvenir vos propositions ainsi qu’une courte description de celles-ci avant le 6 février à l’adresse suivante : ase@resist.ca. Les numéros seront choisis par souci de diversité et pour leur pertinence à l'occasion de la journée des femmes. Le spectacle aura lieu le samedi 7 mars, dès 20h au café-bar l'AgitéE (251 rue Dorchester, Qc).
mardi 23 décembre 2008
Irak: la barbarie en héritage
Une communiste et militante des droits des femmes décapitée dans le Kurdistan IraquienNahla Hussain, militante des droits des femmes, leader de la ligue des femmes du parti communiste Kurde et mère de deux enfants, a été décapitée chez elle à Kirkuk dans le nord de l’Iraq. Elle était seule chez elle au moment de sa mort. D’après la police, des hommes non identifiés sont entrés chez elle dans la nuit de vendredi mais les circonstances qui ont suivi l’attaque restent inconnues.
Toutefois, les violences envers les femmes qui ne respectent pas les lois islamiques et les codes vestimentaires sont devenues un phénomène banal en Iraq. Militants des droits des femmes, laïques et communistes sont tous sous la menace constante de différents groupes rétrogrades dont les islamistes. Dans le contexte de la société Iraquienne, les circonstances qui ont conduit à la mort de Nahla Hussain sont en réalité très bien connues. Tout récemment, la loi de la charia est devenue loi officielle au Kurdistan. De plus, depuis que les Américains ont lancé l’attaque en Irak, déclenchant ainsi terrorisme islamiste et violences tribales, les femmes sont victimes de violence et du terrorisme. Nahla Hussain a été sauvagement assassinée à cause de ses convictions et de ses activités politiques : c’est un fait avéré. Elle est une victime du sexisme et des forces réactionnaires.
Ce meurtre brutal doit être condamné par toutes les organisations progressistes, éprises de liberté et défendant les droits des femmes. Nous demandons avec vigueur l’arrestation et la condamnation des meurtriers par le gouvernement du Kurdistan Iraquien. En créant un Etat islamique et en faisant régner lois tribales et islamiques, ce gouvernement réactionnaire a créé un véritable paradis pour les islamistes et toutes les forces réactionnaires. Les femmes sont devenues les cibles désignées de ces forces. Ce sont donc ces conditions qui ont abouti au meurtre de Nahla Hussain ainsi qu’au meurtre et à la mutilation de centaines d’autres femmes. Nous devons mettre un terme à ces actes inhumains et sanglants en Iraq.
Pro-Choix, 23 décembre 2008
dimanche 28 septembre 2008
Le capitalisme nuit à l'égalité homme-femme
Concrètement, les hommes ont fait des pas de géant entre 1986 et 1998 et depuis, ça se gâte. En 1986, les hommes n'accomplissaient que 40% du boulot abattu par les femmes à la maison. Ensuite, ça a commencé à changer. En 1998, les hommes accomplissaient 70% du travail des femmes. Pas encore l'égalité mais on pouvait croire que la prochaine génération allait y arriver. Et bien non. On est redescendu à 60% en 2005.
D'après les chercheurs, c'est la faute au travail. Le temps qui n'est plus consacré aux tâches ménagères et aux enfants est consacré au boulot. Tout le monde travaille plus mais, toutes proportions gardées, ce sont les heures des hommes qui ont explosé. En effet, en incluant le temps de déplacement, les hommes consacrent maintenant 50h par semaine au travail (6h de plus qu'en 1998), 10h de plus que les femmes. Notez que les salaires n'ont pas suivi du tout. Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai l'impression que c'est tout sauf volontaire. C'est l'évolution du capitalisme qui nous amène là.
Parlant de capitalisme, un autre groupe de chercheur croît avoir mis le doigt sur le bobo concernant les inégalités de revenu entre les hommes et les femmes. C'est la maternité qui est en cause. Jusqu'à trente ans, il n'y a pas de différence majeure entre les carrières des unes et des autres. C'est après que ça se gâte. Plus de 40% des femmes décrochent du marché du travail pour deux ans en moyenne quand elles ont leurs enfants. Seulement les deux tiers de ces femmes réussissent ensuite à retourner au boulot et seulement 40% dans un emploi à temps plein. De retour sur le marché du travail, mesdames ont perdu 18% de leurs salaires comparativement à messieurs (le double si elles ont été absentes plus de 3 ans).
Voilà, c'est ce qu'on appelle une discrimination systémique. C'est le capitalisme patriarcal dans toute sa splendeur. Heureusement, il existe une porte de sortie, c'est le syndicalisme (l'écart de revenu le moins fort se trouve chez les femmes syndiquées). Qui a dit que le féminisme était dépassé?
mardi 23 septembre 2008
Ainsi Squattent-elles: Changement d'horaire, mais toujours la même excellente émission
Faites circulez svp.
Désolées si vous recevez ce courriel plusieurs fois!
Ainsi-Squattent-elles à CKIA
Changement d'horaire, mais la même excellente émission!
L'émission féministe libertaire Ainsi squattent-elles est maintenant diffusée les mardis à 20h00, toujours sur les ondes de CKIA, 88.3 FM.
La programmation des prochaines semaines à Ainsi Squattent-elles:
Mardi, 23 septembre, 20h00:
Les menaces au droit à l'avortement et la dernière victoire judiciaire contre les masculinistes.
Mardi, 30 septembre, 20h00:
Les conservateurs et la droite religieuse qui mettent en péril les avancées vers l'égalité femmes-hommes, avec les Slams d'Émilie en deuxième partie d'émission.
Mardi, 7 octobre, 20h00:
Femmes, itinérance et habitats, et l'événement «Toujours Rebelles»
Mardi, 14 octobre, 20h00:
En cette soirée d'élections, et de bien plus intéressante façon que Bernard Derôme, nous allons réfléchir aux rapports entre femmes, État et gouvernements.
C'est quoi Ainsi Squattent-elles (ASE)?
ASE est un collectif féministe libertaire. Nous sommes une gang de filles réunies pour discuter, réfléchir et poser un regard féministe-libertaire sur l'actualité et tous les enjeux qu'elle soulève (avortement, violence faite aux femmes, guerre et paix, destruction de la planète, littérature, luttes anti-capitalistes, cinéma, militance, élections et État, itinérance et pauvreté, arts engagés, etc.).
Nous questionnons les rapports de pouvoir.
Nous lisons entre les lignes écrites par les médias de masse.
Nous nous détachons de la domination de la religion.
Nous refusons l’emprise de la société de consommation.
Nous désavouons toutes formes d’oppression, gouvernementales, étatiques ou autres.
Nous réinventons les dynamiques sociales sur une base égalitaire, inclusive et respectueuse.
Notre nom l’indique, nous sommes des squatteuses qui voulons occuper les ondes. Occuper les ondes pour en faire un espace de réflexion, d’analyse, de discussion et de protestation. Parce que pendant des siècles, le patriarcat a mis les femmes en boîte, dans des cases correspondant à des rôles bien établis et en bas de toutes les hiérarchies, dans des cases où il faisait noir, derrière les murs de silence. Ces cases existent encore pour des millions de femmes, ici comme ailleurs. Mais nous désertons. Nous désertons ces cases pour squatter. Squatter les ondes comme on devrait squatter nos quartiers, nos lieux de travail, nos écoles! Se réapproprier nos vies!
dimanche 14 septembre 2008
Jugement dans le procès Andy Srougi vs À bâbord ! et Barbara Legault
Pour diffusion immédiate
Merci de faire circuler dans vos réseaux.
Le militant masculiniste Andi Srougi a perdu la requête en diffamation qu’il a intentée contre la revue À bâbord ! et la militante féministe Barbara Legault. Andy Srougi les accusait d’avoir « proféré des propos haineux » à son endroit dans l’article « Des hommes contre le féminisme », signé par Barbara Legault et publié dans le # 16 de la revue À bâbord !, paru en octobre 2006.
Le procès s’est tenu les 4, 5 et 6 juin 2008 à Montréal, le jugement a été rendu le 12 septembre.
Lire la suite sur http://www.ababord.org et découvrez le nouveau site Internet de la revue À bâbord !


Nahla Hussain, militante des droits des femmes, leader de la ligue des femmes du parti communiste Kurde et mère de deux enfants, a été décapitée chez elle à Kirkuk dans le nord de l’Iraq. Elle était seule chez elle au moment de sa mort. D’après la police, des hommes non identifiés sont entrés chez elle dans la nuit de vendredi mais les circonstances qui ont suivi l’attaque restent inconnues.