L'émission Enquête, diffusée hier soir sur les ondes de Radio-Canada, qui portait entre autre sur le profilage racial (et aussi contre les jeunes) exercé par la police de Québec, était disponible sur le site Tou.tv cet avant-midi. Sans explications, l'émission a retirée au courant de la journée.
Ce que j'en pense ? Ça pue la censure à plein nez ! Radio-Canada a décidé de se tenir debout devant Québécor. Pourquoi ne fait-elle pas la même chose avec le SPVQ !? Part ce geste, cette station vient d'approuver l'une des tactiques de la police (l'intimidation). Ce qui est une véritable honte pour une télévision publique ! Ce n'est pas en fermant la gueule aux personnes visées par le profilage policier que l'on pourra régler le problème !
On a beaucoup glosé. dans Le Devoir et cet univers mental particulier qu'on appelle Le Plateau, sur la «madamisation» des ondes de la radio et de la télévision publique. Toujours à l'affut des nouvelles tendances médiatiques, Voix de faits annonce que Quebecor a trouvé une parade: la mon'onquisation. Après la matante, voici qu'on invite le mon'oncle à débattre. Évidemment, ils n'ont rien inventé et ne font que recycler ce que la radio poubelle fait depuis des années.
Voici un extrait particulièrement touchant de la dite mon'onquisation. Avouez que ça vous fait penser à certains party de famille! Étudiez bien et prenez des notes parce que, ce jeune premier qui fait la peau au gros mon'oncle cave qui ne l'avait pas vu venir, vous devrez peut-être vous en inspirer lors des BBQ cet été.
Celui qui s'offusquait de se faire traiter de voyou, le millionaire libertarien Pierre-Karl Péladeau, vient de faire une grosse découverte. «Je suis très surpris par ces chiffres», a répondu le roublard après qu'on lui ait fait remarqué que l'entreprise Quebecor représente a elle seule 54% des jours de travail perdus en raison de lock-out au Québec depuis 10 ans.
PKP a témoigné hier devant une commission parlementaire qui vise la "modernisation des dispositions antibriseurs de grève prévues au Code du travail".
Le chefaillon se dit lésé par les syndicats qui l'empêchent de faire tout ce qu'il veut: Pouvoir mettre à pied ses employés à volonté, regrouper les salles de nouvelles, etc. On remarque la rhétorique libertarienne. "La liberté c'est faire ce qu'on veut" sans se soucier des conséquences dramatiques que cette attitude amène sur la liberté des autres. Et la liberté des employés, elle? La liberté revendiquée par les libertariens est la leur et celle de personne d'autre.
PKP ne fait aucun cas de ses engagements non plus. Il y a dix ans, il avait dit vouloir continuer à soutenir la Presse canadienne, adhérer au Conseil de presse et maintenir l'étanchéité des différentes salles de rédaction de l'empire. Trois promesses bafouées.
Péladeau, face à des politiciens nationalistes, n'a pas hésité à exploiter cette carte. Le bourgeois le fait avec la subtilité d'un bouledogue dans une garderie. Il s’est présenté comme un «entrepreneur fièrement québécois à la tête d’une entreprise fièrement québécoise». Tous les nationalistes savent pertinemment qu'un québécois pure laine est moins méchant qu'un maudit anglais.
Les gazouillis de PKP ne parviennent néanmoins pas à couvrir le boucan causé par la dramatique injustice du lock-out au Journal de Montréal. Le code du travail avait été conçu entre autre pour empêcher l'utilisation des scabs sur les lieux de travail. Quebecor contourne cette norme en engageant des scabs qui bossent à l'extérieur! L'esprit de la loi est complètement bafoué "Mais je n'ai rien fait d'illégal" assure le petit chef en bois.
PKP délire. Il se voit même comme un défenseur de la prospérité des Québécois. «Notre rôle comme agent économique consiste à bâtir des entreprises solides afin que nous puissions participer à l'enrichissement de nos concitoyens et non à leur appauvrissement», dit-il. Ce n'est certainement pas de l'enrichissement culturel dont il est question ici. Les médias dont il a la propriété s'acharnent avec une vigueur militante à rendre les gens plus cons.
L'intervention de PKP est au diapason avec le discours du Conseil du patronat et de l'Institut Économique de Montréal. Une modification du code du travail ne se fera sans doute pas sans concessions à ces représentants des riches et puissants.
Notez que l'odieuse concentration de la presse au Québec, l'une des plus forte au monde, est une conséquence normale du système capitaliste. Les gros poissons mangent les petits poissons. Au bout du compte, il y en a de moins en moins. Au bout du cycle, les poissons qui restent sont les plus cannibales, vicieux et obèses. Ce principe vient d'ailleurs montrer l'éclatante inanité des thèses libertariennes disant que le "libre-marché" est un modèle économique parfait. La situation actuelle entre Quebecor et Power Corp ressemble en effet à un oligopole ou à un cartel plutôt qu'à une situation de compétition.
Autrement dit, c'est bien beau tenter de retoucher le Code du travail, mais les inégalités structurelles du capitalisme restent.
Le refrain est connu : les médias sont dominés par la gauche et la droite est marginalisée. Évidemment, en tant que gauchistes de la région de Québec, nous avons plutôt l'impression du contraire. Ainsi, dans notre région, la droite semble dominer outrageusement le paysage médiatique. Mais qu'en est-il vraiment? Voici un extrait d'un communiqué de la firme «Influences communications» qui devrait remettre les pendules à l'heure :
3. La médiatisation des tiers partis
Suite aux propos d’Eric Duhaime qui affirmait que le parti [sic] Réseau Liberté Québec ne bénéficiait pas de suffisamment d'attention médiatique, Influence Communication a analysé le poids médias des tiers partis au Québec pour la période du 1er au 31 octobre 2010. Soulignons aussi que l’idée de François Legault à l’égard d’une nouvelle formation politique domine largement l’espace médiatique de cette catégorie.
Tiers partis
Poids médias
Idée de parti politique de François Legault
61,53%
Réseau Liberté Québec
19,83%
Québec Solidaire
12,92%
ADQ
5,01%
Parti Vert du Québec
0,70%
Comme quoi, on a plus les marginaux qu'on avait! Dans le fond, ce sont les anarchistes qui sont les vrais marginaux médiatiques!
Le 11 avril dernier, plusieurs milliers de personnes ont convergé vers Québec pour une grande manifestation contre le budget libéral. Officiellement non-partisane et citoyenne, la marche a été lourdement soutenue par certains médias de masse identifiés à la droite populiste (la station FM93, le Journal de Québec, TVA, etc.).
Résultat, une marche éminemment populaire mais intensément confuse politiquement (de l'extrême-droite à une certaine sociale-démocratie traditionnelle... voir plus à gauche encore). Cette marche témoigne autant de l'ampleur de la grogne anti-libérale que de l'incapacité d'une certaine gauche à rejoindre la grande masse du peuple dans la région de Québec. Il faut à ce chapitre louer l'effort, peut-être vain mais certainement louable, des gens du RÉPAC qui se sont pointés avec tracts et bannières pour parler aux gens et les inviter à la manifestation du Premier mai.
L'objectif de la manifestation, dont les organisateurs restent anonymes (il paraît qu'il y avait des gens d'affaires...), était d'encercler le Parlement, ce qui fut fait. Les gens étaient invités à amener des balais, pour faire le ménage. On en a vu en masse. Finalement, dans un geste que ne renieraient certainement pas les groupes communautaires, les gens ont jeté leur (dernière?) chemise au gouvernement.
Combien de monde?
Il est dur de dire combien il y avait de gens à la manif. À vue de nez, au moins 10 000, probablement 15 000 personnes. C'était très gros (surtout pour Québec). D'un média à l'autre les chiffres changent, ça va d'au moins 10 000 (Québec Hebdo) à des dizaines de milliers (Le Soleil). Ceci dit, LCN tombe dans le délire en parlant de «50 000 contribuables en colère».
Confusion politique
La motivation première des manifestant-e-s semble avoir été les hausses de taxe, tarifs et impôts divers du dernier budget. Un ton populiste, proche de ce qu'on a pu voir régulièrement ailleurs en Amérique du Nord, était omniprésent. L'État gaspille notre argent, avant de nous taxer davantage, il faut faire le ménage, etc. Les séries médiatiques, «Québec dans le rouge» (Quebecor) et autres «commission bouchard-parent» (FM93), qui ciblent les cas d'abus et de gaspillage alimentent ce ras-le-bol légitime. L'ennui, c'est que souvent toute dépense publique se trouve rejetée du revers de la main. Critiquer la bureaucratie, vouloir dégraisser et réduire la hiérarchie, mettre un holà aux subventions aux entreprises, d'accord. Par contre, appauvrir les employés de la base et couper dans les programmes sociaux, s'attaquer aux plus faibles, non merci.
Quand des élus aussi éloignés politiquement que Gérard Deltell (chef de l'ADQ, élu en banlieue de Québec) et Agnès Maltais (députée péquiste plutôt gauche caviar du centre-ville de Québec) se retrouvent dans la même marche, ça en dit long sur la confusion du message. «Même la gauche est ici aujourd'hui! Ça fait plaisir d'être dans la même «gang» pour une fois!», aurait lancé Agnès Maltais à l'animateur populiste Sylvain Bouchard du FM93 selon Le Soleil. Quand, en plus, l'un des porte-parole officiel déclare à la Presse canadienne que selon lui «les libéraux sacrifient les acquis sociaux du Québec» (il a parlé, positivement!, de la révolution tranquille dans son discours) et, au Soleil, qu'il envisage une journée de grève générale comme prochaine étape, on ne sait plus trop ce qu'il faut comprendre. Les gens sont en colère, certes, mais ça part dans tous les sens!
La gauche est où?
Le seul groupe de gauche visible durant la manifestation fut le RÉPAC (un regroupement de groupes d'éducation populaire). Installé sur le côté du trajet avec des bannières, les militant-e-s distribuaient des tracts appelant à la Manifestation du Premier mai. Les réactions à cette présence allaient vraiment dans toutes les directions, de la sympathie exubérante à la réprobation agressive. S'il y avait d'autres gauchistes, ils étaient dispersés dans la masse.
La triste réalité, c'est que la gauche au sens large, à part peut-être quelques syndicats du privé (et encore), ne rejoint pas «ces gens-là». Gauche sociale et droite populiste vivent dans des territoires sociaux, culturels et mêmes géographiques distincts. Le pire c'est que, tout bien considéré, une bonne partie de «la gauche» n'a rien à dire à «ces gens-là». Et c'est bien là le drame... Parce que, ne nous berçons pas d'illusions, c'est aussi (surtout!) ça le peuple (ou le prolétariat si vous préférez).
Dans les prochaines semaines il y aura une intense bataille des idées sur le sens à donner au budget et à notre colère. Il sera plus important que jamais de porter un discours clair et limpide, qui identifie à qui profite le crime, et qui pointe vers des solutions et des perspectives d'action. Bref, faut faire une analyse de classe et se lancer dans une vaste campagne d'information et de sensibilisation. Il faudrait quand même pas que ce soit juste le FM93 qui s'adresse au monde avec un discours «critique» !
Régis Labeaume aurait qualifié de «vicieuse» une pub radio du syndicat des cols bleus qui roule depuis la fin janvier sur les ondes des radios privés de la capitale. Pour mémoire, cette pub souligne les risques inhérents à la privatisation du ramassage des ordures en cette ère de corruption généralisée. «Crédibilité zéro» clame le maire qui n'oublie pas de rappeler les visites du président de la FTQ sur le bateau de Tony Accurso. Selon le journaliste du Soleil, notre bon maire était «visiblement irrité».
Et il y a de quoi! L'affaire fait l'objet d'un grief qui est maintenant entre les mains d'un arbitre. La cause est médiatisée à souhait. Et ça commence à jaser dans les salles de rédaction. Quand c'est rendu que même un allié indéfectible comme François Bourque soulève des questions dans sa chronique, ça va mal à la shop!
Le plus drôle c'est que Régis Labeaume lui-même donne des arguments aux critiques. En effet, l'an dernier il plaidait pour une présence du public dans le déneigement au côté du privé pour mieux contrôler les prix. La question assassine de François Bourque demeure on ne peut plus pertinente.
Il est possible que le marché des ordures soit différent de celui du déneigement et que les risques de collusion y soient moindres. Mais qui peut le garantir?
Avec un peu de chance, le maire devra peut-être reculer sur celle là. Ou au moins répondre aux questions. Surtout que, suite à la pub, le syndicat commence la distribution cette semaine de 100 000 dépliants dans les chaumières.
Notons tout de même l'ironie de voir celui qui a traité ces mêmes cols bleus de fourreur de système sur les ondes de la radio populiste s'offusquer de se faire servir la même médecine (à dose homéopathique en plus!).
* * *
Voici la pub en question pour nos lecteurs et lectrices qui n'écouterait pas la «radio privé» (probablement la majorité!).
Le SCFP vient de sortir une vidéo sur l'histoire du lock-out au Journal de Québec. Selon ce qu'en a dit au Trente Robert Bellerose, conseiller aux communications, «au SCFP, il y a de plus en plus de demande pour qu’on documente des choses que nos patrons (ndlr: la direction du SCFP) estiment importantes».
C'est sur que ça reste la version syndicale officielle de l'histoire. Mais c'est une maudite belle histoire qui mérite d'être racontée. Ceux et celles qui savent laisser leurs lunettes roses au vestiaire en tireront surement quelque chose.
En lisant Le Soleil ce matin, on apprend que «Les journalistes [de La Presse] disent oui à 93%». On apprend que les syndicats ont fait une foule de concession (pour 10M$) et quelques gains comme l'embauche des journalistes de Cyberpresse à La Presse. Il y a un gel de salaire et un allongement de la semaine de travail, qui passe de 4 à 5 jours (pour 35h / semaine). Bref, le classique en cette période de récession et de crise.
N'empêche, le détail de l'article m'a tout de même fait sursauter.
En ce qui concerne les salaires, un journaliste de La Presse ayant atteint le somment de l'échelle salariale verra sa rémunération passer à un peu plus de 90 000$ par année pour 35 heures de travail le 1er janvier 2012, puis à un peu moins de 95 000$ un an plus tard. D'autres employés qui travaillent 40 heures par semaine, comme les éditorialistes ou les chroniqueurs, jouiront d'un salaire plus élevé.
Rappelez-vous en la prochaine fois que vous lirez des charges à fond de train contre le lobby de l'aide sociale, les gras dur du secteur public ou les syndiqués trop payés. Me semble que ça met des choses en perspective.
(Bon ok, c'est correct de «bien gagner sa vie» et c'est au top de l'échelle d'un des journaux qui paie le mieux son monde, mais quand même... Me faire faire la morale par du monde qui, justement, sont pas du même monde que moi, j'ai bien de la misère avec ça.)
Fagstein lève un lapin intéressant sur son blogue: il y aura des élections la semaine prochaine au congrès de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ). Mine de rien, la lutte de classe semble vouloir s'inviter dans cette instance «neutre» regroupant journalistes indépendants, patrons et syndiqués.
En effet, pour la première fois depuis longtemps, la présidence de l'organisation est contestée par plus d'une personne. Dans le coin gauche, si l'on veut, il y a Martin Bisaillon, journaliste à Rue Frontenac, et, dans le coin droit, François Cardinal, de La Presse. Bisaillon se présente avec une liste officieuse de syndicalistes: Brian Myles (Le Devoir), Isabelle Richer (Radio-Canada), André Noël (La Presse et Michel Corbeil ()Le Soleil). Cardinal se présente seul.
Vous l'aurez devinez, si Bisaillon est élu, ce serait la première fois que la présidence de la FPJQ serait assumée par un journaliste en lock-out. La grogne est manifeste, semble-t-il, depuis que le président sortant, François Bourque du Soleil a critiqué la décision du président de l'Assemblée nationale, sur recommandation de la Tribune de la presse, de ne pas accréditer de journalistes du Journal de Québec supplémentaires dont on pouvait légitimement craindre que les textes alimenteraient les pages du Journal de Montréal dont les journalistes légitimes sont en lock-out (et dont les textes se retrouvent conséquemment dans Rue Frontenac). Pour plusieurs, cette critique revenait à une prise de position indue dans le conflit de travail. L'équipe informelle de Bisaillon veut donc rétablir la neutralité de la FPJQ. Curieusement, Cardinal veut faire la même chose. À suivre...
Bruno Massé, anarchiste connu pour son militantisme écologiste, a aujourd'hui été reçu à l'émission radio de Christiane Charette à la chaîne de Radio-Canada. Confrontant le journaliste François Cardinal, Bruno Massé s'est opposé au mainstream de l'écologie et de la solution du lobbyisme pour sauver la planète, proposant plutôt l'écologie radicale, la démocratie directe et l'anarchisme, trouvant même l'opportunité de citer l'anarchiste Élisée Reclus!
Si vous êtes comme moi, vous voudrez écouter le reportage deux fois pour être certain.e.s que vous avez bien entendu (ici). Bien argumenté, il a réussi à dénoncer l'espace quelques minutes la voie parlementaire et les gestes individualistes pour faire avancer la cause de l'environnement, préconisant plutôt la destruction du mode de production capitaliste qui nous conduit tout droit au carnage. Christiane Charette l'a laissé parlé (un peu, on aurait pris encore plus!)...surprenant non?
C'était, on ne peut pas dire le contraire, tout un débat pour Radio-Can! Et j'avoue m'être laissée tentée et avoir même fait un commentaire positif à l'équipe de Christiane Charette sur leur site internet. Il faut les encourager ces bonnes initiatives, non?!?
Il vaut surtout la peine de consulter son bouquin Écologie radicale au Québec ou encore un de ses romans tels que l'Aube Noire (en français) ou The Noxious and the Daemon Flower (en anglais). Vous pouvez commander en ligne.
Matthieu Dugal renoue avec ses mauvaises habitudes et ose aborder, quelle hérésie, des sujets controversés. Cette fois, l'anarchisme fait son entrée à l'antenne de VOX à l'émission des Éclecticks.
Les invités sont Paul St-Pierre Plamondon, fondateur de Génération d’idées, et Mathieu Houle-Courcelles qui présente son bouquin « Sur les traces de l’anarchisme au Québec ».
Pour ceux qui ignore encore à quelle enseigne couche le 93,3.
Louis Lacroix avec Stephen Harper
Toutes les photos ainsi que d'autres merveilles sur gillesparent.com
Remarquez que le blogue de Gilles Parent, c'est essentiellement un paquet de photo dans le désordre. Plusieurs de ces images sont de jeunes filles plus ou moins majeures dénudées. Un exemple entre mille:
De très bon goût, comme en conviendra surement le premier ministre Harper!
Ce matin c'est lutte de classe à la 'Une' dans les journaux de Québec. Disons que c'est assez rare pour le souligner (...et il faut dire que les grèves dans les transport en commun ont le don de soulever les passions).
Et qui doit-on applaudir croyez-vous pour cette décision? La pression populaire? Un soudain éclair de lucidité des patrons de TQS? La crise économique? L'élection de Barack Obama?
«Je souhaite plein de courage et de ténacité à ceux qui essaient de vivre à l’ombre d’un géant aussi efficace que TVA.» dixit le populiste. Nommer son principal compétiteur comme étant la cause de la perte de sa job, c'est toujours bien vu par les patrons. Il semble que l'éminemment pertinent, sérieux et rigoureux François Paradis dominait les ondes sur les mêmes heures à TVA.
Rappelons tout de même que les populistes dominent encore largement les ondes radiophonique et télévisuelle. De plus, TQS aura des renforts bientôt avec Mario Dumont.
Nos camarades d'Alternative libertaire nous informent que, selon Le Figaro [grand quotidien de droite français], nous serions sur le point d'affréter un charter pour aller «décupler» leurs rangs à Strasbourg pour les manifs contre le Sommet de l'Otan. En fait, les américainNEs de la NEFAC, les italienNEs de la FdCA et les sud-africainEs de Zabalaza seraient également de la partie avec 5 à 6 000 autres casseurs...
Évidemment, il s'agit de journalisme policier peu crédible. Christophe Cornevin, journaliste au Figaro, a tout simplement fait un copier-collé de plusieurs textes trouvé sur le site d'Alternative libertaire, sans jamais citer la source, afin de construire un texte hystérique sur la menace anarchiste en marge d'une importante mobilisation. On connait le procédé, on l'a vu à l'oeuvre à Québec autour des mobilisations de Guerre à la guerre, il s'agit de faire peur pour justifier à priori le déploiement démesuré des forces répressives et décourager la participation populaire.
Le communiqué de nos camarades d'AL est sur leur site, l'article du Figaro ici. Quand même, notre première citation dans la presse internationale... Dommage que ce soit pour faire oeuvre de désinformation ;-) N.B.: La 'Une' du Figaro présentée ici n'a pas rapport, c'est juste pour illustrer l'article
Nos bons gouvernements néolibéraux ont votre bien à coeur. La preuve? Ils vous retirent les outils pour penser. Ils s'en chargeront à votre place.
Pour ce faire ils sapent les fondements des institutions qui vous fournit les outils pour critiquer leur gestion: Les médias publics.
La convergence atteint des niveaux épiques au Québec alors que deux ou trois corporations (Quebecor, Power Corp. et Corus) occupe l'essentiel de l'espace médiatique. Cette semaine on apprenait que 800 postes seront supprimé chez Radio-Canada.
En Italie, le premier ministre Sylvio Berlusconi est propriétaire des principales chaînes de médias privés. Ses amis occupent ce qui reste: les médias publics. En France, le président Nicolas Sarkozy a tout bonnement décidé que la publicité (le financement privé) disparaîtra de la télé publique. Et qu'est-il prévu pour compenser? Des renvois massifs bien sûr! Les nouveau dirigeants des chaînes seront aussi nommés par le gouvernement. Un détail. C'est son bon ami Péladeau qui doit être content.
En Angleterre on prévoit avoir supprimé 6300 emplois entre 2004 et 2013. L'action se fait au détriment des journalistes mais au bénéfice des relationnistes dont le nombre à doublé depuis 10 ans.
Le chroniqueur François Bourque disait hier que lorsqu'une ville perd son journal "il se passe une détérioration rapide de la vitalité démocratique locale" selon une étude de l'Université Princeton. Cela se caractérise par "1- Baisse des taux de participation aux élections municipales, scolaires et des autres instances locales. 2- Baisse du nombre de candidats à ces élections. 3- Hausse significative du taux de réélection des élus sortants."
Une autre étude démontre que "les villes ou le tirage des journaux est le plus élevé par habitant sont celles ou il y a moins de corruption".
Bientôt vous ne critiquerez même plus la crise du logement, la sauvegarde des banques avec l'argent public ou la pollution de terres ancestrales autochtones par l'exploitation des sables bitumineux: Vous ne serez même plus au courant!
Et qu'est-ce qu'on fait face à ça? N'avons nous pas une part de responsabilité dans la mise à sac par nos gouvernements de nos institutions publiques? D'accord vous me direz, la responsabilité est fractionnée parmi tous les électeurs de la société. Elle est aussi fractionnée que la responsabilité d'un actionnaire d'une grosse corporation s'adonnant au pillage des ressources en Afrique. C'est peut-être même pour ça que vous refusez de participer aux élections: Votre vote ne compte pas!
Pourtant nous avons bel et bien le devoir de réagir.
"Si les citoyens ne sont pas satisfaits de ces décisions, ils peuvent le faire savoir à tous les quatre ans" - Régis Labeaume
Source: Pour en finir avec la télé publique de Jean-Simon Gagné, le Soleil
En ces temps difficiles, les bonnes nouvelles concernant les travailleurs se font plutôt rares. D'où l'intérêt de souligner les gains réalisés par les travailleurs et travailleuses de RNC Média, un média témiscabitibien. L'entente de principe, survenue entre leur syndicat et la partie patronale le 19 mars dernier, a été adoptée, dans une proportion de 97 %. Cette nouvelle convention collective prévoit «la protection du plancher d'emplois et des augmentations salariales». Elle permettra également à RNC Média de créer des postes de journalistes-vidéastes pour la Témiscamingue et le Nord du Québec.
Pour terminer, rappelons que le dernier conflit de travail de cette compagnie (entre 2002 et 2004), avait duré plus de 20 mois et avait privé les Témiscabitibiens de nouvelles régionales télévisées.
C'est confirmé, le chef démissionaire de l'ADQ Mario Dumont passera à TQS. Il y animera une émission d'affaires publiques en septembre. L'émission s'appellera Dumont 360 (En référence probablement à faire un 360 degré, l'action de tourner sur sois-même et de revenir au point d'origine plus étourdit).
C'est un coup dur de plus pour ceux qui se soucient de la neutralité des médias. Les politiciens font des percées de plus en plus notables dans les médias de masse alors qu'André Arthur, le Club des ex et Jean Tremblay gouvernent déjà l'agenda télévisuel d'une bonne partie de la population.
Quand on arrive au point qu'un politicien, avec son agenda politique personnel clairement établi, est mieux placé qu'un journaliste, libre de conflit d'intérêt et neutre, pour parler de la société c'est que nos médias se portent mal. Très mal.
D'un autre côté, l'émission réjouira les amateurs d'humour morbide qui apprécient voir des populistes baver dans un décor en carton ridicule.
L'arrivée de Mario Dumont à TQS contribuera certainement à rogner un peu plus la neutralité de nos médias de masse.
On se rappelle que Mario Dumont avait gaiement attisé le foyer nazional lors de la pseudo-crise sur les accommodements raisonnables. On l'a aussi vu terrorisé des vieillards à la fin de la dernière campagne électorale.
En guise de conclusion je vous laisse sur une question: Pour autant de populistes de droite dans les médias, combien de progressistes?