jeudi 4 décembre 2008

Crise politique: on s'en reparle en janvier?

Finalement, Harper a acheté la paix pour deux mois en convainquant la Gouverneure générale de suspendre la session parlementaire jusqu'en janvier. Qui sait ce qui va se passer entre la dinde et l'attaqua? ... Avouons qu'on s'en sacre un peu.

Ce dont on se sacre un peu moins c'est de savoir qu'il n'y a pas que les politicienNEs, les journalistes et les blogueurs (!) qui s'excitent le poil des jambes avec la crise politique. Il y a aussi des syndicalistes! Le cartel FTQ-CSN-CSQ, qui prévoyait manifester samedi pour faire contre-poids aux conservateurs, vient d'annoncer un déjeuner au sommet vendredi matin.

Selon le communiqué envoyé aux médias, «les leaders syndicaux feront le point sur le coup de force du gouvernement conservateur qui a choisi d'envoyer le Parlement en vacances plutôt que de s'occuper de la crise économique». On devrait savoir après le déjeuner ce que nos syndicalistes nous ont concoctés.

Gageons qu'il sera question d'à peu près n'importe quoi, sauf de grèves et d'actions de perturbation économique pour défendre les intérêts de leur membres face au gouvernement, quel qu'il soit. En effet, faire de la politique partisane, ça les «leaders syndicaux» veulent bien mais ce serait sans doute trop leur demander de faire du syndicalisme politique...

7 commentaires:

Farruco a dit…

ouais, je viens d'avoir un flash.

ils/elles suspendent le parlement, nous suspendons leurs salaires, droits et privilèges!

Farruco a dit…

j'oubliais: à chaque fois qu'une prorogation arrive dans un pays "en voie de développement", le Canada envoie un communiqué pour le dénoncer.

est-ce que la machine bureaucratique va envoyer un communiqué aux médias cette fois-ci?

Jean-Pierre a dit…

Le rassemblement de Montréal tient toujours en passant
samedi 13 h devant Guy Favreau

Anonyme a dit…

C'est donc bien vrai que devant Charest 1er y'a pas eu aucune action de perturbation économique et que vraiment personne a parlé de faire la grève sociale... Come on

Jean-Pierre a dit…

oups...
c moi qui signait le petit commentaire anonyme juste en haut :)

Farruco a dit…

actions de perturbation il y a eu, certes. mais à quelle échelle. une image vaut mille mots: c'est comme si un millier de souris blanches, mignones et tout sauf menaçantes, s'étaient placées devant un dix roues.

bref, le peu d'actions qu'il y a pu y avoir étaient dénuée de force puisque tout le monde savait bien que ces actions ne menaceraient jamais la paix publique.

une grève sociale/générale a vaguement été envisagée, effectivement, jusqu'à ce que les gens se rendent compte de ce que ça pourrait entraîner réellement. les centrales syndicales se sont donc retirées, sans doute en croyant que le simple fait de parler de grève sociale était dangereux en soi.

pardonnez mon pessimisme.

Nicolas a dit…

Euh... Mon souvenir c'est qu'il y a effectivement eu un crescendo d'actions de perturbations économiques dont certaines compte parmi les plus raides depuis la grève générale de 1972 (je pense au blocage des ports et à la route du Saguenay-Lac-Saint-Jean qui a été vidée par l'anti-émeute de la SQ). C'était parti pour aller plus loin, de nombreux syndicats CSN avaient pris des votes en faveur d'une grève sociale de 24h. Quelques locaux de la FTQ avait fait de même. La CSQ avait une position en ce sens. Mais...

Mais à la dernière minute, la centrale la plus ouvertement politique de la gang a eu peur de son ombre et peur de perdre le contrôle de son monde. Et la FTQ a décidé de ne même pas consulter son monde, tuant ainsi le projet dans l'oeuf. Or, c'est qui aujourd'hui qui mène le bal syndical dans la crise politique? La FTQ.

C'est assez classique comme situation. En Amérique du nord, les syndicats de tradition AFL-CIO sont bien d'accord de faire de la politique active mais refusent de faire du syndicalisme politique. Ils financent des partis, donnent des appuis formels, libèrent même des permanents pour travailler en «bénévolement» à l'élection de certains candidats. Sauf que leur intervention s'arrête là.

Exceptionnellement, lorsque la soupe est vraiment chaude, ces syndicats vont accepter d'utiliser leur moyens traditionnels d'action (grève, perturbation). Ça c'est passé contre Harper avec un mouvement de grèves générales de 24h ville par ville. Ça c'est aussi passé en Colombie Britannique pour réagir à la tentative de casser les syndicats de la santé. Mais à chaque fois, lors de l'épreuve de force décisive, les syndicats reculent et reviennent à l'action électorale. Ils ne sont pas capable d'assumer de mettre tout leur poids dans la balance et d'aller au bout de la crise politique créée.

Il n'y a que deux fois dans toute l'histoire du Canada où les syndicats sont allez plus loin. À la fin de la première guerre mondiale à Edmonton et en 1972 au Québec. Dans les deux cas, il y a avait une masse critique de syndicalistes qui étaient prêt à faire du syndicalisme politique sur un terrain de classe. Aujourd'hui, cette masse critique est tout simplement absente.