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jeudi 21 juin 2012

Place Jacques-Cartier: dehors les pauvres!

Les esquisses présentées dans le programme particulier d'urbanisme (PPU) ont de quoi surprendre. En lieu et place de l'actuelle place publique, où tous les exploités se retrouvent pour flâner, solidariser et discuter, on prévoit construire une tour de 16 étages.

« C’est le cœur de Saint-Roch; alors, au lieu d’avoir quelques rats comme il y en a actuellement, on veut une place moderne, très animée, très techno » a souligné l'ineffable maire Labeaume hier pour ajouter « On veut que les gens y vivent, en plus d’y travailler ».

La personne avisée s'inquiètera d'un certain esprit du temps qui, dans souci effréné de modernité, pille le passé et bloque l'accès à une classe de gens qui ne cadrent pas dans une certaine vision du développement.

Pourtant le quartier Saint-Roch a toujours appartenue à une classe sociale populaire, notamment ouvrière. Elle est 100 fois plus légitime d'occuper l'espace que tous les parvenus qui arrivent pour se tailler une place dans le "nouvo Saint-Roch 2.0 technoculturel".

dimanche 4 décembre 2011

La ville contre les pauvres

La ville de Québec ne veut pas de la piquerie supervisée. Elle souhaite miser sur les jeunes familles. Dans un argumentaire plein de sophismes, elle laisse entendre qu'il est impossible de faire les deux.

Pourtant, des piqueries, il y en a déjà. Elles sont par contre insalubres et causent des risques de santé aux pauvres qui s'y piquent. Autrement dit, le développement avant la santé.

Les usagers de drogues injectables se trouvent aussi déjà dans le quartier. Mais la ville souhaite attirer les jeunes familles. Elle préfère favoriser une clientèle hypothétique qui n'existe pas au détriment de la population qui s'y trouve.

En toute franchise, loin de vouloir s'attaquer au problème, la ville compte sur le phénomène d'embourgeoisement par la construction de condos pour chasser les pauvres du quartier peu à peu.

Si Québec veut amener des familles dans Saint-Roch, c'est parfait. C'est précisément ses décisions depuis 40 ans qui ont chassé les familles du quartier. Le développement de Saint-Roch s'est toujours fait sur le dos des pauvres et contre les pauvres.

Mais il faut être honnête, la ville ne souhaite pas n'importe quelle famille. Elle souhaite celles qui en ont les moyens. Qui auront un impact sur la hausse des prix. Qui chasseront les familles modestes.

C'est l'inacceptable cycle d'exploitation capitaliste qui se poursuit. L'économie avant la vie.

La ville planche maintenant sur un super programme particulier d’urbanisme (PPU) pour le quartier. Après ce qui a été proposé à Sainte-foy, j'aurais des frissons dans le dos à votre place. Reprendront-ils le sublime projet du 200 Dorchester, avec ses luxueux condos à 375 000$ ?

Vivement un comité de citoyenNEs pour Saint-Roch. Et vite.

mercredi 4 mai 2011

L'aide sociale est un droit !



Malgré la pluie, plusieurs centaines de personnes ont participé aujourd'hui à l'action nationale de la 38e Semaine de la dignité des personnes assistées sociales. Il s'agissait d'une marche avec arrêts théâtraux dont voici un très bref aperçu (la pluie et la vidéo assistée par iPhone, ça va pas bien ensemble!).

Nos commentateurs de droite sans coeur et sans expérience de la vie vont sans doute nous inonder de niaiseries et faire étalage de leurs préjugés. Alors allons-y pour la forme. Nous vivons dans une société indigne qui impose la barbarie à ses membres les plus mal-pris. Comment qualifier autrement le fait de donner un chèque de 574$ par mois aux personnes jugées «aptes au travail»? Dans les faits, avec le système actuel, le gouvernement condamne nombre de personnes à devenir rapidement «inapte au travail», ou alors apte au travail au noir, en les maintenant dans cette pauvreté extrême.

Le Front commun des personnes assistées sociales revendique l'abolition des catégories apte / inapte. Ce serait bien le minimum! Concrètement, ça voudrais dire donner le même chèque de 873$ par mois à tout le monde et compenser les frais liés à une limitation fonctionnelle. Rappelons, comme le faisait ce matin le Collectif pour un Québec sans pauvreté, que «ce montant ne permettrait toujours pas aux personnes de réaliser leur droit à un revenu décent, ni même de couvrir leurs besoins de base, mais améliorerait significativement les conditions de vie de centaines de milliers de Québécoises et de Québécois.»

Pourquoi donner «tout cet argent» aux gens? Parce que l'expérience le démontre, c'est quand on améliore leur situation et qu'on leur permet de sortir la tête de l'eau qu'on se donne une chance de voir les gens sortir de la pauvreté. Maintenir les gens, surtout les personnes seules dont le revenu s'est déprécié de 4,3% de 2003 à 2009, dans la pauvreté extrême créé beaucoup plus de problème que d'autre chose.

En attendant une loi sur l'élimination des riches (!) et une véritable égalité économique et sociale, le stricte minimum c'est de soutenir les revendications du mouvement populaire. À bon entendeur...

==> Lire le texte d'opinion du Front commun «L'humiliation au quotidien»

dimanche 19 décembre 2010

Maison Lauberivière: La pauvreté s'accroit

L'organisme d'aide aux sans-abris la Maison de Lauberivière crie famine. Il y a plus de pauvres et moins de ressources pour leur venir en aide.

Selon le site web de Lauberivière
On enregistre en 2010 une hausse de 100 % du nombre de personnes qui utilisent le service de la friperie. Depuis le printemps dernier, 740 personnes en moyenne fréquentent chaque mois le service d'aide vestimentaire ce qui est énorme.

À quelques jours de la fin de la campagne de financement annuelle de la Fondation de Lauberivière, il manque toujours plus de 150 000 $ pour assurer le bon fonctionnement de tous les services de la Maison de Lauberivière. L'objectif a été fixé à 500 000 $ et ce montant est vraiment essentiel pour aider les 5 000 sans-abri et exclus sociaux qui viennent à Lauberivière tout au long de l'année.

Statistiques alarmantes en 2010

Pour le seul service de l'Accueil-femmes, on constate une augmentation fulgurante de l'ordre de 52 % quant à la durée du séjour et une hausse de 28 % du nombre de femmes qui ont utilisé le service à ce jour en 2010.

En 2010, une baisse de 10 % à 15 % des dons en nourriture à la soupe populaire a été constatée. Ce qui représente un manque à gagner d'environ 40 000 $ dans le budget annuel. Dans ce même service, le nombre de repas servis n'a pas baissé par rapport à 2009, ce qui en dit long puisque 2009 fut une année très animée.

Au service d'hébergement pour hommes, le nombre d'usagers qui ont été refusés et redirigés faute de lits disponibles est pratiquement le même que l'an passé. On se souviendra qu'en 2009, 295 refus ont été enregistrés comparativement à 45 en 2008 et la même histoire se répète cette année. 

Veuillez noter que la charité c'est bien beau, mais ça n'enraye pas les problèmes structurels de la pauvreté. Il n'y a que des services publics de qualité qui peuvent faire ça.

mardi 12 octobre 2010

[vidéo] Manif féministe contre la pauvreté



Quelques images et slogans d'une action régionale de la marche mondiale des femmes à Québec le 12 octobre 2010 (en fait, c'était le lancement). Un peu plus d'une centaines de marcheuses ont pris la rue pour revendiquer l'abolition des catégories à l'aide sociale et la hausse du salaire minimum.

Les femmes en ont ras-le-bol de la pauvreté


Des membres du Front commun des personnes assistées sociales (FCPASQ) se sont exprimées artistiquement sur les vitrines du Ministère de l'emploi et de la solidarité (sic) aujourd'hui.

«Notre pauvreté est telle que nous avons peur, nous sommes révoltées et nous ne savons plus quoi faire pour être entendues du premier ministre et de la ministre Julie Boulet», explique la militante Monique Toutant, dans un communiqué reçu à l'instant. Marie-Ève Duchesne, autre porte-parole pour le FCPASQ, ajoute: «Le gouvernement laisse crever de faim les excluEs du marché du travail, notamment celles et ceux qui sont considéréEs aptes au travail par l’aide sociale, mais qui n’arrivent pas à suivre les exigences de plus en plus grandes du marché du travail. Notre message n’est pas nouveau ; le Ministère se contente de garder la tête dans le sable face à la pauvreté. Cette fois-ci nous espérons que notre message sera assez marquant. »

C’est dans le cadre de la Journée sur l’autonomie économique des femmes de la 3e action internationale de la Marche mondiale des femmes que les militantes ont artistiquement envahi la façade du Ministère de l’Emploi et de la solidarité sociale. Notons qu'une manifestation est prévue sur le même thème aujourd'hui en début de soirée. Le rassemblement aura lieu à 19h dans le parc Lockwell, à côté du Périscope.

Photo courtoisie

jeudi 23 septembre 2010

[video] Retour à l'expéditeur du Plan de lutte à la pauvreté



Mercredi le 22 septembre, entre 250 et 300 personnes ont manifesté en face de l'Assemblée nationale pour dénoncer le deuxième plan de lutte à la pauvreté du gouvernement libéral et exiger une refonte complète. Dans un geste théâtral, qui a semblé plutôt jouissif pour les participant-e-s, les manifestant-e-s ont déchiqueté le plan gouvernemental et l'ont «retourné à l'expéditeur» dans des sacs de vidanges!

Plus tôt dans la journée, un petit groupe de délégués des différentes régions du Québec avait perturbé la séance de l'Assemblée nationale par un manifeste-agi [une pratique qui consiste à se lever et gueuler une phrase d'un manifeste, se faire expulser pendant qu'une deuxième personne se lève pour gueuler une deuxième phrase, suivi d'une troisième et ainsi de suite]. Suite à la performance de «Les pauvres sont en colère», c'est le nom du manifeste, les gens ont été expulsé et déclaré persona non grata à vie (ce qui a fait dire à la porte-parole du groupe qu'ils étaient un peu le spam du Parlement, puisqu'ils sont "indésirables").

C'est cette action de perturbation qui a surtout retenu l'attention des médias, au détriment parfois du contenu et de la manifestation de l'après-midi. L'article dans La Presse est particulièrement méprisant. Il faut croire que le courriériste parlementaire, que j'imagine grassement payé, trouve qu'il paie trop d'impôt et que, franchement, les pauvres se plaignent la bouche pleine...

Jean-Marc Salvet se demande, dans Le Soleil, s'il faut poser des gestes d'éclat pour être entendu. Il me semble que la couverture de presse à ce sujet est éloquente. Après tout, seul le groupe Gesca et Radio-Canada parlent de l'action, tous les autres médias l'ignorant presque complètement (y'a deux ligne sur le site du Journal de Québec). Il y a fort à parier que le tout serait carrément passé inaperçu n'eut été du manifeste-agi à l'Assemblée nationale.

==> Notre photo-reportage

samedi 11 septembre 2010

[video] Il faut des sous pour sortir de la rue



Le 9 septembre dernier, il y avait des rassemblements à Québec, Saguenay, Sherbrooke, Gatineau et Montréal à l'initiative du Réseau solidarité itinérance Québec. Les groupes de sans-abri et leurs alliés demandent une aide accrue du fédéral. À Montréal, plus de 200 personnes étaient dans la rue à l'appel du RAPSIM.

Communiqué: Les groupes de sans-abri demandent une aide accrue du fédéral

jeudi 20 mai 2010

Rapport de l'IRIS: L'écart se creuse

Vous êtes pauvre? Les gens changent de trottoir lorsqu'ils vous voient avec vos cheveux gras et des retailles de toasts sur votre gilet? Vous vivez dans un logement insalubre ou pousse tellement de champignons que l'on pourrait y tourner une nouvelle saison des Schtroumpfs?

Consolez-vous, vous faites partie d'une classe en pleine progression depuis 40 ans. La classe inférieure, il va sans dire. C'est du moins ce qu'à analyser l'Institut de recherche et d'informations socio-économiques (IRIS), dans un rapport intitulé "Qui s’enrichit, qui s’appauvrit - 1976-2006".

Vous vomissez vos poumons parce que vous n'avez pas les moyens de vous payer ces médicaments qui soulageraient votre calvaire? Cessez votre égoïsme. Réjouissez-vous plutôt à l'idée que la tranche de la population gagnant plus de 120,000$ par année a connu une augmentation substantielle de ses revenus de 24% en 40 ans. De quoi vous égayer un peu entre deux crises de tuberculose.


Quelques conclusions du rapport
- l’économie de la province a progressé de 71% entre 1976 et 2006, mais toutes leurs familles n’en ont pas bénéficié. La majorité des revenus ont été aux 10% les plus riches, alors que les 70% les plus pauvres ont vu se réduire leur part de l’assiette économique.

- Les familles québécoises travaillent, en moyenne, 321 heures de plus par an qu’en 1996, soit l’équivalent de huit semaines de plus de travail à temps plein. La majorité de ce temps de travail supplémentaire est effectuée par les familles appartenant à la moitié inférieure de l’échelle des revenus.

- Les 50% de familles les plus riches ont bénéficié de revenus plus élevés en regard de leurs prédécesseurs — seulement 5% de plus pour le sixième décile, mais une hausse substantielle de 24% pour le décile le plus élevé. Ces 10% de familles les plus riches ont connu la hausse de revenus la plus importante — et de loin — de tous les autres déciles de familles avec enfants, en comparaison avec la génération précédente.

Vous pouvez consulter tous les résultats du rapport en ligne sur iris-recherche.qc.ca

samedi 12 décembre 2009

[video] Manifestation contre les consultations bidon



Alors voilà quelques images de la manif du 11 décembre contre les consultations bidon de Sam Hamad sur le 2e plan de lutte à la pauvreté du gouvernement libéral. Une centaine de personnes --peut-être un peu plus-- c'est une bonne mob pour une manif sur l'heure du midi, à Ste-Foy en semaine. Par contre, la mobilisation était très inégale. Même si 7 regroupements appelaient officiellement,... dans les faits il n'y a que les groupes de défense de droit et quelques centres de femmes du côté communautaire qui ont vraiment mobilisé.

mercredi 18 novembre 2009

[Vidéo] Manifestation contre les consultations bidons à Scott



Le 16 novembre dernier, environ 75 personnes du milieu communautaire (RÉPAC, GRAP, groupes de femmes) ont manifesté à Scott, dans Chaudière-Appalache, contre les consultations bidons sur le «plan de lutte à la pauvreté» de Sam Hamad. Voici quelques images.

mardi 17 novembre 2009

Carnet mondain de Voix de faits

Une fois n'est pas coutume, il se passe assez de choses à Québec pour ressortir le 'carnet mondain de Voix de faits'. Profitez-en!

Mercredi avant-midi
L'ADDS et Rose du Nord, ainsi que leurs amis du Front commun, seront à Québec pour le dépôt national d'une pétition demandant l'abolition des catégories à l'aide sociale (la distinction entre 'apte' et 'inapte' au travail). Si vous êtes en haute-ville en avant-midi, venez faire un tour au rassemblement au Parlement entre 11h15 et 12h00.

Jeudi 18h
Il y a Keith Kouna, l'ex-chanteur des Goules, qui fait un petit tour de chant au bar le Sacrilège sur Saint-Jean. C'est gratuit.

Jeudi 20h
Il y a Norman Nawrocki* présentera sa pièce de theatre, solo, CAZZAROLA! sur l'anarchie, Mussolini, les Roma (les gitanEs refugiéEs), et l'Italia d'aujourd'hui à l'AgitéE dans Saint-Roch. Basé sur son nouveau roman, inédité encore, CAZZAROLA! traite de la résistance contre le fascisme dans l’Italie de Mussolini jusqu’au néofascisme d’aujourd’hui avec entre autre l’arrivée au pouvoir d’un certain Berlusconi, avec toute l'énergie et l'imagination qu'on lui connaît, on ne risque pas de s'ennuyer! Suivi par le lancement de la trilogie de ses livres, BRAINFOOD TRILOGY. BREAKFAST for ANARCHISTS, LUNCH for INSURGENTS, et DINNER for DISSIDENTS... C'est 7$ mais ça vaut le détour.

Vendredi, 5 à 7
La Page Noire présente un 5 à 7 avec Norman Nawrocki sur l'art visuel anarchiste. Un atelier enflammé sur l'art des artistes anarchistes d'hier et d'aujourd'hui, interactif avec de la musique, une large présentation visuelleet beaucoup d'effervescence. Bien sûr, le tout sera agrémenté d'amuses-gueules, et de beaucoup de convivialité. Entrée libre.



* Musicien, compositeur-interprète, auteur, acteur et producteur, vétéran de la scène « underground » montréalaise, Norman Nawrocki est acclamé internationalement aussi bien comme artiste de cabaret et violoniste que comme co-fondateur de nombreuses formations telles le rebel news orchestra, Rhythm Activism, DaZoque!, Bakunin's Bum, The Flaming Perogies, The Montréal/Manhattan Project, etc.

Poly instrumentiste autodidacte, il évolue professionnellement depuis 1985 dans le domaine de la musique et de la poésie, en donnant aussi bien des performances solo que des prestations avec ses groupes à travers l'Amérique du Nord et l`Europe. Il a à son actif 50 enregistrements musicaux et 5 livres de poésie et de fiction.

mercredi 23 septembre 2009

Régie des rentes: la CSN défend les intérêts des jeunes

Le gouvernement consulte actuellement afin de réformer la Régie des rentes du Québec, mis à mal par les récents déboires boursiers et historiquement sous capitalisée. L'enjeu est d'assurer la pérennité du régime, ce qui impose notamment une nouvelle hausse de cotisation et une réduction des bénéfices. L'ennui c'est que le régime, bien que vital, est loin d'être équitable entre les générations et que les réformes proposées creuseraient encore plus les écarts.



Selon des calculs fait par la Confédération des syndicats nationaux (CSN), un homme ayant pris sa retraite en 2006 aura payé en moyenne 85% de la rente qui lui sera versée jusqu'à la fin de ses jours. L'ennui c'est que le jeune d'aujourd'hui, qui prendra sa retraite en 2046 aura, lui, payé 267% de la rente qui lui sera versée. Bref, les jeunes n'en ont pas pour leur argent et doivent non-seulement payer pour leur retraite mais également pour les erreurs du passé.

Le pire c'est que le gouvernement veut creuser le problème. «Avec la nouvelle formule proposée, les plus jeunes devront travailler plus longtemps, soit 40 ans au lieu de 35, pour avoir droit à leur pleine rente, ce qui arrivera bien plus tardivement que 60 ans», note le vice-président de la CSN, Louis Roy. En augmentant les cotisations et en réduisant les bénéfices, tel que proposé dans le document de consultation, le travailleur âgé de 28 ans cotisera environ 276 % la valeur de sa rente, contre 85 % pour un travailleur ayant pris sa retraite en 2006.

Pour favoriser une meilleure équité intergénérationnelle, la CSN propose une autre piste que la simple hausse des cotisations et la baisse des bénéfices. «Nous croyons qu’il faut aborder différemment le redressement du régime. À notre avis, l’utilisation du Fonds des générations comme outil de financement équitable apparaît comme une voie intéressante à explorer», d’expliquer Louis Roy. «Le fait de ne pas avoir financé adéquatement les bénéfices accordés par la RRQ représente actuellement une hypothèque pour les générations futures. Il serait donc tout à fait indiqué d’utiliser le Fonds des générations pour supporter adéquatement les paiements nécessaires au régime pour les années futures évitant ainsi de faire porter un fardeau encore plus lourd aux jeunes travailleuses et travailleurs». S’il faut procéder à une hausse des cotisations, la CSN croit qu’elle doit être temporaire et combinée à un financement additionnel provenant du Fonds des générations.

Une retraite pour tous et toutes

Depuis sa création en 1966, la Régie des rentes du Québec est un élément central du dispositif social assurant la retraite des salarié-e-s. En fait, pour plusieurs, et plus précisément pour les travailleurs et les travailleuses à faible revenu, cet outil collectif couvre près du quart des revenus disponibles à la retraite. C'est essentiel, surtout que c'est bien souvent la seule part de revenu stable et prévisible que les retraités ont.

Plutôt que de réfléchir à l’élargissement de la portée du Régime des rentes du Québec, la CSN propose de mettre en place des régimes complémentaires de retraite pour toutes les travailleuses et tous les travailleurs du Québec. Pour la centrale syndicale, la RRQ ne doit pas suppléer aux régimes d’entreprise. «Nous sommes convaincus que le système à trois piliers, régimes publics, régimes d’entreprise et épargne personnelle, demeure un excellent outil pour assurer des revenus décents à la retraite. Il est grandement temps de réfléchir concrètement à un régime de retraite obligatoire en entreprise», de déclarer Louis Roy. La CSN demande au gouvernement d’innover et d’adopter une loi qui reconnaît le droit aux salarié-es d’être couverts par un régime de retraite et qui oblige chacun des employeurs à verser une cotisation minimale. «Près de 60 % des travailleurs au Québec ne sont pas couverts par un régime collectif de retraite. Il nous apparaît évident qu’il faut un changement majeur. Comme le Québec compte un nombre important de petits employeurs, nous croyons que les régimes interentreprise et les régimes sectoriels constituent des pistes intéressantes à explorer et à mettre en place rapidement», de conclure le vice-président de la CSN.

À l'heure où tous les régimes de retraites sont sous pression, voilà des propositions à méditer sérieusement. Notons que la FTQ, de son côté, plaide plutôt pour un élargissement de la couverture du régime public (jusqu'à 50% si ma mémoire est bonne) au nom de la justice sociale... et de la compétitivité des entreprises. Une position qui se défend mais qui a l'inconvénient de déresponsabiliser les patrons (ce qui n'est jamais une bonne idée!).

Source

samedi 22 août 2009

Moi, moi-même, mon portefeuille

Ce slogan devrait être celui des jeunes adéquistes, à la lumière de leurs récentes propositions. Celles-ci sont dignes de personnes n'ayant jamais vécu en situation de pauvreté et qui sont nées avec une cuillère en argent dans la bouche. Plusieurs de leurs mesures causeraient énormément de torts aux personnes démunies: hausse des tarifs d'électricité et des frais de scolarité, entre autre.

Il est clair que ces jeunes au cœur de pierre n'y pensent jamais. Je suis même prête à parier qu'ils s'en crissent comme de l'an 40. Leur proposition d'abolir les cégeps en par une année au primaire et au secondaire est complètement ridicule. Comment une année au primaire peut équivaloir à une année de formation collégiale !?

L'abolition de la loi anti-scab serait désastreuse pour les droits des travailleurs et des travailleuses. Mais ça aussi ils s'en sacrent. Ceux-ci montrent une fois de plus leur visage de parfaits petits soldats du capitalisme. Il s'en fichent de proposer des mesures carrément inhumaines: ce ne sont pas eux qui se font enculer par le système à longueur d'année...

lundi 15 juin 2009

Manifestation contre la pauvreté

Plus de 350 personnes, surtout issues des groupes populaires, ont manifesté aujourd'hui à Québec. L'enjeux? Dénoncer des «consultations bidons» que lançait aujourd'hui le gouvernement sur le 2e plan de lutte à la pauvreté.

>> Notre photo-reportage

Les mouvements sociaux ont profité de cette journée pour montrer au grand jour leur division profonde. Pendant que les plus combatifs de groupes populaires (FRAPRU, RCLALQ, FCPASQ, MÉPACQ(*), l'R des centres de femmes) et leurs alliés (ASSÉ, Ligue des droits, etc.) claquait la porte des consultations sitôt celles-ci commencées, d'autres (le Collectif pour un Québec sans pauvreté, le Réseau solidarité itinérance, les syndicats et d'autres) se tâtaient encore au moment de la manif pour savoir s'ils allaient sortir ou pas, et quand! Heureusement, personne ne semble s'en être rendu compte...

>> Communiqué du FRAPRU

* * *

(*) Respectivement le Front d'action populaire en réaménagement urbain, le Regroupement des comités logements et associations de locataires du Québec, le Front commun des personnes assistées sociales et le Mouvement d'éducation populaires et d'action communautaire du Québec.

mercredi 6 mai 2009

[vidéo] Visite au Ministère de l'emploi et de la solidarité



Quelques images d'une manifestation de l'ADDS-QM et de Rose du Nord dans le cadre de la 36e semaine de la dignité des personnes assistées sociales.

jeudi 26 février 2009

[Pause kit-kat] Parler de révolution



Bon, ça va faire la Caisse de dépôt et placements. Pu capable. Et si on mettait un peu de musique? Histoire de penser à d'autre chose... La révolution, par exemple, quand tous les pauvres s'y mettront.

(Trouvé sur Playing for change.)

==> L'original (live).



Lyrics :

Don't you know
They're talkin' bout a revolution
It sounds like a whisper
Don't you know
They're talkin' about a revolution
It sounds like a whisper
While they're standing in the welfare lines
Crying at the doorsteps of those armies of salvation
Wasting time in the unemployment lines
Sitting around waiting for a promotion

Poor people gonna rise up
And get their share
Poor people gonna rise up
And take what's theirs

Don't you know
You better run, run, run...
Oh I said you better
Run, run, run...

Finally the tables are starting to turn
Talkin' bout a revolution

(Comme quoi, finalement, on peut-être pas si loin de la Caisse que ça...)

vendredi 4 juillet 2008

Manifestation contre la brutalité policière le 7 juillet





Voiçi un communiqué reçu par un nouveau groupe anti répression policière de Québec qui vous convie à une manifestation le 7 juillet prochain. N'hésitez pas à nous faire parvenir vos communiqués et annonces.
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*Manifest'action contre la répression policière*

*Où : En face de l'Hôtel de Ville de Québec*
*(coin Des jardins/ Cote de la fabrique)*
*Quand : Lundi 7 Juillet, 17:30*

*Revendications :*

-Abolition du projet respect, de la police de Québec
-Légalisation de la pauvreté
-Abolition des règlements municipaux relatifs au mendiage
-Légalisation des métiers marginaux
-Dignité et respect de nos droits en cas d'arrestation

Pendant que les policiers manifestent et demandent aux leurs s'ils sont "prêts à se battre?", pour augmenter leurs revenus, que 6,5 millions $ sont investis par la ville de Québec pour le 400ème, quel sort est-il réservé aux plus démunis de cette si belle cité? On serait tenté de répondre : "des miettes"... Mais même pas...

En Avril 2006, le service de police de Québec mettait en branle un projet qu'il a ironiquement appelé : "respect". Ce projet a pour but d'éloigner les plus pauvres de la place publique en leur interdissant l'accès aux parcs (flânage) et à la rue (mendiage et squeegee...). Si le but de ce projet pourrait en soit être la raison du silence de la police à ce sujet, les moyens utilisés pour parvenir à leur fin le sont d'autant plus. Ils pourraient au mieux être considéré comme abusif, au pire, comme carrément illégaux.

En parlant des squeegees, Sylvain Boivert, de la police de Québec, mentionnait que "lorsqu’on assiste à une récidive régulière, on va passer du constat d’infraction même à des accusations criminelles". Or,pourquoi serait-on chargé au criminel si ce ne sont pas des crimes qui sont commis, comme la police le mentionnait elle même en parlant de ce projet? Un système 2 poids 2 mesures as-t-il sa place dans une société soit-disant démocratique?

Mais en plus des milliers de $ (sans exagération) de tickets que les pauvres s'accumulent et des accusations criminelles, d'autres faits nécessitent d'être mis en lumière : Les manières qu'utilisent les flics pour nous garder hors de vue... Parmi celles-ci, on se doit de noter : le vol ou le bris des squeegees utilités (ou non!), l'intimidation des jeunes de la rue (en leur promettant un avenir reluisant au sein du projet respect) et les séjours abusifs au poste de police pour dégrisement.

Durant ces séjours, non seulement n'avons-nous pas le droit de passer un test d'alcoolémie (même si nous sommes là pour ivresse), mais nous n'avons pas le droit de parler à un avocat, puisque nous ne sommes pas en état d'arrestation. Les flics décident si oui ou non nos médicaments prescrits nous seront administrés (les anxiolitiques et anti-dépresseurs ne le sont pas) et nous avons très rarement droit à un repas.

Ce n'est pas le genre de respect que nous demandons, et c'est pour ça que nous protestons!

Pour plus de renseignements : visitez : gaar.12r.org

samedi 31 mai 2008

Soyez sages, ou alors ne vous faites pas prendre...


Les prisons du Québec sont sales et surpeuplées, on y observe un important manque de personnel et de mesures de réinsertion sociale, les droits humains n'y sont pas respectés et la situation continue de se déteriorer. C'est le constat que fait la Protrectrice du citoyen du Québec dans son rapport annuel rendu public hier.

Les plaintes déposées par des citoyens contre le ministère de la Sécurité publique concernent en majorité les services correctionnels. Pire, elles représentent presque la moitié des plaintes déposées contre l'administration publique l'an dernier.

D'autres problèmes, touchant à la santé mentale et aux suicides, sont également le lot quotidien des détenus.

Sans un «coup de barre majeur» de la part du ministère, la population carcérale continuera de croître, «sans que ne soient recherchées et favorisées des solutions adaptées aux problèmes sociaux», note le rapport. «Cette attitude compromet l'avenir de plusieurs jeunes et perpétue la misère qu'engendre la criminalisation», prévient la protectrice du citoyen.

La réponse du ministère ? Poursuivre dans la voie de la répression et allonger un demi-milliard pour construire de nouvelles prisons...

Alors, vous voilà prévenus : soyez sages ou alors ne vous faites pas prendre !