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dimanche 25 septembre 2011

24 septembre à Québec: Un epic fail?

Hier après midi, des gens rassemblés sous le simple appel "manifestation anti-corruption" se sont réunis face à l'Assemblée Nationale pour faire savoir leur colère envers Charest et sa mafia.

Près d'une centaine de personnes ont pris la peine de se déplacer. Suite à un simple évènement facebook appelant simultanément une manif à Québec et à Montréal, certain média (radio et télé d'État apparemment) ont fait suivre l'appel. Une annonce similaire qui avait été lancée la semaine dernière avait réuni... deux personnes.

mercredi 8 juin 2011

J'aurais voté oui, mais...

Souvenir de 1995
Un ami du Collectif nous a fait parvenir ce texte, réflexion personnelle sur la question nationale. Étant donné l'actualité et puisqu'il n'est jamais trop tard pour rompre avec le nationalisme, il nous a semblé pertinent de le partager avec vous. 




J'AURAIS VOTÉ OUI MAIS J'ÉTAIS TROP VIEUX, TROP PAUVRE, TROP À GAUCHE ET TROP OCCUPÉ À AUTRE CHOSE


J'ai écrit ce texte suite à la lecture du recueil de discours et de poèmes J'aurais voté oui, mais j'étais trop petit (Editas, 2011). D'abord parce que je ne partage pas les convictions des auteurs de ce bouquin mais aussi parce que la sensibilité de quelques-uns d'entre eux me permet d'espérer un dialogue. Le résultat résume ma position sur la question de la souveraineté du Québec.

J'ai également écrit ce texte parce que ça m'emmerde beaucoup quand des gens utilisent un «nous» censé m'inclure dans leurs discours politiques sans avoir la moindre idée de ce que je pense. J'aurai maintenant quelque chose auquel les référer, si jamais ça les intéresse, avant de leur dire: «Parle pour toi».

Je ne crois pas être un intellectuel et mes réflexions paraîtront possiblement réductrices ou mal étayées. Mais ces réflexions demeurent celles d'un anarchiste et valent toujours mieux que la caricature qu'on confond souvent avec ce que je suis.

Enfin, je manque de compétence pour féminiser ce texte comme du monde. Fichue langue!

mardi 9 février 2010

Mauline Parois veut remettre la souveraineté sur la table

Ça y est! Tel un mort-vivant retrouvant ses sens pour chasser les jeunes filles, le Parti Québécois veut réanimer le projet de souveraineté.



Est-ce que le projet de souveraineté de Pauline sera "ethnique"? Est-ce qu'il vise a créer deux classes de nationalité, pour les québécois de souche et les autres? Ou bien est-ce que ce sera le fameux "nous inclusif"? Allez savoir. Les voies du PQ sont impénétrables.

Mais qui sait, peut-être que cette remise à jour sera le chant du signe de la souverainetée. Beaucoup d'anciens militants ont renoncés à ce combat d'antan et la nouvelle génération n'a pas la moindre idée de ce que c'est. Et peut-être que ce sera l'occasion de constater une bonne foi pour toute de réaliser la vacuité de la pensée des militants du PQ.

Si l'option a put être porté par des idées de gauche dans les années 60, elle n'a depuis longtemps plus que des relents puants de la droite économique.

Alors, la souveraineté, d'accord. Mais pourquoi? Pour changer de maître? Sans moi!

mercredi 11 février 2009

Double discours au Parti Indépendantiste ?

Il semble y avoir un double discours au PI. D'un côté, nous avons un élément de leur programme demandant un «contrôle plein et entier de l'immigration», ce qui est plutôt vague. Or ce n'est pas du côté de leurs textes officiels que la vérité au sujet de leurs positions à ce sujet y est dévoilée. Je suis tombée cette semaine sur un message écrit par Érik Poulin (président du comité des jeunes du PI) sur un groupe Facebook dédié à ce groupe.

En 2010, nous accueillerons 55 000 immigrants par années. De cette immigration, 90% viendront s'établir à Montréal. Sachant que cette immigration parlera majoritairement anglais à Montréal, ou encore travaillera en anglais, ne faut-il pas revoir notre politique de l'immigration au Québec et ainsi se détacher du multiculturalisme canadien ?

La position du Parti indépendantiste, aux dernières nouvelles, est de réduire à 20 000 immigrants par année. J'allais encore plus loin dans la première version du mémoire du CJPI destiné à la Commission Bouchard-Taylor en 2007. Je ne proposais rien de moins qu'un moratoire complet de l'immigration. Je proposais de ne plus accueillir d'immigrant le temps que le Gouvernement du Québec développe une politique nationale de l'immigration. Une politique nationale qui prend en considération que nous sommes la seule nation française en Amérique. Cibler l'immigration de la Francophonie catholique pour éviter les dérapages culturelles etc.

Quoi qu'il en soit, nous devons réduire l'immigration le temps d'avoir une véritable politique de l'immigration au Québec. Nous sommes présentement en train de développer un argumentaire concernant la réduction de l'immigration ainsi que les mesures que nous proposerons au Parti indépendantiste. Je vous invite à y participer ici.

Érik Poulin

Nous ne sommes plus très loin du discours du FN ici ! À quand l'exigence que les immigrants et immigrantes soient de race blanche ?

Source: http://www.facebook.com/group.php?sid=0cfa49d5a68e068a2e3760a287c3af09&gid=10145157547#/topic.php?uid=10145157547&topic=6691


jeudi 24 avril 2008

Troublante coïncidence...



Comme il est démontré sur le tout nouveau blogue de nos camarades de la NEFAC à Sherbrooke (http://nefac-sherbrooke.blogspot.com/); une nouvelle affiche de l’ADQ aborde un message qui ressemble étrangement à celui d’une affiche du Front National. C’est la première fois que le parti de Mario Dumont exprime aussi explicitement un message anti-immigration.

Bien qu’il existe une différence entre le programme de ces deux partis, reste qu’il est inquiétant de constater cette similitude, surtout dans le contexte de l’après commission Bouchard-Taylor.

L’ADQ a beau se défendre en prétendant que son opposition à la hausse du nombre d’immigrants que le Québec se prépare à accueillir est que pour ceux qui viendront soient mieux accueillis. Malgré ces belles paroles, une autre fois ce parti populiste vient d’illustrer son côté noir. Celui d’un nationalisme teinté de xénophobie, pour qui celui qui vient d’ailleurs est responsable de tous les maux.
«Joint par Le Devoir, le politologue Frédéric Boily, qui vient de publier Mario Dumont et l'Action démocratique du Québec, entre populisme et démocratie, estime que la publicité adéquiste « commence à rappeler le Front national », puisqu'elle fait de l'immigration un problème en soi.»
Une raison de plus pour espérer que l’ADQ n’accède jamais au pouvoir…

NO PASARAN !

lundi 16 juillet 2007

LE RIDICULE NE TUE PAS! Le délire de Falardeau

Après avoir dénoncé à quelques reprises les liens unissant Pierre Falardeau au Mouvement de Libération National du Québec (MLNQ), nous avons eu l'honneur d'attirer l'attention du célèbre cinéaste. Celui-ci nous a laissé une petite dédicace dans les journaux " Le Couac " et " Le Québécois ". Son article est en fait une réponse au numéro 4 de la revue "Ruptures", portant sur l'extrême droite au Québec. Nous y dénoncions le caractère raciste et xénophobe des prises de position du MLNQ, tout particulièrement celles de son Chef, Raymond Villeneuve. Faisant preuve d'une hystérie jusqu'alors sans précédent, Falardeau nous démontre en 2 pages qu'à défaut d'être capable de faire une analyse sérieuse d'un sujet, il est en mesure de récupérer quelques mots dans un texte pour les rapiécer et nous faire dire ce qu'il veut… Pour Falardeau, si l'on dénonce ses liens avec le MLNQ et que l'on parle dans le même texte, quoi que 2 paragraphes plus loin (!!!), des liens entre le MLNQ et un groupe de " boneheads " (1), c'est que l'on traite (évidement!) Falardeau de bonehead aussi!

Selon Falardeau, les membres de la NEFAC au Québec ne sont que des pions que de méchants anarchistes américains seraient venus évangéliser. Pire, des provocateurs de la police montée! D'après Falardeau, si l'on critique le nationalisme ethnique et qu'on est Québécois-e-s, on est nécessairement un traître, un " agent du fédéral ". Mais au delà des calomnies, Falardeau prouve une fois de plus qu'il prend ses lecteurs /lectrices pour des con-ne-s. Nous vous laissons le loisir d'en juger par vous mêmes en laissant un lien internet vers les textes dont il est ici question. Après tout, ces quelques lignes étaient peut-être déjà trop pour traiter des délires d'une célébrité…

Texte de la NEFAC :
http://makhno.nefac.net/node/1258

Réponse de Falardeau:
http://www.lequebecois.org/utilisateur/documents/journalQ.pdf

(1) nazis au crâne rasé

(Publié pour la première fois dans le numéro 8 de Cause commune, automne 2005)

Le MLNQ à Québec : Fachos, hors de nos rues !

Une fois de plus, le Mouvement de libération nationale du Québec (MLNQ) a manifesté à Québec contre le Canada Day le 1er juillet dernier. Cette année, un groupe de militantEs libertaires était présent pour «accueillir» les ultra-nationalistes à leur point de rendez-vous, devant l’Hôtel de Ville. Ils et elles ont alors déployé deux bannières («Contre l’extrême-droite, riposte immédiate» et «Contre le racisme et l’exploitation: ya basta!») et distribué un tract aux mlnquistes d’abord, aux passants et médias ensuite. À plusieurs occasion, les manifestantEs antifascistes ont fait comprendre au chef du MLNQ, Raymond Villeneuve, et son fidèle chien-de-poche, Pierre Falardeau, ce qu’ils/elles pensaient de leurs idées réactionnaires. Après un face à face de 45 minutes, les militants et sympathisants du MLNQ ont quitté l’Hôtel de Ville en direction de la Terrasse Dufferin, non sans avoir gueulé bon nombre de slogans racistes.

Malgré leur petit nombre, les antifascistes ont réussi à mettre leur grain de sable dans l’engrenage des ultra-nationalistes. Si il le faut, nous serons de retour l’an prochain pour dire notre façon de penser aux mlnKKKistes. Voici le texte diffusé par les libertaires à cette occasion.

* * *

Comme à chaque 1er juillet, les membres du Mouvement de libération nationale du Québec (MLNQ) manifestent dans notre ville contre le Canada Day. Ils profitent de cette tribune pour répandre leur venin ultra-nationaliste et chauvin, le discours contre l’immigration et revendiquer la suprématie des «Québécois de souche». C’est la même rengaine que les nostalgiques du Chanoine Groulx, le vieux fond de commerce du nationalisme ethnique.

Leur président auto-proclamé, Raymond Villeneuve, n’a jamais hésité à s’associer aux éléments les plus réactionnaires de la société québécoise, de Paul Biron (militant pro-vie notoire), en passant par le masculiniste Yves Ménard ou le groupuscule néo-nazi «Les Fils du Vinalnd». Le MLNQ ne s’est jamais auto-critiqué. Pire, il continue à accepter dans ses rangs des pourritures racistes. Niant le problème, le MLNQ s’est contenté de modifier sur papier ses positions les plus choquantes (comme de réclamer un moratoire sur l’immigration). Mais dans les faits, rien n’a changé. Chaque fois que Villeneuve ou ses fidèles acolytes prennent la parole, c’est pour attaquer la diversité du peuple québécois, les valeurs de liberté, d’égalité et de solidarité. C’est ce qui a fait fuir bon nombre de militants progressistes de cette organisation. Nous espérons que les membres du MLNQ sauront voir clair dans le petit jeu de leur Duce et quitteront cette organisation autoritaire et xénophobe.

Marre des ultra-nationalistes bleus ou rouges…
Fachos, hors de nos rues!

Solidarité & Résistance Antifasciste

(Publié pour la première fois dans le numéro 7 de Cause commune, été 2005)

dimanche 15 juillet 2007

Notes sur la maudite question nationale québécoise

Depuis maintenant près d’un demi-siècle, la question nationale est au cœur des débats qui agitent la gauche québécoise. S'il y a - et il y aura probablement toujours - des libertaires qui choisissent de prendre position en faveur de l’indépendance du Québec, d’autres positions sont évidemment possibles sans pour autant souhaiter la survie de l’État canadien. Nous faisons le choix de renvoyer dos-à-dos le nationalisme québécois et le nationalisme canadien sans pour autant nier la réalité de l’oppression nationale.


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Les francophones ne partagent pas la même histoire que les autres communautés d’origines européennes sur ce continent. À partir de la Conquête, les francophones passent du statut de colonisateurs à celui de colonisés. Il y a eu une oppression nationale des francophones en Amérique du nord. Il y a, c’est indéniable, une volonté historique de nier aux francophones le statut de nation et de les maintenir dans une infériorité socio-économique. Le Canada tel que nous le connaissons a précisément été formé dans le but de faciliter l’assimilation des francophones en les noyant dans un ensemble politique majoritairement anglophone. En ce sens, le Canada est bel et bien « une prison des peuples », une « démocratie coloniale » prête à utiliser tous les moyens pour maintenir son « intégrité territoriale ». Le scandale des commandites et la loi de la clarté sont là pour nous le rappeler. S’il y a toujours des francophones au Québec, c’est qu’il y a eu une résistance au projet d’assimilation des britanniques.


Mais il n’y a pas que cela dans l’histoire du Canada. Ce pays s’est construit grâce à la « pacification » (par la force, il va sans dire) de populations entières, à commencer par les communautés autochtones et métis d’un océan à l’autre, mais aussi de la classe ouvrière, tant francophone, qu’anglophone ou allophone. La version nationaliste de l’histoire du Québec met presque exclusivement l’accent sur la résistance des francophones aux diktats du pouvoir central (ex : l’opposition à la conscription) sans expliquer qu’ailleurs au pays, des hommes et des femmes ont mené les mêmes luttes. Ce silence complice est celui du nationalisme, une grille d’analyse qui confère aux individus (toutes classes sociales confondues) les mêmes intérêts en fonction de caractères linguistiques, raciaux ou territoriaux.


Il y a eu des moments où question sociale et nationale ont fusionné dans une même lutte progressiste de libération, comme lors de l’insurrection des Patriotes de 1837-38 ou dans le mouvement indépendantiste des années 1960-70, mais ces moments sont très rares. L’idéologie nationaliste a surtout permis aux élites canadiennes françaises (puis québécoises) de créer un rapport de force face à la fraction monopoliste de la bourgeoisie canadienne, majoritairement anglophone. D’abord réactionnaire dans sa version ensoutanée, puis « progressiste » lorsqu’elle s’est arrimée aux mouvements populaires, pour ensuite devenir platement néolibérale après quelques années au pouvoir, l’idéologie nationaliste a été en mesure d’adapter son discours pour traverser toutes les époques. Ce n’est malheureusement pas le cas de la gauche.


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L'idée voulant que la question nationale soit la clef de voûte du changement social au Québec, que libération nationale et libération sociale soit indissociables et participent d'un même mouvement, date des années 1960. À l'époque, les preuves que les francophones étaient systématiquement dans une position d'infériorité socio-économique chez-eux et par rapport aux anglophones du reste du Canada foisonnaient. Une simple marche à pied d'ouest en est, à Montréal, suffisait pour se rendre à l'évidence de l'oppression. C'est la revue Parti Pris qui, dans un contexte international de décolonisation, a analysé la situation du Québec comme étant une colonie à libérer. Leur programme politique formait un tout et reposait sur trois piliers: laïcité, indépendance et socialisme. Parti Pris pensait régler les questions nationale et sociale dans une même révolution socialiste à saveur anticolonialiste. À partir de là, toute une littérature s'est développée pour analyser le Québec sous le prisme de l'oppression nationale. On a par la suite introduit l'étapisme --c'est-à-dire l'indépendance d'abord, le socialisme ensuite-- et le programme de transition --une série de revendications "justes" devant provoquer une prise de conscience et mener à une rupture avec le capitalisme.


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Depuis 30 ans, l'action conjuguée du mouvement syndical et d'un parti souverainiste au pouvoir a permis de corriger les plus grossières manifestations d'oppression nationale. Il n'y a plus d'écart salarial entre les québécoisES et les ontarienNEs travaillant pour une même compagnie. On retrouve maintenant des francophones à tous les échelons et dans tous les domaines économiques. Malgré quelques ratés, le français est maintenant respecté comme langue commune du Québec. De nets progrès ont été réalisés dans tous les domaines sociaux où le Québec accusait un retard par rapport au reste du Canada (jusqu'à faire l'envie de bien des progressistes du ROC...).


Reste la question de l'indépendance politique. Une analyse honnête des mouvements de libération nationale qui ont inspirés les initiateurs de la stratégie de l'indépendance progressiste devrait pourtant souligner qu'ils ont tous échoué. Malgré la prise du pouvoir, malgré l'indépendance formelle, la décolonisation a échoué et il n'y a eu ni réelle libération nationale, ni libération sociale. Le néocolonialisme domine partout, comme hier le colonialisme. Les pays qui avaient échappé un temps à l'orbite impérialiste y reviennent sous les coups de boutoirs de la mondialisation. Ceux et celles qui, à gauche, pensent qu'un Québec souverain pourrait suivre une voie indépendante du néolibéralisme se trompent lourdement. Si des pays comme le Brésil, l'Afrique du sud ou la France ne le peuvent pas, comment un petit État dont les principaux partenaires économiques sont signataires de l'ALENA le pourrait-il?


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L'un des aspects centraux de la critique révolutionnaire du nationalisme est qu'il s'agit d'une idéologie essentiellement bourgeoise qui a pour but d'unir deux classes aux intérêts antagonistes dans la compétition contre d'autres nations, tout en donnant le leadership de la lutte politique à une fraction de la classe dominante. C'est exactement ce qui s'est passé et ce qui continue de se passer sous nos yeux au Québec. Il n'y a que dans les pays sans bourgeoisie nationale et sans classe politique professionnelle que des révolutionnaires ont pu prendre la direction de mouvements nationalistes. Or, grâce aux transfuges du Parti libéral du Québec qui ont fondé le Mouvement souveraineté-association puis le Parti Québécois, nous avons maintenant les deux au Québec. Ça fait 30 ans que des révolutionnaires tentent de prendre la direction du "mouvement national québécois" pour lui donner une orientation progressiste. Pourtant, la gauche est encore et toujours la "mouche du coche". Peut-être est-ce parce qu'il est impossible de rompre avec le P.Q. sans rompre avec le nationalisme? Il y aura toujours des Pierre Falardeau et des Pierre Dubuc qui diront qu'il faut appuyer le P.Q. si on est souverainiste parce qu'en dernière analyse le P.Q. est le seul parti capable de faire la souveraineté. Et ils ont raison!


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EntraînéEs dans ce mouvement par leurs « élites » religieuses, syndicales et politiques, bien des prolétaires ont consacré leur vie à défendre la seule solution envisageable pour régler « une fois pour toute » ce conflit identitaire: la souveraineté du Québec. Fausse solution à de vrais problèmes, comme celui de l’inégalité sociale, économique et politique qui est le fruit de la domination d’une classe de parasites sur toutes les autres. Car il faut bien le constater, ce sont surtout les politiciens et les chefs d’entreprise qui ont bénéficié en tout premier lieu du nationalisme à la sauce québécoise, pas les classes ouvrières et populaires (entre 1960 et 1990, la propriété des entreprises entre les mains des francophones passe de 15% à 65%).


Pourquoi continuer à parler de la question nationale en 2004? Parce qu’à gauche, l’indépendance, assortie d’un État fort et responsable, est souvent perçue comme une condition sine qua non du progrès social. Parce que dans les mains de la bourgeoisie, le nationalisme est un poison qui alimente la xénophobie, voire le racisme, pour créer des divisions et forger des alliances factices entre la classe dominante et le reste de la population. Le projet « historique » des classes ouvrières et populaires, ce n’est pas le nationalisme, mais le socialisme internationaliste. La réponse à l’inégalité ne viendra jamais d’un État, quel qu’il soit, mais bien d’une ré-appropriation de la richesse collective par celles et ceux qui la produisent.


Tout engagement révolutionnaire digne de ce nom trouve sa source dans une révolte contre toute forme d'injustice, d'oppression et d'exploitation. Partant de ça, il est aisé de comprendre pourquoi presque toute une génération de révolutionnaires ont donné leur appui à la lutte pour l'indépendance du Québec. Partant de la même prémisse, il est tout aussi aisé, pour qui veut bien retirer ses oeillères, de comprendre pourquoi de plus en plus de révolutionnaires, dont nous sommes, ne font plus de l'indépendance du Québec un axe central de leur stratégie.


Nous sommes certes pour la destruction complète de l'État fédéral canadien, qui n'est qu'une fiction politique, et le droit à l'autodétermination de tous les peuples qui en sont prisonniers, mais pourquoi s'arrêter là? Nous sommes également pour la destruction complète, dans un même mouvement, de tous les autres états de la région (à commencer par l'américain). Il reste encore des traces d'oppression nationale, notamment au niveau de la structure économique du Québec (pourquoi avons-nous hérité du textile et l'Ontario de l'auto?), mais il n'y a plus à de quoi fouetter un chat. Par contre, la question sociale reste entière. Or, que vaut le droit à l'autodétermination sans l'égalité économique et sociale? On nous pardonnera de nous concentrer là-dessus.

(Publié pour la première fois dans le numéro 4 de Ruptures, mai 2004)