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vendredi 7 octobre 2011

Le FRAPRU chez Steven Blaney: Beat on the brat




Le prix d'un seul avion de guerre F-35 est l'équivalent de 6400 logements fait remarquer le FRAPRU. La caravane qui fait le tour du Québec pour dénoncer le manque de logement social est arrivé à Lévis aujourd'hui.

Steven Blaney est un de ces intellectuels fécaux du parti Conservateur qui avait nottamment souligné que "l'enfer est rouge, le paradis est bleu", rappelant à notre souvenir la douce mémoire de Maurice Duplessis, lors des dernières élections.

Blaney est aussi le gagnant d'un concours de démolition de corbillards de l'arène de St-Raphaël.



Plus d'info sur le site du FRAPRU

mercredi 27 avril 2011

Josée Verner est mise à la porte de son bureau



Les meubles de la candidate du parti conservateur Josée Verner ont été expropriés de son local ce matin vers 11 heures. Le FRAPRU veut ainsi dénoncer le budget conservateur qui prévoit supprimer le financement de nouveaux logements sociaux. L'occupation à duré deux heures. La police a brandit des menaces d'arrestations.

mercredi 23 mars 2011

[video + audio] «Si tu n'aime pas la CORPIQ»...



Le lundi 21 mars, le Regroupement des comités logement et associations de locataires (RCLALQ) profitait de la journée internationale pour l'abolition des discriminations racistes pour manifester devant les bureaux de la CORPIQ, à Québec. Plus générale que le seul racisme, la discrimination dans la recherche d'un logement frappe des personnes en fonction de tous les motifs possibles et imaginables. Certains, comme le sexe ou l'origine ethnique, sont couvert par la charte des droits, d'autres, comme la condition socio-économique, ne le sont pas.

Lorsqu'on est victime de discrimination, il est extrêmement difficile de réagir. D'abord, l'enjeu ne se joue pas devant la Régie du logement mais devant la Commission des droits de la personne et de la jeunesse. Ensuite, ce ne sont pas les personnes qui portent plainte mais la Commission qui juge si elle, elle va porter plainte. Une victoire sur ce front est certes réjouissante, mais elle est très longue à obtenir et, en attendant, ça ne donne pas de logement!

«Pour assurer le droit d'accès au logement et mettre un terme à la discrimination, nous demandons que la Régie du logement ait pleine juridiction sur le processus de location des logements, et que les formulaires de demande de location soient interdits» a précisé France Emond, porte-parole du RCLALQ.

Selon le communiqué de presse (j'avais déjà quitté les lieux à ce moment), les manifestant.e.s, en colère, ont fait un feu de poubelle avec les formulaires de location. «Nous faisons à notre manière ce que le gouvernement devrait faire avec une loi : interdire les formulaires» explique un locataire brandissant un formulaire de location dans lequel on demande le numéro d'assurance sociale, la date de naissance, des références sur l'emploi, des références bancaires, etc. Toutes ces informations sont des données sensibles non requises pour la location d'un logement, selon le RCLALQ. «Seuls le nom, le prénom et l'adresse complète sont nécessaires à la location d'un logement» confirme madame Emond. Pour ce qui est de la capacité financière du locataire, le RCLALQ recommande de présenter les reçus du loyer.

Notre reportage audio



3657-1-RCLALQ.mp3

Plus d'infos sur le site du RCLALQ

samedi 19 février 2011

Marchons pour du logement social

C'est 700 personnes de tout le Québec qui se sont rassemblés dans la capitale pour réclamer plus de logement social. La manifestation concluait la semaine consacrée à la caravane du FRAPRU.
Pour voir le diaporama:
flickr.com

La caravane est passée à Gatineau, Montréal, Châteauguay, Sherbrooke, Trois-Rivières, La Tuque, Saguenay et Québec. Son passage était ponctué d'une série d'actions en lien avec les revendications des groupes sociaux sur place.

Toute une série de court vidéo ont été enregistrés pour souligner le passage de la caravane dans chaque région. C'est à voir ici.

jeudi 17 février 2011

Grosse semaine pour les locataires



Depuis lundi, le mouvement pour le droit au logement est «sur la route pour le logement social». C'est la Caravane du FRAPRU dont le but avoué est d'arracher au gouvernement provincial un budget sur cinq ans pour construire 50 000 logements sociaux au Québec. Occupation éclair, expropriation symbolique, manifestation, dans chaque ville traversée par la caravane les actions se succèdent et à chaque fois le nombre de «caravaneux» et de «caravaneuses» grossit. Rendu à Québec, vendredi, la caravane devrait bien compter une cinquantaine de personnes mais ce n'est rien à côté des quelques 700 personnes attendues pour la manifestation de clôture qui aura lieu samedi.

Un moyen d'action original


On le sait la crise du logement ne fait plus les manchettes. Au printemps dernier, lors de la préparation du congrès annuel du FRAPRU, le message des militant-e-s fut on ne peu plus clair: il faut monter le ton et diversifier les moyens d'actions. S'inspirant des débats internationaux du réseau No Vox, qui en préparait une pour le Forum social mondial, la direction du FRAPRU a eu l'idée d'une caravane parcourant les villes du Québec.

Le concept est relativement simple: recevoir la visite «du national» dans les villes et les quartiers, en profiter pour faire des actions qui font parler du logement social et organiser des évènements en soirée pour élargir la base d'appui des groupes. Jusqu'ici, ça marche très bien. Les gens embarquent vraiment, il y a toujours une centaine de personnes à chaque action, et la couverture médiatique est au rendez-vous (sauf dans l'empire de PKP, et c'est en partie voulu, mais c'est un autre débat). Les soirées populaires sont également... très populaires et permettent d'aborder des questions rarement traitées (squats, histoire du logement populaire dans une ville, écoquartiers).

Faire des gains

La mobilisation exemplaire du FRAPRU se place dans un contexte où il y a une possibilité réelle de faire des gains. En effet, suite à une série d'occupations en décembre dernier, le mouvement a réussi à rencontrer le ministre responsable de l'habitation et le ministre des finances. Il semble qu'il y ait une ouverture réelle pour financer du logement social dans le prochain budget et même, peut-être, un financement récurrent. Ça ne sera sans doute pas 50 000 logements sur cinq ans mais un gain est à portée de main.

La situation des locataires québécois est grave. Il y a plus de 200 000 ménages qui paient trop cher pour se loger. Les logements sont rares et ceux qui se construisent sont trop cher. Le droit au logement est loin d'être garanti pour tous et toutes. Et pourtant, avoir un toit stable et abordable au dessus de la tête est déterminant dans l'exercice de tous les autres droits reconnus. Pour bien des gens, la seule manière d'améliorer concrètement leur sort est de déménager dans un logement social (que ce soit un HLM ou une coop). Mais il n'y en a pas assez. Tout simplement. Et c'est pour ça que le FRAPRU se bat.

Les anarchistes, en tant qu'anticapitalistes, soutiennent la socialisation complète du parc de logement locatif. La lutte du FRAPRU, surtout quand elle est offensive comme en ce moment, est un pas dans cette direction et mérite d'être soutenue. C'est pourquoi nous participerons dans la mesure de nos moyens aux activités de la Caravane du FRAPRU à Québec et c'est pourquoi nous vous invitons à vous joindre à la lutte.

Les activités à Québec

==> Action symbolique pour l'arrivée de la Caravane.
Rendez-vous vendredi le 18 février, à 15h, au coin Charest et de la Couronne.

==> Soirée-débat sur les écoquartiers.
Vendredi soir, à 19h30, au Café-bar l'AgitéE (251 Dorchester). Précédée à 18h30 d'un tour de chant de Stéphane Robitaille et suivi d'une soirée DJ avec Zik not bombs.

==> Manifestation nationale de clôture.
Samedi après-midi. Rendez-vous à 13h30 sur la Place Georges V, en face de feu le Manège militaire.

==> Plus d'infos, de photos, de vidéo et de revue de presse sur les sites du FRAPRU et du Comité populaire Saint-Jean-Baptiste.

lundi 14 février 2011

[video] Lessard branche toi!



Le 10 février dernier, une délégation d'une trentaine de locataires de l'est du Québec se sont rendu au bureau de Québec de Laurent Lessard pour exiger un registre des baux. Voici quelques images...

Notez le petit côté film de propagande des années 1930, purement volontaire(!), obtenu grâce à la totale absence de syncronisation son et image.

Le communiqué national (il y avait aussi une action à Montréal).

lundi 20 décembre 2010

Logement: Seule la lutte paie

Tout l'automne, le FRAPRU a demandé en vain une rencontre avec Laurent Lessard, le ministre responsable de l'habitation, dans le but de connaître ses «demandes budgétaires». En effet, dans le jeu politique actuel, si le ministre titulaire ne fait pas de demandes précises au ministre des finances, il n'a rien. Or, le FRAPRU s'inquiétait beaucoup de l'avenir du développement du logement social puisque le ministre semblait s'en désintéresser et puisque le dernier budget laissait entendre qu'il n'y aurait que 3 000 nouvelles unités pour les cinq prochaines années.

Voyant que les moyens traditionnels avaient échoués, les militant-e-s pour le droit au logement ont décidé de passer à l'action directe. Le 9 décembre dernier, trois bureaux du ministre, à Montréal, Québec et Thetford Mines, ont été occupés simultanément (on en parlait ici). Les occupations ont du bon puisqu'elles ont forcées le ministre à rencontrer le FRAPRU.

15 000 nouveaux logements

Cette rencontre avait lieu ce matin. Dans un communiqué, le regroupement indique qu'il est satisfait de la réunion. En effet, le ministre s'est engagé à demander des investissements en logement social dès le prochain budget (plus précisément 3 000 logements sociaux par année pendant les cinq prochaines années pour un total de 15 000). C'est sur que ce n'est ni la socialisation du parc de logement locatif, ni les 50 000 logements que revendique le FRAPRU mais c'est certainement mieux qu'une claque sur la gueule.

Refusant de lâcher le morceau, le FRAPRU indique qu'il tourne dorénavant ses efforts vers le ministre des finances, Raymond Bachand. Une première étape en ce sens aura lieu en janvier lorsque le FRAPRU rencontrera le ministre des Finances. Pour accentuer la pression, le FRAPRU organisera aussi, du 14 au 19 février, une grande caravane à travers le Québec. La caravane, ponctuée d’actions et d’événements publics, passera par Gatineau, Montréal, Châteauguay, Sherbrooke, Trois-Rivières, La Tuque et Saguenay pour se terminer par une manifestation nationale à Québec le samedi 19 février.

En ces temps moroses, il faut souligner les bons coups. En voilà un. Direct action gets the goods comme disent les américains. Sauf que, comme on dit aussi, «la lutte continue»... on se voit dans la rue le 19 février prochain.

vendredi 10 décembre 2010

[vidéo] Le FRAPRU occupe les bureaux du ministre Lessard

C'est pas nouveau, le gouvernement se fiche pas mal du logement social. Le ministre Lessard préfère faire la sourde oreille plutôt que d'écouter les demandes des locataires.

Si le ministre est sourd, c'est qu'il faut lui déboucher le cervelet. Et quoi de mieux qu'un bon coup d'action directe? C'est l'approche qu'à préconisé le FRAPRU et ses groupes membres. Trois occupations avaient lieux simultanément à Québec, Montréal et Thetford Mines le 9 décembre. Voix de faits faisait partie des occupants et vous en rapporte un vidéo exclusif.



Mise-à-jour...


Ce qu'il y a bien avec You Tube, c'est que des fois le logiciel fait de bonne associations d'idées. Ainsi, on a appris l'existence d'une vidéo sur l'occupation de Montréal en regardant dans la colonne «suggestions» à côté de notre propre vidéo.



Oh, et n'oublions pas que le FRAPRU a émis un communiqué :

Occupations réussies Le FRAPRU a mis fin aux occupations, vers 11h15, après avoir obtenu confirmation d’une rencontre avec le ministre Lessard dans la semaine du 20 décembre. Il doit aussi rencontrer le ministre des Finances, Raymond Bachand, au cours des prochains jours, dans le cadre de ses consultations pré-budgétaires.

jeudi 28 octobre 2010

Le FRAPRU bloque un édifice des Forces aériennes du Canada à Ottawa

Du logement social au lieu des F-35 !



Une vidéo de Bill Clenett, un militant de l'Outaouais

Hier, quelques 450 locataires ont exprimé leur colère contre les choix budgétaires du gouvernement conservateur de Stephen Harper, en bloquant des bureaux de la Force aérienne du Canada, au 400, rue Cumberland, à Ottawa. Il y avait des gens de l'Outaouais, de Montréal, de Sherbrooke et même de Québec (26 militant-e-s avait fait le voyage).

==> Quelques photos

Le FRAPRU, qui avait mobilisé tout ce beau monde, voulait protester avec force et conviction contre la décision de réduire d’un milliard $ par an, à compter du 1er avril 2011, les fonds consacrés à la construction et à la rénovation de logements sociaux au Canada. Le FRAPRU ne digère pas que ces réductions surviennent au moment où le gouvernement vient d’accorder, sans appel d’offres, 9 milliards $ à la compagnie américaine Lockheed Martin pour l’achat de 65 avions chasseurs F-35, de même que des sommes pouvant s’élever jusqu’à 7 milliards $ pour leur entretien.

Le coordonnateur de l’organisme, François Saillant, est scandalisé : « Avec le coût d’achat et d’entretien d’un seul F-35, le gouvernement aurait pu subventionner jusqu’à 3500 logements sociaux. Ça en dit long sur les priorités du gouvernement Harper qui est prêt à engraisser l’industrie de la mort, tout en réduisant à des miettes son aide au logement pour les sans-abri, les mal-logés, les communautés autochtones et nordiques, ainsi que pour les locataires à faible revenu demeurant dans les logements sociaux existants ». Il rappelle qu’en 2011-2012, le budget du Ministère de la Défense nationale approchera les 22 milliards $ par an, soit onze fois plus que ce qui restera dans le budget de la Société canadienne d’hypothèques et de logement.

Le ministre des Finances, Jim Flaherty, a confirmé, à plusieurs reprises au cours des dernières semaines, sa décision de mettre fin, à partir de ce moment, à ses mesures de relance économique amorcées en 2009, dont celles pour le logement. En raison de la fin des investissements prévus dans le plan de relance économique, les provinces recevront annuellement 250 millions $ de moins pour la construction de logements sociaux et 500 millions $ de moins pour la rénovation de logements sociaux existants. Les Premières Nations seront quant à elles privées de 200 millions d’investissements par an et les communautés nordiques de 100 millions $.

Le FRAPRU lui demande de revenir sur cette décision, en maintenant ses investissements des deux dernières années dans la rénovation et l’amélioration des logements sociaux existants et en portant à 2 milliards $ par an ses investissements pour la construction de nouvelles habitations. Pour François Saillant, « il n’est pas aussi clair que le prétend le gouvernement Harper que la crise économique est vraiment derrière nous ; ce qui est clair en revanche, c’est que la crise du logement, elle, continue à frapper très durement partout au Canada, y compris au Québec ».

Selon les chiffres mêmes du gouvernement fédéral, en 2006, avant même le déclenchement de la crise, 1 494 400 ménages avaient des besoins urgents de logement au Canada. De plus, on évalue entre 150 000 et le 300 000 le nombre de sans-abri.

Depuis le printemps dernier, certains secteurs des mouvements sociaux tentent de hausser le ton dans les luttes. Il y a eu le déchiquetage du pseudo-plan de lutte à la pauvreté du gouvernement et le manifeste-agi du Collectif pour un Québec sans pauvreté, les nombreuses actions de la coordination québécoise de la Marche mondiale des femmes (dont une occupation de bureau à Montréal et de nombreuses actions colorées au sens propre [i.e. collage, bombage, peinturlurage...]). Il y a maintenant les blocages. C'est le deuxième pour le FRAPRU, le premier ayant eu lieu le 30 septembre, et il y en aura un autre, à Montréal, le 23 novembre. Serions-nous en train d'assister à un début timide de radicalisation des luttes? À suivre...

jeudi 30 septembre 2010

[vidéo]Blocage du Centre fiscal



Le 30 septembre, une soixantaine de membres et de sympathisant-es du FRAPRU ont bloqué durant une quarantaine de minutes l’entrée des bureaux du Centre fiscal de l’Agence de revenu du Canada, à Québec, pour exiger que le gouvernement fédéral abolisse ou réduise les exemptions fiscales qui ne profitent qu’aux contribuables à haut revenu et aux grandes compagnies.

Le gouvernement Harper a déjà annoncé son intention de cesser, dès le 31 mars 2011, les mesures de relance économique en place depuis deux ans, ce qui signifie notamment la fin des investissements spéciaux de 250 millions $ par année dans la construction de logements sociaux. Le Québec ne recevra plus que le tiers des sommes qu’Ottawa lui accorde présentement pour le développement de logements dans le cadre du programme AccèsLogis. Pour les trois prochaines années, la contribution fédérale à ce programme sera ainsi réduite à 29 millions $.

Le FRAPRU estime que les dépenses militaires et fiscales du gouvernement fédéral prouvent qu’il a les moyens non seulement des maintenir ses investissements des dernières années dans la construction de logements sociaux, mais aussi de les augmenter substantiellement pour les porter à 2 milliards $ par année.

Des actions similaires avaient lieu au même moment à Montréal et Saguenay. Une autre action directe et une manifestation d’envergure nationale auront lieu, le mercredi 27 octobre prochain, à Ottawa.

samedi 11 septembre 2010

[video] Il faut des sous pour sortir de la rue



Le 9 septembre dernier, il y avait des rassemblements à Québec, Saguenay, Sherbrooke, Gatineau et Montréal à l'initiative du Réseau solidarité itinérance Québec. Les groupes de sans-abri et leurs alliés demandent une aide accrue du fédéral. À Montréal, plus de 200 personnes étaient dans la rue à l'appel du RAPSIM.

Communiqué: Les groupes de sans-abri demandent une aide accrue du fédéral

mardi 15 juin 2010

Logement: la crise qu’on ne veut plus voir


À deux semaines du 1er juillet, le Rapport sur le marché locatif de la Société canadienne d’hypothèque et de logement (SCHL) vient nous rappeler l’existence d’une crise que l’on ne veut plus voir : la crise du logement.

Québec championne pan-canadienne

La région de Québec a le plus bas taux d’inoccupation au Canada : 0,4%. Rappelons que pour être dit équilibré, le marché locatif doit être de 3%. À Québec c’est serré pour tout les types de logements, en particulier pour les studios et les grands logements (donc aux extrémités du spectre). En chiffres absolu, il y avait un grand total de 300 logements de libre dans les immeubles privés de plus de 3 logements du marché privé en avril dernier.

Il faut remonter à 2002, lors de l’explosion de la crise du logement, pour trouver un marché aussi serré. Disons que ça n’augure rien de bon pour les semaines à venir.

Des loyers qui coûtent trop cher

Un marché de l’habitation aussi serré a un impact sur le prix des loyers. Dans notre ville, le loyer moyen de 2 chambres à coucher est passé de 518$ en 2000, à 684$ en 2010, pour une hausse de 32% (3,3% l’an dernier, soit plus que partout ailleurs au Québec).

Pour mettre les choses en perspective, ça veut dire que pour pouvoir se payer ce loyer moyen là et respecter la norme gouvernementale d’abordabilité de 30%, il faudrait avoir un revenu mensuel d’au moins 2280$ . À titre comparatif, rappelons qu’à 40h / semaine au salaire minimum, une personne fait un revenu mensuel brut d’à peu près 1646$ tandis que le revenu mensuel d’un couple à l’aide sociale sans contraintes à l’emploi est de 878$.

Dans ce contexte, il est tout à fait justifié de continuer de revendiquer la construction du plus de logements sociaux possible. C’est la seule solution pour réussir à loger tout le monde à un prix abordable. C’est pourquoi les groupes populaires comme le FRAPRU revendiquent de doubler le nombre de logements sociaux dans une perspective de socialisation complète du parc de logement locatif. Plus que jamais en habitation, le marché privé, ça marche pas.

(Photo: Manifestation pré-budgétaire du FRAPRU à Québec le 23 février dernier)

mardi 23 février 2010

«C'est nous qui sommes dans le trou!»



À peu près 80 locataires s'étaient donnés rendez-vous cet avant-midi devant le 10 Pierre-Olivier-Chauveau, dans le Vieux-Québec. Mine de rien, c'est là que siège le «Ministère des Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation du territoire» qui, comme son nom ne l'indique pas, est le port d'attache du logement social au gouvernement provincial.

Mobilisés par le FRAPRU, les manifestant-e-s voulaient dire à Laurent Lessard, ministre en titre, «c'est nous qui sommes dans le trou» et que pour en sortir ça prend 50 000 logements sociaux avant la fin du mandat. En fait, le FRAPRU craint que dans le contexte actuel les libéraux ne tiennent même pas leur promesse de 15 000 nouveaux logements sociaux en cinq ans. D'où la nécessité de se mobiliser en masse. D'ailleurs des manifestations similaires avaient lieu à Montréal, devant le bureau de Raymond Bachand, et à Sherbrooke, devant celui de Jean Charest. Au total, environ 500 personnes ont pris la rue pour du logement social.

La citation du jour revient à Patrick, le délégué de Québec à la manif, qui a terminé son témoignage par un retentissant «on veut une capitale au service de ses citoyens et non des citoyens au service du capital!»

Photo compop (cliquez pour la galerie de photo de Québec. Il y en a aussi d'autres sur le site du FRAPRU).

mercredi 10 février 2010

Haro sur la Régie du logement !



Les deux principaux regroupements de défense du droit au logement, le FRAPRU et le RCLALQ, ont cognés coup sur coup sur la pôvre Régie du logement cette semaine.

La Régie du lentement

Hier, une vingtaine de militant-e-s menés par le Bureau d'animation information logement (le BAIL pour les intimes) rebaptisaient théâtralement le bureau de Québec de la Régie en Régie du lentement. Malgré leur sens de l'humour, les manifestant-e-s ont tout de même souligné que c'était on ne peut plus sérieux. Nicole Dionne, porte-parole du BAIL, explique que « le nouveau nom reflète la réalité de milliers de locataires en attente d’une audience. »

Les militant-e-s du BAIL en ont contre la lenteur des procédures à la Régie qui durent en moyenne 16 mois. « Quand les délais d'audience sont supérieurs à la durée d'un bail, cela équivaut à nier aux locataires le droit à un logement sécuritaire et en bon état » a expliqué Mme Dionne. Le BAIL revendique que toutes les causes urgentes, celles impliquant la santé et la sécurité, soient entendues dans un délai de 72 heures et que toutes les autres causes soient entendues sur la base du « premier arrivé, premier servi » et ce, à l'intérieur de 3 mois.

Mission impossible? Pas si le nombre de régisseurs est au rendez-vous. Les comités logement soulignent qu'il y a 10 ans la Régie entendait toutes les causes en dedans de 3 mois. Or, les coupures sont passées par là. C'est pourquoi le RCLALQ, le regroupement national du BAIL, revendique que le prochain budget du gouvernement du Québec prévoit des sommes pour embaucher un personnel suffisant pour que la Régie du lentement redevienne la Régie du logement.

L'action du BAIL s'inscrivait dans le cadre d’une journée d’actions régionales du RCLALQ. Des actions similaires se déroulaient simultanément dans cinq autres villes soit Hull, Montréal, Rimouski, Trois-Rivières et Valleyfield.

De plus en plus de cas de non-paiement de loyer

Aujourd'hui, c'est le FRAPRU qui se farcissait d'un second communiqué rageur prenant à partie la Régie du logement. Du côté des défenseurs de la veuve, de l'orphelin (...et du logement social) on «s’alarme de la hausse significative du nombre de causes de non-paiement de loyer à la Régie du logement». Et il y a de quoi!

Selon une compilation maison, basée sur les rapports annuels de la Régie, le nombre de causes relatives au non-paiement de loyer est passé de 39 942 en 2000-2001 à 46 818 en 2008-2009 à l’échelle du Québec, pour une augmentation de 17,2 %. [On a peut-être là une explication de l'allongement des délais!]

Dans toutes les régions du Québec, le nombre d'évictions augmente (parce que c'est là l'aboutissement logique de ce type de cause). C'est à Montréal que la hausse est la plus marquée, la métropole ne comptant que 40% des locataires de la province mais héritant de 48% des causes en non-paiement de loyer.

De ce côté, notre région s'en tire étonnamment « bien ». Selon le regroupement, le nombre de causes de non-paiement de loyer est demeuré à peu près le même qu’en 2006-2007 au bureau de Québec de la Régie. Le FRAPRU pense que la stabilité économique de la région y est pour beaucoup, en ajoutant que le nombre de causes y est tout de même de 4353.

Selon le FRAPRU, ce phénomène inquiétant n'est que la pointe de l'iceberg. François Saillant, coordonnateur du FRAPRU, affirme que « le nombre croissant de causes de non-paiement de loyer est la pointe visible de l’aggravation d’un problème encore plus considérable, celui de l’incapacité de payer » : « Beaucoup d’autres locataires parviennent de peine et de misère à payer leur loyer, mais au détriment de leurs autres besoins essentiels, au premier chef, la nourriture.» À Québec, par exemple, 17 340 ménages locataires consacrent plus de la moitié de leur revenu au loyer selon les chiffres du dernier recensement (2006). Autrement dit, pour chaque locataire pauvre de Québec qui n'arrive plus à payer son loyer, et qui se retrouve à la Régie, il y en a 3 autres qui y arrivent malgré tout, souvent en se privant de l'essentiel.

C'est entre autre pour ça que le FRAPRU mène actuellement une campagne prébudgétaire sur le thème «c'est nous autres qui sommes dans le trou» dans le but d'éviter que le financement de nouveaux logements sociaux soit sacrifié sur l'autel de la lutte au déficit. Des manifestations simultanées seront organisées le mardi 23 février prochain, à 11 heures, devant les bureaux du premier ministre Charest à Sherbrooke, du ministre des Finances, Raymond Bachand, à Montréal et du ministre responsable de l’Habitation, Laurent Lessard, à Québec. À suivre...

lundi 1 février 2010

Ateliers sur les hausses de loyer

Vous êtes locataires dans le privé? Vous vous posez des questions sur les hausses de loyer? Des groupes populaires près de chez-vous organisent des ateliers d'information.

Si vous êtes en basse-ville, il y a le BAIL qui reçoit les locataires mercredi le 3 février pour un café-rencontre. Deux moments sont proposés soit 13h30 et 18h30. Ça se passe dans les locaux de l'organisme au 570 rue du Roi. Information: 418-523-6177

Si vous êtes en haute-ville, il y a le Compop qui lui aussi reçoit les locataires jeudi le 4 février pour un atelier d'information. Encore là, deux moments sont proposés soit 10h00 et 19h00. C'est au 780 rue Sainte-Claire. Information: 418-522-0454

En ligne, il y a le FRAPRU qui explique que «vous avez le droit de dire non» à une hausse de loyer. Ils donnent aussi les coordonnées de plusieurs groupes communautaires qui peuvent vous aider un peu partout au Québec.

N'oubliez pas qu'en l'absence de réel contrôle des loyers, ce sont les locataires --c'est nous tous ça!-- qui ont la responsabilité de refuser les hausses abusives.

vendredi 8 janvier 2010

Le parc de logement privé en plus mauvais état qu'on le pense selon...



...et c'est la «plus grande association de propriétaires de logements locatifs» qui le dit! L'illustration est composée de la une du premier numéro de «Proprio», le nouveau journal de la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (décembre 2009).

mardi 24 novembre 2009

La crise se banalise...

Depuis des années le FRAPRU dit que la crise du logement se banalise. On en a eu une superbe illustration ce matin. Vous regarderez la page 18 du Soleil (la «une» du cahier affaire... cliquez sur l'image pour aggrandir). C'est de toute beauté!

Gros titre:
Mises en chantier
La vitalité de Québec ne se dément pas


Suit un article jovialiste sur la belle vitalité économique de la capitale via les mises en chantier et la hausse du prix des propriétés. En encadré, sans aucun commentaire, il y a «prix moyen du loyer et taux d'inoccupation selon la SCHL». C'est, d'une perspective de locataire, franchement catastrophique. On parle d'un taux d'inoccupation de 0,6%, de loyers se situant entre 861$ et 587$ selon le secteur de la ville. Et pourtant tout ça passe dans la bonne humeur... comme une bonne nouvelle.

Un morceau d'anthologie.

dimanche 25 octobre 2009

[Vidéo] Manifestation dans Saint-Jean-Baptiste: «Des voisins pas des tours»



Samedi dernier, il y avait une importante manifestation dans Saint-Jean-Baptiste (on en avait parlé ici). Malgré la pluie et le froid, une cinquantaine de personnes ont participé. Voici notre petit reportage vidéo.

==> Le communiqué des organisateurs

mercredi 12 août 2009

Heureusement qu'il n'y a pas de crise du logement à Québec

Le Soleil vient de rendre public le cas d'une femme de Québec qui vit à l'hôtel depuis 15 mois faute de logement. La dame est pourtant admissible au supplément au loyer d'urgence. L'ennui c'est que ni elle, ni l'Office municipal d'habitation de Québec (OMHQ) n'arrive à trouver un logement qui réponde à la fois à ses besoins et qui fitte dans les petites cases du programme.

Rappelons qu'il y a un mois et demi, M. Foster, ci-devant dégé de l'OMHQ, livrait une guerre de mots aux organismes communautaires dans les médias et affirmait sans rire qu'il n'y avait pas de crise du logement à Québec. Une chance, qu'est-ce que ce serait sinon?

Source: «Débrouillez-vous!» : sans logement, Christiane Leclerc vit à l'hôtel depuis plus d'un an

mardi 7 juillet 2009

«Crise du logement: circulez, y'a rien à voir» dit l'OMH

En entrevue au Journal de Québec, Claude Foster, directeur général de l’Office municipal d'habitation (OMH), a déclaré sans rire, la semaine dernière, qu'il n'y avait pas de crise du logement à Québec. « La crise n’existe plus depuis deux ans parce que tous les organismes travaillent ensemble. Encore une fois, on essaie de rationaliser une situation qui est très émotive et on y arrive très bien avec l’aide de tous les intervenants » a-t-il dit.

En d'autres mots: tout va très bien, circulez, il n'y a rien à voir. Qu'en est-il vraiment? Concrètement, selon les chiffres même de l'OMH (cité dans un communiqué du FRAPRU), 136 ménages avaient fait appel à ses services au 1er juillet. De ce nombre, 86 avaient remplis une demande formelle. Au final, seul 4 ménages ont reçu un supplément au loyer. Rappelons qu'il y a 1601 ménages en attente d'un HLM à Québec.

Une chance qu'il n'y a pas de crise du logement à Québec... Qu'est-ce que ce serait sinon? Qui sait, peut-être qu'il y aurait un bidonville sur les plaines, comme dans le temps de Cove Fields...