lundi 31 décembre 2007

Bye bye 2007 (bilan de La Nuit)

Ces temps-ci, les revues de l'année sont à la mode. Voilà l'occasion de faire un bref retour sur notre année militante et de répondre à la question que plusieurs se posent: qu'est-ce qu'il fait, concrètement, le Collectif anarchiste La Nuit?

Bilan d'activités

Au début février commence la distribution, à Québec, du numéro 12 de Cause commune. Le journal de la NEFAC, qui est produit à Québec, est sorti 6 fois cette année. Notre collectif en distribue environ un millier à chaque fois, moitié dans des manifs et autres évènements militants, moitié dans une série de point de distribution au centre-ville. Notez que sommes toujours ouvert à fournir les camarades en région!

Lorsque Jean Charest déclenche les élections un mois plus tôt que ce que tous les analystes avaient prévu, il prend un peu tout le monde de court. À Québec, tous les partenaires potentiels du Collectif anarchiste La Nuit sont pris par d'autre chose. Heureusement, à Montréal, l'Union locale de la NEFAC et le RAME sont en pourparlers depuis un certain temps pour mener une campagne commune. Ce fut la coalition Nous on vote pas!. Pour la première fois depuis longtemps, une véritable campagne abstentionniste fleurira au Québec en mars 2007. Dans la capitale, des camarades de La Nuit collent frénétiquement des centaines d'affiches et d'autocollants rouge et noir au centre-ville. La treizième édition de Cause commune reprend les thèmes de la campagne "Nous on vote pas!".

Pour une fois, les libertaires de Québec ont organisés un évènement local pour le Premier mai. Ce fut un "cabaret" sous la bannière de la Page noire, à l'AgitéE. Un franc succès qui rappelle l'importance d'évènements mêlant allègrement social, culture et politique. Comme dirait l'autre: "La lutte, oui! Mais la fête aussi". C'est également le Premier mai que sort le numéro 14 de Cause commune, ce qui fut l'occasion, pour notre collectif, d'une première analyse des résultats électoraux (voir: Une conjoncture difficile).

Le 3 mai, des membres de La Nuit se rendent à Trois-Rivières pour donner une conférence sur l'anarchisme. Organisé à la demande d'un sympathisant trifluvien, cette activité a donné l'élan pour fonder dans cette ville un collectif de la NEFAC (La réponse).

Le 29 mai, La Nuit profite du passage à Québec de deux camarades du réseau français No Pasaran pour organiser une activité publique. Le panel permet d'échanger sur la montée de la droite populiste des deux côtés de l'Atlantique et sur nos stratégies respectives de résistance. Cette conférence fut également l'occasion de lancer à Québec le numéro 7 de la revue Ruptures.

En juin, toute l'actualité est prise par le départ du contingent de Val-Cartier pour l'Afghanistan. Depuis des mois, des libertaires s'activent dans la Coalition Guerre à la guerre pour organiser une manifestation anti-guerre le 22 juin, au moment de la parade en ville des militaires (une première depuis la seconde guerre mondiale). Lors de cette manif mémorable, des membres et amiEs de la NEFAC venus des quatre coins du Québec forment le plus gros cortège rouge et noir de la capitale depuis le Sommet des Amériques. Nous sommes assez nombreux et nombreuses pour faire cortège ET distribuer massivement le numéro 15 de Cause commune qui reprend la lettre ouverte que les antimilitaristes ont écrite aux soldats. Le tirage de notre journal augmente sans tambour ni trompette avec ce numéro (maintenant 4 000) ce qui reflète la croissance de notre organisation, entre autre en Mauricie.

Le mois de juin se termine sur une note tragique. Dans la nuit entre le 30 juin et le 1er juillet, un jeune gay est sévèrement tabassé par des boneheads à la Place d'Youville. Dans la foulée, des militantEs du GLBT rassemblent une large coalition arc-en-ciel pour dénoncer cet acte barbare. Nous participons de bon coeur à la conférence de presse de dénonciation et au Brunch contre l'homophobie qui a lieu durant la Fête Arc-en-ciel. Fait rare, une première?, à cette occasion des anarchistes partagent la plateforme avec des députéEs (y faut ce qu'y faut).

En août, le mouvement libertaire se remobilise autour du Sommet de Montebello. Par contre, il faut reconnaitre qu'à part diffuser l'information, nous ne fument pas de la partie cette fois. De notre côté, nous sommes plutôt en train de mettre la dernière main à de nouveaux projets d'agitation propagande. C'est en effet en plein mois d'août qu'est officiellement lancé notre blogue (l'émission de radio suivra en septembre). Cet ambitieux projet est un succès modeste mais réel. Mis-à-jour presque quotidiennement, parfois plusieurs fois par jour, Voix de faits fut visité cet automne par à peu près une centaine de personnes par jour.

En septembre, à la fête du travail, se tenait le traditionnel rassemblement Réclame ta rue. Nous avons apporté un appui critique à cet évènement. Nous y étions en nombre et nous avons mobilisé mais nous avons également diffusé un texte critique dans la seizième édition de Cause commune.

Le 7 octobre, La Nuit appelait à une contre-manifestation pro-choix avec les camarades féministes libertaires de l'émission Ainsi squattent-elles. C'est que des intégristes religieux organisaient une "chaîne de la vie" devant le Centre Mère-Enfant. Le résultat fut au delà de toutes nos attentes, en effet, les pro-choix étaient 5 fois plus nombreuses et nombreux que les pro-vies. Cette mobilisation fut l'occasion pour nous de renouer avec un volet souvent négligé de notre projet politique: la lutte antipatriarcale.

Début novembre, le numéro 17 de Cause commune sortait des presses avec, justement, un texte sur le patriarcat. À peu près au même moment, les rues de Québec voyaient apparaitre une nouvelle affiche rouge et noire, annonçant Voix de faits. C'est notre première affiche strictement "locale" qui sort sur une presse (d'où la couleur).

* * *

À tout cela pourrait se rajouter nos implications sociales et politiques diverses (et il y en a!) mais, pour ce qui concerne le collectif, c'est à peu près ça. Nous pourrions sans doute faire plus. Mais, pour cela, il faudrait être plus nombreux et nombreuses...

mardi 25 décembre 2007

Suivi arrestations en France

Il y a quelques jours, nous faisions état de l'arrestation de deux étudiants anarchistes en France. Voici le communiqué de suivi de la Coordination des groupes anarchistes.

Justice pour Yann et Pierre

Mercredi 19 décembre au petit matin Yann et Pierre, militants à la Coordination des Groupes Anarchistes et à Sud Étudiant ont été arrêtés à leur domicile. La police a procédé à une perquisition de leur domicile et à la saisie des ordinateurs. À l’origine de cette opération juridico-policière, des plaintes contre X pour «vols, dégradations et menaces de mort», déposées par les instances de l’Université et par quelques enseignants.

Comme dans de nombreuses villes de France, les étudiants ont subi une répression sévère allant des évacuations policières musclées en passant par des fermetures administratives et dans de nombreuses facs par des plaintes et des conseils de disciplines. Nos deux camarades, tous deux porte-paroles lors du mouvement étudiant à Perpignan, font les frais de la volonté du pouvoir de discréditer et criminaliser partout la lutte contre la LRU qui agite les universités depuis le mois d’octobre.

À l’issue d’une garde à vue de 48 heures, aucune des charges initiales n’a été retenue contre eux. Des plaintes nominatives d’insultes ont été déposées par des enseignants à l’encontre de Pierre et Yann. Uniquement à partir de ces accusations, Yann et Pierre sont placés sous contrôle judiciaire avec interdiction de quitter le département, de se rencontrer et de se rendre à l’Université. Ceci alors qu’il y a présomption d’innocence.

Nous dénonçons ces pratiques qui font encore monter d’un cran la répression sur les mouvements étudiants. Nous dénonçons ces mesures d’acharnement qui ont pour but de faire rentrer dans le rang le mouvement étudiant, et qui ont pour effet d’interdire à nos camarades d’aller à la fac et donc de poursuivre leurs études. Nous réclamons l’annulation du contrôle judiciaire infondé auquel ils sont soumis et dénonçons par avance toute tentation de monter artificiellement des poursuites contre eux. Nous appelons l’ensemble des acteurs des luttes étudiantes et plus largement du mouvement social à se solidariser et à réagir à ces tentatives de criminaliser les luttes.

Coordination des Groupes Anarchistes, 21 décembre 2007

(via Le Jura libertaire.)

==> Communiqué de SUD-Étudiant
==> Récapitulatif de la répression (SUD-Étudiant)

(Pour les curieux et curieuses, en fouillant sur le site de SUD-Étudiant, on a trouvé un communiqué de soutien à l'ASSÉ...)

lundi 24 décembre 2007

Racisme & xénophobie : les médias jettent de l'huile sur le feu

Les militantEs ont souvent l'impression que les médias alimentent continuellement un climat malsain de racisme et de xénophobie. C'était particulièrement flagrant cette année avec tous le battage autour des «accommodements raisonnable». Une analyse quantitative vient de leur donner raison!

Selon la boite Influence communication, qui a analysé 2 millions de nouvelles provenant des médias traditionnels en 2007, «83 % de toute la couverture médiatique accordée à l'une ou l'autre des nombreuses communautés ethniques du Québec a été réalisée en marge de sujets controversés ou dans le cadre de situations conflictuelles».

Et le chroniqueur média du Devoir, Paul Cauchon, de commenter : «Autrement dit, dans l'immense majorité des cas, lorsque les médias ont parlé des communautés ethniques, c'était toujours en référence à des conflits, à des tensions, à des problèmes. C'est quand même quelque chose.»

Effectivement, c'est quelque chose. Concrètement, les médias ont passé l'année à jeter de l'huile sur le feu.

==> Source : Chronique de Paul Cauchon dans Le Devoir.

dimanche 23 décembre 2007

Noyeux Joel...

L'âge des ténèbres...

Les vacances c'est fait pour relaxer et faire des choses plaisantes qu'on a pas le temps de faire en temps en normal. Comme aller au cinéma avec sa douce...

Voulant «voir par moi-même» (et passer un bon moment), je suis aller voir L'âge des ténèbres de Arcand. Depuis le temps qu'on nous en parles et qu'on nous lance des previews sur la gueule. Savez-vous, c'est vraiment pas si tant pire et je comprend mal le boucan fait autour de ce film.

N'étant ni un banlieusard, ni un anonyme travailleur de bureau, ni un gars de la classe moyenne supérieure, je ne me suis pas du tout identifié à Jean-Marc Leblanc, le personnage principal (un rôle taillé sur mesure pour Marc Labreche, soit dit en passant). Par contre, il faut reconnaitre que la critique sociale d'Arcand fait mouche. Sa dystopie a à peine besoin de caricaturer le monde dans lequel nous vivons déjà.

À ma grande surprise, cette critique sociale n'est pas néolibérale. Je dirais plutôt qu'elle a de forts accents anarcho-individualistes (genre tendance anglo-saxon). Sa critique de l'État québécois est, en tout cas, tordante! Globalement, Arcand dénonce le vide de la vie moderne. Le vide de ce rêve de classe moyenne qui nous est présenté à la télé et dans les journaux. Le vide de sa classe, en fait...

Le hic, c'est que le cinéaste n'a rien à proposer pour «réenchanter le monde». Il est désabusé et cynique. Aucune perspective collective. Face à la machine, nous sommes impuissantEs. Seule issue: la fuite, le décrochage. Se rebâtir une vie simple, au bord de l'eau ou dans le bois, loin de la ville. Dommage.

Remarquez, c'est un bon film. En tout cas, on passe un bon moment. Même si tout ça nous passe un peu six pieds par dessus la tête. Peut-être que j'aurai plus de chance avec Atonement?

* * *

L'âge des ténèbres, un film de Denys Arcand avec Marc Labreche.

vendredi 21 décembre 2007

Attention, danger: Taser !

Le 24 novembre dernier, le pistolet Taser faisait une nouvelle victime canadienne. Cette mort s’ajoute aux 18 autres. Alors pourquoi le gouvernement et la compagnie Taser international continuent de nous mentir en disant que cette arme est inoffensive?

Ce texte est diffusé par le COBP sous forme de brochure et contient (presque) toute l’information que vous devriez savoir sur le Taser, cet outil de torture qui tue! Déjà près de 300 morts aux USA depuis 2001…

  • 19 personnes tuées par la police avec un Taser au Canada en cinq ans (2003-2007)…
  • Le manque d’études rigoureuses et indépendantes…
  • Une armée d’avocats pour défendre l’outil du meurtre légal…
  • Les liens entre la compagnie Taser International et les gouvernements du Canada et des USA…
  • …et encore beaucoup plus d’informations!


Lire le reste de la brochure

(via le forum de l'ASSÉ)

jeudi 20 décembre 2007

Deux militants anarchiste arrêtés en France

(via Alternative libertaire) Deux militants du Groupe Puig Antich de la Coordination des groupes anarchistes, Yann et Pierre, ont été arrêtés et perquisitionnés mercredi matin pour leur participation au mouvement étudiant en lutte actuellement en France (ils sont aussi militants de SUD-Étudiant...). Selon les camarades de la CGA, «les instances de l’Université tiennent à discréditer la lutte en la criminalisant et envoyant devant la justice deux "des portes paroles" du Comité de grève sur les fallacieux prétextes : "vol, dégradation et menace de mort"».

La CGA «condamne cette dérive juridico-policières qui tend à personnaliser une lutte qui a mobilisé plus d’un millier d’étudiants sur Perpignan, tout au long du mois de novembre. [Elle] revendique :
- la libération sans condition des compagnons,
- l’arrêt des poursuites à leur encontre,
- la reconnaissance des droits sociaux fondamentaux de manifestation, de grève et de contestation»

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Cliquez pour en savoir plus sur la lutte étudiante en France.

lundi 17 décembre 2007

Ça va puer encore longtemps dans Limoilou...

La nouvelle est presque passée inaperçue, mais Voix de faits veille au grain! Toujours est-il que, selon Média Matin, le conseil municipal va voter ce soir sur le renouvellement du contrat de vente de la vapeur de l'incinérateur de Québec à la papetière Stadacona (ils appellent ça de la cogénération). Selon le journaliste, on fait la passe avec ça: 200 millions $. Sauf que, bon, comme c'est un contrat de 17 ans, renouvelable de gré à gré tous les cinq ans, et comme la Ville annonce du même souffle un investissement de 25 millions de dollars en 2008 et 2009 pour «moderniser» la bête, il serait surprenant que ça arrête de puer bientôt dans Limoilou. En effet, ce sont nos deux principaux pollueurs locaux qui viennent de renouveler leurs voeux pour deux décennies...

L'intégrale de l'émission du 12 décembre

Voici le MP3 de l'émission du 12 décembre.

==> Le fichier de l'émission

(merci François!)

dimanche 16 décembre 2007

Eh bien... (bis!)

Ces temps-ci, on arrête pas de nous écœurer avec les racines catholiques profondes du Québec. Or, pour qui s'intéresse à l'histoire, rien n'est moins simple. Semble-t-il que les protestantEs étaient ici très nombreux et nombreuses. Saviez-vous, par exemple, que Champlain avait été baptisé huguenot? Idem pour Papineau.

Pour en savoir plus: Démenti : les racines protestantes de la Nouvelle-France sur le blogue "Divagations d'une belette longueuilloise" (via: Renart).

Eh bien...

Une dépêche d'agence dans Le Soleil de ce matin nous apprend que le Parti communiste russe a désigné son candidat aux élections présidentielles. Il s'agit de Gennadi Zyuganov, ex-challenger d'Eltsine en 1996. Le candidat «a promis de mener une campagne autour de thèmes comme la nationalisation des ressources naturelles et d'autres secteurs privatisés pendant l'ère Eltsine. Il demandera aussi le retour de la peine de mort.»

Le retour de la peine de mort?! Bordel, on n'a plus les cocos qu'on avait!

vendredi 14 décembre 2007

Une victoire pour les petitEs salariéEs

Le jour où le Front de défense des non-syndiquéEs déposait une pétition de 28 000 noms revendiquant une hausse substantielle du salaire minimum, le gouvernement libéral annonçait une hausse de 0,50$ applicable le premier mai (le taux passera alors à 8,50$). Selon Le Devoir, c'est la plus forte hausse depuis 1975.

Un pas dans la bonne direction

La plupart des organismes sociaux ont salués la hausse tout en étant critiques. C'est le cas de l'organisme Au bas de l'échelle qui émet toutefois un bémol: il ne faudrait pas que ce soit un one shot deal, il faut que l'effort soit poursuivi l'an prochain et durant les années subséquentes.

À ce sujet, Au bas de l'échelle rappelle que le revenu annuel brut d'une personne qui travaille 40 heures par semaine au taux actuel du salaire minimum (8 $), est de 16 640 $. Ce revenu ne représente que 77 % du seuil de faible revenu (seuil de 2006 indexé de 2 % pour 2007). Pour 2008, la hausse annoncée par le ministre du Travail, fera passer ce revenu à 80 % du seuil de faible revenu (de 2006 indexé pour 2008). Selon l'organisme, la règlementation sur le salaire minimum doit faire partie intégrante d'une stratégie globale de lutte contre la pauvreté, qui permettra d'annuler l'écart entre le seuil de faible revenu et le revenu annuel d'une personne travaillant 40 heures par semaine au salaire minimum.

La FTQ reste sur son appétit

René Roy, secrétaire général de la FTQ, dit quant à lui que la hausse est «un pas dans la bonne direction, qui nous laisse cependant sur notre appétit». «Le gouvernement libéral fait un bel effort, cependant il lui reste encore quelques marches à monter. L’objectif historique des gouvernements est d’atteindre 47 % du salaire horaire moyen. Or pour atteindre ce seuil, le gouvernement aurait dû faire passer le salaire minimum à 8,87 $ l’heure. Les travailleurs les plus pauvres de la société n’ont pas de quoi sabrer le champagne », a précisé le syndicaliste.

La FTQ, comme les groupes populaires, demande également au gouvernement d’adopter un processus d’augmentation du salaire minimum par étape, avec des hausses à tous les six mois, avec pour cible le seuil de faible revenu qui se situe, selon la centrale, à 10,19 $ l’heure. Le ministre Whissel aurait peut-être dû s'inspirer des libéraux ontarienNEs qui ont annoncé un programme de hausse sur plusieurs années...

Seule la lutte paie

Le Collectif pour un Québec sans pauvreté semble être le seul organisme a avoir tiré des conclusions politiques de la hausse du salaire minimum. Plutôt que de reculer dans les années 1970, le Collectif souligne plutôt que c'est la plus forte hausse du salaire minimum depuis celle de 7,5% que la Marche des femmes «Du pain et des roses» avait arrachée en deux temps au gouvernement en 1995 par la force de la pression populaire. Aujourd'hui, selon le Collectif, c'est encore la mobilisation des 28 000 signataires de la pétition du Front de défense des non-syndiquéEs qui obtient ce résultat. Ce qui fait dire à l'organisme que «le mouvement populaire a des raisons d'être fier».

* * *

Nous avions parlé à l'émission de la campagne du Front de défense des non-syndiquéEs. Vous pouvez cliquer ici pour lire l'argumentaire des groupes populaires.

jeudi 13 décembre 2007

Violences racistes en hausse en ex-RDA


L'ex Allemagne de l'est est de plus en plus confrontée à une vague d'agression xénophobe (voir l'article). Les attaques et insultes racistes sont devenues tellement courantes, que les guides touristiques mettent maintenant en garde leurs lecteurs dans cette région. Mais la situation se dégrade depuis un certain temps cette année. D'ailleurs, l'extrême droite est maintenant représentée dans les deux parlements régionaux par le parti néo-nazi NPD. L'article rapporte d'ailleurs que dans certaines régions telle que Magdebourg, il y'a en moyenne trois agressions par semaine qui touchent principalement des étrangers. Depuis la réunification, il y aurait eu en Allemagne plus de 150 morts liés à des violences racistes et plus de 15 000 actes violents à caractère raciste! Selon plusieurs, les causes seraient multiples: les déceptions économiques et sociales de l'après-réunification, le taux de chômage élevé, le dépeuplement qui vide l'ex-RDA de ses "élites" ainsi que l'autoritarisme, l'antipluralisme, la pensée ami/ennemi qui sont demeurés après 1989 dans la population.

(via La Commune: http://nefacmtl.blogspot.com/2007/12/lextrme-droite-est-en-progression-en.html)

Révisionnisme : Des propos à vomir en Allemagne

Comme l’a rapporté Cyberpresse, le 10 décembre dernier, le chef du NPD, un parti néo-nazi allemand, a tenu des propos remettant en cause l’ampleur de l’Holocauste et en demandant la restitution des terres allemandes perdues après 1945.

Les propos qu’il a tenu sur le nombre de morts juives sont à vomir, pour n’importe quelle personne un tant soit peu sensée : «Six millions de morts, cela ne peut pas être exact. Au maximum, 340.000 personnes sont mortes à Auschwitz. Ce que disent toujours les juifs, c'est +même si un seul juif était mort parce qu'il est juif, ce serait un crime+. Mais il y a une différence entre payer pour 6 millions (de morts) et pour 340 000». Celui-ci a même parlé «d’un grand crime présumé».

Ces paroles, qui sont tout simplement dégueulasses, sont celles du chef d’un parti qui fut fondé en 1964…par d’anciens fonctionnaires du régime nazi. Ce qui veut donc dire que ce parti est toléré en Allemagne depuis maintenant 43 ans.

Un politicien social-démocrate, qui assume le rôle de président de la Commission intérieure du Bundestag, a l’intention de porter plainte contre ce parti afin qu’il soit interdit. Une tentative du même genre avait échouée en 2003, à cause d’un vice dans la forme.

Source: http://www.cyberpresse.ca/article/20071210/CPMONDE/71210140/5281/CPMONDE

mercredi 12 décembre 2007

Mario Dumont enfourche le cheval de l'enseignement religieux à l'école

On est pas sorti du bois avec l'enseignement religieux à l'école. Flairant le vent, Mario Dumont vient de demander un moratoire sur le cours «Ethique et culture religieuse» au niveau primaire. [C'est le cours qui doit remplacer l'enseignement moral et religieux en septembre]

Le chef de l'ADQ en a contre le fait que, selon lui, toutes les religions sont mises sur un pied d'égalité dans le programme ce qui «pourrait créer de la confusion chez les élèves». «Il faut être prudent avec ce que l'on enseigne aux enfants en bas âge, a dit le chef de l'opposition. C'est ce souci de prudence que nous exigeons du gouvernement aujourd'hui. Il doit décréter un moratoire et reconduire la clause nonobstant pour que le cours ne soit pas enseigné l'automne prochain. La ministre doit réorienter le contenu du cours en fonction de la réalité québécoise où les religions catholiques et protestantes sont toujours prépondérantes.»

[La ministre de l'éducation conteste cette interprétation, «la prépondérance de la religion catholique, elle est là» a-t-elle déclarée à la Presse canadienne en rejetant du revers de la main (pour l'instant?) toute idée de moratoire.]

Ça a l'air que, pour l'ADQ, «l'héritage religieux du Québec est partie intégrante de notre identité en tant que Québécois». Selon Mario Dumont, «on renie ce que nous sommes en tant que nation en faisant de notre héritage religieux un élément à enseigner parmi tant d'autres. Nos enfants doivent premièrement connaître ce qui est à la base de l'identité de la majorité avant de s'ouvrir et de s'enrichir des autres cultures et des autres pratiques religieuses.»

Les profs dénoncent la «girouette adéquiste»

La demande du chef de l'ADQ a été reçue très froidement par les enseignant-e-s. [Ironiquement, vendredi dernier la CSQ avait déposé une pétition signée par 20 000 enseignant-e-s pour dénoncer «l'ingérence politique en éducation»]

«La position de Dumont est à l'image de son parti politique qui adapte ses positions en fonction du vent populaire, c'est-à-dire les sondages. Avec une telle attitude, l'ADQ propose encore une fois au Québec de tourner en rond sur un sujet qui était pourtant réglé pour les principaux acteurs concernés» s'est insurgé Réjean Parent, le président de la CSQ, en marge du conseil fédéral de l'organisation syndicale regroupant la majorité des profs du primaire.

Le président de la CSQ tient à rappeler au chef de l'ADQ que, s'il appuie sa dernière position sur un récent sondage, il existe également un autre sondage réalisé dans un contexte social plus serein où les trois quarts des Québécois s'étaient clairement prononcés en faveur d'une école laïque. «Pas plus tard qu'en 2005, un sondage de la firme Léger Marketing démontrait que la majorité des personnes consultées était pour le fait que l'école publique donne un enseignement culturel sur les différentes religions du monde tout en tenant compte des traditions qui ont marqué le Québec», rappelle Réjean Parent.

Pour la CSQ, le Québec a mis des années avant de rompre avec le caractère confessionnel de l'école publique et les débats ont eu lieu. «Contre les tenants du retour en arrière, il nous faut protéger le caractère laique de l'école publique et indiquer très clairement que nous favorisons le vivre ensemble fondé sur un dialogue entre les religions» affirme Réjean Parent qui rappelle au passage que le nouveau cours a le mérite de respecter la liberté de conscience du personnel enseignant en plus de ne plus diviser les élèves sur une base religieuse au sein de l'école.

On arrête pas le progrès

Mario Dumont a toujours dit qu'il était à droite et avait des affinités avec les conservateurs mais qu'il ne partageait pas leur conservatisme moral. Avec sa «contribution» sur les accommodements raisonnables et maintenant sur l'enseignement religieux à l'école, c'est de moins en moins clair. Il crève les yeux que ce politicien est prêt à surfer sur n'importe quelle vague nationaliste identitaire en autant que ça rapporte des votes.

En plus d'être franchement opportuniste, sa nouvelle trouvaille risque de nous faire reculer collectivement. De fait, il s'allie objectivement avec les forces les plus réactionnaires de la société.

L'histoire et la culture religieuse sont très importantes. Elles doivent être enseignées à l'école parce que sans ça ce sont des pans entiers de notre culture au sens large et de notre civilisation qui deviendront obscurs et incompréhensibles. Il ne faudrait pas faire l'erreur de l'école française. Par contre, l'école n'a pas à enseigner la foi, encore moins à faire du favoritisme religieux. En ce sens, il est tout à fait correct d'enseigner les principales religions. Ça permettra d'ouvrir les enfants sur le monde, et peut-être de mieux le comprendre que leurs parents!, mais aussi de mieux comprendre leurs voisin-e-s et leurs camarades de classe. Anyway, les enfants sont curieux et posent tout plein de questions, pourquoi ne pas assouvir cette curiosité face à l'autre?

Ainsi, le chef de l'ADQ a peur que les enfants soient confus. Ça a l'air qu'en enseignant les fêtes de Id El Fitr, de l'Aid el Adha, du Wesak, de Divali ou la naissance du guru Nanak au même titre que Noel ou l'Action de grâces les enfants vont être tout mêlés. Mario Dumont devrait faire un peu plus confiance à l'intelligence des enfants et à leur sens de l'observation. Comment peut-on prendre les enfants pour des caves au point de croire deux secondes qu'ils ne seront pas capable de se rendre compte qu'ici c'est les fêtes chrétiennes qui sont célébrées? Voyons donc qu'ils ne seront pas capables de faire la différence entre l'héritage et l'identité québécoise et les apports des autres cultures!

N.B.: Les curieux peuvent télécharger le cours sur le site du Ministère de l'éducation (Cliquez ici pour un pdf).

Quand une femme s’en prend à la liberté…des femmes.

Une nouvelle parue hier sur Cyberpresse m'a fait l'effet d'une tonne de briques. Une étudiante en droit, à moins d'un an des élections présidentielles chez nos voisins du Sud, a entrepris une démarche pour amender la constitution de l'état du Colorado, afin que le statut de personne soit attribué aux ovules non fécondés.

Kristi Burton, 20 ans, doit recueillir un nombre de 76 000 signatures afin qu'un référendum sur la question ait lieu en novembre 2008. Pire encore; des démarches du même type sont également entreprises en Géorgie, au Michigan, dans le Mississippi et en Orégon.

L'amendement demandé par cette femme ne fait pas mention d'avortement, ni de contrôle des naissances. Mais ça ne prend pas un BAC pour savoir que les opposants et opposantes pourraient s'en servir. Une telle mesure pourrait même empêcher l'usage de plusieurs moyens de contraception, car leur action empêche les ovules fécondés de se nicher dans l'utérus.

C'est de la folie à l'état pur ! Brimer ou même enlever le droit à l'avortement et au contrôle des naissances aux femmes est carrément une mesure liberticide. Le cœur me lève quand je constate que cette femme est en train de vouloir détruire un droit important que ses aïeules ont obtenu après avoir mené d'importantes luttes. Comment une personne peut-elle demander une privation de sa propre liberté !?

Source: http://www.cyberpresse.ca/article/20071211/CPMONDE/71211147/6644/CPMONDE

Et l'égalité économique et sociale?

Fait rare, la Ligue des droits et libertés s'est farcie aujourd'hui d'un communiqué sur le fil de presse. La Ligue se dit «très déçue du projet de loi» libéral visant à faire primer l'égalité des sexes sur la religion dans la Charte des droits et libertés. Pour l'organisme, c'est «une occasion manquée d'accorder aux femmes une égalité réelle».

«Pendant que des droits essentiels à l'atteinte de l'égalité réelle tels que les droits au logement, à un revenu décent ou à la santé demeurent les parents pauvres de la Charte, le gouvernement se limite à réaffirmer par clauses interprétatives une égalité formelle aux femmes, égalité qui est déjà garantie par la Charte», a souligné Me Nicole Filion, coordonnatrice de la Ligue des droits et libertés. En effet, les droits sociaux et économiques ne sont toujours pas prépondérants, ce qui signifient qu'ils participent plus de la pétition de principe que de droits réels.

Pourtant la Ligue rappelle qu'en 2003, lors du bilan des 25 ans de la Charte québécoise des droits et libertés, la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse recommandait que le gouvernement du Québec accorde aux droits économiques et sociaux le même statut que les droits civils et politiques. «Le gage pour un meilleur accès à l'égalité des Québécoises de toutes origines est de leur accorder les conditions pour atteindre réellement le respect de tous leurs droits», précise la coordonnatrice de la Ligue.

En somme, ce n'est pas demain la veille que nous pourrons approcher d'une réelle égalité économique et sociale. Z'êtes vraiment surpris?

mardi 11 décembre 2007

Les pauvres plus pauvres...

Pour la quatrième année consécutive, le gouvernement libéral a choisi de n'indexer qu'à moitié le chèque d'aide sociale des personnes qu'il juge «aptes au travail». C'est 204 261 ménages qui continuent de s'enfoncer dans une pauvreté de plus en plus abjecte. Pour Nicole Jetté, porte-parole du Front commun des personnes assistées sociales (FCPASQ) «encore une fois, le ministre fait le choix de l'appauvrissement garanti à la place de la justice. Encore une fois, il choisit la charité et la guignolée au détriment de véritables politiques visant à éliminer la pauvreté».

Le FRAPRU est scandalisé

Le FRAPRU précise qu'à partir du 1er janvier 2008, la prestation de base de ces ménages n'atteindra qu'un ridicule montant de 551,29 $, soit à peine 3,4 % de plus qu'en janvier 2004, ce qui est évidemment très inférieur à la hausse du coût de la vie. Selon l'organisme de défense du droit au logement, même sans tenir compte des hausses de loyer pour 2007 dont les chiffres seront rendus publics plus tard cette semaine, les loyers moyens ont, durant la même période, augmenté de 12,3 % dans la région de Québec, de 10,6 % dans celle de Montréal, de 11,9 % à Trois-Rivières et 9,3 % à Sherbrooke.

Deux poids, deux mesures

Le FRAPRU se dit aussi offusqué du taux d'indexation de 1,21 % accordé aux 128 581 ménages ayant des contraintes sévères à l'emploi. François Saillant, rappelle que le 23 novembre dernier, le gouvernement confirmait pourtant que le pourcentage d'indexation du Régime des rentes du Québec serait de 2 %. Il ajoute que, ce matin même, le Ministère de la Justice confirmait une indexation de 2 % des pensions alimentaires. «Où est la justice? 2 % d'indexation accordée aux uns, 1,21 % aux autres et 0,6 % aux derniers?». Il ajoute qu'il s'agit d'une bien triste façon de marquer le cinquième anniversaire de la Loi sur la pauvreté et l'exclusion sociale adoptée en décembre 2002.

Protestez!


Le Front commun des personnes assistées sociales (FCPASQ) est actuellement en campagne contre la demi-indexation. Depuis le 17 octobre, plus de 375 organismes du mouvement des femmes, syndicaux, de défense des droits, d'éducation populaire, d'entraide, de dépannage ont adressé au ministre et aux deux porte-parole de l'opposition en matière de solidarité sociale des lettres et des télécopies d'appui. Le Front fait maintenant appel à la population en général.

«Tous les humains sont de ma race» disait Gilles Vigneaut. Dans cette lignée, Nicole Jetté invite chaque citoyenne et citoyen du Québec qui refuse d'être complice d'une politique d'exclusion sociale de le signifier clairement à son député en exigeant qu'il intervienne auprès du ministre responsable de la Solidarité sociale et du Premier ministre afin de leur faire entendre raison.

lundi 10 décembre 2007

La campagne contre le recrutement dans les écoles porte fruit


Die-in au cégep de Ste-Foy devant le kiosque de recrutement de l'armée


Nous apprenons de différentes sources que la campagne contre le recrutement militaire dans les écoles commence à porter fruit. Après quelques actions de perturbation (cégeps de Ste-Foy, Maisonneuve et Ste-Hyacinthe, UQAC, etc.), l'armée commence à annuler des sorties.

L'action contre la présence de l'armée à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) semble avoir ralenti les ardeurs des recruteurs dans cette région. Des sources nous confirment notamment qu'il n'y aura pas de kiosque de recrutement cégep de Jonquière cette session-ci.

Ailleurs aussi, la campagne donne des résultats. La mobilisation étudiante a fait fuir l'armée au cégep de St-Jérôme la semaine passée. En effet, l'association étudiante locale a le mandat de s'opposer à toute présence militaire et avait organisé diverses activités de perturbation du recrutement prévu le 5 décembre. Selon les animateurs de la campagne, les recruteurs en ont été informés et ont annulé leur présence.

Ces actions s'inscrivent dans le cadre d'une campagne nationale d'opposition au recrutement militaire dans les écoles. Lancée par le Centre de ressources sur la non-violence en partenariat avec des associations étudiantes de différentes régions, la campagne vise à informer les étudiantEs sur l'envers de la médaille d'une carrière de militaire, à dénoncer les investissements militaires se produisant au détriment de l'accessibilité de l'éducation et promouvoir un positionnement en assemblée générale contre la présence de l'armée. À l'heure actuelle, plus d'une vingtaine d'associations et regroupements étudiants se sont positionnés dans ce sens.

À ce jour, d’autres perturbations sont prévues au cégep Françcois-Xavier Garneau (29 janvier), au cégep Lévis-Lauzon (31 janvier), au cégep de Rosemont (5 février) au cégep du Vieux Montréal (6 Février) et au cégep Édouard-Montpetit (8 février).

Plus d'info sur la campagne.



Affiche produite par les camarades de la NEFAC à Montréal. Écrivez leur à mtl@nefac.net pour obtenir un pdf.

dimanche 9 décembre 2007

Pour une police libre!

Ce matin, le Soleil de Québec nous annonçait que les policierEs québécoiSEs ont trouvé une oreille attentive chez le ministre Jacques Dupuis. En fait, il est tellement attentif qu'il pue l'appui inconditionnel.

Lors du dépôt d'un mémoire l'année dernière, les corps policiers de la province réclamaient haut et fort plus de libertés en tant que travailleuSEs. En fait, ils se disent victimes de discrimination par rapport à touTEs les autres travailleuSEs.

La réponse de Dupuis est lourde de conséquences. Tout d'abord, les policierEs n'auront plus à dénoncer le comportement d'un collègue "susceptible de constituer une faute disciplinaire". Il fait mieux encore! Dans ce projet de loi, de tels cas seraient soumis "à l'appréciation préalable du directeur de police et du directeur des poursuites criminelles et pénales". Ainsi, on éviterait la quantité énorme de fausses accusations qui causent énormément de tort aux forces constabulaires. C'est pas beau ça?

C'est pas tout. Le Dupuis en rajoute en laissant les policierEs devenir des tenancierEs de bars/tavernes ou autre truc reliés à Régie des alcools, des courses et des jeux. Non mais, on a affaire à des policierEs ici ou à une organisation qui place ses pions pour devenir de plus en plus ce qui ressemble à une mafia? Sans blagues, ça ressemble vachement à une diversification des activités et des revenus ça.

Une déception toutefois chez les flics: le ministre n'a pas encore écrit noir sur blanc qu'unE criminelLE (au sens de la loi) puisse rester policierE.C'est qu'il est coutume (et non obligatoire) de renvoyer un élément servant à effectuer la répression qui a enfreint la loi. C'est là que les batteurs de femme, les violeurs de prostituées, les extorqueurs, les dealers de drogues ou simplement les aggressifs violents ont leur maillon faible. Mais bon, il semblerait qu'il s'agisse là d'une discrimination liée au statut professionnel de ces pauvres personnes. Elles se sentent laisées par rapport au reste de la population (qui soit dit en passant ne détient pas leurs pouvoirs illégitimes et exceptionnels) et exigent l'égalité.

Et bien l'égalité, nous aussi nous la voulons. Nous la voulons avec la solidarité et la liberté. Cela comporte donc l'anihilation de l'état et de ses éléments oppresseurs, de toute hiérarchie et de tout pouvoir illégitime de l'humain sur l'humain. Malheureusement, cet objectif ne se réalisera pas par la voie des tribunaux étant donné leur statut. Nous aurons donc à prendre les choses en main, parce que la mouvance actuelle de l'état tend à hiérarchiser, détruire les libertés et les solidarités sociales.

samedi 8 décembre 2007

Arrestations et brutalité dans une manif à Sherbrooke

Via Reactionism Watch.

Samedi 8 décembre 2007 - Une manifestation contre la brutalité policière a été violemment réprimée aujourd’hui, en milieu d’après-midi à Sherbrooke. Les manifestantEs (environ une cinquantaine) ont marché près de 3 kilomètres en criant des slogants opposés aux pratiques agressives des policiers de Sherbrooke et de Montréal. Il y avait des gens de l’université et du Cégep de Sherbooke, mais aussi de Drummondville et Montréal.

Vers 13h00, des étudiantEs, pour la plupart, se sont rassembléEs au parc Racine pendant que le porte-parole de la manifestation a fait un discours sur ce qui s’était passé le 27 octobre à Sherbrooke. Petit rappel des faits : lors d’une action directe durant une manifestation contre la présence canadienne en Afghanistan, de la peinture rose aurait été tirée sur un char d’assaut face au manège militaire et six personnes, qui n’avaient pourtant pas participé à l’action, ont été arrêtées et ont reçu une amende de 5000$, et sont en ce moment accusées comme des criminelles.

Les manifestantEs se sont renduEs en direction du centre-ville et ont scandé des slogans contre l’État policier et la répression. Après avoir traversé la rue Alexandre, ils et elles ont continué sur le boulevard Belvédaire et ont traversé au coin de la bibliothèque municipale. Lorsqu’ils et elles ont passé devant le poste de police, des policiers habillés en anti-émeute sont sortis par surprise et ont commencé à courir après les manifestantEs. Ayant essayé de s’échapper, plusieurs ont été frappéEs par les policiers et mis en état d’arrestation. Plusieurs ont reçu des contraventions, d’autres vont possiblement être accuséEs. Il y a eu une dizaine d’arrestations.

vendredi 7 décembre 2007

L'ADQ n'a rien à dire...


Selon le Média Matin, le journal gratuit des lockouté-e-s du Journal de Québec, l’ADQ ne déposera pas de mémoire à la commission Bouchard-Taylor.

Après avoir surfé pendant des semaines, des mois!, sur le psychodrame national des «accommodements raisonnables» voilà que l'ADQ n'a rien à dire. Officiellement, le parti de Mario Dumont veut que la commission «demeure un forum citoyen» et ne dépose pas de mémoire pour «être en position de recevoir les recommandations de la commission».

Dommage que le ridicule ne tue pas.

jeudi 6 décembre 2007

D'autres notes sur l'élection à la mairie

Le Renouveau municipal de Québec pensait faire un bon coup en embauchant Stephan Viau, candidat et organisateur pour l'ADQ en 2003, comme directeur général. Ann Bourget a mené une campagne de droite du début à la fin avec comme objectif avoué de séduire l'électorat populiste de banlieue. C'était sans compter sur la haine du RMQ de certains animateurs de radio poubelle, notamment le FM 93 et CHOI, qui lui ont fait une job de bras. Une analyse sommaire des résultats électoraux montre que dimanche dernier le RMQ était revenu à la case départ, Ann Bourget faisant exactement le même score que Claude Larose en 2005. Une analyse plus fine montre toutefois que c'est pire que ça : en tournant le dos au centre-ville, le RMQ l'a presque perdu.

Les classes populaires ne sont pas allé voter

Le RMQ est né de la fusion du Rassemblement populaire, le parti au pouvoir à Québec au moment des fusions, et de quelques particules d'opposition dans les anciennes banlieues. Sa base est une mixture de petitEs-bourgeoisES qui ont besoin de liens privilégiés avec la mairie (entrepreneurEs, professionnelLEs, commerçantEs, aubergistes, etc.), de militantEs des milieux communautaires et environnementaux et de cadres des milieux artistiques. Sa force est au centre-ville et il ne doit ses éluEs en banlieue qu'à la division de la droite. En 2005, son candidat à la mairie n'était arrivé premier que dans deux arrondissements : La Cité et Limoilou. En 2007, Ann Bourget n'est arrivée première que dans l'arrondissement La Cité.

Ce qui semble s'être passé c'est que la campagne de séduction de la banlieue à démobiliser la base du RMQ «en ville». Concrètement, les gens ne se sont pas senti concernés et ne sont pas allé voter. Le taux de participation a systématiquement chuté plus radicalement «en ville» qu'en banlieue.

Taux de participation dans les districts populaires
Des Faubourgs (Saint-Jean-Baptiste, Saint-Roch)38%
Saint-Sauveur37%
Vanier37%
Maizerets36%
Vieux-Limoilou38%
Lairet38%
du Colisé39%
Moyenne des districts de banlieue47%


Le fait qu'Ann Bourget soit arrivé première dans La Cité ne doit pas cacher le fait que l'appui à son parti a dégringolé. En pourcentage, le RMQ obtient en 2007 10% de moins dans l'arrondissement qu'en 2005, ce qui n'est pas nécessairement dramatique. En nombre absolu, toutefois, ce parti a perdu 3692 votes (25%) en deux ans. Dans Limoilou c'est encore pire, le RMQ manque la tête pas 7,67%. À priori, et c'est confirmé par certaines sources, de nombreux membres et sympathisantEs historiques du RMQ ne sont tout simplement pas allé voter.

À noter, Vanier est le seul district où la stratégie de campagne du RMQ a donné des résultats significatifs (+10%). La différence avec les autres? Peut-être le député adéquiste du coin, qui figure dans la liste des donateurs du RMQ, a-t-il mis sa machine au service de ses nouveaux amis?

Qu'on se comprenne bien, je ne déplore pas, loin de là, la faible participation populaire à l'élection. Je constate, c'est tout. Après, à nous de voir ce qu'on en fait.

lundi 3 décembre 2007

Quelques notes sur les élections à la mairie de Québec

Le triomphe de l'abstention

Le fait marquant des élections municipales à Québec ne fait pas la manchette. Pourtant, il n'est pas anodin que seule une minorité de gens soit allée voter (46%). «L'abstention à 54%», on est pas près de voir ça en «une» des quotidiens!

Que comprendre de la chute de 6 points du taux de participation? Aliénation politique de la majorité? Indifférence pour la chose publique? Cynisme collectif? Désintérêt massif? Toutes ces réponses! Et aussi, tout simplement, le fait que ni la campagne électorale, ni les candidat-e-s n'ont donnés de bonnes raisons de se déplacer à l'électorat. À part quelques exceptions, la plupart des protagonistes s'entendaient sur l'essentiel. Alors pourquoi se donner la peine d'aller voter?

Victoire de la pensée positive

Contrairement à ce que certain-e-s semblent penser, la victoire de Régis Labeaume n'est pas une catastrophe nationale. Concrètement. il n'est ni plus à droite, ni plus à gauche, que la candidate défaite du RMQ. C'est un politicien centriste, penchant tantôt à gauche, tantôt à droite (selon l'enjeu), dans la lignée d'un L'Allier (ou d'un Legault au provincial). Comme le soulignent les chroniqueurs du Soleil ce matin (Bourque et Lavoie), si Régis Labeaume a profité de l'appui du courant populiste de Québec, il ne leur doit rien. En fait, Labeaume se démarque de ce courant avec un style très «pensée positive»... S'il faut absolument trouver des filiations au nouveau maire, c'est plus du côté social-libéral qu'il faut chercher (d'ailleurs, il a commencé au P.Q. dans les années 1980 et a d'abord tenté de succéder à L'Allier à la tête du RMQ).

L'échec de la gauche caviard

Bien plus que le triomphe de Régis Labeaume, l'élection fut l'échec de la stratégie de la gauche caviard. Il est clair que les stratèges du RMQ ont tenté de se réinventer et on échoué. Ann Bourget a mené une campagne de droite en tentant de se faire oublier et de faire oublier son parti. Alors qu'elle et le RMQ sont associée à la gauche caviard, on a tenté de nous la présenter comme une sorte de Mario Dumont féminin qui voulait «gérer la ville comme une business» et dont le grand projet était le développement du sport amateur. Durant toute la campagne, la chef du RMQ a évité comme la peste tout ce qui pouvait la faire passer de près ou de loin pour une gauchiste (ex.: tramway, écologie, logement social). Ça a presque marché, jusqu'à ce que Labeaume réussisse à fédérer tous les anti-RMQ. Malheureusement pour Bourget, les gains à droite ont tous été compensés par des pertes à gauche. Au final, le résultat en pourcentage est identique à celui de l'élection de 2005, à cette différence près qu'il est un peu mieux réparti sur l'ensemble du territoire. La campagne de centre-droit du RMQ n'a réussi qu'à démobiliser la base d'un parti qui s'est toujours positionné au centre-gauche. Comme quoi il y a des limites aux possibilités du marketing politique...

Orphelins

À part Légaré (le roi de la patate), les principaux candidat-e-s «sérieux» ont tous patiné au centre de la patinoire durant la campagne électorale. Les différences entre les uns et les autres tenaient à quelques nuances et à des traits de personnalité (en fait, trois des cinq meneurs étaient issus de la même filière socialo-péquiste). Tant la droite populiste que la gauche sociale se sont donc retrouvés orphelins durant cette élection. Dans le cas de la droite, elle s'est divisée entre plusieurs candidat-e-s (même le RMQ a été investi par des adéquistes qui ont obtenu la direction de la campagne!). Dans le cas de la gauche, elle a été également boudée par à peu près tout le monde (sauf peut-être Claude Larose qui vit décidément à une autre époque!).

Pour les libertaires, cette campagne est finalement le reflet de l'absence à peu près complète de mouvements sociaux combatifs, enracinés localement et capable de peser sur la scène politique. C'est aussi un peu le reflet de notre incapacité d'offrir une alternative à la politique politicienne. On peut se consoler avec la forte abstention mais cela ne doit pas masquer le fait que, pour l'instant (?), c'est plus le reflet d'une apathie que d'une rupture...

dimanche 2 décembre 2007

LE CIRQUE EST EN VILLE (encore)


Comme vous le saves pas mal touTEs, la ville de Québec, avec ses plus ou moins 500 000 d'habitantEs, a de la grande visite aujourd'hui: le CIRQUE ÉLECTORAL MUNICIPAL! Suite au décès de la Boucher, pas moins de quinze clowns mâles et femelles se sont jetéEs dans l'arène afin de faire rire la population qui n'a rien à faire entre l'Halloween et Noël. Bref, dans ce creux de festivités populaires, on s'est dit qu'il serait bon de se marrer un peu!

LA LISTE:
Marc Bellemare, Pierre Bernier, Ann Bourget, Vincent Deslauriers, Pierre Dolbec, Claude Gagnon, Denis Haché, Henry Jenkins, Régis Labeaume, Claude Larose, Christian Légaré, Louis Méthot, Malvina-Michelle Roy-Delwaide, Bruno Tremblay et Michel Vallée.

Et oui, c'est pas des jokes! Sérieusement, si une telle quantité de clowns n'arrivent pas à obtenir de la population une participation d'au-dessus de 80%, ce sera certainement à cause du froid, d'une campagne sans rebondissement ou bien du magasinage des fêtes accaparant pour tout le monde. Si on parlait sérieusement maintenant...

Pourquoi les gens ne vont pas voter? Outre les trois raisons précédemment énumérées qui seront certainement reprises dans les mass média dès ce soir, il y a des raisons plus terre à terre. Parmi celles-ci, notons la lassitude qu'exprime la population envers les politicienNEs en général. Année après année, ces dernieREs logent en fond de cale au sujet de la confiance populaire nez à nez avec les vendeuSEs de voitures. Prenons exemple sur la Boucher (RIP). Selon ses dires, la ville était face à un grouffre financier, des dettes allaient s'accumuler sans fin et c'était surtout à cause des maudits syndiqués (cols bleus, cols blancs, policieREs, pompieREs). Juste avant de commencer le bal des négociations, elle rend l'âme. Quelques semaines plus tard, le maire suppléant, qui n'imprime pas l'argent soit dit en passant, laisse comprendre que quelqu'unE (pour ne pas dire la Boucher explicitement) s'était gourréE dans les calculs et que la municipalité allait vers un budget équilibré. C'est à n'y rien comprendre.

La Bourget maintenant. Pendant les deux trop longues années du règne Boucher, elle était sans cesse braquée contre les décisions de la mairesse. Deux années à voir dans les médias que le conseil municipal était paralysé, l'ambiance y était malsaine et ce en quasi permanence. Un jour, la Boucher expire et, magie, la Bourget change du tout au tout et se veut l'héritière du mode de fonctionnement de la défunte. Mieux, elle tirait de grande leçons de ses deux années de chef de l'opposition et se dit maintenant politicienne en ligne directe avec la grande Andrée Boucher. Après ça, allez lui faire confiance...

Le Labeaume, y'a rien de meilleur! En 2005, il participe à la course à la chefferie du RMQ, le parti représenté par Bourget aujourd'hui. 24 mois plus tard, il conchie le parti et son chef! Le monsieur, pour faire une histoire courte, rêve à André Boucher toutes les nuits, va prendre pleins de dossiers en main (un peu à la Sarkozy) et saura faire de Québec une ville performante au niveau économique, c'est une promesse! Je vois d'ici les gens de mauvaise foi qui demanderont comment faire confiance à ce type qui fait un 180 degré en 24 mois. Et bien, vous ne posez pas la question à la bonne personne!

Pourquoi le texte sur ces deux personnage seulement? La raison est fort simple, les treize autres clowns n'ont aucune chance de se voir nommer comme mairESSe.

Je n'arrive toutefois pas à comprendre pourquoi les gens continuent à aller voter... Évidemment, plusieurs viendront me dire que vaut mieux une part de liberté que pas de liberté du tout. À cela, je leur répond qu'ils/elles n'ont qu'une illusion de liberté alors que nous la désirons plus que tout. À Québec, on a beau avoir beaucoup de X, de droitistes finiEs ou carrément de réactionnaires, mais la ville en son centre semble un terreau intéressant de réelle démocratie. Des comités populaires regroupent les personnes résidant dans tous les quartiers centraux. Certains montrent même une certaine combativité! Je ne peux pas croire que quelqu'unE se prenne au sérieux en disant aller voter pour le principe démocratique alors qu'il/elle ne se pointe même pas aux assemblées générales de son comité de quartier.

Bon, je m'emballe et vous vous endormez certainement. Juste un dernier mot pour vous dire que très certainement Phébus saura mieux que moi vous écrire quelque chose sur les résultats de l'élection. Alors, bonne fin de fin de semaine.

Pension alimentaire: Québec vole 46,5 M$ par année aux enfants les plus pauvres!

Une coalition du mouvement étudiant et du mouvement communautaire a pointé du doigt ce matin une des grandes injustices sociales made in Quebec. En effet, le gouvernement calcule les pensions alimentaires comme un revenu pour étudiantEs sur les prêts et bourses et les prestataires de l'aide sociale alors que, pour le commun des mortels, ce n'est plus considéré comme tel dans les rapports d'impôts.

Il y a 10 ans, suite à une longue bataille judiciaire, les gouvernements de Québec et d'Ottawa étaient forcés de défiscaliser les pensions alimentaires. Avant ça, l'impôt venait en gruger une partie. Or, comme ces montants sont destinés exclusivement au bénéfice des enfants, ça n'a pas de bon sens. Pourtant, 10 ans plus tard, des milliers d'enfants sont encore privés d'une partie importante des dites pensions parce que le parent avec lequel ils vivent est sur l'aide sociale ou sur les prêts et bourses. En effet, le gouvernement du Québec permet à ces familles de ne toucher que 100 $ par mois de ces montants, et ce peu importe le nombre d'enfants présents. Autrement dit, les enfants pauvres deviennent à toutes fins pratiques des soutiens de famille!

Payer une pension dans le vide


Concrètement, plusieurs pères paient une pension alimentaire à l'État. «Le jugement de la Cour dit que je dois recevoir 400 $ par mois de pension alimentaire pour mes deux enfants de la part de leur père. De ce montant-là, l'aide sociale me donne seulement 100 $ et le reste retourne dans les poches du gouvernement. Cela fait 3,600 $ par année de l'argent de mes enfants qui vont au gouvernement !», explique Madame Monique Bellefleur qui vit cette situation.

Jusqu'à maintenant, le gouvernement fait la sourde oreille dans ce dossier. C'est pourquoi les groupes membres de la Coalition ont choisi d'intervenir. «Alors qu'il prétend lutter contre la pauvreté, il est inadmissible que le gouvernement du Québec perpétue de telles pratiques ! Selon les chiffres d'un rapport publié en 2006 par le ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale, ce sont plus de 46,5 millions de dollars qui sont ainsi économisés sur le dos des familles les plus pauvres !», affirme Lorraine Desjardins, co-porte-parole de la Coalition et représentante de la Fédération des associations de familles monoparentales et recomposées du Québec.

En plus de l'aide sociale et des prêts et bourses, la pension alimentaire pour enfant est également prise en compte dans d'autres programmes gouvernementaux. Par exemple, le fait de comptabiliser la pension alimentaire pour enfant comme un revenu rend inadmissibles de nombreuses familles monoparentales à l'aide juridique ou à un programme d'aide au logement (allocation-logement ou HLM).

Tout cela nous rappelle que les pauvres sont des citoyen-ne-s de seconde zone au Québec. Le gouvernement devrait avoir honte! Il n'y a pas grand chose que l'on peut faire à part dénoncer la situation. N'empêche, une pétition circule actuellement. Vous pouvez la télécharger et la faire signer dans votre milieu. Elle sera déposée au printemps.

* * *

Membre de la Coalition : Fédération des associations de familles monoparentales et recomposées du Québec (FAFMRQ); Front commun des personnes assistées sociales du Québec (FCPASQ); Fédération étudiante collégiale étudiante du Québec (FECQ); Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ); L'association Cigogne; Le comité femmes de l'Association pour une solidarité étudiante (ASSE); Re-Nou-Vie; Réseau d'information et d'aide aux personnes assistées sociales de Châteauguay

vendredi 30 novembre 2007

AbitibiBowater en danger?

Ce matin, les médias bourgeois de notre belle province nous annoncent sèchement la fermeture de plusieurs usines appartenant à AbitibiBowater, causant la perte d'emploi de 2000 travailleuSEs. Normalement, les discours des relations publiques des compagnies fautives sont biens huilés et on nous sert quelque chose comme "compagnie dans le trou, raisons de survie, etc.". Toutefois, AbitibiBowater a eu le malheur d'être honnête. Les raisons apportées ne sauraient être plus claire et proviennent directement de leur porte parole qui fut passé en entrevue ce matin:

-Compagnie dans une mauvaise passe financière;
-AbitibiBowater n'est pas déficitaire, mais aimerait avoir un meilleur bilan financier;
-La force du dollar canadien et
-Le coût soit-disant élevé de la fibre québécoise.

Compagnie dans une mauvaise passe financière? Que pense-t-on alors des 2000 personnes qui auront maintenant à vivre du filet social étatique qui ne cesse d'être attaqué par ces mêmes intérêts économiques? Vont-elles pouvoir se dire, je vais arrêter dorénavant de payer mes impôts, mon loyer/hypothèque, mon gaz, comme ça je vais redresser ma situation financière? Bien sûr que non, les prolos gobent la pilule et vont de l'avant, comme toujours. D'un côté, les uns veulent une meilleure santé financière, de l'autre, on tentera de limiter les dégâts, de survivre comme on commence à en avoir l'habitude.

Finalement, l'entrevue avec le type d'AbitibiBowater se termine avec un constat troublant: "il va falloir qu'on s'assoie avec les employéEs". Que veulent-ils? Encore une fois baisser les conditions de travail des salariéEs qui restent à leur emploi. On voit de suite les arguments de l'administration poindre: c'est ça ou bien vous avez vu ce qui s'est produit avec les gens qui doivent se chercher du travail maintenant, capish? Tout ça pourquoi? Pour de meilleurs bilans financiers.

jeudi 29 novembre 2007

La police attaque et arrête des manifestant-es anti-racistes

DERNIÈRE HEURE
MONTRÉAl, mercredi le 28 novembre 07

La police attaque et arrête des manifestant-es anti-racistes et pour les droits des immigrants lors de la Commission Bouchard-Taylor.

Mardi soir, au moins 75 manifestant-es se sont rassemblés dans le hall du Palais des Congrès de Montréal, et se sont ensuite déplacés au 5ème étage, près de la salle où se tenait la Commission.

Les participant-es de la Commission, quelques 190 personnes, ont donc bien pu entendre lamanifestation. Après plus de 90 minutes de manifestation à l'extérieur de l'audience,au moins vingt policiers ont fait leur entrée pour tenter d'expulserles manifestant-es.

Le rassemblement est donc retourné aurez-de-chaussée du Palais des Congrès, là où la sécurité avait auparavant dit qu'elle permettrait la tenue du rassemblement sans problème. Toutefois, un avis d'expulsion a été lu, et les manifestant-es ont décidé de quitter les lieux.

Pendant que les gens ramassaient leurs affaires et partaient, la police a attaqué sans raison la foule, et a ciblé des individus qui ont été arrêtés par la suite. Durant l'attaque de la police, des agents ont poussé, matraqué et frappé les manifestant-es. Plusieurs policiers avaient aussi sorti leur Taser. Au sein de ce rassemblement, on dénombrait de jeunes enfants et des personnes âgées. Ces dernières ont également subi les coups de la police.

Ironiquement, un des agents présents, qui ne portait pas son nom sur lui, s'est identifié comme étant l'agent Stante. Quand quelqu'un lui a demandé si c'était bien Giovanni Stante, qui avait été impliqué dans l'assassinat de Jean-Pierre Lizotte en 1999, il a répondu oui.

Pourplus d'info sur ce cas: http://www.ainfos.ca/02/aug/ainfos00058.html

Pendant la tribune publique à l'extérieur de la Commission, des manifestant-es ont discuté d'enjeux concrets tels que la pauvreté, la brutalité policière, le racisme, le système d'immigration, et d'autres encore, à travers des discours, de la musique et de la poésie.

Pour des photos et des nouvelles des lignes de piquetage de la Commission, visitez le site http://nooneisillegal-montreal.blogspot.com dans les prochains jours.

Le collectif Personne n'est illégal et ses allié-es refusent de sel aisser intimider par la violence policière, et retourneront à la Commission Bouchard-Taylor ce jeudi pour une autre ligne de piquetage et tribune publique. La manifestation débutera à 18h30 au Palais des Congrès de Montréal, au coin des rues Viger et Bleury (près du métro Place d'Armes).

Pour plus d'information : Personne n'est illégal-Montréal
514-848-7583
http://nooneisillegal-montreal.blogspot.com

mercredi 28 novembre 2007

Des crucifix tâchés de sang

Quand on entend parler de travailleurs et de travailleuses exploités dans des ateliers de misère, on pense habituellement aux compagnies habituelles, telles que Gap, Nike, ect. Eh bien, il faut maintenant ajouter à cette triste liste...des églises.

Dans un rapport intitulé Today Workers Bear the Cross, le 20 novembre dernier, le National Labor Committee (organisme américain voué à la défense des droits des travailleurs et travailleuses à travers le monde), a mis au jour le cas de travailleuses qui sont exploitées (à l’usine Junxingyeen en Chine) pour confectionner des crucifix, pour le compte de deux églises de New York (la Trinity Church et la Saint-Patrick's Cathedral) et aussi pour l'Association for Christian Retail.

Ces travailleuses travaillent dans des conditions exécrables et révoltantes. Elles sont forcées de travailler 15 heures et demie par jour, de 8h00 à 23h00, et ce sept jours par semaine, sans aucun congé (même pas pour cause de maternité). Ce qui totalise plus de 100 heures de travail par semaine. Elles gagnent un salaire de 2,12 $ par jour (10,61 $ par semaine). Ce qui est bien en deçà du seuil du salaire minimum en Chine. Si l’on enlève ce qu’elles doivent payer pour leur nourriture et leur logement (les piètres dortoirs fournis par la compagnie), leur salaire s’élève à 9 cents de l’heure.

Lorsque les crucifix doivent être expédiés aux États-Unis, elles doivent faire des heures supplémentaire, de l’ordre de 22 heures ½ à 25 heures (de 8h00 jusqu’à 6h30 ou 9h00 le lendemain matin).

À ces horreurs s’ajoutent leurs conditions d’hébergement qui ne sont guère plus reluisantes. Elles dorment sur dans des dortoirs où les inconfortables lits de métal côtoient les toiles d’araignées. Les salles de bain sont dégoûtantes, due à la mousse présente sur le plancher. Elles sont également sous-alimentées. La nourriture est décrite comme étant «terrible»; la soupe n’est que de l’eau, avec quelques légumes et de l’huile. Et dans le supposé «plat de viande», les morceaux sont tellement petits qu’elles ne sont pas capables de les prendre avec leurs baguettes.

Les travailleuses craignent également les effets nocifs des produits chimiques qu’elles utilisent pour confectionner les crucifix. Ceux-ci leur causent des irritations aux yeux et à la peau. Et ces dernières ne sont pas autorisées à savoir la nature des produits qu’elles utilisent.

Suite à la publication de ce rapport, les deux églises concernées ont retirés les crucifix confectionnés par les travailleuses exploitées et elles feront enquête. Mais si ce rapport n’aurait pas vu le jour, je suis certaine que cette exploitation aurait continuée. Encore. Et encore….

Je laisse le mot de la fin à la déclaration d’une travailleuse, après avoir travaillé pendant 19 heures :
“Jesus, take pity on me! I’m going to die of exhaustion.”
Pour lire le rapport du National Labor Committee (en anglais, avec photos avec l'appui): http://www.nlcnet.org/article.php?id=479.

mardi 27 novembre 2007

TVA sera encore plus poche...

D'après le syndicat, Quebecor a décidé de couper 15 postes à TVA-Québec. Selon eux, c'est un «nouveau coup dur pour l'information locale dans la région de Québec». Par un bizarre de tour de passe-passe, le télédiffuseur veut abolir 15 temps pleins et, en échange, afficher 9 postes vacants, dont 6 à temps partiel, et créer 5 nouveaux postes. Au total, selon le syndicat 113 heures de travail par semaine sont perdues avec cette réorganisation. Officiellement, c'est le contre-coup de la disparition de l'émission «La vie à Québec» mais c'est pire que ça selon le syndicat: «La montréalisation des ondes se poursuit et s'accélère, c'est intolérable». La «qualité» risque d'en prendre pour son rhume. Selon le SCFP, plusieurs postes de monteurs et de caméramans disparaissent et Quebecor crée des nouveaux postes de journalistes-vidéastes et de journalistes-monteurs.

Bon, je ne sais pas pour vous mais j'ai beaucoup de difficulté à me fouetter les sangs avec ça. Tout ce que ça veut dire c'est que TVA sera encore plus poche. Est-ce un drame? Non. Juste la poursuite d'une longue pente descendante. Jusqu'à maintenant, les «artisans» de TVA-Québec ne m'ont pas convaincu qu'ils voulaient, ni même qu'ils pouvaient, faire de l'information un tant soit peu critique. Les autres grosses télés n'ont plus d'ailleurs!

Pendant ce temps en Ontario...

Un nouveau journal anarchiste, Linchpin, vient de voir le jour en Ontario. Il s'agit d'un joli magasine d'agitation de huit pages publié par nos camarades de la nouvelle fédération anarchiste Common cause.

Pour l'instant, le journal n'est qu'un pdf disponible sur leur site web [le site, le pdf] mais, rapidement, les camarades veulent en distribuer des milliers. L'ambition des éditeurs de Linchpinch est de développer un journalisme anarchiste portant sur les luttes sociales et politiques se déroulant en Ontario, ce qui semble assez réussi à la lecture de ce premier numéro. On retrouve au sommaire de l'édition de novembre des articles d'agitation politique (sur le «deux poids, deux mesures» de la justice bourgeoise, sur l'Afghanistan, sur les revendications territoriales des premières nations), une entrevue avec un syndicaliste (sur la dérive des TCA), un texte d'intro à l'anarchisme, une page culturelle, etc. À lire, donc (d'ailleurs, pour ceux et celles qui n'aiment pas les pdf, il y a, au milieu de cette page, un sommaire des textes en HTML).

Common cause

La fédération Common cause est toute récente, elle n'a été fondée que le 29 septembre dernier. Contrairement à ce que certainEs pourraient penser, il ne s'agit pas d'un 'front' de la NEFAC mais d'un groupe autonome.

L'initiative de la nouvelle fédération est venue de la jonction des derniers membres et sympathisantEs de la NEFAC en Ontario avec une poignée d'immigrantEs d'origine irlandaise ayant milité dans le Worker's solidarity movement (WSM). Concrètement, la NEFAC avait «fermé les livres» en Ontario et était dormante. C'est l'arrivée de «sang neuf» qui a relancé les débats sur l'organisation.

Plutôt que de réactiver la NEFAC, qui n'a jamais vraiment décollée en dehors de Toronto (et même là!), les camarades ont décidés de lancer un processus beaucoup plus large pour fonder une fédération anarchiste ontarienne. Ce fut apparemment une très bonne idée parce qu'une tournée de conférences sur le thème «construire un anarchisme populaire» les a amené dans une demi-douzaine de villes et leur a permis de recruter quelques dizaines de sympathisantEs sur la base d'une courte déclaration d'intention.

La nouvelle organisation a été fondée lors d'un congrès tenu le 29 septembre à Toronto. Les congressistes se sont entendu sur une plate-forme et une constitution, sur la nécessité de produire un journal bi-mensuel gratuit et d'opérer un site web, se sont élus des officiers et ont adhéré à Anarkismo (un regroupement international centré sur un site de nouvelles). La nouvelle organisation place l'anarchisme militant au coeur des mouvements sociaux, non-seulement sur les lieux de travail mais également dans les quartiers, le définit comme anti-oppression (sexisme, racisme, sectarisme religieux, homophobie, etc.), anti-impérialiste et écologiste. Les militantEs reconnaissent la nécessité de se fédérer sur des bases régionales, nationales et internationales (ahem, la NEFAC... et peut-être une confédération nord-américaine) mais pensent qu'il faut d'abord construire des groupes réellement actifs et capable de dépasser la pétition de principes.

Pour l'instant, Cause commune revendique des groupes locaux à Hamilton, Toronto, Sudbury, et Kitchener-Waterloo ainsi que des membres un peu partout en province. Déjà, des démarches sont entreprises pour monter des groupes à Ottawa (meeting demain soir!) et Windsor.

Et si on assistait, enfin!, au décollage de l'anarchisme organisé au Canada anglais?

lundi 26 novembre 2007

Un peu de clarté au sein de l'échange de brutes

Pour une rare fois depuis le début des audiences de la commission Bouchard-Taylor, un article, ma foi, brillant et surtout utile est paru aujourd'hui sur Cyberpresse. Cet article répond à divers préjugés concernant les accommodements raisonnables qui furent énoncés tout au long des audiences de cette commission, qui ressemble malheureusement trop souvent à un échange de brutes.

C'est la réponse au préjugé selon quoi les Québécois de souche seraient supposément menacés chez-eux que je voulais partager ici:


Les Québécois de souche seront bientôt une minorité au Québec.

Faux. En ce moment, seulement 10% de la population du Québec est née à l'extérieur du pays. Dans le but d'accroître sa population jeune et sa main-d'oeuvre, le Québec recrute environ 45 000 immigrants par année et reçoit quelques milliers de réfugiés. À ce rythme, il faudrait 150 ans pour que les Québécois de souche
deviennent minoritaires.



150 ans. Où est l'invasion massive ici ? L'argument selon quoi nous devrions fermer nos frontières ? Le danger du mélange ethnique !?

Bref, j'espère que cet article sera lu, pour que nous retrouvions ne serait-ce qu'un peu d'humanité, dans nos rapports avec ceux et celles qui nous entourent, afin que la couleur et le pays d'origine ne soient plus des motifs d'exclusion. Et je crois que certains racistes québécois devraient en prendre note...

D'ailleurs, voici le lien :

http://www.cyberpresse.ca/article/20071126/CPACTUALITES/711260509/1019/CPACTUALITES.

dimanche 25 novembre 2007

Relents de colonialisme?

Au cours des derniers jours, nous avons eu la chance de voir quelques relents de colonialisme, aussi ridicule que cela puisse paraître.

Tout d'abord, outre quelques adeptes de la royauté internationale (parce que des rois et des reines, ainsi que des princes et des princesses, il en reste dans plusieurs coins de la planète), peu de gens étaient au courant qu'il y avait un roi en Espagne. Peu importe l'opinion que l'on puisse avoir face à Hugo Chavez, je trouve inexplicable qu'un roi viennent lui dire "porque no te callas?"(pourquoi tu ne te la fermes pas?). En fait, qu'est-ce que je déteste plus qu'un chef parlementaire? Les royautés. Rappelons-nous les justifications évoquées pour qu'ils/elles se maintiennent au pouvoir: un dieu quelconque m'a dit d'être votre chef, j'ai réussi à ôter une épée d'une roche et la dame du lac m'appuie ou, finalement, je suis l'élu. Ça ne me rentre pas dans la tête que, encore aujourd'hui, aussi traditionnel que cela puisse paraître, les gens tolèrent ce genre de situation. Finalement, quelle est la justification de la présence d'un roi dans une réunion diplomatique de chefs d'états même si ce dit roi n'est là que symboliquement? Pourquoi colonialiste la situation? Il s'agissait du XVIIe sommet ibéroaméricain, réunissant à Santiago 22 chefs d'Etat et de gouvernement d'Amérique latine et de la péninsule ibérique. Vous connaissez plusieurs pays dans la péninsule ibérique? Ça pue je trouve.

Deuxième situation: le sommet du commonwealth. Commonwealth: Regroupement de pays ayant été d'anciennes colonies britanniques de partout dans le monde, sous la direction du souverain (la reine aujourd'hui) du Royaume-Uni. Encore une fois, ça pue. On regroupe les "anciennes colonies" d'un empire et on les assujeties encore une fois à une reine. Beaucoup diront que je cherche les poux où il n'y en a pas, mais je ne trouve pas. Je ne suis pas en train de vous dire qu'on devrait s'organiser contre ce genre de regroupements internationaux, ce serait un coup d'épée dans l'eau et ce serait jouer le rôle des réformistes que de vouloir "changer le système". Ce texte n'est là que pour montrer à quel point que, câlisse, on n'est pas sorti des systèmes moyenâgeux. Les réfos, justement, pourraient dire que ce genre d'organisation pourrait faire de bonnes choses, comme aller tenter de mettre de la pression sur le dictateur pakistanais actuel afin qu'il redonne ses libertés fondamentales aux PakistanaiSEs. La réponse de Moucharraf? "Nous allons réétudier notre implication au sein du commonwealth." Ouais, se faire suspendre, ça lui a fai peur.

Bon, voilà pour ma crise hebdomadaire. Je vous invite à poster des commentaires!

vendredi 23 novembre 2007

Une semaine de grève à l'UQAM en images



(Via Chercher des poux?) Le choix musical est peut-être un peu cliché (combien de vidéo étudiante avec cette toune là en back-ground?) mais voici quand même un montage d'images et de vidéo sur la grève étudiante de la semaine dernière à Montréal. C'est sans doute plus représentatif de la réalité du mouvement que ce qu'on a pu voir dans les mass-media. Si quelqu'un voulait faire ça pour Québec, ce serait cool.

jeudi 22 novembre 2007

Sam Hamad reçoit un avis de réclamation


Une centaine de manifestantEs ont envahi mercredi le lobby du 425 St-Amable à Québec, un immeuble abritant des locaux de la haute gomme gérant l'aide sociale. Ils et elles revendiquaient la pleine indexation des prestations d'aide sociale des personnes dites «apte au travail». Selon leurs calculs, depuis la mise en vigueur de l'indexation partielle, c'est 108 M $ que le gouvernement a économisé sur le dos des plus pauvres d'entre les pauvres. Pendant qu'une délégation remettait à des représentants du ministre Hamad un avis de réclamation global, les manifestantEs mettaient au recyclage la Politique québécoise de lutte à la pauvreté (plutôt que d'y mettre le feu ou de la mettre à la poubelle). Nicole Jetté, porte-parole du Front commun des personnes assistées sociales, est outrée par la duperie du gouvernement et explique le geste ainsi: «Appauvrir les plus pauvres, c'est ignoble, mais il y a pire... Appauvrir les plus pauvres et l'avoir programmé dans un supposé Plan de lutte à la pauvreté, en plus d'être ignoble, c'est hypocrite !».

==> Notre reportage photo

2500 étudiantEs manifestent à Montréal

De leur propre aveu, c'est dans le titre de leur communiqué, la coalition dirigée par la FEUQ n'a mobilisée que 2500 étudiantEs à Montréal jeudi après-midi. C'est à peine 500 de plus que l'ASSÉ la semaine dernière. Comme les fédérations ont techniquement 4 fois de membres que l'ASSÉ (et énormément plus de fric), il faudrait peut-être reconsidérer quelles forces sont réellement représentatives dans le mouvement étudiant. Hégémoniques les fédérations? Faites moi rire!

P.S.: Cyberpresse parle de «centaines d'étudiants», Radio-Canada de 1000.

L'intégrale de l'émission du 21 novembre

Voici le MP3 de l'émission du 21 novembre. Au menu:

* Plusieurs retours sur l'actualité sociale et politique

* Entrevue avec Benoît Lacoursière sur son nouveau bouquin (Le mouvement étudiant au Québec, 1983-2006).

==> Le fichier de l'émission

(merci François!)

mardi 20 novembre 2007

Dieu pardonne, pas le prolétariat !

La réaction à la sortie de M. Ouellet, le chef de l'Église catholique de Québec, devant la Commission Bouchard Taylord, qui dénonçait le «vide spirituel» et demandait aux québécois de «se réveiller» (voir ici et ici), a été si forte que le bonhomme a senti le besoin d'écrire aux journaux pour demander officiellement pardon pour les fautes commises par l'Église québécoise au cours de l'histoire. Selon un article du Soleil, Marc Ouellet écris entre autre ceci: «Des mères de famille ont été rabrouées par des curés sans égard pour les obligations familiales qu’elles avaient déjà assumées; des jeunes ont subi des agressions sexuelles par des prêtres et des religieux, leur causant de graves dommages et traumatismes qui ont brisé leur vie! Ces scandales ont ébranlé la confiance du peuple envers les autorités religieuses, et nous le comprenons! Pardon pour tout ce mal!»

Ce à quoi j'aurais envie de répondre: il est trop tard, le mal est fait. Quand bien même comme Marc Ouellet ferait le chemin Québec-Montréal à genoux, ça ne ferait revenir personne à l'église, cette Église qui est toujours aussi sexiste et homophobe qu'avant (comme en font foi les positions sur la contraception, l'ordination des femmes, le mariage gay, etc.).

Comme disait la Brigada Flores Magon: Dieu pardonne, pas le prolétariat!

Une critique anarchiste du PCR (cinquième partie)

Texte soumis à la discussion («ce n'est qu'un début», refrain connu...)

Ils sont anticapitalistes et antinationalistes, boycottent les élections et l’État, se disent communistes et révolutionnaires. Ils sont très critiques de l’institutionalisation des mouvements sociaux et conspuent les leaders de la gauche réformiste. Dans les manifestations, ils sont souvent masqués et n’hésitent pas à recourir à l’action directe. À priori, les maoïstes du Parti communistes révolutionnaire (PCR) sont proche des anarchistes. Et pourtant… Un fossé sépare nos conceptions du monde et de la stratégie révolutionnaire.

5. Le parti et les masses


Une critique anarchiste du PCR
Déjà paru:
Pour les maoïstes, «bâtir et édifier le nouveau Parti communiste révolutionnaire du prolétariat canadien est la tâche numéro un». Cette priorité induit une pratique sociale et politique arrogante, auto-référentielle et, à la limite, opportuniste. Que comprendre d’autre quand le PCR écrit lui-même dans son programme : «Tout ce qu'on fait, les positions qu'on défend, les actions qu'on mène et celles qu'on initie, doit concourir à l'objectif de la construction et du renforcement du parti»? Examinons ça de plus près.

Le PCR, comme nous l’avons vu, est persuadé d’avoir la science infuse prolétarienne : le marxisme-léninisme-maoïsme (MLM). Cela ne l’empêche pas d’être particulièrement arrogant avec les prolétaires, en effet, selon son Programme, «spontanément, la conscience prolétarienne, même dans sa forme la plus radicale, ne va jamais plus loin que la révolte» et «pour passer de la révolte à la révolution, il faut que la minorité de prolétaires qui ont déjà accédé à la conscience révolutionnaire, de par leur expérience mais surtout parce qu'ils et elles sont entréEs en contact avec la théorie révolutionnaire, soit organisée». Même là, que les prolétaires s’organisent ne suffit pas, selon les maoïstes ça prend surtout une idéologie, la leur. Une fois de plus les intellectuelLEs, étudiantEs et ex-étudiantEs, se donnent le beau rôle : directeur de conscience pour prolos révoltés en mal «d’idéologie strictement prolétarienne».

Selon les maoïstes, leur parti «assume à la fois des fonctions d’organisation et d’éducation». En matière d’éducation, le PCR défend une vision assez classique merci : «l'éducation, le parti la réalise principalement au moyen de l'agitation et de la propagande communistes, par la publication de journaux et de revues, la diffusion de tracts, l'intervention parmi les larges masses, l'organisation de cercles d'étude et de groupes de discussion, etc.» Bref, un ensemble de moyens d’intellos (y’ont jamais entendu parler d’éducation populaire?). Pour ce qui est du travail d’organisation, il s’agit, «en particulier», du «ralliement progressif et systématique des éléments les plus avancés au sein du prolétariat» (sur la base de l’adhésion aux idées du parti, je présume). Le plus drôle, surtout venant de marxistes, c’est que les maoïstes sont convaincu que «c'est ainsi, et seulement ainsi - par l'agitation, la propagande et l'éducation - que le parti en arrivera à orienter et à diriger le mouvement des masses». À croire que les idées (du PCR) mènent le monde, une position idéaliste s’il en est.

Le PCR reconnaît, heureusement, que la révolution «ne saurait se produire sans la participation des plus larges masses». «Les masses font l’histoire» écrivent les maoïstes et, si le parti dirige, oriente et propose, les masses, elles, disposent (je paraphrase). Quel est leur rôle au juste et quelle relation le parti veut-il entretenir avec elles? Et bien, le PCR «s'appuie sur elles pour mener à bien ses tâches et ses activités». Concrètement, «le Parti communiste révolutionnaire cherche en toutes circonstances à se lier aux masses», notamment en utilisant «les méthodes d'enquête, non seulement pour mieux connaître leur situation, mais aussi pour bien cerner leur état d'esprit». Les masses, comme les prolétaires, ont besoin d’un peu d’aide pour développer les bonnes idées, c’est pourquoi le PCR «recueille les idées des masses et retient et systématise celles qui sont les plus justes».

Quelle relation le PCR entretient-il avec les organisations de masse? La question se pose parce que le parti condamne à peu près toutes les organisations réellement existantes. Selon le Programme, «elles [les masses] sont majoritairement organisées (quand elles le sont) par tout un réseau d'organismes et d'instances qui sont pour la plupart, à un degré ou à un autre, intégrés à l'appareil d'État». Les maoïstes poursuivent en écrivant que «trop souvent, ces organisations contribuent soit à étouffer leur combat, soit à le détourner de la cible, empêchant ainsi le développement de la lutte prolétarienne contre la bourgeoisie et son État».

Selon les maoïstes, «trop souvent, les communistes au Canada se sont limités à vouloir prendre la tête des organisations de masse déjà existantes, notamment des syndicats, sans s'assurer que cela correspondait à une influence réelle à la base» alors que «le rôle du parti est plutôt d'aider les masses prolétariennes à diriger elles-mêmes leur propre mouvement, leurs propres organisations, de sorte à ce qu'elles soient éventuellement en mesure de diriger la société tout entière». Jusqu’ici, tout va bien. Le problème c’est que, «dans le cas où telles organisations ne sont pas entièrement inféodées à l'État», les maoïstes se proposent de «mener certaines luttes pour les démocratiser, pour écarter la ligne bourgeoise, faire triompher la ligne prolétarienne et éventuellement les conquérir». Et si jamais le parti juge que les organisations sont inféodé à l’État, le PCR se propose tout simplement «d’aider les masses à s'en débarrasser et à les détruire». Il faut croire que les maoïstes ne font pas le même bilan que nous des années 1970 où les ML ont paralysés pendant des mois certaines organisations populaires en forçant des débats sur le sexe des anges pour en prendre le contrôle et en ont liquidé des dizaines d’autres…

En dehors de ça, le PCR annonce qu’il «encouragera systématiquement les masses à se doter d'organisations authentiquement prolétariennes, entièrement autonomes de l'État et des multiples réseaux qu'il organise et contrôle». En plus de les fonder directement au besoin, les maoïstes savent déjà que «l’ensemble de ces organisations s'inscriront dans la construction et le développement de tout un réseau, autour du parti et de l'armée révolutionnaire, qui sera appelé à constituer l'embryon du nouveau pouvoir». Semble-t-il que «c'est au nom de ces nouvelles organisations, authentiquement prolétariennes, avec lesquelles elles auront appris à se défendre, à se battre et surtout à se diriger elles-mêmes avec l'aide du parti, que les masses se soulèveront». Ce qu’il faut donc comprendre c’est que quand les maoïstes parlent «des masses», ils et elles parlent en fait de leur réseau de clubs écoles (Front rouge des jeunes et cie) et de leur seulEs sympathisantEs. En d’autres mots, le parti veut se substituer aux masses.

La suite… un autre jour !


Nicolas Phébus, 20 novembre 2007

P.S.: Je me base essentiellement sur le Programme du PCR pour faire cette critique

La chasse aux nazis est un échec au Canada



Un article intéressant d'Isabelle Hachey paru dans La Grosse Presse à propos de l'échec des tentatives canadiennes de punir ou encore expulser les présumés criminels de guerre nazis réfugiés au Canada. Et elles sont plus nombreuses qu'on pourrait le croire ces saletés. Mais elles sont vieilles, ont de bons avocats, et il semble qu'elles crèveront toutes ici...

L'article se trouve ici...

dimanche 18 novembre 2007

À propos de cruauté (bis), de flics et d'assassinats...






Vous avez sans doute entendu parler de cet immigrant polonais, Robert Dziekanski, qui a été tué par 4 flics de la GRC dans l'aéroport de Vancouver le mois dernier. L'homme dans la quarantaine, qui sortait de son pays natal pour la première fois, venait rejoindre sa mère et tenter de refaire sa vie. Pour une raison inconue, il est resté plus de 10 heures dans la zone sécurisée et de collecte des bagages de l'aéroport après être débarqué de l'avion, alors que sa mère l'attendait dans la zone des visiteurs. Ne parlant ni français ni anglais, il a commencé à perdre patience et a renversé quelques chaises. Jamais il ne s'est montré menacant envers quiconque... Mais quand 4 flics de la GRC se sont pointés, ils l'ont tasé avec un pistolet électrique sans raison, provoquant sa mort brutale. L'homme ne faisait que reculer devant eux, les mains dans les airs. Ses funérailles ont été célébrées aujourd'hui...

Mais au moins, pour une fois, la violence des flics ne pourra être enterrée sous une pluie de mensonges et de justifications bidon, pare qu'un citoyen qui a assisté à la scène a tout filmé, et ca vient d'être rendu public... Rien à ajouter, sinon que l'état et les flics continuent impunément d'assassiner et d'opprimer.... BASTA !

Nous vous présentons ici la version longue (9 minutes) de cette vidéo).

À propos de cruauté et de solidarité...

Il y a quelque chose qui me dit que les jeunes adéquistes ne connaissent rien à la pauvreté. En tout cas, pour proposer des conneries comme une limite de 4 ans à l'aide sociale, ils ne sont surement pas issus de familles pauvres, ni ne doivent en côtoyer. Une telle proposition en dit long sur leur ignorance, leurs préjugés et leur haine de classe.

Par exemple, un imbécile heureux délégué du Lac-Saint-Jean l'illustrait à merveille quand il déclarait (sans rire) que «la période de quatre ans (de prestations), ce n’est pas des vacances payées». Des vacances payées! À 550$ par mois! Heille, le jeune: wake up and smell the coffee...

La réalité de l'aide sociale c'est que c'est un enfer dans une société riche comme la notre. Les prestations sont nettement insuffisantes pour couvrir les besoins essentiels et plongent les gens dans des logiques de survie extrêmement précaires. Pour finir à l'aide sociale, il faut être complètement dépouillé et avoir épuisé toutes ses ressources personnelles. Comme l'aide sociale suit en général une période de chômage, ça fait déjà un bout que la personne est «hors circuit». En général, elle est complètement démolie et ne se relève pas très rapidement (ça prend huit ans dans la moitié des cas!).

Penser pouvoir remettre rapidement les prestataires «apte au travail» au boulot sans augmenter radicalement les prestations et les budgets de formation relève de l'utopie ou de la pensée magique. Vouloir les forcer à le faire en limitant la durée des prestations est d'une dureté qui relève de la cruauté et d'un sadisme populiste. En plus, il y a de forte chance que ce soit contre-productif au chapitre des finances publiques puisque, si ça peut marcher pour certaines personnes, il est clair que ça ne marchera pas pour d'autres et que ça va entrainer des couts importants (en santé et services sociaux, notamment). Comme le disait crument Pierre Fortin dans Jobboom il y a quelques mois: «Il y en a bien assez d'itinérants comme ça aux abords du métro Berri-UQAM!»

(Parlant de Jobboom je suggère à tous la lecture de leur dossier La trappe du BS. Très instructif et, pour une fois, on donne la parole à d'autre monde qu'aux suspects habituels.)

Solidarité sociale

Officiellement, l'aide sociale ne relève ni de l'altruisme, ni de la charité mais de la solidarité sociale. Il est peut-être bon, pour le bénéfice des adéquistes et des autres, de rappeler ce qu'est exactement la solidarité. Selon le Petit Robert, la solidarité c'est «la relation entre personnes ayant conscience d'une communauté d'intérêts qui entraine, pour les unes, l'obligation morale de ne pas desservir les autres et de leur porter assistance». Selon Wikipédia, «la solidarité lie la responsabilité et le destin de chacun à ceux de tous, de sorte que chacun doit affronter les problèmes rencontrés (ou provoqués) par un seul membre du groupe».
Par définition la solidarité est inconditionnelle. Le seul fait d'appartenir au groupe, ici la société, commande la solidarité.

La solidarité sociale existe parce que les salariés savent que nul n'est à l'abri d'une bad luck (licenciement, maladie, etc.), que la responsabilité individuelle n'est jamais seule en cause et qu'on arrive rarement à s'en sortir tout seul. Dans ce contexte, mieux vaut assumer collectivement le risque. À l'origine, la solidarité sociale prenait la forme de mutuelles ouvrières (certaines existent toujours mais la plupart se sont transformée en compagnies d'assurance). Ce n'est que depuis une cinquantaine d'années que cette solidarité de classe «privée» a été prise en charge par l'État.

(Notons au passage que si les anarchistes sont contre l'État, ils et elles ne sont pas contre la solidarité sociale et la redistribution de la richesse. Il faut être vraiment stupide pour s'opposer «au B.S.», à l'éducation ou au système de santé public sous prétexte que c'est l'État qui s'en charge. D'un côté, mieux vaut l'État que le privé et, de l'autre, tout cela existerait encore, et serait même développé, dans une société libertaire, ce serait tout simplement organisé différemment.)

Aller plus loin

Il est même possible d'aller plus loin que le concept de solidarité sociale. Ça va être dur à avaler pour les adéquistes mais l'aide sociale est un droit (et non un privilège). Il s'agit de la traduction locale de certains articles du Pacte des droits sociaux, économiques et culturels qu'ont signé le Québec et le Canada. Le Pacte reconnait en effet «le droit de toute personne à un niveau de vie suffisant pour elle-même et sa famille, y compris une nourriture, un vêtement et un logement suffisants, ainsi qu'à une amélioration constante de ses conditions d'existence».

En allant encore plus loin, il faut reconnaitre le droit des individus de choisir consciemment de ne pas occuper d'emploi salarié et de «vivre» de l'aide sociale. Le travail salarié n'est pas la seule contribution sociale valable. Plusieurs groupes revendiquent donc un «revenu de citoyenneté» qui remplacerait toutes les prestations d'État et garantirait à tous et toutes un niveau de vie décent. On peut chipoter sur les détails du projet mais l'idée de base est bonne. Ce serait bien le minimum dans une société qui se prétend civilisée.