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mercredi 20 juin 2012

L'histoire de Linda

Linda n'a pas trop le profil d'une militante enragée. À la voir, on jurerait une ancienne fonctionnaire désormais à la retraite. Ou une ancienne femme au foyer dont les enfants ont depuis longtemps quitté le domicile.

Pourtant, c'est bien ce genre de personne que la répression contribue à radicaliser. Mieux que mille conférences ou 100,000 copies de Cause Commune. Au Québec en ce moment, on transforme des gens sans histoire en révolutionnaires.

mardi 29 mai 2012

Courir après le trouble

Est-ce que la couronne est consciente de ce qui risque de se produire si Gabriel-Nadeau Dubois, le co porte-parole de la CLASSE est emprisonné ? Le climat social au Québec ressemble déjà à une poudrière. J'ai comme l'impression que ça prendrait pas grand chose pour l'enflammer davantage. Ce procès est plus politique que judiciaire, considérant que les cours du plaignant Jean-François Morasse (un étudiant en arts visuels à l'Université Laval) n'ont même été bloqués par des lignes de piquetage dures, après qu'il ait obtenu son injonction.

La couronne a exigé que Gabriel Nadeau-Dubois subisse une peine de prison s'il est reconnu coupable d'outrage au tribunal. Est-ce que le (ou la) procureur(e) se souvient de ce qui s'est passé en 1972 lorsque les chefs syndicaux furent emprisonnnés ? Le gouvernement et le système de justice québécois courent après le trouble en ce moment. Avec tout ce qui s'est passé depuis le début du conflit entre les étudiant(e)s et le gouvernement; il me semble qu'exiger une peine aussi brutale pourrait avoir de graves conséquences.

jeudi 24 mai 2012

Répression de masse pour une loi matraque

176 personnes ont été arrêtées cette nuit lors de la manif étudiante quotidienne. Il s'agit de la plus grosse arrestation de masse à Québec depuis le début de la grève. Les protestataires, souhaitant dénoncer la brutalité de la loi 78, en ont été les premières victimes.

La manifestation commence comme d'habitude à 20:30 devant l'assemblée nationale. Dès le départ, les constables ont déclarés la manifestation illégale. Le trajet n'a pas été remis à l'avance tel que l'exige la loi spéciale.
Les manifestant-e-s scandent "RTC collabo" à plusieurs reprises
Faisant fi des menaces, les manifestant-e-s descendent en basse-ville. Après une heure et demie de marche pacifique et festive, l'antiémeute se déploie sur la rue Dorchester.

C'est finalement rue Saint-Jean qu'une partie des protestataires sont pris en souricière. Aucun avertissement n'est émis par la police avant de procéder aux arrestations.

dimanche 8 avril 2012

Mouvement étudiant : L'UCL dénonce la répression et appelle à défier les injonctions


« Le mouvement syndical est né dans l’illégalité, il a grandi dans l’illégalité et il devra continuer de vivre en marge de la légalité qui favorise une minorité au détriment d’une majorité »
- Michel Chartrand, 1972

C'est en 1972 que le syndicaliste Michel Chartrand fait cette déclaration alors que le gouvernement tente de mettre fin à la grève du Front commun des employé-e-s de la fonction publique québécoise par une loi spéciale forçant leur retour au boulot. Heureusement, cette loi spéciale fut défiée par les syndiqué-e-s, les chefs syndicaux furent emprisonnés et le résultat fut le déclenchement de la plus grande grève générale de l'histoire du Québec durant laquelle des villes entières telles que Sept-Îles et Joliette furent mises sous contrôle ouvrier.

Aujourd'hui, devant l'ampleur du mouvement étudiant, le gouvernement, ses sbires et son aile jeunesse réunie au sein du Mouvement des étudiants (sic) socialement responsables du Québec (MESRQ) tentent actuellement la même stratégie de judiciarisation de la grève étudiante à grand coup d'injonctions visant à rendre la grève illégale. Les étudiantes et étudiants du Cégep d'Alma, de l'Université Laval et de l'Université du Québec à Montréal (UQAM) sont déjà sous le coup d'injonctions et la menace plane pour plusieurs autres institutions. Au sein du mouvement ouvrier, ces pratiques sont déjà très fréquentes et il fut possible de voir les employé-e-s d'Aveos à Montréal et de Rio Tinto Alcan à Alma en être les victimes.

Depuis le début de la grève étudiante, la stratégie du gouvernement est d'envoyer sa police sur les manifestations et lignes de piquetage. Le matraquage, les arrestations et la judiciarisation des grévistes n'ont cependant pas réussi à ébranler le mouvement étudiant. L'État a donc décidé de s'en remettre au système judiciaire et de laisser des individus attaquer devant les tribunaux des décisions prises collectivement et démocratiquement (certainement beaucoup plus que les élections qui ont permis à Jean Charest de prendre le pouvoir) par un mouvement de lutte.

L'Union Communiste Libertaire (UCL) tient à rappeler que les tribunaux et la « justice » dans une société capitaliste comme le Québec sont tout sauf neutres. Ils ne visent qu'à faire appliquer les lois qui, elles, sont votées par les membres du parlement. Les tribunaux et la police ne sont, en fait, que les chiens de gardes des intérêts de la classe dominante qui les contrôle politiquement. L'UCL croit donc qu'il est primordial pour les étudiantes et étudiants ainsi que les travailleurs et travailleuses de ne pas tomber dans le piège juridique que nous tend l'État et de demeurer sur le terrain politique de la rue, là où il est possible de bâtir un réel rapport de force face au gouvernement et aux patrons.

Par conséquent, l'UCL appelle les étudiantes et les étudiants à défier ces injonctions et à continuer la grève. Il apparaît clair que si on veut être assuré-e-s de perdre à un jeu, il suffit de jouer avec celui qui choisit les règles. L'UCL appelle également les travailleurs et travailleuses en lutte à défier les tribunaux et à faire front commun avec le mouvement étudiant. C'est en bâtissant une réelle solidarité au sein de l'ensemble de la classe ouvrière qu'il sera possible d'arracher des gains face au patronat et à leurs pantins que sont les politiciens et politiciennes. Il est important de rappeler que chaque gain, chaque « droit » qu'a acquis la classe ouvrière fut d'abord et avant tout arraché en faisant fi de la loi et en cherchant à construire un rapport de force dans la rue.

Après plusieurs semaines de grève, la seule compensation que le gouvernement a donné au mouvement est une maigre bonification, si on peut la qualifier ainsi, au régime de prêts étudiants. L'UCL soutient que pour une victoire totale, il est primordial que la lutte soit étendue à l'extérieur du simple cadre étudiant et que les travailleuses, travailleurs, chômeurs, chômeuses, sans-emplois, retraité-e-s s'y joignent en solidarité. Bref, il est temps de parler de grève sociale au Québec, car il est important de ne pas oublier que nous formons, ensemble, une seule et même classe d'opprimé-e-s et que c'est l'ensemble de cette classe qui doit réagir quand une attaque est portée contre elle.

L'union communiste libertaire

mercredi 4 avril 2012

Marche étudiante: la police en mode répression

La police a donné toute son ampleur au mot "intolérance" aujourd'hui alors que deux contraventions ont été remis à l'occasion d'une marche étudiante pacifique.

mardi 22 novembre 2011

IndignéEs: Le campement disparaît

Il ne reste absolument plus rien sur la Place de l'Université-du-Québec. L'anti-émeute s'est présentée à 6h ce matin pour démanteler le campement. Il ne reste pas même une pancarte ou une banderole rappelant la présence des indignéEs. Les tentes bigarrées cèdent la place au béton inerte et grisâtre.

Les six personnes sur place n'ont opposé aucune résistance.

La ville a invoqué un nouvel argument pour justifier l'opération: Montréal. Logique implacable: À Montréal ils ont des problèmes grave. Des sans abris prennent part au campement. À Québec il y a des sans abris aussi. Alors voyez-vous, à Québec il pourrait y avoir des problèmes aussi. Remarquez que l'argument n'est pas forcé d'être accompagné de preuves.

Une fois de plus, les terribles et hypothétiques risques à la sécurité des manifestantEs l'ont emporté sur l'expression de droits fondamentaux de base. 

De là à dire par contre que le mouvement est supprimé... Ça reste à voir. Des activités, notamment une "manifestation surprise", sans revendication connue, est prévue jeudi 17:30.

Ça ne serait pas surprenant que la métropole s'inspire de Québec pour faire une opération similaire dans les prochains jours.

mercredi 2 février 2011

Immigration: Grève de la faim en Grèce

300 migrants et migrantes ont débuté, le 25 janvier dernier, une grève de la faim pour dénoncer la répression dont ils et elles sont victimes, de la part des autorités grecques. Leur appel a été publié sur de nombreux blogues et médias alternatifs. Le voici donc en intégralité:

Si l’on veut faire entendre notre voix, nous n’avons pas de choix. Le 25 janvier, trois cent (300) parmi nous commencent la grève de faim. Notre point de lutte sera à Athènes et à Thessalonique.

Nous sommes des immigrés et des immigrées venu(e)s de toute la Grèce. Nous y sommes venu(e)s, persécut(é)s de la pauvreté, du chômage, des guerres et des dictatures. Les firmes multinationales occidentales et leurs servants politiques, implantés à nos pays ont fait leur choix pour nous : risquer notre vie, 10 fois pour s’approcher de la porte européenne. L’Occident qui pille nos pays et ayant un niveau de vie meilleur — si l’on le compare au nôtre — est notre seul espoir, si on veut vivre en tant qu’êtres humains. Nous sommes venus (par la voie légale ou pas) en Grèce et nous travaillons pour notre survie et pour la survie de nos enfants. Nous vivons dans la galère, et à l’ombre de l’illégalité au profit des patrons et des services étatiques qui à leur tour exploitent brutalement notre travail. Nous gagnons notre pain à la sueur de notre front et en rêvant qu’un jour nous allons acquitter des droits égaux.

À nos jours, les conditions de notre vie deviennent de plus en plus défavorables. Au fur et à mesure que les salaires et les retraites se voient rongés et que tous les prix augmentent, l’immigré figure comme le fautif, le coupable de la détérioration et de l’exploitation inhumaine des salariés grecs et des petits commerçants. La propagande fasciste et raciste est devenue la langue officielle des appareils étatiques. La terminologie fasciste est reproduite par les médias en cas où ces derniers font référence à nous. Les propositions fascistes sont proclamées sous forme des propositions gouvernementales : le mur à Evros, les camps flottants et l’armée européenne à la mer égéenne, la répression brutale aux villes, les déportations massives. Ils font tous leurs efforts pour persuader les salariés grecs que nous consistons, tout d’un coup, une menace pour eux et que nous sommes les seules coupables de l’attaque inédite et lancée par leurs propres gouvernements.

La réponse à leur mensonge et à leur barbarie continue doit être immédiate. Et c’est à nous, aux immigrés de la donner. Nous mettons en devant notre vie pour mettre fin à l’injustice commise à l’égard de nous. Nous demandons la légalisation de tous les immigrés et de toutes les immigrées. Nous demandons des droits politiques et sociaux et des obligations égaux aux salariés grecs. Nous demandons par nos collègues, par n’importe qui est tombé victime de l’exploitation de son sueur de front de rester solidaire. Nous demandons de soutenir notre lutte, de ne pas permettre à son pays la domination du mensonge, du fascisme et du despotisme des élites économiques et politiques. C’est à dire de ne pas permettre ce qui a prédominé à nos pays et qui nous a forcés à s’expatrier pour revendiquer une vie digne pour nous et pour nos enfants.

Nous ne disposons d’autre moyen pour se faire entendre notre voix et pour faire entendre la voix de notre raison.

Le 25 janvier, trois cents (300) d’entre nous commencent la grève de faim, à l’échelle nationale, à Athènes et à Thessalonique. Nous mettons en danger notre vie, parce qu’en tout cas il ne s’agit pas d’une vie digne. Nous faisons le choix de mourir ici au lieu d’hériter à nos enfants la vie que nous avons vécue.

L’assemblée des immigrés, grévistes de faim

Source: https://www.lereveil.ch/grece-300-migrants-entament-une


jeudi 18 novembre 2010

Prostitution: Les victimes sont coupables

Punir les victimes et laisser courir les criminels, voilà le slogan de la police de Québec dans sa lutte contre la prostitution. Mardi dernier, huit prostituées ont été arrêtées en Basse-Ville et dans Limoilou.

On attend toujours que la vraie vermine, les proxénètes, les tenanciers de bordels, les clients, les entremetteurs et toute la clique de prostitueurs, majoritairement masculins, soient inquiétées d'une façon ou d'une autre par les mesures porcines.

Pour l'instant ce n'est définitivement pas le cas. Les femmes prostituées, qui sont plus nombreuses à souffrir du syndrome post-traumatique que les soldats revenants d'Afghanistan, restent les proies de tous les détenteurs de la violence, étatique ou maffieuse.

lundi 8 novembre 2010

Répression du rap en Iran

Le site Révolution en Iran nous apprend que la répression vient de s'abattre sur le milieu du rap en Iran. Selon un quotidien de Téhéran, la police aurait effectué plusieurs arrestation, saisi des instruments et fermés des lieux associés à la scène.

Le rap est considéré comme une musique occidentale dégénérée et anti-islamique. Être un rappeur est un crime bénin qui peut vous mener à passer une nuit en prison. On ne sait pas si les personnes arrêtées ont été relâchées, ni combien elles étaient.

Du rap iranien




Suite à une petite recherche internet, on se rend compte que le rap est très populaire en Iran, surtout auprès de la jeunesse, largement majoritaire dans le pays. Malgré cette popularité, les autorités ne tolèrent absolument pas le style et refusent d'autoriser les artistes à enregistrer, sortir des disques et organiser des concerts. Résultat, toute la scène est absolument clandestine et doit passer par Internet pour se diffuser.

Selon différentes sources le rap iranien serait plutôt intellectuel et social et pas vraiment politique. Les rappeurs se contentent de décrire la réalité sociale des jeunes. Toutefois, la dite réalité ne cadre pas du tout avec l'image et les valeurs que veulent véhiculer les autorités, d'où le conflit. On a affaire ici, donc, à un rap de critique sociale.

Il est quand même incroyable de croire que cette musique fleuri dans ce pays, malgré les interdits et la dictature. Pour vous donner une idée, voici deux clips de celui qu'on a qualifié de «Président du rap iranien»: Hich Kas, «personne» en persan, Soroush Lashkary de son vrai nom. Il s'agit d'un rapeur de 25 ans, ici des quartiers pauvres du sud de Téhéran. Ça fait déjà 6 ou 7 ans qu'il chante.

Le premier clip est en fait un extrait du film «Les chats persans» de Bahman Ghobadi. Ce film, sur la musique interdite en Iran (rock, blues, rap, punk), a été tourné dans la clandestinité la plus totale et a valu l'exil à son réalisateur et à ses deux principaux acteurs. La chanson a été écrite particulièrement pour ce film.

Le deuxième clip a été réalisé par Cultures of resistances pour montrer ce qui n'est pas montré dans les médias occidentaux, à savoir la diversité de la culture iranienne.

Il y a d'autres artistes hip-hop en Iran mais je ai choisi celui-là parce que les clips sont beaux, la musique est bonne (et parce qu'il y a des sous-titres en anglais!)



dimanche 17 octobre 2010

Pendant ce temps à Toronto...

La «justice» s'acharne contre un militant

Vous vous souvenez d'Alex Hundert? On en avait parlé il y a quelques semaines. C'est ce militant qui s'était fait arrêté pour avoir participé à un panel dans une université, ce qui constituait une violation de ses conditions de remise en liberté, la police assimilant cela à une manifestation. Et bien, la cour a finalement statué que la police avait raison.

Pire, de nouvelles conditions de remise en liberté ont été imposé à Hundert. En plus d'être en résidence surveillé avec couvre-feu, de ne pas pouvoir s'associer avec les groupes dans lesquels il militait, de ne pas pouvoir organiser de manifester, ni y participer, il n'a maintenant plus le droit de publier directement ou indirectement sur internet, d'aider, de planifier ou d'assister à une réunion publique ou d'exprimer un point de vue politique. Oui, vous avez bien lu, Hundert n'a plus le droit de donner son opinion et d'apparaître dans les médias. C'est à toute fin pratique un bâillon légal, une suspension pure et simple d'une grande partie des droits qui sont théoriquement garanti pour tous les citoyens dans la Charte canadienne des droits et libertés.

À l'origine, Alex Hundert entendait refuser de signer ces conditions. Toutefois, les autorités pénitentiaires l'ont mis en isolement (au trou) et lui ont dit qu'il resterait là tant qu'il ne signerait pas. Après 24h sans communications aucune avec l'extérieur, et sans savoir quand il pourrait de nouveau parler à son avocat, le militant à craqué et à signé.

Tout cela arrive alors que de plus en plus de personnes arrêtés à Toronto voient leurs accusations tomber [y compris au moins trois organisatrices de la CLAC-2010 qui avaient été arrêtées en même temps que lui et faisaient face aux mêmes accusations]. Faute de preuve la couronne abandonne de plus en plus de poursuites mais elle continue de s'acharner contre ceux et celles que l'on considère comme les têtes du mouvement [tout en refusant de leur communiquer la preuve retenue contre eux et elles!].

Alors voilà, 40 ans après la crise d'octobre, le Canada a maintenant ses dissidents qui n'ont plus que le droit de se taire, comme dans le temps des glorieuses «démocraties populaires» d'Europe de l'est. Ici aussi, une révolution reste à faire!

Une vidéo, en anglais, qui explique bien le cas d'Alex Hundert :



Et, tant qu'à faire, une vidéo d'une manif de soutien à Toronto [qui a eu lieu juste avant qu'il ne cède et ne signe les nouvelles conditions].

samedi 18 septembre 2010

Toronto: Acharnement répressif


Le 17 septembre, vers 22h30, Alex Hundert a été arrêté en face du domicile paternel par sept agents de la police torontoise et de la GRC. Alex Hundert est l'un des militants arrêtés préventivement à la veille du Sommet du G20, il est notamment accusé d'être l'un des leaders d'une vaste conspiration anarchiste.

Une histoire de fou

Alex Hundert est accusé d'avoir violé ses conditions de remise en liberté qui stipulent notamment qu'il ne peut pas participer à une manifestation publique. Or, quelques heures avant son arrestation, le militant participait à un panel post-G20 à l'Université Ryerson. La police assimile cela à une manifestation, tout comme, plus tôt cet été, elle assimilait également sa présence dans les médias à une violation de ses conditions. Une première tentative de remettre le militant en prison jusqu'à son procès avait d'ailleurs échoués en août (la cour supérieure ayant rejeté les arguments de la couronne). Le moins que l'on puisse dire c'est que la police a une interprétation très large du terme «protest», généralement assimilée à une manifestation mais pouvant signifier également toute forme de protestation.

«Nous sommes indignés par la nouvelle arrestation d'Alex, a déclarée Mohan Mishra, de No One Is Illegal. Il s'exprimait lors d'une table ronde dans une salle de classe de l'Université, aux côtés de professeurs, ce qui n'est clairement pas une manifestation publique. C'est encore une autre tentative pour faire taire Alex, une indication forte de l'intention de la police de criminaliser les idées, la dissidence et toute forme d'organisation communautaire efficace.»

Rappelons qu'au total, 1105 personnes ont été arrêtées durant le Sommet du G20 à Toronto. De ce nombre, «seulement» 278 personnes ont été finalement accusées de quelque chose, les autres ont été libéré sans accusations.

Criminaliser la dissidence

Une poignée de militants, tout au plus une trentaine, font face à des accusations sérieuses de complot. C'est eux que l'État voit comme «la tête» du mouvement. En plus d'imposer des conditions extrêmement restrictives --interdiction de manifester, d'organiser des manifestations, d'encourager à manifester, de parler à leur co-accusés, etc.-- et des cautions importantes, 100 000$ dans le cas d'Alex Hundert, dans le but de les neutraliser, voilà que l'État veut carrément les faire taire.

Sans jouer les vierges offensées et les victimes, il faut reconnaître que le glissement observable est grave. Il y a bel et bien un durcissement de la répression. Depuis l'adoption de la Charte des droits et libertés, la crime de subversion était tombé en désuétude. C'était le passage à l'acte qui était criminalisé, par l'expression d'idées subversives. Depuis quelques années, la police incluait des interdictions de manifester dans les conditions de remise en liberté des militants accusés à tord ou à raison de quelques méfaits. Cette limitation du droit de manifester avait été combattue avec succès par des militants montréalais comme Jaggi Singh et Alexandre Popovic et on en était venu à l'obligation de quitter toute manifestation qui cessait d'être pacifique. Mais là on revient à l'interdiction de manifester pure et dure. Non seulement cela mais on s'attaque carrément à la liberté d'expression en assimilant toute prise de parole publique à une manifestation.

Il faut constater que c'est la dissidence elle-même qui est criminalisée. Ce n'est plus un slogan, c'est la réalité. Voilà un développement totalitaire pour le moins inquiétant.

samedi 28 août 2010

Suite du G20 : désordre et acharnement judiciaire

Le site fédéral de l'UCL vient de publier une analyse d'un camarade aux prises avec la «justice» dans la foulée du G20.


Suite du G20 : désordre et acharnement judiciaire


Le 27 juin dernier, plus d'un millier de personnes se faisaient arrêter dans des conditions absolument déroutantes, le tout se déroulant dans un désordre qui n'avait d'égal que la brutalité de l'opération policière. Deux mois plus tard, le 23 août, les quelques 300 personnes contre qui des accusations ont été retenues se sont présentées à Toronto pour une première comparution en cour, qu'on apelle un 'pro-forma', au cours duquel la couronne doit présenter les preuves accumulées contre les arrêté-es ou, le cas contraire, en reporter la date.


Aucun élément de preuve ne fût présenté, ce qui souleva l'indignation d'un grand nombre d'accusé-es, qui ont parfois dû se farcir plusieurs heures de routes et manquer plus d'une journée de travail pour simplement se faire dire de revenir le 14 octobre (d'autres camarades, moins nombreux, devront comparaître le 27 septembre). Leur désorganisation était la même que lorsque nous avons quitté Toronto la première fois : on tente de nous passer dans le tordeur le plus rapidement possible, soutenant un climat de confusion qui sera dénoncé par les arrêté-es, les avocat-es et même certain-es employé-es de la cour. Cette mascarade aura effectivement valu aux juges et à la couronne de crouler sous les critiques, sévères et sans concession, des personnes présentes.

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vendredi 16 juillet 2010

Rappel: manif de solidarité avec les arrêté-e-s du G20

Des gens de diverses tendances organisent une manifestation à Québec pour protester contre la répression et la pluie d'arrestations (plus de 1000!) qui c'est abattue sur la contestation du G20 à Toronto.

Rendez-vous samedi le 17 juillet, à 13h30, sur le parvis de l'Église Saint-Jean-Baptiste. Cliquez ici pour lire le message d'origine des organisateurs.

vendredi 2 juillet 2010

[G20] Plus de 1000 personnes dénoncent la répression à Montréal


Plus d'un millier de personnes ont dénoncé hier la répression politique sauvage qui s'est abattue sur les manifestations anti-G20 la fin de semaine dernière à Toronto. Appelée par la Convergence des luttes anticapitalistes (CLAC-2010) la manifestation a reçu l'appui de pas mal tous les groupes de gauche et d'extrême-gauche et même, chose rare, de plusieurs mouvements sociaux officiels (comme la Fédération des femmes et la CSN). Les manifestant-e-s, encore très remontés parce qui s'est passé à Toronto, ont chassé de la marche une vingtaine de policiers undercovers. La marche, qui serpentait dans les rues de Montréal, s'est terminée à un coin de rue de l'édifice de la Fraternité des policiers de Montréal. La CLAC-2010 revendique la libération de toutes les personnes encore incarcérée.

Des manifestations similaires ont eu lieu dans plusieurs villes canadiennes. D'autres devraient suivre la semaine prochaine dont, probablement, à Québec.

La photo est une courtoisie de Julie Leblanc, la vidéo est reprise du site des médias indépendants de Toronto.

jeudi 1 juillet 2010

G20: La police ment

Dans un effort démesuré pour justifier les 900 arrestations et les 1.2 milliards de dépense en sécurité, la police y est allé d'un subtil jeu de relation publique. Comme après chaque manifestation de masse, la police invite les médias à contempler tout l'inventaire confisqué. On s'attend à y voir des grenades, des bazookas, des couteaux. De quoi nous flanquer une bonne frousse, quoi.


Cette fois la police n'a rien trouvé de mieux que de présenter des jouets. Eh oui, sous une machette et un couteau, une cote de maille appartenant à Brian Barrett, un joueur de grandeur nature de 25 ans, a été présenté comme étant du matériel de destruction massive. On y retrouvait aussi des flèches en mousse, un bouclier en mousse et plusieurs armes en mousse. De quoi faire une révolution en douceur.

La police a aussi déposé dans l'inventaire une scie à chaîne et une arbalète. Interrogé sur le sujet, la police a avoué que ces armes n'avaient rien à voir avec le sommet, mais que "tout le reste" avait été confisqué à des manifestants.

Avec autant de clairvoyance, on se demande réellement pourquoi tant de gens n'ayant rien à voir avec la manifestation ont été arrêté, pourquoi des journalistes clairement identifiés ont été frappés et arrêtés et pourquoi des zones de protestation approuvées par la police aient été attaquées par ceux-ci. Vraiment, c'est mystérieux.

Les conditions de détention
La police a aussi employé des conditions de détention que n'aurait certes pas dédaigné la police secrète de l'URSS. D'ailleurs, pour ceux qui ont lu l'Archipel du Goulag, on retrouve des similitudes dans les conditions de détention:

- Pas plus de deux repas par jour.
- Difficultés d'accès à l'eau.
- Conditions de détentions arbitraires. Certains étaient relâchées dès le début, d'autres plus tard.
- Cellules remplies trois fois plus que prévues.
- Aucun matelas pour se reposer. Les détenus devaient dormir sur du ciment glacial.
- Lumière constante qui empêche de dormir.
- Froid intense.
- Intimidation policière physique et psychologique. Remarques sexistes. Harcèlement sexuel.
- Pas de traitement médical. Pas d'avocat. Pas de téléphone. Le rideau de fer, quoi.
- et plus

Source: The Globe and Mail, TheLinkNewspaper

lundi 28 juin 2010

G20 de Toronto : un État policier à la défense du capitalisme

Nous reproduisons ici le communiqué diffusé aujourd'hui par la CLAC-2010 [le groupe qui organisait la mobilisation montréalaise contre le G20 à Toronto].

G20 de Toronto : un État policier à la défense du capitalisme



Appel à une manifestation de solidarité jeudi le 1 juillet à 12h au Carré Phillips

Convergence des luttes anticapitalistes – CLAC 2010

Montréal, le 28 juin 2010 - La CLAC 2010 dénonce la répression policière d’une ampleur sans précédent au Canada intervenue à Toronto lors du Sommet du G20. À la violence policière s’ajoute l’annonce d’une série de mesures d’austérité économique (réduction de déficits, hausses de taxes, coupes dans les services sociaux), qui constituent autant de violences économiques dirigées contre les populations. Les travailleuses et les travailleurs sont appelés à payer la note pour la dernière crise financière, alors que les banques et le secteur financier, qui en sont les responsables et qui ont bénéficié de 20 000 milliards $ en plans de relance, ne se voient imposer aucune nouvelle régulation.

« Les 900 arrestations arbitraires et politiques à Toronto sont du jamais vu dans l’histoire du Canada, soit près de trois fois plus qu’en octobre 1970. Les policiers ont violé les droits fondamentaux, détenu des gens durant des heures sans accusations formelles, sans recours à un avocat, sans nourriture et sans eau. Les policiers se sont montrés coupables d’entrée par effraction sans mandat, de profilage, d’intimidation et de harcèlement, de kidnapping, d’usage démesuré de la force sur des manifestantes, des manifestants ainsi que des journalistes. Nous voyons bien qu’État policier et violence économique vont de pair », explique Danie Royer, coporte-parole de la CLAC2010.

« Chaque jour, partout dans le monde, des gens meurent des conséquences directes des politiques sociales et économiques mises de l’avant par les élites regroupées dans cette instance illégitime qu’est le G20. Les réductions de déficit fièrement annoncées ne feront qu’empirer les conditions de vie de millions de personnes. Stephen Harper a d’ailleurs rappelé que l’objectif visé était de contenter et de rassurer les marchés financiers. Rien sur l’environnement, des miettes pour la santé des femmes, rien sur les conséquences sociales de la crise économique, dont les personnes migrantes sont les premières victimes. Tout pour consolider le capitalisme, un système économique qui privilégie une infime minorité au détriment de l’immense majorité », s’indigne Mathieu Francoeur, coporte-parole de la CLAC2010.

Ce dont nous avons été témoins à Toronto visait à faire taire la dissidence et à criminaliser les mouvements sociaux. Ce sont des tactiques bien connues pour diviser les populations, briser la résistance et imposer des politiques régressives. Nous avons franchi une nouvelle étape dans l’intensification de la répression policière et dans les concessions exigées des populations.

Nous appelons l’ensemble des mouvements sociaux à se mobiliser en solidarité avec les victimes de l’appareil répressif, qui n’ont fait qu’exprimer leur désaccord avec des politiques autoritaires, sécuritaires, racistes et antisociales.

La CLAC 2010 tiendra un rassemblement le jeudi 1er juillet 2010 à midi au Carré Phillips, à l’angle des rues Sainte-Catherine et Union, à Montréal.

* * *

La Convergence des luttes anticapitalistes de Montréal 2010 (CLAC 2010) est un réseau de groupes et d'individus qui se sont réunis pour consolider leurs luttes respectives à l'échelle locale et mobiliser leurs communautés en vue des sommets du G8 et du G20.

dimanche 27 juin 2010

[G20] Vos taxes à l'oeuvre...

Dans la série «vos taxes à l'œuvre», une compilation de vidéo réalisée par le Toronto Media Co-op à la gloire de l'action policière à Toronto pendant le sommet du G20...

Queen's Park [zone de manif autorisée par la police!], samedi #1:


Queen's Park, samedi #2:


Centre-ville, samedi: la police arrête violemment une femme


Queen's Park, samedi #3: charge policière à cheval


Spadina et Queen, dimanche: la police charge une foule qui chante le O Canada:


Centre ville, vendredi: un journaliste attaqué (...et confrontation de la version officielle de l'histoire)

G20 - Mise à jour répression


Le dernier décompte des arrestations à Toronto arrive à 480 personnes (pour le moment, on apprend à l'instant qu'il y a des descentes en ce moment dans certains dortoirs et que les gens se font accuser de participation à une émeute). C'est énorme et il semble que la majorité des arrêtés n'étaient en fait que des manifestant-e-s pacifiques. Bref, une belle revanche policière.

Nous avons pu parler ce matin avec une camarade de Québec présente sur les lieux. Il semble que les arrestations préventives dans la nuit d'hier ait systématiquement ciblé des organisateurs clefs dont le point commun est d'avoir représenté leur groupe dans des «spokes councils» (les conseils de délégués qui servent à coordonner les mobilisations du mouvement antimondialisation) ou d'avoir des rôles désignés comme porte-parole médiatique ou coordonnateur d'un secteur (ex.: le coordonnateur du service de garde a été arrêté!). Bref, la police a tenté de «décapiter» la mobilisation. Aujourd'hui, plusieurs vétéran-te-s des mouvements radicaux de Montréal et Toronto qui sont en prison et qui font face à des accusations criminelles graves et ont des cautions exorbitantes.

Dans ce contexte, que les mobilisations aient eu lieu comme prévu et que les flics aient malgré tout été dépassé par les évènements dans la rue tient du tour de force. Il nous semble que ce «tour de force» est une illustration éclatante de la supériorité du mode d'organisation anti-autoritaire et décentralisé propre à l'aile radicale des mouvements sociaux. Reste maintenant à voir si notre solidarité tiendra le coup et permettra de faire libérer tou-te-s nos camarades (nous n'en doutons pas un instant!).

Photo: by jody Boehnert, London (repris de http://2010.mediacoop.ca/)

[G20] Quand les beux ont les bleus

Des camarades de l'UCL à Toronto ont écrit ce bref communiqué pour faire part de la répression intense qui sévit actuellement, en marge du G20. L'UCL le diffuse pour réitérer son support à toutes les victimes des forces de répression d'un système qui ne repose sur rien d'autre que la violence.

G20 : 26 juin 2010 - Quand les beux ont les bleus

Malgré l’ingéniosité des manifestantes et des manifestants, qui semblent être en avance sur les policiers sur le plan tactique (les attaques à la marchandise furent étonnamment très nombreuses malgré la grossière campagne de peur), l’exercice de la terreur semble toujours à l’ordre du jour.

Aux petites heures, en ce pluvieux matin du G20, les policiers ont eu la brillante idée de procéder à l’arrestation de plusieurs militants et militantes du milieu radical montréalais et torontois. En pleine nuit, armées jusqu’aux dents, les forces de l’ordre ont démontré une nouvelle fois que leurs services de renseignement étaient tout aussi paranoïaques qu’efficaces.

La journée s’est tout de même déroulée au bénéfice des altermondialistes et anticapitalistes. Lors de la manifestation principale, comptant quelque 20 000 personnes, les radicaux ont pu s’en donner à cœur joie en procédant à de nombreuses actions directes contre l’État (on compte au moins quatre voitures de flics incendiées) et la propriété privée (une quarantaine de commerces furent ciblés) Encore une fois les forces de l’ordre ont fait preuve d’un manque flagrant de perspicacité et d’ingéniosité (que voulez-vous : il y a toujours des choses qui ne s’achètent pas...).

Mais la journée était loin d’être terminée. Vers 20 heures, les policiers sont de nouveau passés à l’offensive… Armés de mitrailleuses (!), ils ont littéralement pris d’assaut une coopérative où logeaient plusieurs activistes de Montréal. Mis à part le traumatisme évident qu’ont subi les quelques personnes ainsi sauvagement arrêtées, il semblerait bien que les forces de l’ordre, déjouées par plus fins qu’elles, tentent de prendre leur revanche par la seule voix qui leur soit connue et confortable : celle de la violence brutale et lâche, celle des armes et de la loi.

Au moment d’écrire ses lignes, les policiers séquestrent encore plusieurs militants à l’intérieur des murs de la coopérative...

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==> Il y a quelques photos d'une intrusion policière (parmi d'autres) dans un logement privé à Toronto hier soir sur le site de l'UCL.

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Pour suivre les développements :

* Centre des médias alternatifs du Québec

* Toronto Media Coop

* URGENT G20 * Appel à la solidarité - arrêtéEs de Toronto

Nous reprenons le communiqué de la CLAC 2010 [le groupe qui coordonnait la participation des montréalais-es aux mobilisations du G20].

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URGENT : /Appel urgent aux contributions!/
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APPEL À LA SOLIDARITÉ!
NON À L'INTIMIDATION ! NON À LA CRIMINALISATION DE LA RÉSISTANCE!



Nous venons d'apprendre que plusieurs militantEs de longue date qui sont à Toronto pour protester contre le sommet du G20 font face à de sérieuses accusations fabriquées de toutes pièces, qui pourraient engendrer des périodes de détention allant jusqu'à plusieurs semaines. Nous devons amasser 40,000 dollars d'ici lundi matin pour les cautions des accuséEs.

Si vous pouvez vous engager à contribuer un montant d'argent en vue d'une caution, veuillez rentrer en contact avec nous. Il s'agit de pouvoir fournir le montant que vous pouvez contribuer si celà s'avère nécessaire, d'ici lundi matin.

Après avoir dépensé un milliard de dollars en coûts reliés à la sécurité du G8/G20, l'arsenal militarisé établi à Toronto tente à présent de criminaliser celles et ceux qui résistent à leurs campagnes de peur et d'intimidation. Non à la criminalisation de la résistance!

-- Restez en contact! Des saction de solidarité urgentes pourraient avoir lieu dans les prochaines 48 heures!

Contactez-nous :
Email: abolissons@gmail.com
Tel: (514) 243 - 2776 ; (514) 222 - 0205