dimanche 25 novembre 2007

Relents de colonialisme?

Au cours des derniers jours, nous avons eu la chance de voir quelques relents de colonialisme, aussi ridicule que cela puisse paraître.

Tout d'abord, outre quelques adeptes de la royauté internationale (parce que des rois et des reines, ainsi que des princes et des princesses, il en reste dans plusieurs coins de la planète), peu de gens étaient au courant qu'il y avait un roi en Espagne. Peu importe l'opinion que l'on puisse avoir face à Hugo Chavez, je trouve inexplicable qu'un roi viennent lui dire "porque no te callas?"(pourquoi tu ne te la fermes pas?). En fait, qu'est-ce que je déteste plus qu'un chef parlementaire? Les royautés. Rappelons-nous les justifications évoquées pour qu'ils/elles se maintiennent au pouvoir: un dieu quelconque m'a dit d'être votre chef, j'ai réussi à ôter une épée d'une roche et la dame du lac m'appuie ou, finalement, je suis l'élu. Ça ne me rentre pas dans la tête que, encore aujourd'hui, aussi traditionnel que cela puisse paraître, les gens tolèrent ce genre de situation. Finalement, quelle est la justification de la présence d'un roi dans une réunion diplomatique de chefs d'états même si ce dit roi n'est là que symboliquement? Pourquoi colonialiste la situation? Il s'agissait du XVIIe sommet ibéroaméricain, réunissant à Santiago 22 chefs d'Etat et de gouvernement d'Amérique latine et de la péninsule ibérique. Vous connaissez plusieurs pays dans la péninsule ibérique? Ça pue je trouve.

Deuxième situation: le sommet du commonwealth. Commonwealth: Regroupement de pays ayant été d'anciennes colonies britanniques de partout dans le monde, sous la direction du souverain (la reine aujourd'hui) du Royaume-Uni. Encore une fois, ça pue. On regroupe les "anciennes colonies" d'un empire et on les assujeties encore une fois à une reine. Beaucoup diront que je cherche les poux où il n'y en a pas, mais je ne trouve pas. Je ne suis pas en train de vous dire qu'on devrait s'organiser contre ce genre de regroupements internationaux, ce serait un coup d'épée dans l'eau et ce serait jouer le rôle des réformistes que de vouloir "changer le système". Ce texte n'est là que pour montrer à quel point que, câlisse, on n'est pas sorti des systèmes moyenâgeux. Les réfos, justement, pourraient dire que ce genre d'organisation pourrait faire de bonnes choses, comme aller tenter de mettre de la pression sur le dictateur pakistanais actuel afin qu'il redonne ses libertés fondamentales aux PakistanaiSEs. La réponse de Moucharraf? "Nous allons réétudier notre implication au sein du commonwealth." Ouais, se faire suspendre, ça lui a fai peur.

Bon, voilà pour ma crise hebdomadaire. Je vous invite à poster des commentaires!

3 commentaires:

François a dit…

Loin de moi l'idée de défendre les rois et reines de ce monde, mais je crois qu'il faut mettre un bémol quand on parle de Juan Carlos.

Il a fait preuve d'un courage exemplaire face aux fascistes Franquistes. Suite à la mort de Franco, il encourage rapidement des réformes démocratiques. Une clique de militaire ne le prend pas de la même façon et voila ce qui arrive:

"Une tentative de coup d'État militaire surprend le Congès des Députés le 23 février 1981. Des officiers, avec à leur tête le lieutenant-colonel Tejero, tirent des coups de feu dans la Chambre parlementaire durant une session retransmise en direct à la télévision. On craint alors la déroute du processus démocratique, jusqu'à ce que le roi étonne la nation par une allocution télévisée exigeant que l'armée apporte son soutien inconditionnel au gouvernement démocratique légitime. Le roi avait auparavant appelé plusieurs chefs de l'armée pour leur ordonner en tant que commandant en chef de défendre la démocratie."

Loin d'être un révolutionnaire républicain, Juan Carlos a attiré la sympathie de tous les partis: "ses interventions et points de vue sont écoutés respectueusement par des politiciens de tous les côtés."

Le tout est tiré de Wikipedia. Quand il est question de Juan Carlos, je dis 'respect'.

Farruco a dit…

Ouais, c'est certain que si on associe la royauté espagnole à Juan Carlos, on pourrait se dire que c'est pas si mal comme autorité injustifiable. Toutefois, la royauté espagnole a une longue ardoise: la reconquista (15e siècle, cathos expulsent musulmans), suivi de près par l'expulsion des juifs (toujours attribuable à la royauté catho), un dur et sanglant passé colonial avec des millions de morts et d'esclavagisés toujours reliés directement à la puissance de l'Espagne et à sa toute puissante religion dominante, etc.

Il ne faut pas oublier aussi que Carlos est un roi "moderne". Il n'a été déposé là qu'en 1975 alors que les démocraties parlementaires avaient déjà pignon sur rue dans les pays occidentaux. On ne peut lui imputer toutes les tares du passé, mais son poste n'en est pas moins entaché.

voilà

François a dit…

On s'entend là-dessus, pas de doute. Le sort des juifs a été particulièrement cruel en Espagne, mais il ne faut pas oublier qu'ils ont été aussi chassés de tous les autres pays de l'occident médiéval (Grande-Bretagne, France etc).

Rappelons aussi que les premières victimes de racisme ont été, et de loin, les juifs, et ce depuis l'antiquité.