samedi 1 mars 2008

Spectacle féministe ce 8 mars


---COMMUNIQUÉ---
Journée mondiale des femmes

Ainsi squattent-elles! présente

SACOCHES ET MAILLOCHES II

Québec- Le 8 mars 2008, le collectif de l’émission féministe libertaire Ainsi squattent-elles!* récidive et présente la deuxième édition du cabaret-spectacle non-mixte Sacoches et Mailloches II dès 20h au café-bar l’AgitéE, situé au 251 Dorchester. Prestations musicales, projections vidéo, expositions de photos et de peintures, slam poésie, danse et théâtre sont au programme de cette fête qui se poursuivra en musique jusqu’aux petites heures! Contribution volontaire à l’entrée.

Plusieurs artistes féminines se produiront sur scène: The Gilligans, Isabelle Simard, Marie-Andrée Lessard et Dominique Fiset (musique), Émilie Baillargeon, Cindy Labonté et Rozenn (projections vidéo), Kdez (exposition peintures), Mylène Abdel Ghaly et Caroline Braën (exposition photos), Élise-Anne Vallières (danse), Geneviève et Geneviève (théâtre), Hélène Matte , Émilie Dufour, Nazon et Marie-Noëlle (slam poésie), DJ annette (dj de la soirée).

Sacoches et Mailloches se veut un espace non-mixte, hors de la présence des hommes, où les femmes prendront librement la parole pour s’exprimer, échanger, partager et créer des liens. Organiser un événement non-mixte est une nécessité dans la lutte féministe. C’est un choix politique et réfléchi que font les organisatrices de Sacoches et Mailloches. Et oui, encore en 2008, il s’avère essentiel de créer des espaces non-mixtes pour questionner la domination patriarcale en se dégageant du regard masculin.


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*L’émission féministe libertaire Ainsi squattent-elles! est diffusée sur les ondes de CKIA 88,3 FM, le jeudi à 20h (rediffusion vendredi 14h)

3 commentaires:

Francois a dit…

J'ai déjà entendu les arguments des filles d'Ainsi squattent-elles à la radio. Aucun de ces arguments ne peut me convaincre de la nécessité d'empêcher les hommes d'assister à ce spectacle. Mon opinion est que toute discrimination est nocive, point barre. J'aimerais aussi voir la réaction de ces groupes féministes si quelqu'un organisait un événement clairement non-mixte, hommes seulements. Ça suciterait des hauts cris j'ai l'impression.

Nicolas a dit…

tu n'es pas le seul à penser ça. L'an passé le même débat est ressorti et j'avais écris un texte. En voici un extrait:

Défense de la non-mixité

Je suis de ceux qui pensent que le patriarcat affecte aussi les hommes. Je n’irais pas jusqu’à dire que les hommes aussi sont opprimés par le patriarcat (ce serait miniser l’oppression vécue spécifiquement par les femmes et les queers) mais ils sont très certainement aliénés. Il y a, c’est évident, des hommes et des femmes biologiques. Mais à cette dimension biologique se rajoute une dimension sociale et culturelle, la construction de genres stéréotypés, qui nient le caractère unique de chaque individu. Dans une perspective anarchiste, la socialisation en genres est la première aliénation qui rend possible toutes les autres. Il n’y aura pas d’émancipation complète sans destruction de la construction sociale que sont les genres et son remplacement par une socialisation produisant des individus uniques, autonomes, libres et égaux.

À mon humble avis, les hommes ont donc un intérêt réel dans la destruction du patriarcat et une place dans la lutte. Il peut et il doit y avoir une lutte mixte contre le patriarcat. Ceci dit, cela n’implique pas que la non-mixité est à bannir et n’a plus lieu d’être. Loin de là.

Qu’on le veuille ou non, il y a des choses qui ne se disent qu’en non-mixité. Il est utile de se regrouper en l’absence de l’autre sexe pour parler d’expériences spécifiques, se donner confiance et développer des stratégies de lutte. On aura beau dire, « c’est pas pareil » quand l’autre sexe n’est pas là. C’est plus facile de confronter certains comportements (notamment en vérifiant qu’on est pas fou ou folle et qu’il y a bien quelque chose qui ne tourne pas rond) et de « travailler sur soi ». C’est vrai pour les femmes mais ça l’est aussi pour les hommes (soit dit en passant).

« Ouai, c’est ben beau tout ça, mais là on parle d’un party »... Il y a tout d’abord un aspect symbolique et politique intéressant à faire un party féministe non-mixte un 8 mars (est-ce que j’ai vraiment besoin de vous faire un dessin ?). La lutte oui, mais la fête aussi ! Tout mouvement social a besoin de moments ludiques.

Mais il y a plus. En contexte mixte, le cul n’est jamais ben loin. Je n’ai aucune idée si ça fait partie des préoccupations des organisatrices du party mais c’est clair pour moi que les gars (les hétéro en tout cas) regardent pas les filles comme ils regardent les autres gars. Pourquoi pensez-vous qu’il y a des gyms non-mixte ? Dans un bar, avec l’alcool et tout, c’est pire. Les militants n’échappent pas à ça, surtout quand ils ont un verre dans le nez. Quand ils regardent les filles, ils ne voient pas que des camarades... Pas tout le temps, mais souvent, avouons-le, ils voient aussi une personne de l’autre sexe (une baise potentielle !), que ce soit conscient ou non. Je ne suis pas puritain, le jeu de séduction (conscient ou non) peut être ben correct. C’est pas ça, c’est juste qu’un party « pas de gars » c’est pas pareil. Pis je pense que c’est correct de vouloir vivre ça de temps en temps.

(Source).

Francois a dit…

Merci pour tes éclaircissements Nicolas.