mercredi 13 août 2008

Les hits de l'été: un vendredi pluvieux à Montréal




Le 8 août, une quinzaine de syndicats CSN de l'hôtellerie de Montréal débraient et se rassemblent devant le Hyatt Regency, en grève depuis trois semaines. 12 heures plus tard, l'employeur entend finalement raison et conclut avec le syndicats du Hyatt une première convention collective à Montréal dans le cadre de la ronde 2008 de négos coordonnées dans l'hôtellerie.

Selon le responsable syndical qui nous a envoyé la vidéo: «À ce jour on a des ententes dans 2 hôtels de Québec (PUR et Classique), deux de l'Estrie (Estrimont et Jardins de ville) et 2 à Montréal (Hyatt et Delta centre-ville, cette dernière sera soumise aux membre ce mercredi PM). Ca veut dire qu'il nous en reste encore 34 à régler dont 6 a québec (Loews, Hilton, Gouverneurs Ste-Foy, Clarion, Val des neiges et Manoir du lac delage)...»

Commentaire éditorial

Voilà à quoi devrait ressembler la lutte de classe aujourd'hui: les syndiquéEs de 15 hôtels qui débraient pour participer à un rassemblement de soutien à leur collègues en grève depuis 3 semaines. Une manif colorée, à l'image de la classe ouvrière d'aujourd'hui, combative mais festive. Dommage qu'on ne voit pas ça plus souvent...

4 commentaires:

Anarcho-pragmatiste a dit…

Au moins, ça ressemble plus à du syndicalisme de combat, ça fait changement.

jean-pierre a dit…

Oui, faut quand même souligner que l'hôtellerie c'est pas une gang ordinaire... D'abord ca fait 22 ans qui se battent tous ensemble à chaque ronde de négos coordonnées alors y'a inévitablement une certaine conscience collective qui s'installe dans les esprits parce qu'à chaque ronde y'a deux ou trois groupes qui se ramassent en conflit et c'est pas toujours les mêmes. Ces gens savent qu'ils partagent des intérêts objectifs en commun contrairement à une salariée dans une shoppe XY qui vit un conflit de travail à la STM avec le sentiment que les intérêts objectifs des employés du transport en commun sont contraires aux siens qui est de prendre le foutu bus pour aller travailler. Même chose dans le cas d'une grève dans le secteur public. Y'a du travail à faire, mettons, pour animer cette conscience de classe dans certains secteurs ...

Par ailleurs, je pense aussi qu'il y a des raisons culturelles. À l'hôtel Maritime de Montréal, à peu près 80 % de la main-d'oeuvre est d'origine haïtienne et antillaise. Elles ont une façon tellement particulière de vivre leur solidarité qu'on a l'impression que ca vient de leur for intérieur. Le fait que leur syndicat soit pleinement autonome fait en sorte qu'elles se le sont approprié complètement et ca transpire dans leurs actions syndicales. C'est elles qui mènent... et c'est beau en cibolle à voir aller. Mettons que leur boss sait pertinemment que jamais, jamais, jamais il ne cassera une gang pareille ! surtout qu'elles sont backées par tout le secteur de l'hôtellerie et par la CSN au grand complet.

Ca recoupe un peu ce que je viens de lire dans un excellent peitt essai, les syndicats domestiqués, sur les échecs et le renouveau du syndicalisme aux E-U. L'autonomie des syndicats et la transparence sont les clés pour bâtir un véritable mouvement qui s'appuie sur les forces des individus pour développer une capacité collective inimaginable autrement. Un mouvement qui part du bas vers le haut. L'inverse serait voué à l'échec. C'est ce qu'on voit dans l'hôtellerie et ca a été long et dur à construire et c'est pas encore complété parce qu'il y a plusieurs syndiqué-es d'hôtels qui restent encore à l'extérieur de ce mouvement. C'est d'ailleurs dans l'hôtellerie, l'entretien ménager et les services « autonomes » que les quelques syndicats américains qui ne sont pas en déclin total aujourd'hui se sont investis. En fait SEUI (l'affiliation internationale du SQEES de la FTQ) et UNITE-HERE connaissent une véritable explosion de leur membership et constitue la nouvelle locomotive du mouvement syndical américain après avoir embrassé de nouvelles facons de faire.

jp

Nicolas a dit…

Mais alors, la grande question demeure, comment réussir à transférer «l'esprit de l'hôtellerie» dans d'autres secteurs?

jean-pierre a dit…

Ah, si seulement il y avait une réponse simple à cette question simple ! Je pense que beaucoup de gens se posent ces questions actuellement.

Connais-tu le CRIMT ? http://www.crimt.org/Renouveausyndical.html

jp