jeudi 22 octobre 2009

Samedi: l'opposition sera dans la rue... et vous?



La campagne électorale municipale à Québec remplie toutes ses promesses: un maire omniprésent, verbomoteur et caricatural, et une opposition officielle en complète déconfiture. Comme farce électorale, on aura rarement vu mieux.

Pourtant, dans la cacophonie, des groupes se mobilisent et arrivent tant bien que mal à tirer leur épingle du jeu. La nature ayant horreur du vide, certains enjeux s'invitent durant la campagne: circulation, boisés, logement social, etc. Il y avait longtemps que les groupes sociaux n'avaient pris autant de place.

Le cas de la haute-ville est à cet égard emblématique. Le dossier du site de l'ancien patro Saint-Vincent-de-Paul, et par ricochet toute la question du type de développement à privilégier au centre-ville, a pris une vie propre et revient périodiquement dans l'actualité. Pour ou contre l'hôtel, pour ou contre l'expropriation, pour ou contre du logement social et une place publique sur le site sont devenu des enjeux électoraux et des points de démarcation entre les candidat-e-s.

Il est fascinant (et rassurant) de constater que la mobilisation populaire de la dernière année porte fruit. On mesure le chemin parcouru quand on réalise que la construction d'un hôtel n'est plus la seule option envisageable et que l'expropriation pure et simple, pour faire du logement, s'est imposée comme une opinion légitime et pas du tout marginale (même les candidates du parti du maire en parlent!). En fait, c'est la défense du statu-quo et des «droits» du propriétaire par le RMQ qui se retrouve minoritaire!

L'opposition dans la rue


Personne n'est dupe: tout cela c'est de la récupération politique. Il s'agit même d'une récupération voulue et consentante (quoi que surprenante par son ampleur). Il s'agit de la première étape d'une stratégie murie par le Comité populaire Saint-Jean-Baptiste pour ouvrir une brèche dans le statu-quo et rendre possible un projet alternatif et des gains pour les locataires du quartier.

C'est dans ce contexte que s'inscrit la mobilisation de quartier de samedi prochain sur le thème «on veut des voisins pas d'autres tours». Il s'agit de mettre le pied dans la porte et d'augmenter le rapport de force populaire par une mobilisation de rue sur les enjeux de logement, de circulation automobile et d'espaces verts.

Cette manifestation est un test et probablement le moment le plus important d'ici la fin de la campagne dans une perspective sociale. Objectivement le maire sera réélu et il est fort probable que son parti soit majoritaire. Le RMQ et la plupart des indépendant-e-s au conseil de ville étant une vraie farce, l'opposition ne pourra venir que de la rue. D'où l'importance symbolique de cette mobilisation de quartier.

Comment on disait déjà? Agir au lieu d'élire.

Pour en savoir plus: «On veut des voisins, pas des tours»

GRANDE MANIFESTATION
Samedi 24 octobre
Rendez-vous à 13h
Devant l'Église Saint-Jean-Baptiste

1 commentaire:

anarchopragmatisme a dit…

Je ne suis pas un abstentionniste doctrinaire mais dans ce cas précis, l'abstentionnisme est la meilleure avenue!