mercredi 18 mars 2009

La minute du patrimoine révolutionnaire: Solidarity forever

La minute du patrimoine est une chronique musicale. L'idée est de faire connaître l'histoire et les dessous de certaines chansons révolutionnaires.

Cette semaine: Solidarity forever




Qui n'a jamais entendu le refrain «solidarité, mes frères et mes soeurs»? Ce classique des manifs syndicales québécoises est en fait... un chant syndicaliste révolutionnaire américain!

En effet, il s'agit d'une traduction --réalisée en 1915 par Jean Baumgarten-- de «Solidarity forever». Cette chanson a été écrite entre 1914 et 1915 par Ralph Chaplin alors qu'il couvrait une grève des mineurs de charbon à Huntington en Virginie Occidentale. Chaplin était alors l'une des figures de proue des IWW et «Solidarity forever» (qui reprend un air patriotique connu) devait popularisé le programme syndicaliste révolutionnaire. Cette chanson est l'un des classiques qui se retrouve dans le «Little red song book» des IWW.

Curieusement, la chanson a survécu au syndicalisme révolutionnaire historique et est devenu l'hymne du syndicalisme anglosaxon. D'ailleurs, cela irritait profondément Chaplin que les bonzes de l'AFL-CIO puissent entonner sa chanson. Il faut dire que la version qu'ils entonnent est sévèrement amputée (du 2/3 environ). «Solidarity forever» est aujourd'hui la chanson ouvrière la plus connue dans le monde après l'Internationale.

Curiosité historique: Ralph Chaplin a vécu quelques mois à Montréal en 1914. Il a d'ailleurs fait un discours très radical le premier mai de cette année là, appelant à la grève générale pour empêcher la guerre.

Pour en savoir plus, la page de wikipedia (en anglais).

Solidarité mes frères et mes soeurs

Paroles françaises: J. Baumgarten 1915

Nous engraissons le capital et ses usines
Enchaînés du matin au soir à la machine
Pour notre peine, des salaires de famine
Mais l'union nous rendra forts

Refrain
Solidarité mes frères et mes soeurs
Solidarité mes frères et mes soeurs
Solidarité mes frères et mes soeurs
Ensemble nous vaincrons

Mais si un jour nous arrêtons tous nos machines
Mais si un jour nous occupons tous nos usines
Puissants patrons vous ferez alors tristes mines
Car l'union nous rendra forts.

En combattant pour elle, la classe ouvrière
Apportera un ordre nouveau sur la terre
Au coude à coude restons unis, prolétaires
C'est l'union qui nous rend forts.

(Source)

N.b.: une âme charitable a ajouté «et mes soeurs» au refrain de la version québécoise de la chanson. Cliquez pour entendre la version «originale» (et passablement martiale) de la traduction.

3 commentaires:

Francois a dit…

Je mettrais ma main au feu que la version "originale" est des Quatres Barbus.

Nicolas a dit…

Et non. Mais je ne sais pas de qui c'est par contre.

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