dimanche 8 avril 2012

Mouvement étudiant : L'UCL dénonce la répression et appelle à défier les injonctions


« Le mouvement syndical est né dans l’illégalité, il a grandi dans l’illégalité et il devra continuer de vivre en marge de la légalité qui favorise une minorité au détriment d’une majorité »
- Michel Chartrand, 1972

C'est en 1972 que le syndicaliste Michel Chartrand fait cette déclaration alors que le gouvernement tente de mettre fin à la grève du Front commun des employé-e-s de la fonction publique québécoise par une loi spéciale forçant leur retour au boulot. Heureusement, cette loi spéciale fut défiée par les syndiqué-e-s, les chefs syndicaux furent emprisonnés et le résultat fut le déclenchement de la plus grande grève générale de l'histoire du Québec durant laquelle des villes entières telles que Sept-Îles et Joliette furent mises sous contrôle ouvrier.

Aujourd'hui, devant l'ampleur du mouvement étudiant, le gouvernement, ses sbires et son aile jeunesse réunie au sein du Mouvement des étudiants (sic) socialement responsables du Québec (MESRQ) tentent actuellement la même stratégie de judiciarisation de la grève étudiante à grand coup d'injonctions visant à rendre la grève illégale. Les étudiantes et étudiants du Cégep d'Alma, de l'Université Laval et de l'Université du Québec à Montréal (UQAM) sont déjà sous le coup d'injonctions et la menace plane pour plusieurs autres institutions. Au sein du mouvement ouvrier, ces pratiques sont déjà très fréquentes et il fut possible de voir les employé-e-s d'Aveos à Montréal et de Rio Tinto Alcan à Alma en être les victimes.

Depuis le début de la grève étudiante, la stratégie du gouvernement est d'envoyer sa police sur les manifestations et lignes de piquetage. Le matraquage, les arrestations et la judiciarisation des grévistes n'ont cependant pas réussi à ébranler le mouvement étudiant. L'État a donc décidé de s'en remettre au système judiciaire et de laisser des individus attaquer devant les tribunaux des décisions prises collectivement et démocratiquement (certainement beaucoup plus que les élections qui ont permis à Jean Charest de prendre le pouvoir) par un mouvement de lutte.

L'Union Communiste Libertaire (UCL) tient à rappeler que les tribunaux et la « justice » dans une société capitaliste comme le Québec sont tout sauf neutres. Ils ne visent qu'à faire appliquer les lois qui, elles, sont votées par les membres du parlement. Les tribunaux et la police ne sont, en fait, que les chiens de gardes des intérêts de la classe dominante qui les contrôle politiquement. L'UCL croit donc qu'il est primordial pour les étudiantes et étudiants ainsi que les travailleurs et travailleuses de ne pas tomber dans le piège juridique que nous tend l'État et de demeurer sur le terrain politique de la rue, là où il est possible de bâtir un réel rapport de force face au gouvernement et aux patrons.

Par conséquent, l'UCL appelle les étudiantes et les étudiants à défier ces injonctions et à continuer la grève. Il apparaît clair que si on veut être assuré-e-s de perdre à un jeu, il suffit de jouer avec celui qui choisit les règles. L'UCL appelle également les travailleurs et travailleuses en lutte à défier les tribunaux et à faire front commun avec le mouvement étudiant. C'est en bâtissant une réelle solidarité au sein de l'ensemble de la classe ouvrière qu'il sera possible d'arracher des gains face au patronat et à leurs pantins que sont les politiciens et politiciennes. Il est important de rappeler que chaque gain, chaque « droit » qu'a acquis la classe ouvrière fut d'abord et avant tout arraché en faisant fi de la loi et en cherchant à construire un rapport de force dans la rue.

Après plusieurs semaines de grève, la seule compensation que le gouvernement a donné au mouvement est une maigre bonification, si on peut la qualifier ainsi, au régime de prêts étudiants. L'UCL soutient que pour une victoire totale, il est primordial que la lutte soit étendue à l'extérieur du simple cadre étudiant et que les travailleuses, travailleurs, chômeurs, chômeuses, sans-emplois, retraité-e-s s'y joignent en solidarité. Bref, il est temps de parler de grève sociale au Québec, car il est important de ne pas oublier que nous formons, ensemble, une seule et même classe d'opprimé-e-s et que c'est l'ensemble de cette classe qui doit réagir quand une attaque est portée contre elle.

L'union communiste libertaire

1 commentaire:

Anonyme a dit…

La grève est étudiante. La lutte est populaire.