dimanche 28 février 2010

Classiques de la subversion : « Rosa Luxemburg et la spontanéité révolutionnaire »

Dans son Anarchisme et marxisme (1973), Daniel Guérin passe en revue l’évolution du marxisme après Marx. Condamnant la derive réformiste d’un Engels vieillissant et la « dégénérescence » liée aux noms de Kautsky et de Bernstein, Guérin affirme que « la seule théoricienne, dans la social-démocratie allemande, qui resta fidèle au marxisme originel fut Rosa Luxemburg ». Et il continue : « Il n’y a pas de différence véritable entre la grève générale anarcho-syndicaliste et ce que la prudente Rosa Luxemburg préférait dénommer “ grève de masses ”. De même, les violentes controverses, la première avec Lénine, en 1904, la dernière au printemps de 1918, avec le pouvoir bolchevik, ne sont pas très éloignées de l’anarchisme. Il en est de même pour ses conceptions ultimes, dans le mouvement spartakiste, à la fin de 1918, d’un socialisme propulsé de bas en haut par les conseils ouvriers . » Et il conclut : « Rosa Luxemburg est l’un des traits d’union entre l’anarchisme et le marxisme authentique. »

En 1971, Guérin publie chez Flammarion son Rosa Luxemburg et la spontanéité révolutionnaire, livre marqué par l’expérience de 68, et qui représente une analyse approfondie du rapport entre spontanéité et conscience dans les mouvements révolutionnaires. Une seconde partie du livre réunit des textes de Luxemburg, Lénine, Trotsky et Kautsky, des commentaires plus ou moins contemporains (Collinet, Gramsci, Laurat…) et des textes plus récents (Bensaïd, Castoriadis, Cohn-Bendit, Guillerm…).

Si Guérin rejette l’autoritarisme de certains marxismes, il met néanmoins en garde contre le spontanéisme excessif de certains soixante-huitards qui aurait, à la longue, « frappé d’impuissance ces jeunes magiciens. Et, de ce fait même, remis en question le recours exclusif à l’arme de la spontanéité ». Et il conclut : « Reste à chercher une forme ouvrière consciente qui ne serait ni séparée ni distincte du gros de la classe, étant le fruit même de ses entrailles, et dont les modes de fonctionnement la prémuniraient contre toute menace de bureaucratisation. Alors seulement, les graves obstacles qui compromettent la symbiose de la spontanéité et de la conscience seraient, enfin, levés. »

La même année paraît chez Belfond un recueil de textes de Luxemburg sur Le socialisme en France, 1898-1912. Il s’agit d’analyses de deux questions : la participation des socialistes à un gouvernment bourgeois et la maturation de l’unité socialiste. S’y ajoutent des articles sur l’affaire Dreyfus et la lutte contre le danger de guerre. Pour Guérin, « s’élevant au-delà de l’immédiat et des circonstances particulières de l’époque, Rosa Luxemburg formulait un jugement de principe, applicable à toute forme de cartel électoral avec la gauche bourgeoise, à toute participation gouvernementale en régime capitaliste. Ce qui, à ses yeux, était le plus grave dans l’alliance du radicalisme et du socialisme, c’était que, pour la première fois en France, ce dernier était entraîné à la remorque de la petite bourgeoisie, elle-même au service du républicanisme bourgeois. Le prolétariat français, la seule force vivante de la démocratie, se trouvait ainsi paralysé et enchaîné. »

  • Daniel Guérin, Rosa Luxemburg et la spontanéité révolutionnaire, 1971, 185 pages, Flammarion, 1971. Des extraits sont disponibles sur le site de la Bataille Socialiste.
[Texte de Dave Berry, extrait du numéro de janvier 2010 du mensuel Alternative Libertaire]

vendredi 26 février 2010

Voix de faits dans tes oreilles

L'émission de cette semaine est disponible en ligne.

Cette semaine:
- Les cols bleus en rajoutent une couche
- Manifestation pour le droit au logement
- Crime raciste dans les maritimes
- L'esprit olympique commande le plus bas salaire
- «Ce que tout révolutionnaire doit savoir de la répression» critique & entrevue avec Francis Dupuis-Deri (auteur de la postface)








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Voix de faits c'est l'émission de radio du Collectif anarchiste La Nuit (UCL-Québec).

Actualité sociale, contre-culturelle et politique, info sur les luttes, coups de gueule et coups de cœur, ‘Voix de faits’ est la version radiophonique du blogue du même nom. Une autre façon d’occuper le terrain, d’exister politiquement. Une arme de plus dans les luttes sociales et politiques. Un point de ralliement dans la bataille des idées.

mercredi 24 février 2010

L'Institut Économique de Montréal nous ressort son petit catéchisme


Depuis que le gouvernement jongle avec le remboursement de la dette, une voix venant de la droite se fait particulièrement forte. L'avez-vous remarqué? Elle inonde les pages de nos quotidiens (Gesca et Quebecor), les radios, la télé. Tout d'un coup on voit surgir de sois-distantes études sur les effets plus écologiques de la culture du maïs au Chili par rapport a l'agriculture locale. Un groupe d'étude recommande d'augmenter encore plus les tarifs (Santé, éducation et tutti quanti). Un nostalgique de Duplessis déplore dans la section opinion la tragédie qu'a été la révolution tranquille. On entend aussi le "lucide" Lucien Bouchard baver sur toutes les tribunes.

Mais quelle est donc cette voix qui gueule si fort et sent si mauvais?

C'est bien sûr la voix de nos chers amis libertariens de l'Institut Économique de Montréal! Faut dire que financé par le patronat et les plus grosses poches du Québec, l'Institut réussi sans peine à se tailler une belle place dans l'espace public.

Pourtant, qui sont-ils? De quel étang nauséabond sortent-ils?

Le magazine A Babord a consacré il y a déjà quelques années un dossier bien étoffé sur l'IEM.

C'est utile pour savoir a qui on a affaire.

Tout est la. On y expose comment l'Institut, se cachant sous de faux apparats de neutralité, influence les politiciens de plusieurs tendances. On y voit aussi a quel point, usurpant le statut de chercheur académique, il ne s'agit en réalité que d'un repaire d'idéologues de droite radotant le chapelet du libre marché comme un mantra magique pour nous persuader de la justesse de leur évangile.

Le dossier a été coordonné par l'anarchiste Normand Baillargeon, professeur a l'UQAM.

Dossier : L’institut économique de Montréal, repaire de la droite

Sur la tarification...

Il est à la mode ces derniers temps pour ces « Gens-qui-se-croient-plus-importants-que-les-autres » – Lucien Bouchard, Joseph Facal, Pierre Fortin, alouettes! – de remettre « le-bon-peuple » devant ses responsabilités. Tel un jeune de trente ans qui habite encore chez ses parents, il est temps pour cette populace sans gêne de cesser de téter la mamelle bienfaitrice de l’État : il n’y a plus de lait! Mais quand donc ces gagne-petit finiront-ils par prendre en main leur propre destinée, par comprendre que leurs besoins n’ont aucune importance tant qu’ils ne sont pas en mesure de payer pour les assouvir… Qu’ils remplissent donc leurs rôles de bons commettants, de laquais et d’adorateurs de « Nous-qui-avons-réussi » et qui méritons de profiter de nos richesses en toute quiétude, sans que l’État ne vienne plus piger dans nos poches!

 

Après la sortie lundi du dernier volet de la série de fascicules présentés par le comité d’experts « indépendants » de Raymond Bachand qui nous affirme, quelle surprise, que les tarifs de tout ce qu’il est possible de tarifer comme service gouvernemental devra être tarifé, voici un appel pressant pour une hausse vertigineuse des frais de scolarité. En effet, voici que les Lucides élargis reviennent à la charge avec une demande de hausse modulée et vertigineuse des frais de scolarité universitaires. Pourquoi faire tous ces « choix politiques difficiles » ? Pérennité de l’État québécois, croissance économique, compétitivité internationale et on pousse la chansonnette de la droite économique jusqu’à ce que le refrain de faire payer la majorité pour les excès de la minorité revienne!

 

On ne peut laisser passer de tels propos sans réagir. D’une part, il faut rappeler que l’état actuel des finances publiques est loin de tenir du hasard. On nous met la crise au visage, mais on oublie toujours de dire que les baisses d’impôts données aux plus riches et aux grandes entreprises sous le règne Charest, sans compter l’incurie minière qui perdure, ont privé et privent encore le gouvernement de plusieurs milliards de dollars. Et c’est sans compter les mesures au fédéral comme le compte d’épargne libre d’impôt (CELI), la baisse de la TPS et les autres mesures fiscales avantageant les industries pétrolières et autres. Dans un contexte de croissance économique record avant la crise de 2008-09 il est impossible d’expliquer autrement le fait que les finances publiques soient en aussi mauvais état. Il y a un travail de sape qui est fait par les différents gouvernements qui profite toujours aux mêmes : ces gens qui nous exploitent au quotidien.

 

Une hausse de tarifs quand on vient de voir son revenu net augmenté grâce à des baisses d’impôts et des mesures fiscales avantageuses ce n’est effectivement pas grand-chose, mais l’immense majorité de la population ne vit pas dans cette situation. Alors que les salaires augmentent plus lentement que l’inflation au bas de l’échelle, les 10% les plus riches n’ont fait que s’enrichir de plus en plus sans payer leur juste de part de la redistribution de la richesse. Quand on parle de tarifs il n’est pas question de redistribution de la richesse puisque tout le monde se retrouve devant une facture semblable au bout de la ligne. C’est plutôt une vision individualiste à l’extrême qui est avancée dans ce discours : l’utilisateur-payeur contre l’utilisateur-profiteur. Parce que si on bénéficie de services publics gratuits ou peu coûteux à l’entrée on profite inévitablement des autres, soit la bonne société travaillante et responsable. Comme si le fardeau de l’impôt et des taxes incombait à tout le monde sauf ceux et celles qui profitent des services publics. C’est avant tout un choix humaniste de savoir si on veut laisser pour compte une partie toujours grandissante de la population pour favoriser une « élite » minoritaire qui se croit tout permis et que tout lui est du.

 

Parmi ces « suggestions » de hausses de tarifs, il y en a une qui est particulièrement odieuse car elle touche directement à la possibilité que les gens de tous les milieux puissent jouir d’une certaine égalité des chances. Je parle ici des frais de scolarité universitaires. Quand ils affirment que de moduler les frais de scolarité selon les programmes et de fixer les hausses de frais selon l’inflation seraient de bonnes manières de refinancer les universités ils nous cachent toutes les conséquences de tels choix. En effet, de tels choix feraient passer la grosseur du compte en banque avant les capacités et les aptitudes. Ne pourra-t-on plus venir d’un milieu modeste et devenir médecin? Des bourses plus généreuses? D’accord, mais les gens de la classe moyenne alors, ils devront s’endetter plus encore pour envoyer leurs enfants à l’école alors même qu’ils paient taxes et impôts rubis sur l’ongle?! D’ailleurs, pourquoi le gouvernement n’a-t-il pas le courage politique pour cesser de verser des centaines de millions en intérêts aux institutions financières pour des prêts étudiants alors qu’il y aurait moyen de prendre tout cela en main pour éviter ces frais inutiles? Aussi, comment se fait-il que les entreprises de tous les secteurs bénéficient du savoir-faire acquis par leurs employés dans les institutions publiques, de leurs recherches et de leurs connaissances alors qu’ils déboursent de moins en moins en contribution au système d’éducation et à l’État en général? Poser ces questions c’est y répondre : parce que les gouvernements ne travaillent pas pour les gens, mais bien pour les capitalistes de tous acabits.

 

J’en ai marre de tous ces discours catastrophistes à la con de salops d’idéologues qui s’en retourneront peinards dans leurs petits palais de banlieue en BM pour profiter de leur argent sal acquis sur notre dos. Marre de voir des gens malades, puckés par la vie ou qui travaillent fort pour finalement vivre dans des conditions de merde se faire accuser de profiter du système, alors que le système en question n’est même pas fait pour eux et elles. Marre de voir que ce coin du monde qui a donné tant de richesses à un petit nombre de privilégiés soit constamment dénigré par ces profiteurs. Marre d’entendre de fallacieuses comparaisons avec le Tiers-Monde alors qu’une grande part du bien-être et de la richesse présente ici vient de là-bas.

 

J’en ai marre et je vais lutter pour plus de justice. À bas l’État! À bas le capitalisme!

mardi 23 février 2010

«C'est nous qui sommes dans le trou!»



À peu près 80 locataires s'étaient donnés rendez-vous cet avant-midi devant le 10 Pierre-Olivier-Chauveau, dans le Vieux-Québec. Mine de rien, c'est là que siège le «Ministère des Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation du territoire» qui, comme son nom ne l'indique pas, est le port d'attache du logement social au gouvernement provincial.

Mobilisés par le FRAPRU, les manifestant-e-s voulaient dire à Laurent Lessard, ministre en titre, «c'est nous qui sommes dans le trou» et que pour en sortir ça prend 50 000 logements sociaux avant la fin du mandat. En fait, le FRAPRU craint que dans le contexte actuel les libéraux ne tiennent même pas leur promesse de 15 000 nouveaux logements sociaux en cinq ans. D'où la nécessité de se mobiliser en masse. D'ailleurs des manifestations similaires avaient lieu à Montréal, devant le bureau de Raymond Bachand, et à Sherbrooke, devant celui de Jean Charest. Au total, environ 500 personnes ont pris la rue pour du logement social.

La citation du jour revient à Patrick, le délégué de Québec à la manif, qui a terminé son témoignage par un retentissant «on veut une capitale au service de ses citoyens et non des citoyens au service du capital!»

Photo compop (cliquez pour la galerie de photo de Québec. Il y en a aussi d'autres sur le site du FRAPRU).

lundi 22 février 2010

L'esprit olympique c'est le plus bas salaire au Canada...

L'un des principaux commanditaires des jeux olympiques de Vancouver paie le plus bas salaire au Canada selon Jim Sinclair, président de la Fédération du travail de Colombie-Britannique. En effet, McDonald, le «restaurant officiel» des jeux, paie ses nouveaux employés en deçà du salaire minimum provincial, déjà le plus bas au Canada.

Selon la centrale syndicale, la Colombie Britannique a le plus bas salaire minimum au Canada, soit 8$, un montant gelé depuis huit ans. Cependant, McDonald utilise une nouvelle disposition du code du travail, un salaire d'entrainement introduit par les libéraux, pour payer aussi peu que 6,36$ de l'heure.

«J'ai parlé à plusieurs employés de McDonald depuis quelques jours et ils ne sont pas impressionné par la compagnie», a dit M. Sinclair. Le syndicaliste pense que si la compagnie est capable de trouver des millions et des millions de dollars pour commanditer les jeux, la moindre des choses serait d'offrir un salaire décent.

«Ces employés méritent un salaire décent et le respect, c'est ça l'esprit olympique», conclu le syndicaliste. La centrale syndicale demande que McDonald paie tous ses employés au moins 10$ de l'heure, ce qui serait le montant nécessaire à une personne seule travaillant à temps plein pour sortir de la pauvreté.

(Source)

samedi 20 février 2010

Duplessis sors de ce corps!

Y'a du progrès dans le dossier du tramway à Québec. Selon un article du Soleil, Régis Labeaume ne rejetterait plus l'idée du revers de la main. Ne vous réjouissez pas trop vite par contre... «Un tramway coûterait une vingtaine de millions de dollars par kilomètre, ce qui est plus raisonnable. Je suis contre un tramway en haute ville, mais je n'ai rien contre envisager ce scénario ailleurs», a-t-il dit à Ian Buissière. (Source)

Le maire est contre un tramway en haute-ville... Curieux tout de même que les deux seuls districts qui lui ont échappé aux élections soient justement en haute-ville. Dupplessis, sors de ce corps!

Les cols bleus en rajoutent une couche...

Nouvelle offensive publicitaire du syndicat des cols bleus dans le dossier de la privatisation du dernier bastion publique dans le ramassage des poubelles à Québec. Cette pub tourne sur les radios privées depuis mercredi, au moment même où les syndiqués s'affairent à diffuser 100 000 exemplaires d'une brochure.

Certain n'aiment pas ce type de propagande un tantinet populiste. À notre avis, le maire n'a ce qu'il mérite. C'est pas comme s'il avait toujours été très respectueux des cols bleus et des autres syndiqués de la Ville. [...et, avouons le, ça fait du bien!]








L'anarchisme québécois prend de la bouteille

Hier, les camarades du collectif «La Pointe Libertaire» fêtaient leur cinquième anniversaire. À l'échelle de l'histoire du Québec, ou de l'histoire de l'anarchisme, c'est un détail. Toutefois, pour le mouvement anarchiste québécois c'est significatif. Cinq ans c'est une éternité. Peu de collectifs arrivent à cet âge «vénérable». On peut compter sur les doigts de la main (...peut-être des deux, en se forçant) les groupes qui, comme La Nuit ou La Pointe, ont passé ce cap. Alors, voilà : toutes nos félicitations ! ...et continuez le bon boulot.

jeudi 18 février 2010

Voix de faits dans tes oreilles

L'émission de cette semaine est disponible en ligne.

Au menu cette semaine:
- Actualité sur le front municipal et sur le logement
- Menace au droit à l'éducation et hausses de tarifs divers
- Qui surveille la police?
- Mobilisation antifa à Dresde
- 5 ans de résistance à Bil'in
...et plus!








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Voix de faits c'est l'émission de radio du Collectif anarchiste La Nuit (UCL-Québec).

Actualité sociale, contre-culturelle et politique, info sur les luttes, coups de gueule et coups de cœur, ‘Voix de faits’ est la version radiophonique du blogue du même nom. Une autre façon d’occuper le terrain, d’exister politiquement. Une arme de plus dans les luttes sociales et politiques. Un point de ralliement dans la bataille des idées.

Pensions alimentaires: une étudiante a gain de cause

Depuis des années, des étudiantes et des étudiants luttent pour que la Loi de l'aide financière n'admette plus la pension alimentaire comme un revenu du parent qui a la garde majoritaire. La pension alimentaire, c'est un revenu calculé pour les besoins de l'enfant, pas pour l'ex-conjoint ou l'ex-conjointe. Une étudiante est allée jusqu'en justice pour faire valoir ses droits afin que sa (sic) pension alimentaire ne soit plus considéré comme un revenu pour le régime de prêts et bourses. Sa prétendue pension alimentaire, c'est de l'argent pour son enfant, qu'elle encaisse en son nom puisqu'elle est tutrice. Ce n'est pas pour ses besoins à elle. Il y a là une nette différence!

La Fédération des associations de familles monoparentales et recomposées du Québec (FAFMRQ) a aujourd'hui publié un communiqué pour annoncer que l'étudiante en question avait eu gain de cause. La Cour d'appel a rejeté l'appel du gouvernement dans cette cause. Bien sûr, il ne fallait pas s'attendre à ce que l'État consente à reconnaître qu'il vole les étudiantes et les étudiantes depuis des années; il a donc fait appel une première fois. D'après la FAFMRQ, c'est probablement 9 millions que le gouvernement va devoir rembourser aux victimes de cette mesure si recours collectif il y a là. 9 millions de $ que des étudiantes et étudiants ont dû sacrifier pour que leurs enfants n'en souffrent pas. Et ça, c'est sans compter le prix de l'endettement et de l'abandon des retours aux études.

Que justice soit faite! L'éducation est un droit, pas un privilège. Forçons le gouvernement à changer les lois.

Dans votre lecteur audio il y a des voix discordantes

J'haï les féministes
Dans votre lecteur audio cette semaine, vous pourriez certainement écouter l'entrevue avec Mélissa Blais qui parle de son bouquin 'J'haï les féministes'.

"Mélissa Blais poursuit son analyse de la réception du discours féministe dans la société en étudiant l’évolution des interprétations qui ont été faites de la tuerie à l’École Polytechnique en 1989."


Disponible en téléchargement sur le site des Publications Universitaires.

publications-universitaires.qc.ca/?p=368


Malalaï Joya
Vous pourriez aussi y savourer l'entrevue avec Malalaï Joya, militante afghane. Critique par rapport a toute la clique des politiciens, préocuppée par le droit des femmes, elle s'est expatriée en France suite a un discours prononcé a la télévision dont voici un extrait:

« Dans une étable, il y a des vaches qui donnent du lait et des ânes qui portent des fardeaux. Mais eux, ils sont pires que des vaches et des ânes, ils sont comme des dragons ».

Elle faisait référence a l'assemblée des députés afghans.

Disponible sur le site de La bas si j'y suis.
la-bas.org/article.php3?id_article=1858

Souvenons-nous d'Howard Zinn

Et pourquoi ne pas, tant qu'a y être, se taper la série d'entretiens avec l'historien Howard Zinn, pour commémorer son décès?

M. Zinn est l'auteur d'"Une histoire populaire de l’Empire américain", "En suivant Emma", "Nous, le peuple des Etats-Unis... Essais sur la liberté d’expression et l’anticommunisme, le gouvernement représentatif et la justice économique, les guerres justes, la violence et la nature humaine", et d'autres bouquins.

la-bas.org/recherche.php3?recherche=howard+zinn

[Vidéo] Les pirates entrent en action à Paris



Nos camarades du Groupe Béton Armé de la Fédération anarchiste, à Paris, nous ont envoyé cette vidéo. Il s'agit d'une occupation réalisée la fin de semaine dernière dans le cadre d'une journée d'actions contre les centres de rétention organisée par l'Internationale des Fédérations anarchistes. Les camarades sont allé jouer aux pirates sur la péniche qui sert de QG électoral â la candidate de Sarkozy en Île-de-France (c'est les élections régionales en ce moment dans l'hexagone). Allez sur leur blogue pour le communiqué et plusieurs photos.

Emmenez en des actions rafraichissantes comme ça! C'est pas parce qu'on est ultra-minoritaire qu'on est condamné à l'impuissance et à l'ennui...

mercredi 17 février 2010

[Vidéo] La mentalité américaine



L'éditeur libertaire Lux se lance dans une nouvelle forme de promotion très «2.0». On créé maintenant des pages Face Book pour les auteurs et même des vidéos promotionnelles très réussies sur You Tube. Ici, on voit la toute première de ces vidéos. C'est bien sur une pub pour le livre «La mentalité américaine», de feu Howard Zinn, mais c'est intéressant en soit. Il y en a déjà une seconde en ligne, pour faire la promotion de «Adrien Arcand, führer canadien» (un livre de Jean-François Nadeau, à paraître le 1er avril). D'autres suivront, j'imagine, sur le Canal You Tube de Lux (...en fait, ce n'est pas tout à fait vrai, pour l'instant c'est le Canal d'une de leur employées aux relations de presse mais ça ne saurait tarder...).

mardi 16 février 2010

La démocratie à la Ville de Québec c'est «toé tais toé»...

Le climat à l'hôtel de ville est de plus en plus pourri. Le parti au pouvoir, surtout le maire en fait, tolère difficilement l'opposition, qu'elle vienne des élu-e-s ou des citoyen-ne-s. Les gens se font «revirer de bord» assez cavalièrement quand ils et elles se risquent à venir poser des questions aux séances publiques du conseil de ville.

Malgré tout, l'administration ressent le besoin de resserrer encore plus les règles. Selon un entrefilet du Soleil, il faudra désormais s'inscrire à l'avance afin de pouvoir poser une question. De plus, l'introduction ne devra pas durer plus de 30 secondes sous peine de se faire couper le micro. (source)

Comme par hasard, ces nouvelles mesures pour limiter la parole citoyenne interviennent alors même que des groupes populaires et des citoyen-ne-s en colère contre les hausses de taxe étaient intervenus au conseil de ville il y a deux semaines. Le maire avait alors carrément dit aux gens que s'ils n'étaient pas content, ils n'avaient qu'à se présenter aux élections...

Ça fait même pas six mois que l'administration est élue, ça augure bien pour l'avenir!

lundi 15 février 2010

[vidéo] Vancouver a eu une crise cardiaque...





Voici deux vidéos réalisées par des médiactivistes indépendant-e-s sur la «manif de casseurs» de la fin de semaine dernière à Vancouver (tsé celle dont tout le monde parle). Alors voilà, la marche autonome* était organisée sur le thème de la crise cardiaque, l'idée étant de boucher les artères de la ville... À vous de juger. (Source)

Par ailleurs, profitons de l'occasion pour souligner qu'il existe un site (en anglais) qui propose reportages multimédias, analyses, images et même un quotidien sur le mouvement d'opposition aux olympiques. Allez vous désintoxiquer à http://vancouver.mediacoop.ca.

*The Olympics Resistance Network didn’t call today’s protest, but since
2006 has organized “on the basis of anti-oppression principles and
with a respect for diversity of tactics.”
...

"Kiss-in" à Paris et répression


Hier, 14 février, la St-Valentin a été l'occasion de subvertir les moeurs pour un groupe d'homosexuel.le.a, de bis, de trans à Paris. Un "kiss-in" public était organisé depuis des mois, comme c'est maintenant le cas depuis au moins 4 ans. Les organisateurs ont décidé de reculer devant la menace intégriste et de changer le lieu du rassemblement, passant ainsi du parvis de Notre-Dame à la Place St-Michel (un coin étudiant à ce qu'on dit). Cause: leur sécurité par la police ne pouvait pas être assurée depuis ces menaces. Évidemment, ce changement de lieu en a laissé plusieurs frustré.

Si bien que des gens sur place s'y sont tout de même rendus, scandalisés que les gai.e.s ne soient pas les bienvenu.e.s sur la grande place publique, refoulé.e.s dans les quartiers déjà sensibles à l'hétérosexisme. Les intégristes les attendaient, la haine homophobe se dévoilant au grand jour. De Romilly, militant sur place, rapporte sur Rue89:

Je n'ai pas très bien compris ce qui s'est passé. Des hommes ont surgi pour se jeter sur les couples principalement féminins s'embrassant. La violence est inouïe, sortie de nulle part. Deux jeunes femmes sont à terre. N'embrassant personne, j'ai quand même droit à un grand coup de pied. Une journaliste de France Info est bousculée en pleine interview d'un jeune homosexuel. La réalisatrice Emilie Jouvet est heurtée par un casque de moto. Une autre femme prend un coup de poing.

La police est repartie avec 4 des agresseurs...c'est au moins ça bordel! Évidemment, plusieurs victimes ont porté plainte pour violence et insultes à caractère homophobe.

Bil'in refait Avatar



Les habitant-e-s de Bil'in, ce petit village de Palestine qui résiste de façon non-violente à la construction du mur de la honte et dont on avait reçu un représentant l'été dernier à Québec, ont trouvé le moyen d'attirer l'attention: ils ont refait Avatar dans leur manif de la fin de semaine dernière [y'en a une toute les semaines, souvent avec des internationaux et des militant-e-s de "Anarchist Against The Wall"]. Cinq ans de résistance déjà.

[via Couscous et Poutine]

dimanche 14 février 2010

Dresde: le Seattle de l'antifascisme allemand





À qui la rue? À nous la rue. 15 000 antifascistes, 5000 policiers et 5000 néonazis s'affrontent au centre de Dresde (Saxe).

Le vent tourne en Europe. On vous a parlé, à l'émission la semaine dernière, des anars et antifa grecs qui ont réussi à contrecarrer les plans de l'extrême-droite en occupant leur point de rassemblement (voir ici). Et bien voilà que les antifascistes allemands, toutes tendances confondues, se sont unis pour mettre en échec la plus grande marche néonazi d'Europe dans ce qui ressemble fort à un Seattle de l'antifascisme [voir les vidéos pour s'en convaincre].

Tous les ans les néonazis d'Allemagne (et même d'Europe) convergent à Dresde pour une «marche funèbre» visant à commémorer le bombardement de la ville, il y a 65 ans. [À l'époque les alliés avait rasé la ville, faisant plus de 25 000 morts (le chiffre est contesté). voir Wikipedia pour les détails.] Avec les années, c'est devenu le principal rassemblement néonazi d'Europe avec quelques 5 000 participantEs. En 2005, la commémoration officielle du bombardement [un évènement plutôt libéral] avait été perturbé par les boneheads et leurs amiEs.

Cette année, les antifascistes s'étaient promis de mettre un terme à tout ça. Un front très large c'est créé sur le thème «Dresde sans nazi», allant du maire de la ville aux syndicalistes en passant par les églises et les autonomes antifa. Le pari était de créer une grande mobilisation de masse pour faire une chaîne humaine autour de la gare de Neustadt afin d'empêcher les néonazis de marcher. Plus de 15 000 personnes sont venues ... avec 5 000 flics entre les deux.

Il n'empêche, le mélange d'affrontements de rue violent, de blocages pacifistes [style vigile aux chandelles], de barricades enflammées et de marionnettes géantes a tenu le coup. Les néonazis n'ont jamais pu quitter la gare (d'où, détail macabre, partaient pendant la Seconde Guerre mondiale les convois vers les camps de la mort). La désobéissance civile et l'action directe ont réussi là ou la loi ne pouvait rien.

«Nous avons réussi pour la première fois à empêcher la plus grande marche de néonazis d'Europe» s'est félicité Lena Roth, une porte-parole de «Dresde sans nazis». Chapeau bas!

(Pour en savoir plus: Source des vidéos (en anglais), article du Métro France ou du Figaro. Pour l'instant je n'ai pas vu de sources autonomes.)

Conférence anti-olympique


Un gars bien connu des milieux ou la liberté se vit chaque jour, Guillaume Beaulieu, s'y connait en Olympiques. Habitant de Vancouver et militant libertaire, il a vite constaté l'orgie sécuritaire, la gentrification sociale, les délires architecturaux, la spoliation des terres autochtones et le gaspillage de fonds publics qui vient avec les jeux. Guillaume a fait une série de conférence dans l'ouest canadien et nous en avons un exemplaire.

Une heure anti-Olympique en anglais avec Guillaume Beaulieu





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Guillaume est artiste et ex-militant du Collectif de minuit. Je crois qu'on peut encore retrouver des cartes postales de sa confection à la Page Noire. La conférence est la dernière track d'un album nommé "Guillaume Beaulieu vomit Noël".

samedi 13 février 2010

Dico anticapitaliste : Qu’est-ce que “la décroissance” ?

Lors d’une conférence à Paris le 22 mai 2008, le député vert Yves Cochet affirmait : « On n’a pas à choisir si l’on est pour ou contre la décroissance, elle est inéluctable, elle arrivera qu’on le veuille ou non. » Il faisait là de la décroissance un synonyme de restriction, volontaire ou non.

Bien sûr, il faut rompre avec le dogme de la « croissance pour la croissance » : elle est une des causes principales de la crise économique, écologique et sociale qui met à mal la planète et l’humanité ; elle est un pilier indispensable au maintien d’une société inégalitaire.

Mais on ne peut laisser penser que nous souhaitons des restrictions, quand les besoins vitaux d’une partie importante de l’humanité – dans les pays du Sud, mais aussi en Occident – ne sont pas satisfaits.

Les seules statistiques disponibles sur les émissions de CO2 sont par pays ou par région. Elles ne permettent en rien d’appréhender l’empreinte écologique de chaque classe sociale. Ce n’est hélas pas une surprise.

La décroissance, ce doit être avant tout la décroissance des activités socialement inutiles et parasitaires. Il faut supprimer les productions de luxe réalisées « pour les besoins » des classes possédantes ; éliminer les secteurs économiques parasites liés à la domination idéologique, à la répression d’État et à la défense de la propriété capitaliste (publicité et propagande, armée, système pénitentiaire, économie sécuritaire…). Il faut coordonner les activités sociales vitales (eau, énergie, transport, santé, éducation, télécommunication…) dans un service public universel qui permettrait – entre autres – un système de transport en commun généralisé et la quasi-élimination du transport individuel en voiture. Il faut parvenir à la souveraineté alimentaire pour chaque peuple, en développant les cultures vitales au détriment des cultures d’exportation, et en refusant les OGM et les pesticides pour casser la domination des multinationales agro-industrielles.

Il faut réduire drastiquement le transport de marchandises, en relocalisant les industries.

Bref, il faut faire décroître toutes les activités inutiles que le capitalisme, emporté dans sa logique irrationnelle, a hypertrophiées. Et on s’apercevra que, ce faisant, on satisfera mieux les besoins de la grande majorité de la population… sans doute au détriment d’une minorité ulra-riche, qui devra bien se plier devant l’intérêt général.

Les solutions individuelles pour consommer moins voire autoproduire permettent d’agir à la marge sur l’effet de serre. Mais la « simplicité volontaire » prônée par certains « objecteurs de croissance » ne doit pas faire illusion. Il n’y aura pas de solution à la crise écologique sans rupture avec le capitalisme.


Texte de Jacques Dubart, extrait du numéro 190 d'Alternative libertaire.

vendredi 12 février 2010

S'informer sur ce qui se passe à Vancouver



Nous avons reçu il y a quelques minutes un communiqué du «Friendly fire collective», de la côte ouest, qui nous informe que deux de leurs membres, Ian Paul et David Zlutnick, sont à Vancouver avec Cindy Milstein. Ils travaillent sur un projet qui s'appelle «sous la neige». C'est un espèce de blogue d'info sur la résistance aux olympiques. À visiter pour vous tenir au courant (...parce que, hein, faut pas trop se fier au Soleil!).

BENEATH THE SNOW
Covering the resistance to the 2010 olympics

Saputo: la liberté de l'exploitation

Vous avez peut-être été comme moi choquée du reportage de Radio-Canada sur Saputo. Saputo fait la promotion du site internet What's up gangstars dans ses boîtes de gâteaux Joe Louis, un blogue tenu par un certain Jay Louis. Sexualisation des femmes et invitations à la mode du gangstérisme (tellement cool!), voilà ce que contient le site.

La défense de Saputo est splendide: le blogue de Jay Louis ne fait que "partager [des] informations qui mettent en lumière la diversité culturelle de Montréal". Diversité??? Franchement, je ne savais pas que de défendre une culture sexiste et homophobe reflétait la diversité. Madame Cousineau chez Saputo continue de plus belle:
Bref, what-up-gangstars.com

se veut un lieu d’échange pour les jeunes de 15 à 25 ans qui désirent partager sur des sujets qui les touchent, dans un environnement décontracté et convivial.

Eh bien! On aura tout entendu! Un extrait du site peut-être?

-Comment on fait pour collaborer au blog ou t’envoyer des nouvelles?

Facile. Envoie-moi un e-mail: jay@what-up-gangstars.com. Si ta news est fresh, je verrai ce que je peux faire…Sinon, les filles, si vous êtes chaudes, vous pouvez aussi m’écrire, je suis célibataire.

[...]

-Est-ce que c’est vrai que tu as 5 blondes?

C’est compliqué, mais oui, je confirme.

On est loin d'une association avec Tel-Jeunes ou Gai Écoute!!! Ce site dégrade clairement les femmes et met en valeur la culture masculine virile . Tant qu'à moi, ça n'engendre que la haine et la violence. Je vois mal comment les jeunes peuvent échanger dans un environnement décontracté et convivial: allez les jeunes, traitez vous de putes pis de mafieux, sortez les guns. Ils pourraient faire la différence entre le hip hop pis le "gangsta".

Franchement, j'aime encore mieux qu'on nous vente la responsabilité sociale des entreprises et qu'elles financent des associations de type communautaire. Au moins, dans ces cas-là il y a possibilité de défendre nos idées radicales, il y a possibilité de débats "intellectuels". Si les entreprises se mettent à défendre ces valeurs rétrogrades, on n'en a pas pour longtemps avant que ça dégénère ici aussi, au Québec, vu le pouvoir qu'ils ont dans notre belle société capitaliste.

J'espère que vous allez faire comme moi, écrire à Saputo (section nous joindre de leur site) pour vous plaindre. Je serais curieuse de voir si votre réponse est aussi sublime que la mienne.


jeudi 11 février 2010

Voix de faits dans tes oreilles

L'émission de cette semaine est disponible en ligne.

Au menu cette semaine:
- Les cols bleus touchent une corde sensible
- Haro sur la Régie du logement
- Nouvelles internationales (Italie, Grèce)
- Les zapartistes s'engagent aux côtés de la CSN
- La CNT revisite ses classiques








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Voix de faits c'est l'émission de radio du Collectif anarchiste La Nuit (UCL-Québec).

Actualité sociale, contre-culturelle et politique, info sur les luttes, coups de gueule et coups de cœur, ‘Voix de faits’ est la version radiophonique du blogue du même nom. Une autre façon d’occuper le terrain, d’exister politiquement. Une arme de plus dans les luttes sociales et politiques. Un point de ralliement dans la bataille des idées.

La Novlangue de la ministre de l'éducation


Questionnée sur la possibilité d'une hausse des frais de scolarité plus importante que prévue la ministre de l'éducation a indiqué à La Presse «il y a des réflexions qui se font par rapport à ce sujet-là. C'est très évident».

Selon elle de plus en plus de gens réclament une hausse des frais de scolarité. «Il y a eu des points de vue qui ont été exprimés à cette occasion [les consultations du ministre des finances]. Il y a des points de vue qui s'expriment quotidiennement dans les journaux. Alors c'est évident qu'il y a des réflexions qui se poursuivent au gouvernement face à cet enjeu-là», a dit la ministre au journaliste Tommy Chouinard.

Au fil de l'entrevue, la ministre a sorti cette perle: «je pense qu'il y a un consensus qui est en train de se mettre en place au Québec. Quand je parle de consensus, j'exclus les étudiants. Mais on voit que, de plus en plus, l'importance d'augmenter les droits de scolarité se fait sentir.»

Bel exemple de novlangue. Tout le monde est d'accord... sauf les étudiants, les syndicats, les groupes communautaires, les groupes de femmes, les partis de gauche, etc. C'est pas grave, si la droite et le patronat font consensus c'est suffisant pour la ministre. C'est aussi ça la lutte de classe.

(Source)

mercredi 10 février 2010

La lutte des femmes d'Iran est celle de toute l'humanité !

[Texte trouvé sur le Jura Libertaire.]

Le Manifeste de la libération des femmes d’Iran indique très justement : «Avec le renversement de la République Islamique, nous tendrons une main solidaire à des millions de femmes dans les pays soumis à l’Islam, qui sont prisonnières des États et des gangs islamistes, des adorateurs de l’honneur et des traditions chauvinistes-mâles islamiques.»

Les révolutions et les contre-révolutions, où qu’elles aient lieu, ont en effet toujours une répercussion internationale. Ce fut le cas pour la Révolution française de 1789, la Commune de 1871, la Révolution russe de 1917, comme ce fut le cas pour la contre-révolution islamique de 1979, avec la prise du pouvoir de Khomeini contre l’aspiration populaire à la liberté et à l’égalité. Avec l’instauration de la République Islamique s’est développé un courant réactionnaire, l’Islam politique, qui a frappé l’ensemble du monde dit «arabo-musulman», avec les mêmes slogans misogynes et les mêmes méthodes terroristes contre les femmes. En Iran, le Hezbollah criait, en 1979, «le voile ou les coups», et au fil des jours, les matraques se sont transformées en couteaux, puis les couteaux en fusils. On peut changer les dates et les lieux, ces mêmes slogans ont été hurlé par les islamistes en arabe, en kurde, en dari ou en ourdou. Ils ont d’abord fait des «pressions amicales», puis jeté des pierres, puis menacé, et exclu des écoles pour voiler les femmes dans la bande de Gaza ; organisé des campagnes de terreur pour imposer le hidjab en Algérie ; enfermé les femmes sous la burqa en Afghanistan… Ce voile était un drapeau pour rendre les femmes invisibles, et imposer un véritable apartheid sexiste. Si on trouve dans les courants islamistes des alliés des régimes en place, voire des supplétifs aux armées régulières comme le fut le Hezbollah turc au Kurdistan, et des opposants, des «anti-impérialistes» et des membres de gouvernements au service de l’Occident, il y a un point fondamental, essentiel, sur lequel se rejoignent tous les courants de l’Islam politique, leur haine et leur guerre permanente contre les femmes et leur liberté.

Bien sûr, il serait absurde de considérer que l’oppression des femmes est née avec l’islamisme. L’oppression des femmes est la première et la plus ancienne des oppressions qu’a connu l’humanité. Et les femmes subissaient déjà les mariages forcés, les meurtres «d’honneur», l’excision, les violences en tout genre bien avant 1979. Mais, comme s’ils prenaient en compte ce principe que l’on mesure le degré de liberté d’une société au degré de liberté des femmes, les islamistes ont toujours d’abord attaqué les femmes pour enfermer toute la société dans une prison médiévale. Au nom de la religion et pour s’appuyer sur tout ce est le plus réactionnaire, les islamistes ont défendu les plus rétrogrades traditions patriarcales, comme l’excision en Égypte, les meurtres d’honneur en Jordanie, les mariages et le viol qui s’en suit de fillettes en Arabie Saoudite, et ont réintroduit des atrocités comme la lapidation en Iran, en Somalie ou au Nigéria. Bien des régimes aussi, sans être officiellement islamiques, se sont appuyés sur ces groupes et partis réactionnaires pour imposer des reculs pour les droits des femmes, comme le Code de la famille en Algérie.


Mais depuis juin 2009 et le mouvement révolutionnaire en Iran, les femmes et jeunes filles aux premiers rangs des manifestations, des protestations et des affrontements avec les forces de répression ont montré aux réactionnaires qui les considèrent comme des «moitiés d’humains» qu’elles pouvaient les combattre et elles montrent, surtout, aux femmes du monde entier que la résistance et la libération sont possibles. Elles démontrent, non pas sur du papier mais dans les faits, que la soumission et l’esclavage peuvent être brisés. Chaque recul de la République Islamique est un recul des islamistes et des réactionnaires partout dans le monde, et le renversement du régime des mollahs en Iran ouvrira la perspective d’écraser partout ceux qui ne rêvent que de maintenir voir de renforcer l’oppression patriarcale, d’enfermer les femmes sous des voiles, et de barrer la route aux aspirations universelles à la liberté et à l’égalité.

Car, contrairement aux discours des réactionnaires et aux idéologies sur le relativisme culturel et le choc des civilisations, il n’y a pas des femmes «musulmanes» à opposer aux femmes «occidentales», mais uniquement des êtres humains qui aspirent à profiter de la vie, à aimer qui elles veulent, et à profiter de toutes les richesses matérielles, intellectuelles, culturelles et sociales que le XXIe siècle pourrait offrir à l’humanité. Qui peut décemment penser qu’il y aurait des fillettes qui souhaiteraient être excisées ? Des gamines qui rêveraient d’être mariées de force et violées à neuf ou dix ans ? Des jeunes filles qui voudraient être tuées «pour l’honneur» ? Des femmes qui aimeraient être lapidées ? Qui se réjouissent d’être des citoyennes de seconde zone ? Qui sont heureuses de devoir, même à quarante ou cinquante ans passés, demander l’autorisation d’un tuteur masculin, mari, frère, père ou oncle, pour pouvoir se marier, quitter le pays, ou travailler ?


Les défenseurs du relativisme culturel et du choc des civilisations peuvent bien théoriser ce qu’ils veulent, il n’y a pas une femme au monde qui souhaite être battue, violée, ou discriminée. Et c’est bien parce qu’elles n’en peuvent plus de subir toute cette oppression, que tant de jeunes femmes d’Afghanistan ou du Kurdistan s’immolent par le feu pour fuir une vie faite de souffrances. À toutes celles qui ne voyaient pas d’autre alternative que la souffrance ou la mort, la révolution féminine en Iran apporte une voix d’espoir, celle d’une vie meilleure, libérée de l’oppression.



La révolte des femmes d’Iran fait battre le cœur de millions et de millions de femmes qui crèvent des traditions rétrogrades et des pressions réactionnaires. Elle résonne dans les cœurs des Algériennes en lutte contre le Code de l’infamie et des Pakistanaises pour l’abrogation des lois Hudood, dans celui des Kurdes révoltées par la barbare mise à mort de Doa Khalil et des Afghanes qui se lèvent contre les lois misogynes du gouvernement Karzaï dignes de celles des Talibans, dans celui des Irakiennes qui refusent la Charria imposée par le gouvernement mis en place par le militarisme US et dans celui des Syriennes qui réclament la criminalisation des meurtres «d’honneur», dans celui des fillettes du Yémen, qui comme Nojoud, refusent d’être mariées à dix ans et dans celui des Soudanaises et Égyptiennes qui ne veulent plus être mutilées.


En avançant la revendication d’égalité totale entre les femmes et les hommes, de la destruction de l’apartheid sexiste, et de l’abolition de toutes les lois religieuses et codes traditionnels qui enferment les femmes, les Iraniennes ouvrent la perspective d’une formidable et radicale révolution féminine et anti-patriarcale. Ce souffle de la liberté se transformera en une tempête qui balayera non seulement la République Islamique et ses mollahs, mais aussi Karzaï et les Talibans, la dynastie Al Saoud, les émirs et les dictatures policières ou militaires, les prédicateurs qui justifient les violences contre les femmes et plus largement tous les défenseurs de la réaction religieuse et des traditions misogynes. En ce sens, cette révolution ne vengera pas seulement toutes les Neda, Taraneh, Delara et autres Iraniennes victimes de trente ans de régime misogyne, mais aussi toutes les Yousra Al-Azam, Nahla Hussain, Aicha Ibrahim Duhulow, et toutes celles qui, d’Algérie au Bangladesh ont été assassinées par les brutes islamistes, ainsi que toutes les Doa Khalil, Banaz Mahmod, Meryem Sökmen, Hatin Surucu, Hamda Abu-Ghanem et autres victimes des traditions patriarcales les plus rétrogrades.


Par leur radicalité et leur combativité, les femmes d’Iran démentent aussi tous les discours des diplomates et intellectuels occidentaux sur les «transformations progressives», la nécessité de changer les choses lentement et «pas à pas», comme si au nom de telle ou telle «culture», «tradition» ou «religion», on pouvait accepter que les droits humains les plus basiques des femmes soient violés. Les Iraniennes ont répondu à ces discours creux et pourraient reprendre ces mots de Nadina El Bedair, journaliste féministe saoudienne : «Les gens disent que les choses vont changer lentement et je leur dis toujours que nous n’avons pas le temps pour que cela change lentement (…). Les gens qui devraient changer sont les gens islamiques et traditionnels, mais je n’ai pas à attendre qu’eux changent leurs idées, je dois changer ma vie parce que je n’ai qu’une vie, qu’une seule chance de vivre ma vie et je veux la vivre comme j’en ai envie et pas comme les islamistes le veulent.» Affrontant la mort par soif de vie, les Iraniennes rappellent face à tous ceux qui ont voulu enterrer cette perspective, que la révolution est la seule voie pour briser l’oppression.

En ouvrant, au cœur d’une région ensanglantée par les guerres, le racisme, le machisme et l’intégrisme religieux, un troisième front, libérateur, féministe et égalitaire, face à l’impérialisme et à l’Islam politique, les femmes d’Iran et les hommes qui luttent à leurs côtés, ouvrent la possibilité d’un Moyen-Orient où il fera bon vivre pour toutes et tous, sans que soient prises en compte les fausses identités religieuses, nationales ou ethniques, où non seulement chaque humain pourra exprimer, sans risque, son opinion mais où les femmes pourront même parler de leurs amants, et pour certaines de leurs amantes, sans aucune crainte. Et bien au-delà du Moyen-Orient, en brisant un régime théocratique et misogyne, la révolution féminine en Iran sera un point d’appui considérable pour celles qui, de Pologne aux États-Unis, doivent affronter l’Église catholique ou les fondamentalistes protestants pour obtenir ou défendre le droit à l’IVG. Suivant le principe que la liberté des femmes mesure le degré de liberté de toute la société, les femmes en Iran, en revendiquant aussi l’abolition de la peine de mort, la libération des prisonnier(e)s politiques et la liberté d’expression, redonnent y compris espoir à Mumia Abu Jamal et aux enfermés des couloirs de la mort, aux anarchistes emprisonnés de Serbie, aux syndicalistes assassinés de Colombie, et à toutes celles et tous ceux qui, où qu’elles ou ils vivent, subissent le poids de la répression étatique, des discriminations, et de l’exploitation capitaliste.


Si le pouvoir institué par les ayatollahs a lancé dans le monde entier le slogan misogyne «Le voile ou les coups», la révolution féminine en cours en lance un autre, doux et tendre comme des mots d’amour : «Ni voile ni coups, liberté ! Égalité !»

Stop Honour Killings, 30 janvier 2010.


Les zapartistes s'engagent aux côtés de la CSN


Code Rouge from CanalZap.tv on Vimeo.



On en a parlé à l'émission, les zapartistes s'engagent aux côtés de la CSN dans le cadre des négociations du secteur public. Toutes les deux semaines une nouvelle capsule humoristique, «parce que rire est une si belle façon de montrer les dents» (...et de dire les choses telle qu'elles sont, sans se casser le bécique avec le médiatiquement correct), sera publié sur le site SecteurPublic.Info. Vous en avez entendu des extraits, voici la vidéo!

(Y'a d'autres capsules sur le site.)

Haro sur la Régie du logement !



Les deux principaux regroupements de défense du droit au logement, le FRAPRU et le RCLALQ, ont cognés coup sur coup sur la pôvre Régie du logement cette semaine.

La Régie du lentement

Hier, une vingtaine de militant-e-s menés par le Bureau d'animation information logement (le BAIL pour les intimes) rebaptisaient théâtralement le bureau de Québec de la Régie en Régie du lentement. Malgré leur sens de l'humour, les manifestant-e-s ont tout de même souligné que c'était on ne peut plus sérieux. Nicole Dionne, porte-parole du BAIL, explique que « le nouveau nom reflète la réalité de milliers de locataires en attente d’une audience. »

Les militant-e-s du BAIL en ont contre la lenteur des procédures à la Régie qui durent en moyenne 16 mois. « Quand les délais d'audience sont supérieurs à la durée d'un bail, cela équivaut à nier aux locataires le droit à un logement sécuritaire et en bon état » a expliqué Mme Dionne. Le BAIL revendique que toutes les causes urgentes, celles impliquant la santé et la sécurité, soient entendues dans un délai de 72 heures et que toutes les autres causes soient entendues sur la base du « premier arrivé, premier servi » et ce, à l'intérieur de 3 mois.

Mission impossible? Pas si le nombre de régisseurs est au rendez-vous. Les comités logement soulignent qu'il y a 10 ans la Régie entendait toutes les causes en dedans de 3 mois. Or, les coupures sont passées par là. C'est pourquoi le RCLALQ, le regroupement national du BAIL, revendique que le prochain budget du gouvernement du Québec prévoit des sommes pour embaucher un personnel suffisant pour que la Régie du lentement redevienne la Régie du logement.

L'action du BAIL s'inscrivait dans le cadre d’une journée d’actions régionales du RCLALQ. Des actions similaires se déroulaient simultanément dans cinq autres villes soit Hull, Montréal, Rimouski, Trois-Rivières et Valleyfield.

De plus en plus de cas de non-paiement de loyer

Aujourd'hui, c'est le FRAPRU qui se farcissait d'un second communiqué rageur prenant à partie la Régie du logement. Du côté des défenseurs de la veuve, de l'orphelin (...et du logement social) on «s’alarme de la hausse significative du nombre de causes de non-paiement de loyer à la Régie du logement». Et il y a de quoi!

Selon une compilation maison, basée sur les rapports annuels de la Régie, le nombre de causes relatives au non-paiement de loyer est passé de 39 942 en 2000-2001 à 46 818 en 2008-2009 à l’échelle du Québec, pour une augmentation de 17,2 %. [On a peut-être là une explication de l'allongement des délais!]

Dans toutes les régions du Québec, le nombre d'évictions augmente (parce que c'est là l'aboutissement logique de ce type de cause). C'est à Montréal que la hausse est la plus marquée, la métropole ne comptant que 40% des locataires de la province mais héritant de 48% des causes en non-paiement de loyer.

De ce côté, notre région s'en tire étonnamment « bien ». Selon le regroupement, le nombre de causes de non-paiement de loyer est demeuré à peu près le même qu’en 2006-2007 au bureau de Québec de la Régie. Le FRAPRU pense que la stabilité économique de la région y est pour beaucoup, en ajoutant que le nombre de causes y est tout de même de 4353.

Selon le FRAPRU, ce phénomène inquiétant n'est que la pointe de l'iceberg. François Saillant, coordonnateur du FRAPRU, affirme que « le nombre croissant de causes de non-paiement de loyer est la pointe visible de l’aggravation d’un problème encore plus considérable, celui de l’incapacité de payer » : « Beaucoup d’autres locataires parviennent de peine et de misère à payer leur loyer, mais au détriment de leurs autres besoins essentiels, au premier chef, la nourriture.» À Québec, par exemple, 17 340 ménages locataires consacrent plus de la moitié de leur revenu au loyer selon les chiffres du dernier recensement (2006). Autrement dit, pour chaque locataire pauvre de Québec qui n'arrive plus à payer son loyer, et qui se retrouve à la Régie, il y en a 3 autres qui y arrivent malgré tout, souvent en se privant de l'essentiel.

C'est entre autre pour ça que le FRAPRU mène actuellement une campagne prébudgétaire sur le thème «c'est nous autres qui sommes dans le trou» dans le but d'éviter que le financement de nouveaux logements sociaux soit sacrifié sur l'autel de la lutte au déficit. Des manifestations simultanées seront organisées le mardi 23 février prochain, à 11 heures, devant les bureaux du premier ministre Charest à Sherbrooke, du ministre des Finances, Raymond Bachand, à Montréal et du ministre responsable de l’Habitation, Laurent Lessard, à Québec. À suivre...

mardi 9 février 2010

Les cols bleus ont touchés une corde sensible

Régis Labeaume aurait qualifié de «vicieuse» une pub radio du syndicat des cols bleus qui roule depuis la fin janvier sur les ondes des radios privés de la capitale. Pour mémoire, cette pub souligne les risques inhérents à la privatisation du ramassage des ordures en cette ère de corruption généralisée. «Crédibilité zéro» clame le maire qui n'oublie pas de rappeler les visites du président de la FTQ sur le bateau de Tony Accurso. Selon le journaliste du Soleil, notre bon maire était «visiblement irrité».

Et il y a de quoi! L'affaire fait l'objet d'un grief qui est maintenant entre les mains d'un arbitre. La cause est médiatisée à souhait. Et ça commence à jaser dans les salles de rédaction. Quand c'est rendu que même un allié indéfectible comme François Bourque soulève des questions dans sa chronique, ça va mal à la shop!

Le plus drôle c'est que Régis Labeaume lui-même donne des arguments aux critiques. En effet, l'an dernier il plaidait pour une présence du public dans le déneigement au côté du privé pour mieux contrôler les prix. La question assassine de François Bourque demeure on ne peut plus pertinente.

Il est possible que le marché des ordures soit différent de celui du déneigement et que les risques de collusion y soient moindres. Mais qui peut le garantir?


Avec un peu de chance, le maire devra peut-être reculer sur celle là. Ou au moins répondre aux questions. Surtout que, suite à la pub, le syndicat commence la distribution cette semaine de 100 000 dépliants dans les chaumières.

Notons tout de même l'ironie de voir celui qui a traité ces mêmes cols bleus de fourreur de système sur les ondes de la radio populiste s'offusquer de se faire servir la même médecine (à dose homéopathique en plus!).

* * *

Voici la pub en question pour nos lecteurs et lectrices qui n'écouterait pas la «radio privé» (probablement la majorité!).






Mauline Parois veut remettre la souveraineté sur la table

Ça y est! Tel un mort-vivant retrouvant ses sens pour chasser les jeunes filles, le Parti Québécois veut réanimer le projet de souveraineté.



Est-ce que le projet de souveraineté de Pauline sera "ethnique"? Est-ce qu'il vise a créer deux classes de nationalité, pour les québécois de souche et les autres? Ou bien est-ce que ce sera le fameux "nous inclusif"? Allez savoir. Les voies du PQ sont impénétrables.

Mais qui sait, peut-être que cette remise à jour sera le chant du signe de la souverainetée. Beaucoup d'anciens militants ont renoncés à ce combat d'antan et la nouvelle génération n'a pas la moindre idée de ce que c'est. Et peut-être que ce sera l'occasion de constater une bonne foi pour toute de réaliser la vacuité de la pensée des militants du PQ.

Si l'option a put être porté par des idées de gauche dans les années 60, elle n'a depuis longtemps plus que des relents puants de la droite économique.

Alors, la souveraineté, d'accord. Mais pourquoi? Pour changer de maître? Sans moi!

dimanche 7 février 2010

Hydro-Québec contre l'affichage dans Limoilou?


(Coup de gueule)
Hydro-Québec a décidé que s'en était fini de l'affichage dans les quartiers centraux à Québec. Vous avez sûrement remarqué les efforts de revitalisation pour remplacer les bons vieux poteaux de bois en matière métallique dans Vieux-Limoilou. Il est vrai que dans la Capitale-Nationale, Limoilou est probablement l'un des derniers quartiers à avoir ces vestiges avec les quartiers centraux. Préparez-vous, il sera de plus en plus difficiles d'afficher librement dans l'arrondissement: voilà que de nouvelles boîtes électriques s'en viennent, avec recouvrement esthétique urbain. Gageons que cet argent bien investi (!) n'est pas par simple hasard corrélé à l'affichage intensif dans Limoilou, St-Sauveur et St-Roch.

Petite histoire du jour.
En ouvrant mon courrier, je me rends compte qu'Hydro-Québec m'avait destiné toute une lettre aujourd'hui! Je m'attendais au pire: augmentation inattendue? explication de mon dossier de mauvaise payeuse? Nope! Pas du tout. Un sondage "Mieux consommer" pour connaître mes habitudes de consommation et des renseignements sur l'endroit où j'habite.

Outre le merveilleux prix qui attira mon oeil, l'élégante Toyota Prius à gagner, j'ai surtout été séduite par les avantages ventées si on remplit le questionnaire: rapport personnalisée pour réduire ma consommation... et donc ma facture! Plus intéressant que la Toyota en tout cas: avez-vous remarqué que dans ce genre de concours, on sait jamais c'est qui qui gagne? Dans ces brefs moments, j'ai tendance à croire à la théorie du complot. Du genre la soeur du frère de l'oncle au directeur-général qui gagne.

En bonne citoyenne, je m'apprêtais donc à remplir ce fameux questionnaire quand j'ai porté plus ample attention à un autre des avantages énoncées: Hydro-Québec s'engage à remettre 35$ à un projet collectif de ma région pour chaque rapport dûment rempli. En fait, d'un élan écologique totalement désespéré, la compagnie remet 30$ pour un rapport rempli papier et 35$ si réalisé en ligne. J'ai pas compris en quoi ça aidait l'environnement étant donné qu'ils m'ont déjà envoyé les 36 pages du formulaire. Y'a-t-il plus de possibilité de récupération si j'ai pas noirci les cases avec mon crayon? Sont-ils en train de me dire qu'ils n'ont pas de bac à récupération dans leurs bureaux? Louche. Ça prendrait une enquête publique.

Anyway, j'ai regardé les projets qu'ils ont planifié faire à Québec. Stupéfaction! Revitalisation de parcs dans Haute-Saint-Charles, dans Beauport et dans Charlesbourg et tadamadamdam (roulement de tambours): "Recouvrement esthétique des armoires du réseau de distribution électrique de la ville dans Cité-Limoilou". Bordel! Y veulent nous enlever nos tableaux d'affichages publics!

Courantcollectif.com pour suivre comme des moutons.
Sur leur site internet, Hydro-Québec détaille leur projet ainsi:
Recouvrement des armoires du réseau de distribution dans des quartiers ciblés, notamment ceux de Saint-Roch et de Saint-Sauveur, et dans les différents arrondissements de la ville afin d’embellir l’environnement urbain et de faire connaître des œuvres d’art au public.
Sérieux, c'est quoi les oeuvres d'art qu'y vont nous mettre? Pis pourquoi nous on peut pas avoir des parcs aussi? On s'en fiches-tu pas à peu près de l'esthétisme des armoires du réseau de distribution? Non mais bandes de caves, on vit dans des quartiers pauvres, on est pauvre, on consomme plus d'électricité à cause de nos osties de proprios caves qui vivent dans Charlesbourg pis qui nous laissent pourrir dans des appartements avec fenestration pourrie.

J'en suis rendu au coup de gueule.

Quand bien même que mes fenêtres sont avec "vitrage simple avec contre-fenêtre", c'est pas ça qui est le problème de ma surconsommation électrique, c'est qu'y'a DEUX POUCES de LOUSSES avec ma porte arrière! Oui, j'ai "plus de 6 heures de soleil" par jour, mais j'ai PAS D'ISOLANT entre la brique pis mes murs! Pis comment votre système mécanique va classer mes réponses alors que j'ai des "thermostats mécaniques intégrés à la plinthe ou au convecteur" amanché (lire: fabriqué artisanalement par quelqu'un d'incompétent/ ou bien qui s'est fait sous-payer au noir) à un système "mécaniques- Unité murales"? J'rentre pas dans vos cases, vous allez annuler mes réponses?

J'ai trois choses à vous dire pour terminer mon coup de gueule:
-Vos cases à la noix, c'est comme les élections: JE M'ABSTIENS parce que vous êtes trop cave pour comprendre qu'on n'y est pas représenté.
-L'art urbain, ça s'achète pas.
-RÉDUISEZ MA FACTURE

Dico anti-capitaliste : Qu’est-ce que le « libre-échange » ?

Théorisé il y a bientôt deux siècles par David Ricardo (Des principes de l’économie politique et de l’impôt en 1817), le libre-échange est toujours présenté par les libéraux comme le nec plus ultra de la modernité. Ce n’est que le concept de liberté réduit à une sinistre caricature : la liberté des marchands et des capitalistes. Cette théorie aujourd’hui mise en oeuvre par l’Organisation mondiale du commerce (OMC) impose la suppression de toutes les barrières douanières protégeant les industries naissantes des pays du Sud. Ces pays sont poussés à spécialiser leur économie dans un seul type de production, soi-disant pour gagner en efficacité, en réalité pour répondre aux besoins des pays du Nord.

Aussi le patron du Fonds monétaire international (FMI), le socialiste Dominique Strauss-Kahn, mentait-il quand il affirmait dans Les Echos du 2-3 mai 2008 que « toutes les nations comptent sur le libre-échange pour nourrir leur population ». En réalité l’agriculture de nombreux pays du Sud a été déstructurée et façonnée pour l’exportation vers les pays du Nord, interdisant l’auto-suffisance alimentaire. Plus d’un milliard d’humains sont maintenus dans une sous-alimentation chronique. Dès que les spéculateurs font monter le prix des denrées alimentaires, blé et riz en particulier, la famine se développe.

Les chiffres fournis en octobre 2007 par le Centre d’études prospectives et d’informations internationales sont édifiants : au niveau mondial, 70 % des exportations sont réalisées par 1 % des entreprises exportatrices. Les 150 premières multinationales avaient en 2007, selon la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (Cnuced), un total d’avoirs supérieur à 117 % du PIB mondial ; ce sont évidemment elles, ou plutôt leurs propriétaires, qui déterminent les règles applicables aux 6,5 milliards d’êtres humains, et qui accaparent les profits les plus élevés.

L’envers du décor du libre-échangisme, c’est le maintien d’un mode de production destructeur pour l’environnement, les conditions sociales et l’autonomie alimentaire des peuples…

Pourtant le libre-échange peut être mis en échec. Rappelons-nous que quand le Canada, premier exportateur mondial d’amiante, a engagé devant l’OMC une procédure contre la France qui désormais interdit cette fibre cancérigène, il a été débouté en mai 2000. Pourquoi ? Pas à cause d’un changement d’orientation de l’OMC qui refuse toujours que des raisons sanitaires perturbent le sacro-saint « libre échange ». Mais, plus prosaïquement, parce que quelques mois après la débâcle qu’elle avait subie face aux manifestations de Seattle, et comme l’analysait le Financial Times du 15 mai 2000, l’OMC ne pouvait se permettre un jugement en faveur du Canada qui aurait « provoqué la fureur des groupes écologistes partout dans le monde […] et aurait encore diminué la crédibilité de l’OMC aux yeux des responsables politiques et de l’opinion ».


Un texte de Jacques Dubart (tiré du numéro 188 d'Alternative libertaire)