lundi 2 juin 2008

À propos de liberté (...de circulation)

Nous avons ce matin une illustration flagrante des problèmes liés à la liberté de circulation dans le monde. Comme chacun le sait, Québec sera l'hôte cet automne du Sommet de la francophonie. Ce genre de rencontre s'accompagne en général d'une foule de réunions parallèles et le Sommet d'octobre ne fait pas exception. Or, voilà que la stupidité étatique entrave le déroulement normal des activités.

On apprend en effet dans Le Soleil qu'une rencontre syndicale du secteur de l'éducation est menacée. En effet, seule une minorité de conférenciers invités ont réussi à obtenir un visa. Concrètement, les autorités ont peur que les syndicalistes africains ne retournent pas chez eux après la réunion. Selon le quotidien, «leurs ressources financières sont jugées insuffisantes, on craint qu’ils ne rentrent pas chez eux, et ce, même si leurs billets d’avion, leur hébergement au Québec, leurs frais de séjour et une assurance rapatriement sont payés par les organisateurs». À ce jour, huit demandes ont été refusées ou seraient en voie de l’être et une vingtaine attendent encore une réponse.

La honte

«C’est pire que la Roumanie», lance au Soleil Roger Ferrari, président du Comité syndical francophone de l’éducation et de la formation (CSFEF), une organisation non gouvernementale dûment accréditée par l’Organisation internationale de la Francophonie. En 2006, à Bucarest, lors de sa dernière réunion biennale, le CSFEF n’avait eu qu’un ou deux cas problèmes.

«Je suis absolument honteux de l’accueil qu’on fait aux gens dans les ambassades, renchérit Christian Payeur, de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), qui est secrétaire général du Comité. Les collègues roumains, bulgares, et de Djibouti ont été traités de façon hautaine, mesquine. (...) On leur dit : “Pouvez-vous nous garantir que vous allez bien revenir dans votre pays?” La personne répond : “J’ai un emploi, un billet de retour.” Puis, ce n’est pas suffisant.»

Forteresse Canada

Ce qu'il faut comprendre c'est que les fonctionnaires appliquent leurs directives racistes habituelles à la lettre. Malgré le discours sur l'immigration, dans les faits le Canada se pose en forteresse et refuse la liberté de circulation des personnes. Il est sidérant que les autorités ne soient pas capable d'assouplir légèrement les règles quand les projecteurs sont braqués sur le pays. Tant de maladresse laisse pantois.

Remarquez, dans le fond c'est peut-être tant mieux. Ça permet de voir le vrai visage de notre «beau pays»: raciste et xénophobe. Ces termes sont-ils trop fort? Je ne pense pas. Comment qualifier autrement l'attitude adoptée par rapport aux délégués des pays pauvres? Est-ce que les délégués de la France ont les mêmes problèmes? Évidemment que non! On dira que «ce n'est pas pareil», qu'un syndicaliste français a peu de chance de vouloir immigrer ici à la faveur d'une réunion internationale, tandis qu'un africain... Justement.

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2 commentaires:

Matthias a dit…
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Matthias a dit…

Le Québec et le Canada ne font malheureusement pas exception avec leur racisme. En Europe on parle aussi beaucoup de la "Forteresse Europe" dans le discour critique, moi aussi d'ailleurs: No Fortress Europe.
L'image d'une forteresse a toutefois des limites importantes car la réalité est plus complexe qu'un simple isolement des pays riches: Ceux et celles qui offrent de la main-d'œuvre demandée par les pays industrialisés, sont les bienvenuEs. L'image n'aide donc pas à aborder le problème de l'inclusion des immigrantEs "utiles" dans le capitalisme.
Ceci dit, je ne suis pas en faveur d'abandonner le terme parce qu'il éclaire la base répressive du système de "liberté" dans lequel nous vivons.