samedi 8 octobre 2011

Occupy everything: Pessimiste ou optimiste?

Avant quand vous vouliez savoir si quelqu'un était par nature optimiste ou pessimiste, vous pouviez lui demander si son verre était à moitié plein ou à moitié vide.

Maintenant, depuis quelques mois, vous pouvez lui demander s'il croit que la révolution viendra par Facebook.

S'il répond oui, c'est un optimiste. On le verra se précipiter au parc Zuccoti à New York ou n'importe quelle autre ville depuis que le mouvement OccupyTogether a pris son envol, essaimant dans toutes les grandes villes comme Montréal, Québec mais aussi Jonquière, Truro, New Glasgow et Val d'Or. Peut-être même que des amis, militants aguéris, railleront son aventurisme. Il répondra en parlant de l'expérience concluante du printemps arabe et le spontanéisme des masses en colère.

Puis il y a le pessimiste. Celui-ci notera l'amateurisme, l'avant-gardisme et le manque d'organisation du mouvement. Il ridiculisera la pensée magique des membres du mouvement "Occupy" qui s'imaginent commencer une révolution via un simple clique (D'ailleurs, vous pouvez me rejoindre sur Occupy Kuujjuaq sur meetup.com!).

Il notera aussi que ceux qui occupent le parc Zuccoti constituent un écosystème idéologique surprenant allant du hippie mangeur de tofu au black block égaré en passant par de vieux maos, Anons, scientologues, syndicalistes, chômeurs, nationalistes, vétérans, anars et bien d'autres plus étranges encore. Quelques millionnaires se sont même mis à appuyer le mouvement. C'est parce qu'ils ont probablement réalisé son aspect complètement innoffensif.

Ces gens se rassemblent sur ce qui les opposent plutôt que ce sur quoi ils s'unissent. Ceux qui lisent leurs publications auront remarqué un rejet répété ad nauseam du pouvoir financier sur les affaires courantes. C'est moins évident de comprendre ce qu'ils souhaitent à la place.

D'autres blâmeront l'optimiste pour son fétichisme de la non-violence. La révolution Bisounours, disait Mermet, en parlant des Indignés espagnols.

Les pessimistes et les optimistes pourront-ils se rejoindre? Peut-être. Ça dépend de l'ampleur que prendra le mouvement. De sa capacité à mobiliser les gens. Occupy Wallstreet a d'ailleurs pris une coche de crédibilité suite aux 700 arrestations sur le pont de Brooklyn. Le mouvement qui ressemblait au début à un feu de paille a ainsi montré sa résilience et a pris de l'ampleur.

Pour l'instant, les optimistes ont de quoi faire...

2 commentaires:

agitateur a dit…

J'adore l'image.

Anonyme a dit…

La version en rouge et noir est encore meilleure :)