C'était écrit en toute lettre ce matin dans Le Soleil. Les habitantEs de la basse-ville peuvent espérer vivre six ans et demi de moins que ceux et celles de la haute-ville. Voilà une illustration frappante des conséquences des inégalités sociales perpétuées par notre système socio-politique.
Grande trouvaille: la pauvreté a un impact sur la santé. En fait, dans le cadre du dévoilement du bilan de santé de la capitale, le directeur de la santé publique a dit n'avoir qu'une priorité pour améliorer le bilan de la région: la lutte à la pauvreté.
Les données de son rapport sont claires: les gens vivent plus vieux (83,2 ans) dans Sainte-Foy-Sillery-Laurentien que dans Basse-ville-Limoilou-Vanier (76,6 ans). Autre chiffre tout aussi frappant: la mortalité infantile est de 5 pour 1000 dans un secteur et de 9 pour 1000 dans l'autre. La différence entre ces deux secteurs de la ville tient en un mot: inégalité. Il y a sept fois plus de personnes assistés sociales et deux fois plus de familles monoparentales en basse-ville qu'en haute-ville.
Malgré notre belle prospérité économique, il y a 30 000 personnes qui vivent une situation économique précaire dans la région. De ce nombre, 12 000 sont des enfants.
Et après ça on nous dira que le capitalisme est le meilleur des systèmes...
mercredi 9 avril 2008
mardi 8 avril 2008
QUEBECOR = CHINE?
Comme tout le monde le sait (sinon vous vivez sur une autre planète), la flamme olympique a toutes les misères du monde pour se frayer un chemin à travers les villes occidentales. Dans le monde sportif, on parle d'une attaque au symbole olympique apolitique mais porteur d'espoir et je ne sais plus trop quoi encore. Pas mal comme apolitisme, un symbole (son voyage partout dans le monde) retenu par Joseph Goebbels pour les jeux de Berlin 1936. En Chine, qu'est-ce qu'on voit et entend? Tout va bien dans le meilleur des mondes, sauf quelques extrémistes TibétainEs et leurs supporters qui s'attaquent au symbole olympique. Bref, c'est marginal et violent. Voilà pour la propagande étatique.
Au Québec, tout le monde sait que Quebecor a foutu ses journaleuSEs du Journal de Québec sur le trottoir avec un lock-out sauvage (on le sait même à Montréal, alors...). Cette fois-ci, rien de tout cela n'existe dans les médias de Péladeau. Les demandes de huis-clos pour le procès des 17 scabs, nada. Les moyens de pression des syndiquéEs, nada. Les remarques sur le manque d'informations locales faites par les éluEs municipaux de la capitale lors du dernier conseil de ville, nada. Bref, voilà pour la propagande de Quebecor.
Bien évidemment, les gens diront avec raison que, si les gens veulent savoir ce qui se passe, il y a un autre journal de masse à Québec. Toutefois, imaginez ce qui se passerait lors d'une situation semblable mais qui toucherait les médias de masse. L'isolation vécue en Chine prendrait forme ici, ou presque.
Heureusement pour nous, nous pouvons encore nous défendre avec nos propres moyens encore non-éliminés. Les blogues d'informations, les médias communautaires (radio/tv/journaux) et les réunions publiques ne sont pas encore officiellement interdits. C'est de ce côté que nous devons nous tourner à l'avenir. Informez-vous sur vos médias locaux et agissez, ce n'est pas le boulot des journaleuSEs de sauver la liberté d'expression, c'est le nôtre.
Qc: Droit de Parole (journal), CKIA et CKRL (radio) sont là et ont besoin de nous!
Au Québec, tout le monde sait que Quebecor a foutu ses journaleuSEs du Journal de Québec sur le trottoir avec un lock-out sauvage (on le sait même à Montréal, alors...). Cette fois-ci, rien de tout cela n'existe dans les médias de Péladeau. Les demandes de huis-clos pour le procès des 17 scabs, nada. Les moyens de pression des syndiquéEs, nada. Les remarques sur le manque d'informations locales faites par les éluEs municipaux de la capitale lors du dernier conseil de ville, nada. Bref, voilà pour la propagande de Quebecor.
Bien évidemment, les gens diront avec raison que, si les gens veulent savoir ce qui se passe, il y a un autre journal de masse à Québec. Toutefois, imaginez ce qui se passerait lors d'une situation semblable mais qui toucherait les médias de masse. L'isolation vécue en Chine prendrait forme ici, ou presque.
Heureusement pour nous, nous pouvons encore nous défendre avec nos propres moyens encore non-éliminés. Les blogues d'informations, les médias communautaires (radio/tv/journaux) et les réunions publiques ne sont pas encore officiellement interdits. C'est de ce côté que nous devons nous tourner à l'avenir. Informez-vous sur vos médias locaux et agissez, ce n'est pas le boulot des journaleuSEs de sauver la liberté d'expression, c'est le nôtre.
Qc: Droit de Parole (journal), CKIA et CKRL (radio) sont là et ont besoin de nous!
lundi 7 avril 2008
transport
La semaine dernière, Le Soleil nous apprenait que le transport en commun progresse à Québec. La raison: de plus en plus de salariéEs prennent le bus tous les jours.
Selon Statistique Canada, la proportion de travailleurs et de travailleuses qui se rendent au travail en transport en commun, dans la région de Québec, a augmenté de 11% en 10 ans. Cette progression se fait essentiellement au détriment de l'automobile. Selon les analystes, c'est exactement l'inverse de la tendance observable dans les autres centres urbains.
À Québec, les salariéEs forment maintenant à peu près la moitié des passagerEs du transport en commun. C'est vraisemblablement vers eux que le RTC devra se tourner pour augmenter sensiblement sa part des déplacements motorisés.
Aujourd'hui, les salariéEs de Québec se rendent au travail en automobile (80.3%), en autobus (10,2%), à pied (7,3%) ou en velo (1,4%). La distance médiane à parcourir entre la maison et le travail est de 6,9 km.
Selon Statistique Canada, la proportion de travailleurs et de travailleuses qui se rendent au travail en transport en commun, dans la région de Québec, a augmenté de 11% en 10 ans. Cette progression se fait essentiellement au détriment de l'automobile. Selon les analystes, c'est exactement l'inverse de la tendance observable dans les autres centres urbains.
À Québec, les salariéEs forment maintenant à peu près la moitié des passagerEs du transport en commun. C'est vraisemblablement vers eux que le RTC devra se tourner pour augmenter sensiblement sa part des déplacements motorisés.
Aujourd'hui, les salariéEs de Québec se rendent au travail en automobile (80.3%), en autobus (10,2%), à pied (7,3%) ou en velo (1,4%). La distance médiane à parcourir entre la maison et le travail est de 6,9 km.
dimanche 6 avril 2008
Eh merde...

Les anarchistes inquiets
Québec, 6 avril 2008 -- Les anarchistes de la capitale sont inquiets. «Au rythme où les symboles du vieux monde partent en fumée ou disparaissent sous les pics des développeurs, nous nous demandons où diable nous pourrons installer les musées des horreurs dans la société post-révolutionnaire» a déclaré le camarade Tovaritch en réaction à l'incendie du Manège militaire. Le révolutionnaire se croise les doigts et espère que l'hôtel du parlement ne disparaitra pas avant le lendemain du grand soir... Heureusement, l'armée étant une institution encore très solide (contrairement à l'église), tout indique que le manège sera reconstruit et que ce ne sera pas pour caser un hôtel ou des condos.
samedi 5 avril 2008
Virage autoritaire à la FEUQ ?
Ça fait des lunes que la «démocratie» des fédérations étudiantes est contestée. Mais ce qui se passe présentement à la FEUQ dépasse l'entendement. Les nouvelles règles référendaires, qui seront peut-être adoptées cette fin de semaine, lors de l'AGA annuelle de la fédération, qui a lieu à l'Université du Québec à Chicoutimi, ont carrément le visage d'un virage autoritaire:
Donc au lieu de combattre le dégel des frais de scolarité, la FEUQ préfère se battre…contre ses membres. Je me demande bon sang comment une personne saine d’esprit pourrait accepter des règlements pareils ! Je pourrais écrire un paquet de jurons tellement cette situation m’enrage et me paraît carrément insensée. Quand c’est rendu que tu as besoin d’emprisonner tes membres pour les garder, ça doit bien être parce que tu ne vaux plus grand chose…
• l’exclusion d’office du vote par voie électronique, ce qui rend difficile,
voire impossible, pour certains étudiants d’exercer leur droit de vote ; •
l’obligation d’inclure deux officiers FEUQ dans le comité référendaire de
l’association étudiante visée, ce qui représente une atteinte grave à la
souveraineté locale et à la neutralité de la fédération étudiante universitaire;
• l’interdiction de tenir compte de la valeur des services
rendus ou des frais occasionnés par les officiers de la FEUQ qui participent au
processus référendaire, ce qui occasionnera un déséquilibre financier profond
entre les camps pro-affiliation et désaffiliation qui doivent disposer d’un
budget égalitaire ;
• la transformation d’un préavis à la FEUQ de
trente (30) jours en un préavis de quatre-vingt-dix (90) jours pour la tenue
d’un référendum, empêchant de tenir la consultation durant la même session où
l’avis référendaire est déposé ;
• une période de campagne limitée
à dix jours, ce qui limite la diffusion d’information aux étudiants afin qu’ils
puissent faire un choix éclairé ;
• l’interdiction de tenir deux
référendums à moins de dix-huit (18) mois d’intervalle, même lorsqu’un
référendum est annulé, ce qui emprisonne la volonté étudiante et constitue une
grave atteinte à la liberté de choix pour une période de plus d’un an et demi ;
• une clause de rétroactivité pour certaines dispositions.
Donc au lieu de combattre le dégel des frais de scolarité, la FEUQ préfère se battre…contre ses membres. Je me demande bon sang comment une personne saine d’esprit pourrait accepter des règlements pareils ! Je pourrais écrire un paquet de jurons tellement cette situation m’enrage et me paraît carrément insensée. Quand c’est rendu que tu as besoin d’emprisonner tes membres pour les garder, ça doit bien être parce que tu ne vaux plus grand chose…
mardi 1 avril 2008
L'anarchie de A à Z, «R» comme Révolution

Notre projet politique, l’égalité et la liberté intégrale pour toutes et tous dans toutes les sphère de la vie, est impossible à réaliser dans le cadre social et politique que nous connaissons.
D’abord, certainEs profitent de l’injustice institutionalisée et ne céderont pas librement leurs privilèges. Ensuite, la logique interne des systèmes d’oppression et d’exploitation –capitalisme, État, patriarcat—rend toute réforme en profondeur impossible.
Un capitalisme qui n’exploite plus les salariéEs pour accumuler du capital, ce n’est plus le capitalisme. Un État qui ne détient plus le monopole de la violence et qui n’est plus une autorité séparée à laquelle la société doit se soumettre, ce n’est plus l’État. Un patriarcat qui ne hiérarchise plus les genres et qui n’exploite plus les femmes, ce n’est plus le patriarcat. On peut certes faire des gains et arracher des victoires qui rendent le monde un peu plus supportable, mais on ne peut pas éradiquer l’injustice sans changer en profondeur la société. L’émancipation complète exige rien de moins qu’une révolution.
On entend généralement par révolution un changement brusque et radical d’un ordre social et politique. Historiquement, et encore aujourd’hui, la plupart des révolutions ont d’abord été des révolutions politiques et se sont plus ou moins limitées à des changements au niveau de l’État. Comme le changement proposé par les anarchistes va beaucoup plus loin, on parle de révolution sociale.
Nous ne croyons pas au « lendemain du Grand Soir » et nous sommes conscientEs que le changement social est un processus long qui prend racine dans les luttes au jour le jour, ici et maintenant. Ceci dit, cela n’évacue pas la question de la révolution qui est un aboutissement possible des luttes sociales. La révolution, c’est quand le rapport de force bascule dans le camp du peuple et permet le renversement des anciennes structures de domination et leur remplacement par l’autogestion généralisée.
Il y a un fossé entre la situation actuelle et une situation révolutionnaire. Un fossé tellement grand que plusieurs croient qu’une révolution est impossible. Il est évident qu’elle n’est pas à l’ordre du jour dans l’immédiat et qu’elle ne semble pas prète à le devenir dans un avenir prévisible. Là n’est pas la question.
L’enjeu est de savoir comment augmenter notre rapport de force et faire le pont entre le présent et une situation révolutionnaire. Pour notre part, nous proposons une stratégie de radicalisation des luttes et la création de contre-pouvoirs. Il s’agit de favoriser le développement de la conscience et de l’autonomie des mouvements sociaux. Construire les rapports de force pour pouvoir éventuellement passer à l’offensive. Développer l’autogestion et la démocratie directe dans les luttes. Favoriser les alternatives sociales sans se faire d’illusion.
La révolution est une option stratégique, c’est notre horizon politique. Il ne s’agit ni d’un acte de pure volonté, ni d’une formule incantatoire. C’est une perspective politique. Personne ne contrôle le climat social. Souvent, par le passé, alors que la situation semblait irrémédiablement bloquée, le temps s’est accéléré et la révolution est apparue là où personne ne l’attendait. Si ça cela reproduit, serons-nous prêtEs?
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Extrait du numéro 19 du journal Cause commune
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