mardi 15 juin 2010

La radio poubelle fait du terrorisme anti-vélo

La semaine dernière, un homme a failli causer un accident qui aurait pu avoir des conséquences fâcheuses pour le cycliste. «Il a baissé sa vitre, s’est mis à me crier des bêtises et s’est collé contre le trottoir. Il m’a accroché avec son rétroviseur et s’est arrêté en plein chemin Sainte-Foy, au vu et au su de tout le monde», explique-t-il.

Voilà le genre de traitement que reçoivent les cyclistes. Alors qu'ils doivent commettre l'héroïque tâche de naviguer entre les voitures, les panneaux de signalisation, les voitures stationnées et tout le reste, les cyclistes doivent affronter l'oppressive présence des conducteurs en action.
«Je me souviens d’en avoir entendu un me dire : “Va t’acheter un char, cri… de crotté!”»
Le cycliste c'est Nicolas Roy. Mais ça pourrait aussi bien être n'importe qui. Ça m'est déjà arrivé. Des cas isolés, direz-vous? Et si, au contraire, l'agressivité des automobilistes était stimulée par quelque chose?


La radio terroriste
Nicolas Roy ajoute qu'"il a entendu parler d’une certaine campagne contre les cyclistes qui aurait été montée par des animateurs de radio à Québec, qui encourageraient les automobilistes à «remettre les vélos à leur place»". Ha bien kin! Voilà nos chères radios poubelles, attisant la haine pour gonfler les sondages BBM, qui sont mises en cause.

Dans ces conditions, employons les grands mots, il est bel et bien question de terrorisme. On enjoint les conducteurs à semer la peur chez les cyclistes pour qu'ils abandonnent ce sport éminemment écologique et responsable. On dissuade l'utilisation responsable d'un moyen de transport évolué au détriment du moteur à explosion, fier responsable des marées noires qui salopent la planète.

"Je refuse le droit d'envisager une méthode responsable de me transporter. Je revendique le droit d'être idiot, de fermer mes yeux, mes oreilles et tous les autres orifices de mon corps aux catastrophes écologiques qui détruisent la planète. Je réclame le droit au crétinisme militant, à être un redneck urbain enragé assoiffé de pétrole et conduisant un hummer. Pour moi, pour être considéré avec respect sur la route, il faut bruler un max de fuel, prendre beaucoup de place et être un mâle blanc, de préférence." disent en substance, ces radios du néant néandertalien. (André Arthur considère d'ailleurs, avec mépris, Jean-Marie De Koninck comme étant un être "femellisé").

Solidarité avec les piétons
J'ai entendu des piétons se plaindre des cyclistes. Ceux-là seraient en compétition pour le trottoir. On accuse les cyclistes de prendre toute la place et de bousculer les piétons.

Je suis désolé, pas d'accord. Le seul ennemi commun dont il est question pour les cyclistes et les piétons, c'est le char. D'ailleurs, la seule raison qui pousse un cycliste à grimper sur un trottoir, c'est précisément pour s'éloigner de ces voitures.

Et puis pour ce qui est des trottoirs aux piétons, je suis d'avis qu'il faut partager. Il ne faut pas en faire une maladie! Des piétons, il y en a plein sur les pistes cyclables. Avez-vous déjà entendu un cycliste s'en plaindre? C'est pas comme si la majorité des trottoirs étaient noires de monde. La plupart sont désertées la majeure partie de la journée. Piétons, vous n'en voudrez tout de même pas à un cycliste tentant de trouver refuge sur un bout de ciment non pollué par l'oppressive voiture?

Et sincèrement, je n'ai jamais vu de bicycles heurter un piéton. Par contre, des cyclistes qui se sont fait frapper, j'en connais plein! Et croyez-moi, vous préférez être frappé par un engin sur deux roues qu'un sur quatre roues.

Et sachez que pour un cycliste, roulez sur un trottoir est un acte courageux. La police ne se gène pas pour donner des tickets à volonté.

Les cyclistes sont aussi souvent forcés de rouler sur le trottoir
1. Lorsque le trafic devient trop dense.
2. Pour éviter les portes d'automobiles qui s'ouvrent au passage (un accident courant).
3. Pour éviter le stress causé par les voitures.
4. Par manque d'espace sur la chaussée.

Selon l'article 492.1 du code de la route, il est permis aux cyclistes de rouler sur le trottoir lorsque les circonstances l'obligent. L'espace légal pouvant être utilisé sur la chaussée est de trois mètres. Et les voitures doivent avoir un espace d'un mètre et demi pour dépasser.

La cohabitation des bicycles et des voitures sur la route, ça fait bien beau sur papier. Tout le monde est d'accord la dessus, en théorie. Sauf qu'un deux roue ne fait juste pas le poids. Il manque un rapport de force avec la voiture. Pourquoi ne pas s'armer d'aliments pourris pour mitrailler les voitures irrespectueuses? Voilà une méthode intéressante.

Alors par pitié, piétons et cyclistes, solidarité!

Il faut réclamer
- Des vitesses plus basse en milieu urbain pour les voitures. Des dos d'ânes sont envisageables.
- Plus de pistes cyclables. Loin des voitures, c'est moins dangereux.

Inutile de dire que le projet de donner une voie de voiture entière aux cyclistes sur René-Lévesque est un projet emballant. C'est dans les boites de la ville. Allons voir ou ça va nous mener.

12 commentaires:

Anonyme a dit…

Ça fait pas mal manichéen cette histoire des bons cyclistes et des méchants automobilistes.

J'ai une auto, mais 90% du temps j'utilise le transport en commun.

Le vélo pour moi, c'est un sport et pas un moyen de transport. Par contre, c'est vrai que pour certains (une minorité) cela puisse en être un.

Le gros problème que j'ai avec les vélos, c,est quand ils sont sur la route l'hiver.

Quant aux vélos sur le trottoir, j'en croise tous les jours. Ça ne me dérange pas trop et je me tasse -- car eux ne le peuvent pas...

Anonyme a dit…

Si tu vas dans la rue avec ton vélo, c'est souvent plus dangereux pour toi que tu peux l'être pour un piéton quand tu roules sur le trottoir.
Les chars c'est de la merde, et avoir un char c'est choisir d'en avoir un. Y a d'autre solutions. Ceux qui en ont besoin tous les jours ont choisi un mode de vie qui les oblige à s'en servir quotidiennement. Ton quotidien, si t'es maître de ton destin, tu le choisi mon gars!

Alex

Anonyme a dit…

Il aurais dû ouvrir la porte au passage ....Merde y a des points à ramasser !!!

Anonyme a dit…

Tu paie des immatriculations ??? Un permis de conduire ??? Tu paie une cotisation à la SAAQ ? NON !!!! Ben siboire ta pas d'AFFAIRE DANS RUE !!

Anonyme a dit…

Les routes ne sont pas entretenues à travers l'unique budget cumulé par les immatriculation (SAAQ) et les permis de conduire. Le gouvernement pige sans ménagement dans les fonds publics pour entretenir l'incroyable réseau de routes et d'autoroutes en laissant des miettes pour les pistes cyclables.

-O- a dit…

Je suis d'accord avec le premier anonyme "Ça fait pas mal manichéen cette histoire des bons cyclistes et des méchants automobilistes"...

Car au fond, faire la guerre aux voitures est aussi stupide que faire la guerre aux vélos.

Combien de vaines querelles et de problèmes inventés nous éviterions si tout le monde recevait une meilleure éducation.

destruction.rev a dit…

6000$ par année. C'est ce qu'il nous en coute en taxe à chacun pour entretenir le réseau routier (accident de la route, réparation, effectifs policier etc.)

6000$ par année. C'est ce que je paye, même si je ne conduis pas de voiture. Même si je n'utilise mon vélo.

6000$ par année. C'est ce que je payer pour ces gens qui pensent que la route leur est due. Parce qu'ils ont un "char". Parce qu'ils sont grands maintenant. Des adultes.

6000$ par année. Et ce n'est même pas une question d'argent. C'est une question de principe. De logique. Les automobilistes croient que tout leur est dû.

Non.

C'est eux qui ont une dette envers la société.

Anonyme a dit…

Pour avoir roulé plus de 4000 km en ville et en cyclo-tourisme, je considère qu'on devrait obliger les cyclistes à s'équipper d'un rétro-viseur plutôt que d'immatriculer leur vélo. C'est nettement plus sécuritaire être conscient du traffic derrière soi qu'avoir un vélo plaqué !

C'est incroyable de constater l'étroitesse d'esprit de certaines personnes «Le vélo c'est un loisir, pas un transport pour aller travailler» que j'ai pu lire dans les commentaires d'une radio-poubelle. C'est comme si je leur disais que le golf c'est un jeu, pas un sport...

J'avoue que c'est quand même divertissant dépasser une lignée de voitures arrêtées dans le traffic! Et c'est pas pour vous baver, chers auto-immobilistes, qu'on se faufile ainsi, c'est juste qu'un vélo c'est super efficace en ville, acceptez-le simplement! Rappelez-vous que ça fait une voiture en moins sur la route donc moins de traffic et plus de stationnement!

Et de tous ceux qui pensent «remettre les cyclistes à leur place», je me demande combien le feraient si c'était une belle étudiante qui se rend à l'université à vélo?! Avouez que c'est pas si terrible que ça ralentir ou laisser un minimum d'espace, hein?

-O- a dit…

La question que se pose à lui-même le dernier anonyme me plait. Il dit "je me demande combien [d'auto immmobilistes] le feraient [remettre les cyclistes à leur place] si c'était une belle étudiante qui se rend à l'université à vélo?!"

Je m'interroge donc à savoir la proportion de belles filles qui se rend à l'université à vélo. Y a-t-il plus ou moins de belles filles qui le font? Pourquoi? Que faire pour créer des conditions favorables à un partage harmonieux de l'espace public? En tout cas je suis d'accord pour qu'il y ait plus de belles filles.

-O- a dit…

Le dernier anonyme a surtout raison losqu'il dit "C'est nettement plus sécuritaire être conscient [...]".

Unknown a dit…

Hey le jambon. Les routes TOUT LE MONDE LES PAYE. si tu pense que les routes du Québec sont payées avec les immatriculations t'es un maudît cabochon. Au mieux ca payerait environ 8 km. Maudit épais. Tu pense pas que les cyclistes paye pas de taxes ? Entoucas ils subventionnent autant de pétrolières que de crisses d'enfants de gorilles de ton genre. Déchet.

Jean-Marc Laurin a dit…
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