Après cinq ans, le Collectif de Minuit s'est imposé dans le paysage de l'Université Laval. Présenté comme une alternative à Sodexo, le collectif offre de la bouffe végétalienne gratuite à tous ceux qui le demandent.
Le Collectif de Minuit, chaque mardi entre 11:30 et 13 heures au pavillon De-Koninck.
Mais sinon, qui sont-ils? D'ou vient leur motivation? Pourquoi se casser le cul une fois par semaine à faire de la cafétéria-guerilla (L'AESS utilise l'excellent terme de "militants d’extrême-bouffe")? C'est cela qu'on va voir avec un petit reportage audio magique.
Le Collectif de Minuit démasqué (12 min)
3657-1-collectifdeminuit.mp3
samedi 30 octobre 2010
vendredi 29 octobre 2010
La mémoire du ramoneur des pauvres revitalisé
La ville de Québec vient de rendre disponible une série de documentaire audio sur les personnages qui ont marqués la ville. Personnages populaires, leurs épigraphes ornent les murs des facades d'édifices.
Parmis ceux-ci, Luc-André Godbout, dit le ramoneur des pauvres. Personnage originaire du quartier St-Sauveur, il faisait toute sorte de besogne bénévolement. Les locaux du Comité de Citoyen et Citoyennes de St-Sauveur, dans lequel monsieur Godbout a déjà habité, portent son nom.
Pourquoi ne pas refaire le chemin de cet homme de cœur, profondément engagé?
epigraphes_godbout.mp3
Toutes les épigraphes sont disponible ici. Ceux qui sont accompagnés d'un document audio sont soulignés (Il y a un hyperlien sur leur nom).
Je vous suggère aussi d'écouter l'extrait sur Maurice Pollack, juif victime de persécution dans les années 30. "L'argent dépensé chez Pollack servira à financer les communistes" hurlent les fous de dieu à l'époque.
Parmis ceux-ci, Luc-André Godbout, dit le ramoneur des pauvres. Personnage originaire du quartier St-Sauveur, il faisait toute sorte de besogne bénévolement. Les locaux du Comité de Citoyen et Citoyennes de St-Sauveur, dans lequel monsieur Godbout a déjà habité, portent son nom.
Pourquoi ne pas refaire le chemin de cet homme de cœur, profondément engagé?
epigraphes_godbout.mp3
Toutes les épigraphes sont disponible ici. Ceux qui sont accompagnés d'un document audio sont soulignés (Il y a un hyperlien sur leur nom).
Je vous suggère aussi d'écouter l'extrait sur Maurice Pollack, juif victime de persécution dans les années 30. "L'argent dépensé chez Pollack servira à financer les communistes" hurlent les fous de dieu à l'époque.
jeudi 28 octobre 2010
Le FRAPRU bloque un édifice des Forces aériennes du Canada à Ottawa
Du logement social au lieu des F-35 !
Une vidéo de Bill Clenett, un militant de l'Outaouais
Hier, quelques 450 locataires ont exprimé leur colère contre les choix budgétaires du gouvernement conservateur de Stephen Harper, en bloquant des bureaux de la Force aérienne du Canada, au 400, rue Cumberland, à Ottawa. Il y avait des gens de l'Outaouais, de Montréal, de Sherbrooke et même de Québec (26 militant-e-s avait fait le voyage).
==> Quelques photos
Le FRAPRU, qui avait mobilisé tout ce beau monde, voulait protester avec force et conviction contre la décision de réduire d’un milliard $ par an, à compter du 1er avril 2011, les fonds consacrés à la construction et à la rénovation de logements sociaux au Canada. Le FRAPRU ne digère pas que ces réductions surviennent au moment où le gouvernement vient d’accorder, sans appel d’offres, 9 milliards $ à la compagnie américaine Lockheed Martin pour l’achat de 65 avions chasseurs F-35, de même que des sommes pouvant s’élever jusqu’à 7 milliards $ pour leur entretien.
Le coordonnateur de l’organisme, François Saillant, est scandalisé : « Avec le coût d’achat et d’entretien d’un seul F-35, le gouvernement aurait pu subventionner jusqu’à 3500 logements sociaux. Ça en dit long sur les priorités du gouvernement Harper qui est prêt à engraisser l’industrie de la mort, tout en réduisant à des miettes son aide au logement pour les sans-abri, les mal-logés, les communautés autochtones et nordiques, ainsi que pour les locataires à faible revenu demeurant dans les logements sociaux existants ». Il rappelle qu’en 2011-2012, le budget du Ministère de la Défense nationale approchera les 22 milliards $ par an, soit onze fois plus que ce qui restera dans le budget de la Société canadienne d’hypothèques et de logement.
Le ministre des Finances, Jim Flaherty, a confirmé, à plusieurs reprises au cours des dernières semaines, sa décision de mettre fin, à partir de ce moment, à ses mesures de relance économique amorcées en 2009, dont celles pour le logement. En raison de la fin des investissements prévus dans le plan de relance économique, les provinces recevront annuellement 250 millions $ de moins pour la construction de logements sociaux et 500 millions $ de moins pour la rénovation de logements sociaux existants. Les Premières Nations seront quant à elles privées de 200 millions d’investissements par an et les communautés nordiques de 100 millions $.
Le FRAPRU lui demande de revenir sur cette décision, en maintenant ses investissements des deux dernières années dans la rénovation et l’amélioration des logements sociaux existants et en portant à 2 milliards $ par an ses investissements pour la construction de nouvelles habitations. Pour François Saillant, « il n’est pas aussi clair que le prétend le gouvernement Harper que la crise économique est vraiment derrière nous ; ce qui est clair en revanche, c’est que la crise du logement, elle, continue à frapper très durement partout au Canada, y compris au Québec ».
Selon les chiffres mêmes du gouvernement fédéral, en 2006, avant même le déclenchement de la crise, 1 494 400 ménages avaient des besoins urgents de logement au Canada. De plus, on évalue entre 150 000 et le 300 000 le nombre de sans-abri.
Depuis le printemps dernier, certains secteurs des mouvements sociaux tentent de hausser le ton dans les luttes. Il y a eu le déchiquetage du pseudo-plan de lutte à la pauvreté du gouvernement et le manifeste-agi du Collectif pour un Québec sans pauvreté, les nombreuses actions de la coordination québécoise de la Marche mondiale des femmes (dont une occupation de bureau à Montréal et de nombreuses actions colorées au sens propre [i.e. collage, bombage, peinturlurage...]). Il y a maintenant les blocages. C'est le deuxième pour le FRAPRU, le premier ayant eu lieu le 30 septembre, et il y en aura un autre, à Montréal, le 23 novembre. Serions-nous en train d'assister à un début timide de radicalisation des luttes? À suivre...
Une vidéo de Bill Clenett, un militant de l'Outaouais
Hier, quelques 450 locataires ont exprimé leur colère contre les choix budgétaires du gouvernement conservateur de Stephen Harper, en bloquant des bureaux de la Force aérienne du Canada, au 400, rue Cumberland, à Ottawa. Il y avait des gens de l'Outaouais, de Montréal, de Sherbrooke et même de Québec (26 militant-e-s avait fait le voyage).==> Quelques photos
Le FRAPRU, qui avait mobilisé tout ce beau monde, voulait protester avec force et conviction contre la décision de réduire d’un milliard $ par an, à compter du 1er avril 2011, les fonds consacrés à la construction et à la rénovation de logements sociaux au Canada. Le FRAPRU ne digère pas que ces réductions surviennent au moment où le gouvernement vient d’accorder, sans appel d’offres, 9 milliards $ à la compagnie américaine Lockheed Martin pour l’achat de 65 avions chasseurs F-35, de même que des sommes pouvant s’élever jusqu’à 7 milliards $ pour leur entretien.
Le coordonnateur de l’organisme, François Saillant, est scandalisé : « Avec le coût d’achat et d’entretien d’un seul F-35, le gouvernement aurait pu subventionner jusqu’à 3500 logements sociaux. Ça en dit long sur les priorités du gouvernement Harper qui est prêt à engraisser l’industrie de la mort, tout en réduisant à des miettes son aide au logement pour les sans-abri, les mal-logés, les communautés autochtones et nordiques, ainsi que pour les locataires à faible revenu demeurant dans les logements sociaux existants ». Il rappelle qu’en 2011-2012, le budget du Ministère de la Défense nationale approchera les 22 milliards $ par an, soit onze fois plus que ce qui restera dans le budget de la Société canadienne d’hypothèques et de logement.
Le ministre des Finances, Jim Flaherty, a confirmé, à plusieurs reprises au cours des dernières semaines, sa décision de mettre fin, à partir de ce moment, à ses mesures de relance économique amorcées en 2009, dont celles pour le logement. En raison de la fin des investissements prévus dans le plan de relance économique, les provinces recevront annuellement 250 millions $ de moins pour la construction de logements sociaux et 500 millions $ de moins pour la rénovation de logements sociaux existants. Les Premières Nations seront quant à elles privées de 200 millions d’investissements par an et les communautés nordiques de 100 millions $.
Le FRAPRU lui demande de revenir sur cette décision, en maintenant ses investissements des deux dernières années dans la rénovation et l’amélioration des logements sociaux existants et en portant à 2 milliards $ par an ses investissements pour la construction de nouvelles habitations. Pour François Saillant, « il n’est pas aussi clair que le prétend le gouvernement Harper que la crise économique est vraiment derrière nous ; ce qui est clair en revanche, c’est que la crise du logement, elle, continue à frapper très durement partout au Canada, y compris au Québec ».
Selon les chiffres mêmes du gouvernement fédéral, en 2006, avant même le déclenchement de la crise, 1 494 400 ménages avaient des besoins urgents de logement au Canada. De plus, on évalue entre 150 000 et le 300 000 le nombre de sans-abri.
Depuis le printemps dernier, certains secteurs des mouvements sociaux tentent de hausser le ton dans les luttes. Il y a eu le déchiquetage du pseudo-plan de lutte à la pauvreté du gouvernement et le manifeste-agi du Collectif pour un Québec sans pauvreté, les nombreuses actions de la coordination québécoise de la Marche mondiale des femmes (dont une occupation de bureau à Montréal et de nombreuses actions colorées au sens propre [i.e. collage, bombage, peinturlurage...]). Il y a maintenant les blocages. C'est le deuxième pour le FRAPRU, le premier ayant eu lieu le 30 septembre, et il y en aura un autre, à Montréal, le 23 novembre. Serions-nous en train d'assister à un début timide de radicalisation des luttes? À suivre...
RLQ: Les meilleures citations
Quelques citations de nos amis du Réseau Liberté Québec. Faire jouer les rires en cannes en boucle pour accompagner la lecture.
Nathalie Elgrably-Lévy
Liberté, Le Journal de Montréal, p. 27 / Juin 10, 2010« Selon l’Institut Fraser, cette année, la journée d'affranchissement de l'impôt est arrivée le 7 juin, deux jours plus tard que l’an dernier. Concrètement, cela signifie que du 1er janvier au 7 juin, les Québécois ont donc travaillé pour… l’État! […] Si nous en sommes arrivés là, c’est parce que la classe politique a capitulé devant les groupes de pression passés maîtres dans l’art d’amener l’État à prendre en charge les individus en transformant systématiquement leurs besoins en droits: droit au logement, droit à l’éducation, droit aux médicaments, droit aux loisirs, droit au travail, etc. »
Jacques Brassard
«Nous disposons de trois parcs nationaux, d'un parc marin, de six réserves écologiques et de quatorze écosystèmes forestiers exceptionnels, toutes des superficies affectées d'un très haut niveau de protection. J'affirme que c'est assez. Ça suffit !» (23 mars 2005)
«Il y a d'un côté, le fascisme islamiste et tous ceux qui le tolèrent par lâcheté ou par idéologie; et de l'autre, il y a, comme tout au long du XXe siècle, le camp de la liberté avec, heureusement, l'Amérique à sa tête» (18 novembre 2004)
« Les opposants à la guerre en Irak sont une coalition incorporant l'univers médiatique, les intellectuels et stratèges de salon, les partis politiques, les pacifistes anti-américains et toute la nébuleuse de gauche. Sans oublier les communautés musulmanes de toutes origines» (2 août 2006). On les voit défiler dans nos villes avec des pancartes» (29 mars 2006).
2006. « SPQ Libre : bêtise affligeante et idée totalement saugrenue... ». Le Quotidien, 8 novembre. En ligne (page consultée le 8 mars 2007)
« Et comme toujours dans ces cas-là, les médias relaient en l’amplifiant le prêchi-prêcha des verts sur les prétendus menaces que fait peser sur l’environnement l’exploitation des gaz de schiste. Faire peur au monde pour stopper tout développement est le plus vieux stratagème utilisé par les chamans écolos. »CRÉER DE LA RICHESSE, 20 sept, blogue Brassard.
« Quand donc nos politiciens vont-ils, en matière de climat, se sortir de la torpeur hypnotique qui les fait se comporter comme des automates-perroquets ? Quand vont-ils simplement se réveiller et reconnaître qu’une réflexion s’impose sur l’état de la science climatique avant de s’enfoncer davantage dans l’univers écolo-totalitaire des quotas, des contraintes, des règlements, des interdits, des taxes, des amendes et…de la décroissance économique? »ANECTODES ÉCOLO-BURLESQUES, 23 fev 2010., Blogue Brassard
Éric Duhaime
« Si des changements majeurs n’ont pas lieu, des conflits intergénérationnels pourraient éclater entre des jeunes qui s’opposent à se faire confisquer une part trop importante de leur salaire et des retraités qui vivent dans la peur de voir leurs prestations réduites. »Institut Économique de Montréal, Les notes économiques, Mai 2010, Réformer le RRQ pour redonner le contrôle au travailleur.
Frédéric Têtu
« Autre fait désolant, cinq décennies de politiciens y allant à grands coups d’interventionnisme mal avisé ont fait du Québec la zone industrialisée la plus pauvre (certains diront «la moins riche») en Amérique du nord. Contrairement à ce que veut la sagesse populaire, ce n’était pas le cas à la fin des années Duplessis. »
« Pour la chronique, notons en passant que la première moitié du XXe siècle fut pour le Québec une période de croissance accélérée tant sous les libéraux de Taschereau que sous l’Union nationale de Duplessis, et tant sur le plan économique que sur les plans social et institutionnel. »L’affaire Maxime Bernier et l’immobilisme québécois
Joignez-vous au plaisir! Proposez nous vos propres citations des gens proches du Réseau Liberté Québec. N'oubliez pas de mentionner vos sources! Celui qui donnera les citations les plus pertinentes se méritera un splendide hochet!
Et pour couronner le tout, quelques vox pop de plus
Vox pop 1
3657-1-voxpop1.mp3
Vox pop 2
3657-1-voxpop2.mp3
Vox pop 3
3657-2-voxpop4.mp3
Vox pop 4
3657-3-voxpop6.mp3
La conférence d'ouverture avec Johanne Marcotte, Jean-Francois Fillion et Ezra Levant
3657-4-conferenceintrochosemarcottefillionezra.mp3
mercredi 27 octobre 2010
Voix de faits dans tes oreilles

Au menu cette semaine:
- Lancement du Réseau Liberté Québec
- La France en grève, entrevue avec Théo d'Alternative Libertaire
- Actualité internationale
3657-1-vdf27octobre2010.mp3
Si vous voulez juste écouter l'entrevue avec Théo, militant syndicaliste à Alternative libertaire, c'est possible aussi (pour le RLQ, c'est par ici)
3657-1-entrevue_theo.mp3
* * *
PLAYLIST
86 CREW - Répression
http://le86crew.free.fr/
LUDWIG VON 88 - Lapin Billy s'en va t'en guerre
http://www.myspace.com/ludwigvon88
ZEBDA - Le bruit et l'odeur
http://www.myspace.com/zebdaska
LA COMPAGNIE JOLIE MÔME - C'est dans la rue que ça s'passe
À la base, la Cie Jolie Môme c'est une troupe de théâtre, pas un groupe de musique. On les voit en pleine action dans la vidéo ci-haut (même action, d'une autre perspective, et un peu plus long par ici...). On peut écouter la version studio sur le site de la Cie.
http://www.cie-joliemome.org/
* * *
Voix de faits c'est l'émission de radio du Collectif anarchiste La Nuit (UCL-Québec).
Actualité sociale, contre-culturelle et politique, info sur les luttes, coups de gueule et coups de cœur, ‘Voix de faits’ est la version radiophonique du blogue du même nom. Une autre façon d’occuper le terrain, d’exister politiquement. Une arme de plus dans les luttes sociales et politiques. Un point de ralliement dans la bataille des idées.
lundi 25 octobre 2010
On en apprend tous les jours...
Connaissez-vous Aldo Miguel Paolinelli? Moi non plus. Pourtant, on gagnerait à connaître cet ancien prisonnier politique argentin, ouvrier de la construction et président de sa fédération à la CSN. Si les médias pouvaient s'intéresser à d'autre chose qu'aux grosses poches, ce ne serait pas un inconnu. Mais aucune information n'a été publiée sur lui, même si c'est un de ceux qui ont menés la dernière négo dans la construction. Rien, niet, nada. À Babord comble cette lacune avec un portrait impressionniste et intimiste.Je savais, comme tout ceux qui s'intéressent de près au syndicalisme que le nouveau président de la CSN-Construction avait un nom à consonance italienne. J'avais trouvé ça rigolo que les «monsieur propre» du syndicalisme du bâtiment aient choisi d'élire un Paolinelli à la tête de leur centrale alors que ceux d'en face, qu'on accuse régulièrement de corruption et de pratiques mafieuses, ont des dirigeants aux noms bien pure laine. Un genre de pied de nez.
J'étais loin de me douter de qui ils avaient élu! Oh, ne partez pas en peur, ce n'est pas un anarchiste. Il le dit lui-même: «Je ne suis pas anarchiste, je n'ai pas cette prétention, mais tu ne peux pas savoir comme je les aime.» Il faut dire que là d'où il vient, Buenos Aires, l'image mentale de l'anarchiste n'est pas celle d'un punk pouilleux. L'Argentine est le pays du monde, après l'Espagne évidemment, où les anars ont pesé le plus lourd historiquement. Au début du siècle, et jusque dans les années 1930, ils étaient dominants dans le mouvement ouvrier. Pour quelqu'un qui a grandi dans les années 1970, les anarchistes ce sont en quelque sorte «les anciens», des gens entêtés, comme il dit, généreux et d'un engagement indéfectible contre la tyrannie et l'abrutissement, prêts à risquer leur vie pour défendre la liberté et la dignité.
Le président de la CSN-Construction trouve donc les anarchistes sympathiques. Mais ce n'est pas tout. Dans sa jeunesse, Aldo Miguel Paolinelli s'est engagé sur le chemin de la révolution socialiste. Il a été arrêté en avril 1975, à l'âge de 16 ans, pour «diffusion de propagande». Il ne sera libéré qu'en avril 1983, à 24 ans. C'est en prison qu'il s'est instruit et trempé. Dans l'année suivant sa libération, il émigre au Québec pour refaire sa vie. Ici il continue de militer, entre autre dans le milieu communautaire, à Radio Centre-Ville où il tient la barre d'une émission sur l'immigration et dans le milieu syndical.
Aldo Miguel Paolinelli a une conception plutôt rare de la société, du syndicalisme et de l'industrie de la construction. Voici quelques citations tirées d'À Babord!.
Sur la société : «Il y a de moins en moins de portes de sortie dans la société de consommation. Ça devient une prison. Dans le milieu de la construction, c'est terrible : mon 4X4, ma piscine creusée, les cours de ma fille. Ça rend les ouvriers extrêmement dépendants. Ils s'endettent et sont prêts à accepter n'importe quoi pour travailler, au détriment de leurs droits et de leur qualité de vie. Et c'est une réalité qui ne touche pas juste le milieu de la construction. Le système de consommation est plus envahissant ici qu'en Argentine.»
Sur le syndicalisme : «Le rôle des syndicats est bien sûr de rassembler des gens qui ont des intérêts communs et de les défendre, mais une fois ces objectifs atteints, les autres membres de la société, qui ne sont pas syndiqués, doivent y accéder aussi. Je ne suis pas un intellectuel, des éléments me manquent, mais parfois on a des intuitions... Écouter parler les dirigeants syndicaux aujourd'hui... on ne parle plus des intérêts des travailleurs, on parle de développement économique... Le développement économique... Ça favorise qui, au juste? [...] Les syndicats ont renoncé à toute transformation sociale et travaillent essentiellement à ne pas perdre des droits et des acquis. Bon, il y a une nuance important à apporter. Il y a encore des vrais militants qui se battent pour ça à la CSN, mais ils doivent se battre aussi contre les fonctionnaires syndicaux qui parlent et pensent en langue de bois.»
Sur l'industrie de la construction : «Aujourd'hui dans la construction il y a une hypocrisie énorme, celle du partenariat. T'entends parler les dirigeants syndicaux: « Notre industrie », qu'ils disent! Ça ne m'appartient pas cette industrie-là, je n'ai pas d'intérêts là-dedans... Le travailleurs de la construction vend sa force de travail, sa santé, pour grossir les profits des compagnies. En échange de quoi il obtient des conditions de travail précaire, peut-être un fonds de pension. S'il est chanceux et n'est pas charcuté. [...] Notre industrie? Attends un peu là. Si c'est notre industrie, comment ça se fait qu'on ne peut pas déterminer les règles du jeu? Et partager les profits? [...] Ce n'est pas une religion le partenariat. Quand on nous opprime, ce n'est plus notre industrie. Le jour où les patrons viendront nous voir pour nous demander ce qu'on veut, on sera dans un autre système.»
À la CSN, la tradition veut que les syndicalistes s'appellent «camarade» entre eux. Sauf pour quelques copains et des militants que je connais un peu, j'ai toujours trouvé ça un peu bizarre de penser aux bureaucrates et aux dirigeants comme à des «camarades». En voilà bien un, de dirigeant, qui semble mériter le terme. Dommage qu'ils ne soient pas plus nombreux.
Source des citations: Aldo Miguel Paolinelli - «Fils de pute» et président de la CSN-Construction, dans À Babord! no 36, actuellement en kiosque.
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