dimanche 14 août 2011

Front libertaire - Une discussion qui se poursuit...

Pour faire suite à la publication de «Propositions pour un front libertaire dans la région de Québec», le Collectif anarchiste La Nuit a organisé une première réunion publique dimanche passé. Cette première rencontre nous a permis de constater que les grandes lignes de notre analyse de la conjoncture était partagées (avec évidemment des nuances). D'autres rencontres auront lieu pour aborder de front les perspectives d'actions concrètes.

Points saillants de la discussion

Au plan politique, La Nuit postulait que la situation est instable dans la région et qu'on ne peut discerner de bloc politique dominant. Cette analyse est globalement partagée mais il n’y a pas de consensus sur «la montée de la droite» (est-ce qu’elle s’essouffle, comme nous le pensons, ou pas? et d'abord, de quelle droite on parle?).

En ce qui concerne les mouvements sociaux, tout le monde constate une radicalisation de certains mouvements (le mouvement syndical, par exemple, n'est pas concerné...). Toutefois, il faut reconnaître qu'on part de vraiment loin dans la région de Québec et que la création d'un rapport de force est loin d'être gagnée. Développer une culture de mobilisation n’est pas de la tarte mais ça peut se faire.

Le mouvement libertaire de Québec semble effectivement traverser une mauvaise passe en ce moment. La grande question est de savoir si c'est conjoncturel, peut-être à cause d'un changement de génération, ou plus profond.

Dans le contexte actuel, les anarchistes ont plusieurs rôles à jouer, entre autres favoriser l’auto-organisation et la démocratie directe, questionner l’autorité, incarner les valeurs libertaire, diffuser l’anarchisme, mener des campagnes subversives.

* * *

Cette discussion est loin d'être terminée et d'autres rencontres sont déjà prévues pour aborder la formation d'un nouveau collectif libertaire dans la région et les perspectives d'actions concrètes. Il n'est pas trop tard pour nous faire part de votre intérêt et participer au processus.

mardi 9 août 2011

Vendeur

Un vidéo "non-officiel" de la pièce Vendeur des Goules.



On la dédie à tous nos amis politiciens, prêtres, relationnistes, journaleux, exploiteurs et capitalistes en tout genre.

dimanche 7 août 2011

Parti Indépendantiste: repaire de l'extrême-droite

Le Parti Indépendantiste fait beaucoup jaser ces derniers jours. Son chef, Éric Tremblay, souhaite aujourd'hui laisser sa place au député démissionaire Jean-Martin Aussant.

Aussi, le député de Verchères, Stéphane Bergeron, a émit récemment l'opinion suivante: "imaginez l'espoir extraordinaire que susciterait l'apparition, sur la scène politique québécoise, d'une coalition progressiste et souverainiste..." en parlant d'une alliance de tous les partis souverainistes, dont le Parti indépendantiste.

Ceux-ci sont séduits par l'approche de l'indépendance clé en main, sans référendum. Notez qu'on a relégué aux oubliettes depuis longtemps la raison de la faire, cette indépendance, pour se concentrer sur l'objectif fantasmé que "ça va toutte régler les problêmes".

Pourtant le parti ne fait même pas l'effort de se cacher. Il est peuplé d'authentiques réactionnaires racistes.

jeudi 4 août 2011

Le patron de White Birch Paper est une caricature de bourgeois

Qui a dit que les charmes de la bourgeoisie devaient être discrets? On apprend aujourd'hui que le propriétaire étasunien des usines Papiers White Birch est une vraie caricature d'exploiteur capitaliste.

Son nom est Peter M. Brant. Il fut condamné à 84 jours de prison en 1990 pour des "failles dans sa comptabilité fiscale". Entre un voyage en yacht et une tournée à Las Vegas en jet privé, il peut se rouler dans une fortune personnelle estimée à 2,4 milliards $US. La femme de Peter Brant est Stephanie Seymour, ex-mannequin internationale et 22e sur la liste des "25 Hottest Wives of Business".

Pendant ce temps, le destin des 1000 travailleurs québécois est en jeu. Papiers White Birch négocie avec une autre compagnie étasunienne, Black Diamond, et le gouvernement québécois, pour sauver sa mise. Pour conclure l'achat, Black Diamond voulait carrément supprimer le régime de retraite dont le déficit atteint 150 millions $. La compagnie négocie maintenant des "allégements". Gagez que ça ne se fera pas au bénéfice des travailleurs.

Selon une analyste, ce sont les frais de gestion qui empêchent trois usines canadiennes, propriété de M. Brant, d'atteindre le seuil de rentabilité. Ils représentent 5,8 millions $US versés directement au trésor du propriétaire. "Ce sont des frais exorbitants qui relèvent certainement d'une gestion laxiste et déficiente" dixit une source anonyme. Visiblement, M. Brant s'empiffre de billets verts sans se soucier le moins du monde du sort de ses employés.

Une autre entreprise, propriété de M. Brant, se fait poursuivre aux États-Unis pour une question de frais de gestion frauduleux.

Les ouvriers sont bien mal pris. Les puissances capitalistes s'arrangent entre eux pour se partager le gateau de Papiers White Birch. Les principales personnes que ça concerne, les travailleurs, n'ont pas un seul mot à dire. Ils se croisent les doigts depuis des mois dans l'attente que la conclusion finale ne fera pas trop mal. Plusieurs d'entres eux doivent avoir développé une furieuse envie de cuisiner la saucisse de bourgeois gras.

Les travailleurs n'ont rien à attendre d'un quelconque patron. C'est l'autogestion qu'il nous faut.

mardi 2 août 2011

Une réunion sur la conjoncture et les perspectives libertaires à Québec

Un mois après la parution de «Propositions pour un front libertaire dans la région de Québec», le Collectif anarchiste La Nuit organise une première réunion publique sur l'analyse de la conjoncture et les perspectives régionales.

L’objectif de cette rencontre est de lancer la discussion pour voir quels sont les points d’accord et de désaccord entre les participant-e-s.

Si besoin est, et nous anticipons que ce sera le cas, cette première rencontre de discussion sera suivie de quelques autres avant qu'un nouveau collectif libertaire régional ne voit le jour.

L'invitation faite aux libertaires impliqué-e-s dans les luttes sociales tient toujours : si notre pratique et notre perspective vous rejoint, même si vous n'êtes pas d'accord à 100%, débattez-en avec nous. Ça commence le 7 août et ça risque de se poursuivre quelques temps...

Si ça vous intéresse, parlez-en à un ou une membre du Collectif La Nuit ou écrivez-nous (contact).

lundi 1 août 2011

Un camp de concentration à Beauport

Connaissez-vous Beauport? Lieu bucolique et enjôleur, sis auprès des majestueuses Chutes Montmorency. C'est l'exemple modèle d'une banlieue dortoir nord-américaine ou chacun doit faire cinq kilomètres en pick-up pour acheter sa pinte de lait à l'épicerie.

Tapis au fond des bungalows verdoyants, des piscines hors-terre et des hummers scintillants se trouve... un camp de concentration. That's right! Un vrai de vrai.
Il s'agit du premier camp de concentration permanent au Québec. Construit en 1914, il a servit de prison pour des gens de l'Europe pendant la Grande Guerre. Le camp se trouve dans le sous-sol du Manège militaire de Beauport, rue du Manège.

Il a servi à emprisonner environ 12 personnes à la fois entre 1914 et 1916. Les prisonniers étaient d’origine ukrainienne, austro-hongroise, suisse, russe, turque et allemande.

La Ukrainian Canadian Civil Liberties Association possède sur son site plusieurs intéressants documents dont une carte des camps canadiens de la Première Guerre. On voit qu'il y eut trois camps au Québec: À Beauport, Valcartier et en Abitibi, le camp de Spirit Lake.

1,200 immigrants ukrainiens, la plupart de pauvres hommes célibataires sans-emplois, sont passés au camp de Spirit Lake. Deux d'entre eux ont été descendus en tentant de s'échapper. 20 autres sont morts de tuberculose ou de pneumonie, des maladies très courantes chez les détenus. La plupart ne présentaient aucune menace à la sécurité nationale. Leur "crime" se résumait à être originaire d'un pays allié avec l'Allemagne.

Source: Les lieux secrets de Québec