mardi 3 mars 2009

L'éthique capitaliste

Il y a quelques années, Bernard Landry, alors Ministre des finances de la Belle province, aimait discourir sur l'éthique capitaliste qui, selon lui, dépassait le «au plus fort la poche». Et bien, la crise nous donne une foule d'exemples prouvant qu'il surestimait le sens moral de nos bons bourgeois.

Prenons le dernier cas en date: Nortel. La compagnie est en faillite. Cela ne l'empêche pas de prévoir verser jusqu'à 45 M $US de bonis à quelques 1000 de ses hauts dirigeants.

L'idée parait farfelue mais elle a pourtant été soumise à la cour dans un affidavit préparé par expert en compensation chez Mercer (USA) Inc. La logique est simple: «Nortel a besoin d’une force de travail motivée pour manœuvrer dans une situation fragile de restructuration qui pourrait s’avérer longue et difficile». Les bonis visent donc à fidéliser les cadres de façon à ce qu’ils aident leur employeur à sortir de la dèche.

Bon prince, Mercer (USA) Inc. propose de prévoir également 3 M $US de bonis pour retenir au travail les 19 400 autres salariés ordinaires de Nortel. Quant aux retraités, et bien Nortel les a largué et ils ne reçoivent plus rien.

C'es-ti pas beau l'éthique!

(Source)

Liquidation finale!

Oyez, oyez.

Située sur la rive nord d'un imposant cours d'eau historique et économiquement essentiel pour une bonne partie du pays, près de tous les services publics (gare train/bus, aéroport, port) et s'étendant à perte de vue grâce à de trop nombreuses autoroutes, la plutôt âgée ville de Québec est à vendre au plus offrant.

Équipée de:
La ville de Qc vient avec une foule d'options. Vous avez envie de faire des conneries avec votre centre ville comme bon vous semble? Vous n'avez qu'à rester dans les bonnes grâces des radios locales et le tour est joué. De toute façon, il n'y a plus personne qui oserait les affronter publiquement.

Une fois les radios locales dans vos bonnes grâces, tout ira comme sur des roulettes. Le maire ira au front pour votre compagnie. Il ira même jusqu'à désigner une journée municipale d'achat de votre marchandise! C'est pas du service ça?

Mieux encore. Quelques irréductibles habitantEs sont fatiguéEs de voir leur quartier envahi et transformé en centre d'attraction au détriment des locaux? Le maire et son conseil aura tôt fait de voler à votre secours. Le Labeaume présentera une motion qui jettera tout le blâme sur les quelques résidantEs récalcitrantEs et vous êtes certainE que le conseil suivra. Bref, nous profitons d'une belle unité à la mairie.

Finalement, ne vous attendez pas à une contrecoup de la part des médias écrits. Une fois les radios lancées, les journaux locaux n'oseront jamais s'opposer à quoique ce soit. Pire encore, les éditorialistes et les journalistes travailleront main dans la main afin que ce soit impossible pour les résistantEs de trouver quelque appui que ce soit.

À ne pas manquer!
Bref, vous êtes unE représentantE de compagnie qui aime la publicité à grands renforts de spectacles extérieurs, Qc cité est toute désignée pour vous. Un climat politique enviable est bien installé et les autorités locales en ont assez de la pensée critique.

Pour l'instant, ce n'est que Gestev et Red Bull qui peut faire pas mal ce qu'ils veulent de la municipalité, mais il reste de la place en masse pour votre compagnie! L'année est vaste et nous sommes certainEs que vous pourriez exiger de bloquer quelque autre quartier central avec l'appui massif des banlieues sans problème.

Ne manquez pas votre chance, les jours sont limités qu'à 365 (366 les bonnes années).

lundi 2 mars 2009

L’impasse afgane (4/6) : Une guerre pour les femmes ?

Quatrième partie d'une chronique qu'un de nos camarades de l'UCL-Montréal tient dans le mensuel Alternative libertaire. (lire la première, la deuxième et la troisième partie).


En octobre 2001, l’armée états-unienne et ses alliés envahissent l’Afghanistan en représailles aux attentats du 11 Septembre. Le prétexte étant mince, les États occidentaux ont également brandi la « libération des femmes afghanes ». Un mensonge de plus.


Le 29 janvier 2002, dans son discours sur l’état de l’Union, George W. Bush déclarait : « La dernière fois que nous étions réunis dans cet hémicycle, les mères et les filles de l’Afghanistan étaient captives chez elles ; il leur était interdit de travailler ou de faire des études. Aujourd’hui, les femmes sont libres et elles font partie du nouveau gouvernement de l’Afghanistan. » [1]

C’est que la « libération des femmes » était devenu un puissant prétexte idéologique à la guerre sanglante contre le régime taliban, mis en place en 1996, et qui avait pourtant auparavant été financé et soutenu par Washington.

Les féministes afghanes contre l’intervention US


Pourtant, la plus importante et la plus courageuse organisation féministe afghane, Rawa, s’était prononcée contre l’intervention militaire occidentale. Fondée en 1977, l’Association révolutionnaire des femmes afghanes (Rawa) se battait pour les droits des femmes et revendiquait l’établissement d’un gouvernement démocratique [2].

Puis vint l’occupation soviétique en 1978. Le régime du Parti démocratique populaire d’Afghanistan, à la botte de Moscou, permit que pour la première fois, les femmes afghanes soient libérées de la burqa et que les filles puissent apprendre à lire et à écrire, aller à l’université et devenir enseignantes ou scientifiques. Rawa poursuivit néanmoins son travail d’agitation, mobilisant à la fois contre l’occupant soviétique et contre les islamistes fondamentaux, ces « combattants de la liberté » financés par les États-Unis. Plusieurs des fondatrices de Rawa furent sauvagement assassinées en 1987 par le Khad (le KGB afghan) avec l’approbation des groupes fondamentalistes.

En 1992, les moudjahidins de l’Alliance du Nord, présentés comme des héros par l’Occident, prirent le pouvoir et limitèrent fortement les droits des femmes : obligation de se voiler, interdiction du maquillage et de rire en public. Les enlèvements, les meurtres, le viol et la vente des jeunes femmes pour la prostitution devinrent le lot quotidien des afghanes [3].

Les talibans ou l’occupation ?

La prise du pouvoir par les talibans en 1996 enleva les dernières parcelles de droits aux femmes. En parallèle, une campagne aux États-Unis (Feminist Majority) regroupant différentes personnalités se mit en branle pour dénoncer « l’apartheid sexiste » en Afghanistan, alors que Washington recevait avec les honneur les dirigeants talibans. Feminist Majority soutiendra la guerre de 2001, sous prétexte qu’elle permettrait aux femmes de reconquérir leurs droits, grâce à la mise en place d’une « démocratie ». Alors que Rawa, au même moment, dénonçait les bombardements, arguant que seule une insurrection populaire pouvait débarrasser l’Afghanistan d’Al-Qaida et des talibans. Une fraction entière des féministes occidentales s’aligna ainsi sur le discours de Washington, contre les intérêts des femmes afghanes [4].

Dire que cette guerre est nécessaire pour les femmes afghanes, c’est décider qu’il vaut mieux pour elles mourir sous les bombes, mourir de faim, mourir de froid, que de vivre sous le joug des fondamentalistes que l’Occident leur a imposées. Les dés ont été lancés, les États-Unis se donnant bonne conscience en justifiant leur guerre impérialiste au nom des femmes. Après sept ans de combats, de viols, de meurtres et de lapidations, cette guerre a-t-elle réellement permis aux femmes afghanes d’être libres ?

Stéphane Boudreau (UCL, Montréal)


Extrait du numéro de février d'Alternative libertaire

[1] www.america.gov/fr

[2] www.rawa.org/rawa_fr.htm

[3] Ellis D., Women of the Afghan War, Praeger Publishers, 2000.

[4] Dupuis Déri F., L’Éthique du vampire. De la guerre d’Afghanistan et quelques horreurs du temps présent, Lux, 2007.

dimanche 1 mars 2009

Anarchistes contre le mur : Pas un sur cent et pourtant ils résistent

Les anticolonialistes israéliennes et israéliens s’opposent à l’étouffement des territoires palestiniens. Parmi eux, les Anarchistes contre le mur continue de lutter, malgré la répression policière et judiciaire.

Le 17 janvier au soir, quelques heures avant le cessez-le-feu unilatéral à Gaza, une manifestation pacifiste rassemblait environ 300 personnes de Tel-Aviv à Jaffa. La marche comportait différents groupes, dont une centaine de militantes et de militants des Anarchistes contre le mur (ACM) derrière une grande banderole avec le mot « Liberté » en hébreu. De nombreuses et nombreux Palestiniens les ont rejoints, lançant des slogans en hébreu et en arabe. Les banderoles et les slogans du bloc anarchiste n’hésitaient pas à désigner le sionisme comme cause de l’agression militaire israélienne.



(La manifestation de Jafa du 17 janvier, vous pouvez difficilement manquer les anars...)

ACM est né en 2003 pour lutter contre la construction du « mur de la honte » de plus de 700 km qui annexe de fait une partie de la Cisjordanie à Israël. Ses militantes et ses militants mènent des actions directes non violentes avec les Palestiniens des zones concernées et agissent au sein de la société israélienne sur des bases anticapitalistes, anticolonialistes et antimilitaristes.

Dès les premiers massacres à Gaza le 27 décembre, les ACM rejoignaient une manifestation spontanée à Jaffa tandis que des émeutes éclataient à Jérusalem-Est contre les troupes israéliennes. Plus tard dans l’après-midi, les ACM ont marché avec un millier de personnes dans les rues de Tel-Aviv en criant « l’occupation est du terrorisme » et « les ministres israéliens sont des criminels de guerre ». En cours de route, la manifestation a subi une attaque de la police, puis des affrontements ont eu lieu devant le ministère de la Défense, quand les anarchistes ont mis à bas la barrière de sécurité et ont essayé de bloqué la circulation sur la rue Kaplan. Six manifestants ont été arrêtés puis relâchés.

À la pointe de l’opposition à la guerre


Le 2 janvier, les ACM organisaient par surprise, à 6 heures du matin, un « die in » à l’entrée de la base aérienne Sde Dov, près de Tel-Aviv. Une vingtaine de militants ont été arrêtés au bout de dix minutes et maintenus en prison pendant tout le week-end.

Durant toute l’offensive israélienne, les ACM n’ont pas cessé leurs actions, notamment contre le mur, dans le village palestinien de Bil’in où ils et elles ont des liens forts avec la population.

Les ACM sont aujourd’hui une force motrice du mouvement pacifiste [1], fortement divisé à cause du ralliement du mouvement La Paix maintenant à l’union sacrée, et de la présence du Parti travailliste au gouvernement, avec Ehud Barak comme ministre de la Défense. Depuis leur création les ACM subissent une forte répression et des procès à répétition. Aujourd’hui, l’étau se resserre. La solidarité financière est donc indispensable. Alors que des tournées de militants s’organisent en Amérique du Nord et en Europe (AL organise un meeting avec un militant des ACM le 13 février, lire p. 20), nous réitérons notre appel à souscription afin de faire face aux procès et condamnations.

Guillaume Davranche (AL Paris-Sud)

http://www.awalls.org

Extrait du numéro de février du mensuel Alternative libertaire.

L'avortement en voie d'être interdit au Dakota du Nord

Cette nouvelle est passée quasi inaperçue dans nos médias, à part une brève dans Le Soleil. La Chambre des représentants de cet état du nord des USA a adopté à 51 voix contre 41, «une loi sur "la personne des enfants", qui donne au foetus les mêmes droits "que tout être humain, dès le début de son développement biologique, même avant sa naissance».

Comme on peut s'en douter, les pro-vie ont immédiatement salué l'adoption de cette loi qui doit être adoptée par le Sénat. Si tel est le cas, «cette loi pourrait être utilisée pour contrer la décision de 1973 de la Cour suprême américaine qui a légalisé l'avortement (arrêt Roe contre Wade)».

En même temps que ces pro-vie tentent de sauver tous les foetus américains, ceux-ci se crissent complètement des enfants qui meurent, car leurs parents n'ont pas les moyens de payer une assurance-santé...

Source: http://actualites.sfr.fr/monde/Avortement--un-Etat-americain-se-prononce-pour-son-interdiction,89987/

[Vidéo] Manifestation du FRAPRU



Des groupes de Québec ont participé à une importante manifestation du FRAPRU à Montréal samedi.