jeudi 11 mars 2010

La main dans le sac...

Ça aurais pu s'appeler «l'assiette au beurre» ou encore «look who's talking». Anyway, voici un petit coup de gueule de nos amis de l'autre bord de la 20.

Bouchard de mar…!

Lucien Bouchard, le vieux conservateur en canne, aurait reçu plus de 2,7 millions de dollars de l'UQAM pour ses services de négociateur dans le dossier de l'Ilot voyageur. Celui qui affirme que les Québécois et les Québécoises ne travaillent pas assez, alors qu'ils n'ont jamais travaillé autant, et que les étudiant-e-s devraient doubler, voire tripler leur frais de scolarité, semble parfaitement confortable dans la position du moraliste millionnaire et ne voit absolument aucune indécence à faire la leçon à ceux et celles qui ne gagnent pas le centième de son salaire.

Ajoutons que l'ancien « Cheuf » des bleus ne semble pas trop se tuer à l'ouvrage puisque le dossier qu'il a en main depuis trois ans n'est toujours pas réglé. Môsieur Bouchard serait-il plus performant dans son costume de moraliste que dans celui d'avocat ?

mercredi 10 mars 2010

Arrêter le pillage au Chili: re-nationaliser le Cuivre!

José Antonio Gutiérrez, anarcho-communiste du Chili, examine les possibilités de trouver les fonds --estimés à 30 milliards $US-- pour la reconstruction sans passer par l'endettement international.

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Après le tremblement de terre, le Chili confronte une énorme et difficile tâche. On estime que la reconstruction du pays coûtera quelques U$ 30.000.000.000 -une somme énorme- devant laquelle la présidente Bachelet a posé la nécessité de demander une ligne de crédit à la Banque Mondiale. Avant de nous enfouir dans un cercle d´enfer d´enttement avec ces organisations financières internationales, avec lesquelles très probablement nous terminerons avec un paiement dix fois plus que les montants originaux octroyés, grâce à des taux d´intérêt d´usure, il est indispensable d´étudier les moyens afin que la majeure partie des fonds pour la reconstruction proviennent du pays même et qu´on minimise le plus que possible la dépendance en ce qui a trait aux crédits et prêts étrangers.

Je crois qu´il est important, durant ces moments de commotion, de porter attention au rôle que peut jouer le Cuivre dans la recosntruction du Chili. Ce minéral a déjà apporté un fonds de réserve de U$ 18.000.000.000 qui pourra être utilisé dans les tâches d´émergence et de reconstruction.

C´est pour celà que j´appuie avec enthousiasme la campagne contre le pillage entreprise tous les jours par les médias (favorisant l´hystérie des masses) et par les membres huppés de "l´establishment" créole: mais au lieu de faire tant de bruit pour le pillage des supermarchés et des maisons de commerce, je crois qu´il est réellement important de porter notre attention sur le pillage systématique, silencieux et multi-millionaire que les grandes entreprises minières réalisent sur ce qu´on appelle "Poutre Centrale" de l´économie chilienne, les mines de cuivre.

La participation du cuivre dans la production nationale de la part de la CODELCO est presque de 28% pour l´année 2007. Cependant, cette entreprise a rapporté plus de U$ 21.000.000.000 au fisc depuis 2005; l´apport de toutes les transnationales qui contrôlent le gros de la production, cependant, n´a pas dépassé le maigre montant de U$ 5.000.000.000...¿n´est-ce pas le cas d´un énorme pillage à vue d´oeil et face à la patience de tout le peuple, avec la complicité des entrepreneurs et la classe politique.

Durant seulement le gouvernement de Michelle Bachelet, les entreprises transnationales minières du Cuivre ont empoché U$ 70.000.000.000 moyennant toutes sortes de duperies pour ne pas payer d´impôt et ce n´est que récememnt qu´elles ont commencé à payer une espèce de royalty complètement ridicule. Durant des décades elles ont volé au peuple chilien sa principale ressource, le cuivre, sans aucune honte. Ce sont ces voleurs qui me préoccupent, et ce sont ces voleurs qui dérangent tout le pays.

Mais ils ne sont pas les seuls qui volent ce qui appartient au peuple. L´armée, qui présentement se pose en gardien du bien-être commun, a passé des décades volant tout le pays à travers un impôt de 10% sur les ventes du Cuivre qui va directement dans leurs coffres. Ce traitement privilégié doit prendre fin dans le plus bref délai et ces fonds doivent êtrer remis à des institutions qui apportent des bénéfices au peuple.

Quand nous révisons ces chiffres nous nous rendons compte qui sont les véritables voleurs au Chili. Si nous arrêtons ce pillage, le pays pourra avoir des fonds suffisants pour sa reconstruction sans la nécessité de s´endetter avec des institutions usurières qui continueront à piller le peuple chilien à travers l´endettement.

C´est pour ces raisons que les organisations populaires doivent faire pression pour obtenir deux mesures urgentes que les classes dominantes n´ont jamais appliquées dans ce pays, car ou bien elles bénéficient de ce pillage, ou elles n´ont ni courage ni intérêt pour l´arrêter.

1. Re-nationalisation du Cuivre;
2. Mettre fin aux 10% des ventes du Cuivre qui bénéficient aux Forces Armées.

Pour celà nous effectuons une ample invitation pour arrêter le pillage honteux au Chili. C´est la tâche de l´ensemble du peuple.

José Antonio Gutiérrez D.
05-03-10


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lundi 8 mars 2010

Cause commune no 27

Le numéro 27 de Cause commune, le journal de l'Union communiste libertaire (UCL), est maintenant disponible sur le web.

3500 exemplaires papier de ce journal sont distribués gratuitement par des militantes et des militants libertaires, membres ou non de l’organisation. Cause commune se veut un tremplin pour les idées anarchistes, en appui aux mouvements de résistance contre les patrons, les proprios et leurs alliés au gouvernement. Vous pouvez soumettre un texte ou nous faire part de vos commentaires en écrivant à journal@causecommune.net. Si le journal vous plaît et que vous voulez aider à le diffuser dans votre milieu, contactez le collectif de l’UCL le plus près de chez-vous (voir la liste sur http://www.causecommune.net).

Au sommaire du numéro 27 :

Ramassage des poubelles: l'arbitre ne tranche pas

Le syndicat des cols bleus de Québec a perdu une manche dans le dossier de la privatisation du ramassage des poubelles à Québec. En effet, l'arbitre qui devait statuer sur leur grief a refusé de trancher la question. Tout simplement parce que la question ne se pose pas encore, selon lui.

Rappelons que les cols bleus attaquaient la décision de la Ville de privatiser entièrement la collecte des matières résiduelles [c'est beau la langue de bois!] à Québec sur la base d'un article de leur convention collective leur garantissant un plancher d'emploi et d'heures travaillées. Leur raisonnement est simple: si on donne un service au privé, il va y avoir perte d'emploi. Pour l'arbitre, ce n'est pas si simple et il leur dit en gros: vous ferez un grief quand vous pourrez prouver qu'il y a eu perte d'emploi...

À la Ville on prétend garantir que la quarantaine de permanents vont être affecté ailleurs. Et les occasionnels? «On va les traiter au cas par cas. Quand on regarde le nombre d'employés qui partent à la retraite, je ne suis pas inquiet pour eux. S'il s veulent travailler à la Ville, ils vont travailler. On va tenir compte de leur ancienneté,» a dit Richard Côté, responsable des relations de travail au comité exécutif, au journaliste du Soleil.

Le syndicat regarde ses options et va peut-être contesté la décision. Il n'empêche, le moyen employé était un peu tordu et légaliste. En effet, le fond de l'affaire est politique et aurais du le demeurer. La vraie question c'est de savoir s'il est sage de confier l'ensemble de la collecte des ordures au privé. Et, d'ailleurs, c'est de ça dont parlait la propagande du syndicat.

Question: le syndicat aurait-il pu, comme ça c'est vu entre autre dans le cas de l'entretien du transport en commun à Longueuil, soumissionner pour faire la job à l'interne sous contrôle syndical? Existe-t-il une troisième voie entre la bureaucratie publique et la bureaucratie privée?

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dimanche 7 mars 2010

Le Chili et Haïti après les tremblements de terre : si différents et si semblables...

José Antonio Gutiérrez, anarcho-communiste du Chili, examine les effets, les différences et les similitudes des récents tremblements de terre survenus à Haïti et dans sont propre pays.

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I

Le Chili a été une fois de plus secoué par un tremblement de terre de magnitudes apocalyptiques, comme pour les tremblements de terre de 1938, de 1960 y de 1985. Avec la précision d’une montre suisse, le centre-sud du pays a été frappé tous les 25 ans par un mouvement sismique infligeant au pays une forte commotion. Le tremblement de terre qui avons vu le 27 février a été un des plus forts de ceux enregistrés dans toute l’histoire : 8,8 degrés sur l’échelle de Richter, 9 sur celle de Mercalli.

L’angoisse de ne rien savoir des personnes que nous aimons, de ne pas pouvoir communiquer avec elles, a suivi la destruction, l’absence d’informations et la mort ou la disparition de nombreuses personnes. L’impuissance est une ombre qui pèse sur le cœur. Le comptage des morts atteint déjà plus de 700 ; certains disent qu’on peut s’attendre à un chiffre final de 2.000 environ dès qu’on aura un tableau complet des dévastations. On ne sait encore rien des nombreuses provinces touchées dans les régions du Maule et de Bío Bío. Quand on enregistrait le chiffre de 300 morts, on a appris que le tsunami de Constitution avait causé le décès de quelques 350 habitants, ce qui a doublé le chiffre des morts. On sait que d’autres localités ont été également affectées par des tsunamis mais on ignore toujours la magnitude des dégâts causés.

Les séquelles que ce tremblement de terre va laisser sur le peuple chilien sont terribles. On estime qu’il y a, en ce moment, 2.000.0000 de personnes qui ont perdu leurs foyers et qui sont littéralement dans la rue. Nous nous référons à plus de 10% de la population, ce qui donne une idée de la tâche titanesque de reconstruction qu’il va falloir affronter.

II

on a beaucoup parlé des différences entre le Chili et Haïti, parce que le tremblement de terre dans la république sœur de la Caraïbe a atteint une quantité bien supérieure de morts (300.000) et des dégâts, tant en termes absolus que relatifs, bien plus importants. On a parlé de raisons géologiques et sismologiques, comme la plus forte profondeur de l’épicentre et l’aire où il a eu lieu, et elles ont, bien entendu, joué un rôle très claire. Mais surtout il faut chercher dans les raisons politiques, économiques et sociales l’explication du pourquoi un tremblement de terre de plus grande magnitude au Chili a eu un impact bien inférieur.

Il est certain que le Chili est un pays difficilement comparable à Haïti : il a une infrastructure très supérieur, une économie bien moins dépendante et moins atrophiée que la haïtienne (alors que Haïti est un cas extrême dans le contexte latino Amérique, le Chili jouit d’un demi siècle d’expériences de développement national avec des conséquences jusqu’à aujourd’hui) et une capacité de réponse institutionnelle face aux catastrophes naturelles, bien plus forte. La misère au Chili n’atteint pas des niveaux aussi sordides qu’à Haïti où la population des banlieues des villes doit faire usage de galettes de boue pour apaiser sa faim. Évidemment rien de cela n’est dû à une inexistante “supériorité” chilienne, que le chauvinisme créole exhibe à l’aide de comparaisons aussi fallacieuses que odieuses (le chilien est plus travailleur, est plus ingénieux, est plus comme ci et est plus comme ça), mais cela provient principalement des histoires différentes des deux républiques -histoires qui sont divergentes même à l’époque coloniale, outre le fait que le Chili n’a pas été transformé en un pays plantation ou un pays d’assemblage de pièces (maquila), et n’a pas été directement occupé et pillé par les USA. Le Chili, de plus, est un pays ayant une longue histoire de mouvements sismiques, ce qui lui donnait “un avantage” sur Haïti.

III

Ceci étant, on parle peu des similitudes. La plus visible est le fait que ceux qui souffrent le plus ce sont les pauvres. Même si un tremblement de terre touche tout le monde de façon égale, les uns sont mieux préparés que d’autres à recevoir le séisme et à combattre les difficultés qui surviennent ensuite. Le Chili n’a pas été une exception à cette règle et les secteurs les plus affectés sont les quartiers populaires, les maisons en torchis ; d’autre part, nous avons appris par des témoignages fiables, que l’aide est arrivée tard et de manière insuffisante dans les zones populaires qui n’ont fait l’objet d’aucune priorité pour personne, encore que ce sont les secteurs où devrait être concentrée l’aide, étant donné leur précarité.

Nouvel élément, une grande partie de la dévastation est due à une infrastructure inadaptée. Á la suite d’une forte expérience sismique et du fait que la moitié du pays a été démoli en 1985, une certaine conscience s’est fait jour de création d’infrastructure pouvant supporter les secousses d’une zone d’activité tectonique comme celle du Chili. Néanmoins, vers 1985, la Concertation des partis politiques, qui a continué à approfondir le néfaste modèle néo libéral hérité de la dictature, a entamé la privatisation et l’externalisation d’entreprises de travaux publics -nombre d’entre elles transnationales, qui ne répondront jamais pour les ponts, les autoroutes et les routes détruits qui ont immobilisé le pays et ont laissé des milliers de personnes dans le désarroi, alors qu’elles voyageaient. Il faut souligner que beaucoup de chantiers faits par le MOP [ministère des travaux publics] il y a des décennies sont toujours debout, alors que des routes coûteuses construites il y a à peine quelques années, pour lesquelles on a payé des péages excessifs, se sont écroulées comme des châteaux de cartes. Je peux donner un témoignage personnel de la raison de la fragilité de ces travaux de voirie : aux débuts de 2003 j’ai travaillé au « by pass » [bretelle d’autoroute] de Rancagua, dans le secteur Doñihue. Lorsque le géologue recommandait de creuser 1,80 mètres, 2 mètres sur certains tronçons à cause de l’instabilité du terrain, pour amoindrir les coûts, on donnait l’ordre au conducteur de la retro excavatrice (appelée la boucle) de ne pas baisser au-delà de 30 centimètres. Nous savions que ces chemins ne dureraient pas plus de dix ans. Maintenant le tremblement de terre va être une très opportune excuse pour expliquer sa destruction, mais le fait que l’infrastructure publique demeure intacte, alors que l’infrastructure privée s’écroule en morceau, est un fait incontestable.

on peut en dire autant des logements : depuis la fin des années 1990, avec les scandales des maisons COPEVA, qui au bout de quelques mois commençaient à se fissurer, se casser et prendre l’eau, au point que leurs propriétaires devaient les couvrir de plastic pour passer l’hiver (nombre d’entre elles furent purement et simplement démolies peu après), il est évident que la politique du logement (anti) social de ce pays -et de l’habitat en général- est uniquement un business pour les capitalistes de l’immobilier. Une affaire, en outre, facilitée par toute une série de corruptions et de négligences au sein même des gouvernements de la Concertation, dont certains personnages ont directement participé à ces affaires si lucratives. Rappelons que le scandale de COPEVA porte le nom d’un ex ministre de l’Intérieur démocrate-chrétien, Pérez Yoma. Nous voyons aujourd’hui de nombreuses constructions modernes, beaucoup d’ensembles d’habitats pour des gens ayant fait de grands sacrifices pour obtenir le “rêve d’une maison à soi”, en pièces sur le sol, avec de graves cassures structurelles graves qui les rendent inhabitables. Le cas le plus dramatique est celui de l’immeuble de 15 étages à Conception qui s’est abattu avec environ une centaine de personnes à l’intérieur. Un édifice neuf, avec encore des appartements en vente. Il est vrai qu’un tremblement de terre si puissant entraîne toujours des dommages et que ne pourra jamais en faire assez pour éviter des victimes ; mais il est injustifiable que ce soient précisément les travaux les plus modernes qui aient subi les plus de dégâts.

Comme à Haïti, il est probable qu’aucun capitaliste n’ait jamais à répondre de ces actes criminels. C’est pourquoi il est nécessaire que le peuple se mobilise et exige la justice, car la politique de privatisation des travaux publics, immobiliers et de voirie est une politique ouvertement criminelle, comme le démontre ce tremblement de terre. Il y a ici des responsables et si le peuple n’exige pas une réponse pour ces dommages, il ne l’aura jamais.

IV

Une autre similitude avec Haïti c’est la réponse par la répression et la militarisation de la réponse humanitaire. Encore que dans les deux cas elles soient évidemment différentes (à Haïti la militarisation humanitaire a approfondi l’occupation du pays et a livré une importante enclave géo stratégique aux États-Unis, ce qui acquiert tout son sens dans son plan de militarisation de la région des Caraïbes et de la recomposition hégémonique en Amérique Latine), dans les deux cas on a joué avec l’hystérie face aux “pillards” pour justifier une présence de forces protégeant les intérêts de la clase de l’élite.

À Conception, durant un jour et demi, de nombreuses personnes n’ont eu aucune sorte d’aide. Cela est surtout valable dans les quartiers populaires où jusqu’à la date de ce message peu ou rien n’est arrivé. Face au désespoir, le peuple applique simplement l’impulsion la plus élémentaire de l’être humain, celui de la conservation. Le peuple est entré dans les super marchés, les stations service, les pharmacies, pour se pourvoir des éléments et des articles les plus basiques pour nourrir leurs familles. Ou bien aurions-nous dû attendre que le peuple demeure les bras croisés, endurant la fatigue, la faim et la soif, alors que les super marchés regorgeaient de produits ? C’est vraiment le peuple à l’état pur, les gens ordinaires, les mères, pères, jeunes qui arrachaient des paquets de lait, de riz, avec ce qu’ils pouvaient récupérer.

“Pillage” ont crié les autorités pour diaboliser la juste demande du droit à vivre, à manger, à calmer la soif, à soigner ses enfants. Elles ont déformé l’histoire au point que, selon elles, les “pillards” n’avaient aucun besoin, car ils volaient exclusivement des articles somptuaires, électroniques ou des CD et des DVD, alors que la vérité est tout autre. Il a suffi, enfin, qu’on touche à une ou deux banques pour que l’hystérie soit complète. “Lumpen” ont crié à nouveau les autorités, pour déshumaniser le peuple affamé et dans le besoin, car ce mot vague justifie depuis toujours l’assassinat policier. À l’époque de Pinochet on les appelait “humanoïdes” -le terme change, la logique politique répressive se maintient.

Le même “lumpen” de La Nouvelle Orléans, de Port-au-Prince apparaît maintenant dans les rues de Conception, et dès le premier moment le président élu Sebastián Piñera, avec ses partisans dans les gouvernements locaux, comme la docteur Van Rysselberghe à Conception, se sont scandalisés du peu de respect de la part des pouilleux de la propriété des grandes chaînes de super marchés. Et alors que l’aide tardait à arriver, il n’y eut aucun problème pour mobiliser quelques milliers de trouffions pour assurer la loi martiale à Conception. Lors que l’eau n’arrivait pas aux bouches assoiffées, on n’a pas fait de demi-mesure pour remplir les réservoirs des camions à eau pour réprimer le “lumpen” qui “pillait” les “honnêtes” commerçants comme Lider (Wal Mart) et Santa Isabel. Le gouvernement a décrété l’état de siège et le couvre feu, en se faisant écho de la droite politique et des grands entrepreneurs et des commerçants qui, tout en ouvrant bien grande la bouche en parlant de “solidarité”, ne sont pas capables de mettre quelques paquets de riz dans leurs super marchés à la disposition du peuple. Ce recours à l’armée n’a pas été fait depuis 1987 -pour ceux qui auraient une mauvaise mémoire, depuis l’époque de la dictature. Cela démontre que des habitudes autoritaires n’ont pas disparu après des décennies de “démocratie surveillée”.

Les citoyens bien sous tous rapports doivent faire la queue, souffrir de la faim et de la soif et endurer les pleurs de leurs enfants. L’ordre a été réinstauré grâces aux bottes militaires La grande propriété privée est redevenue intouchable.

C’est dans ces moments de crise que le système montre réellement son visage. Et à Conception, comme à Port-au-Prince, il l’a montré dans toute sa cruauté : la propriété des capitalistes est plus importante que la vie et le bien-être de centaines de milliers de personnes dans le besoin. Ce n’est pas un hasard qu’on ajoute si souvent au capitalisme le terme de “sauvage”.

V

Mais Haïti et le Chili se ressemblent aussi, car face à la nécessité on a vu surgir cet instinct essentiel d’entraide qui permet au peuple de survivre, d’avancer et de devenir acteur de plein droit devant l’Histoire. C’est aux secteurs populaires de développer ces tendances à l’organisation du peuple, à la solidarité, pour qu’elles s’approfondissent et dépassent la simple survie. Afin qu’elles puissent constituer une société différente, une société solidaire, una société libertaire, qui abandonne le poids pesant de l’individualisme imposé par le modèle néo libéral féroce appliqué par la dictature et approfondit par la “démocratie surveillée”.

Parmi les multiples messages de solidarité d’amis et de camarades dans ces moments si angoissants, je veux mettre en avant les nombreux messages solidaires que j’ai reçus de frères haïtiens. Au milieu de la douleur qu’eux-mêmes transcendent, ils gardent un moment pour être solidaires de la douleur du peuple chilien. Nous avons fait nôtre leur douleur, et aujourd’hui ils font leur notre douleur.

Un camarade de Grandans m’écrivait ce même samedi [jour du séisme] : “Cher José Antonio, Je te remercie de tes efforts de solidarité envers le peuple haïtien. Aujourd’hui je me sens plus touché par le violent et terrible tremblement de terre au Chili. Je souhaite que ta famille soit saine après un tel séisme et que ton pays se relève vite. Le peu de choses que Nous avons est prêt à être partagé avec vous, si besoin est. À bientôt, Maxime Roumer”.

De tels messages me rappellent que la solidarité est la tendresse des peuples.

José Antonio Gutiérrez D. 1 mars 2010

Source: Anarkismo

De la visite sud-africaine à Montréal

Pour les gens de Montréal, une activité qui risque fort d'être intéressante (tiré du blogue La Commune).

Black Flame tour-Conférence montréalaise avec l'auteur Michael Schmidt.

L'UCL-Montréal vous convie à une conférence de l'auteur sud-africain Michael Schmidt qui présentera son livre Black Flame: The Revolutionary Class Politics of Anarchism and Syndicalism. La tournée ontarienne organisée par nos camarades de Common Cause s'arrêtera pour une seule conférence au Québec. La conférence montréalaise organisée par l'UCL aura lieu vendredi le 19 mars. Nous aurons plus de détails à vous fournir dans les prochains jours. Inscrivez donc cette soirée dès maintenant à votre agenda...

South African writer and activist Michael Schmidt, co-author of “Black Flame: The Revolutionary Class Politics of Anarchism and Syndicalism” will be in several Ontario cities between March 15 and March 21 to promote and discuss this important new book on the global history of anarchist movements and ideas. The tour, organized by Common Cause with support from AK Press and several local sponsors, is scheduled to pass through the following cities listed below.
To promote the tour Common Cause has also produced a short video which can be seen here and set up a Facebook page. Copies of "Black Flame" will be available for purchase at each tour stop.


Common Cause a aussi produit un petit vidéo pour faire la promo de la tournée.