vendredi 31 août 2007

La Page Noire réouvre ses portes!



De Limoilou à Saint-Roch...

La librairie sociale La Page Noire réouvre ses portes le 1er septembre prochain. Le centre de diffusion et d’information autogéré qui partageait depuis 2 ans ses locaux avec le journal Droit de parole a migré dans le quartier Saint-Roch, à côté du café-bar autogéré l’AgitéE, au 265 Dorchester.

Nouveau local, même formule! En plus d’une bibliothèque accessible gratuitement, la Page Noire continue d’offrir un service libraire engagé en vendant des livres, brochures et magazines mettant de l’avant des alternatives au système politique et économique actuel. Une section «infokiosque» permet aux gens de différents milieux de diffuser de l’information sur leurs campagnes et événements publics.

Ouvert du mardi au dimanche de 12h à 17h.

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Extrait du numéro 16 de Cause commune

jeudi 30 août 2007

L'homophobie... ça vous amuse encore ? (*)

En réunion on a l'habitude de laisser trainer les canards qu'on a reçu à la boîte postale pour que les camarades puissent les feuilleter. La dernière fois, il y avait le hors-série d'été du Monde Libertaire, l'hebdo de la Fédération anarchiste. J'avoue que j'ai avalé de travers en voyant le back-cover (ci-contre). Il doit bien y avoir trois millions de façons différentes d'illustrer l'anarchisme, alors pourquoi avoir choisi cette illustration plus que douteuse? Si ce n'est pas une caricature homophobe, je ne sais pas ce que c'est! Il me semble que c'est indigne d'un journal libertaire.

(*) Clin d'oeil à un autocollant de la FA durant la dernière campagne électorale.

P.S.: Peut-être que si certains curés n'avaient pas réprimés si violemment leurs fantasmes homos, ils ne seraient pas devenus des prédateurs sexuels.

L'armée dans les fêtes de quartier... (eh merde)

Samedi prochain, la rue Saint-Vallier, en basse-ville, s'animera aux rythmes de Saint-Sauveur en Fête. Cette fête de quartier, avec la Fête du faubourg, est l'une des rares à ne pas être une vente de trottoir déguisée et à intégrer une forte dimension communautaire et artistique. Normal, le Comité de citoyen-ne-s Saint-Sauveur participe activement à l'organisation... Raison de plus d'être extrêmement déçu.

J'ai en effet appris qu'une fois de plus l'armée tiendrait un kiosque pendant la fête. J'avoue que dans les années passées, voir l'armée et la police au côté des pompiers et du transport en commun me faisait grincer des dents. C'est qu'avec les gros véhicules, ce genre de kiosque est extrêmement populaire auprès des ticuls. C'est pas un peu dégueu dans un contexte où l'armée avoue ouvertement vouloir recruter des jeunes chômeurs pour servir de chair à canon en Afghanistan?

Le plus ironique c'est que ce kiosque se tiendra à quelques centaines de mètres d'un monument voué à rappeler la mémoire d'un soulèvement anti-militariste! En effet, au printemps 1918 une important mobilisation contre la conscription a lieu à Québec. Après cinq jours de manifestations, les soldats mitraillent la foule rassemblée à l'angle des rues Saint-Vallier, Saint-Joseph et Bagot, tuant quatre personnes et en blessant soixante-dix autres. Quatre-vingt-neuf ans plus tard, alors que le Canada est une fois de plus impliqué dans une guerre outre-mer, l'armée revient sur les lieux pour recruter une nouvelle génération de chair à canon.

mercredi 29 août 2007

Le pauvre homme divague

Dans une entrevue accordée à Média Matin Québec, Marc Ouelette a déclaré sans rire que «le plus grand service qu’a rendu Mme Boucher à sa ville, c’est d’avoir uni Québec plus que jamais». Le parrain catholique de Québec a rajouté que «on ne s’est jamais senti autant comme famille que maintenant, cette semaine en particulier. Mme Boucher laisse là un héritage, comme une femme qui est de la base et qui a des valeurs humaines profondes, un héritage important que devrait observer le monde politique.»

Pauvre homme, il débloque complètement, la douleur le fait délirer... Et puis, peut-être pas finalement. En poursuivant la lecture de l'article, on se rappelle que Québec doit «accueillir» une importante réunion de grenouilles de bénitiers --le congrès eucharistique mondial-- et que les catholiques comptent bien se faire payer la traite par tous les paliers de gouvernement.

À la journaliste en lock-out, l'homme confie qu'il espère que «la belle collaboration» qu’il avait établie avec Mme Boucher se perpétuera. Qui se ressemble s'assemble, j'imagine. Ça explique peut-être d'ailleurs pourquoi toute la droite populiste, pourtant si prompte à pourfendre le «gaspillage de fonds publics» n'a rien à dire sur les subventions gargantuesque que reçoit l'église pour son pow-wow.

Un certain Karl avait coutume de dire que «la religion est l'opium du peuple», il faut croire que l’archevêque en a fumé du bon et qu'il espère que nous ayons tous le même dealer. Malheureusement pour lui, non.

mardi 28 août 2007

À signaler - Philosophie libertaire à la radio

Dans le cadre de l'Université populaire, le philosophe français Michel Onfray aborde plusieurs aspects de la pensée libertaire. Chose impensable ici, ses conférences d'une heure son rediffusée sur la station de radio France Culture et sont intégralement disponible sur le web. Il s'agit d'une série d'émission d'une heure avec des thèmes tel L’antimarxisme anarchiste, Bakounine, la bohème libertaire, La République libertaire, etc. Il y a cinq ans d'archives disponibles, à raison de 25 émissions d'une heure par année! Michel Onfray, c'est pas nécessairement notre tasse de thé, mais ça vallait le coup de le signaler...

Les archives de l'Université populaire de Caen, par Michel Onfray, sur le site de France Culture.

N.B.: C'est l'agence de presse anarchiste A-Infos qui nous mis sur la piste.

L'anarchie de A à Z

«O» comme Organisation



La question de l’organisation est loin de faire consensus dans le mouvement libertaire. Certains voient dans toute organisation une bureaucratie en puissance et un frein à la liberté si chère aux anarchistes. D’autres, sans être contre l’organisation en soi, ne voient pas la nécessité de l’organisation politique et considèrent que les mouvements sociaux se suffisent à eux-mêmes. Pour notre part, nous sommes partisans de l’organisation politique des communistes libertaires.

Dans les luttes, les gens se radicalisent et veulent parfois aller plus loin. Souvent, les militantEs vont regarder autour d’eux et elles pour voir qui est là et ce que les différents courants ont à proposer. Il y a dix ans, personne n’aurait parié sur une résurrection du maoisme ou de la gauche électoraliste. Et pourtant, ça c’est produit. Pourquoi? En partie, à cause des carences du mouvement anarchiste et de son incapacité à offrir des perspectives politiques.

Comme la plupart des libertaires, nous militons au sein des mouvements sociaux. Nous militons pour faire progresser nos luttes et les gagner. Mais nous sommes aussi des militantEs politiséEs, avec une perspective propre que nous souhaitons faire partager. Le problème, c’est que nous ne sommes pas les seuls!

Dans les luttes, il y a aussi (quelques) rouges et (beaucoup) de réformistes. Il y a une bataille des idées qui fait rage sur la direction que doivent prendre les mouvements sociaux. IsoléEs et désuniEs, nous ne faisons pas toujours le poids face à des partis (relativement) bien organisés et coordonnés. L’organisation est nécessaire pour partager des ressources, rompre avec le localisme et maximiser l’impact des pratiques libertaires.

Beaucoup d’anarchistes sont organiséEs, entre autre, pour faire de la propagande. Que ce soit pour éditer un journal, tenir un site web, produire une émission de radio, animer une librairie. C’est vital --si les anarchistes ne font pas la promotion de leurs idées, personne ne le fera!-- mais c’est insuffisant. Faire la propagande de l’idéal, c’est une chose, mais ça en est une autre de tenter de changer le monde. Pour cela, il ne suffit pas de proclamer ad nauseam la nécessité de la révolution, il faut convaincre et regrouper des gens autour d’une perspective de changement. Ça, ça ne se fait pas dans l’abstrait, ça se fait dans la société et les luttes réellement existantes. Voilà à quoi doit servir l’organisation : faire exister politiquement un courant libertaire dans la ville. Donner un visage public à l’anarchisme et rassembler un pôle libertaire dans les luttes.

D’autres anarchistes sont organiséEs, entre autre, pour faire de l’action directe. Il existe plusieurs regroupements d’action directe sur des questions comme la mondialisation, la guerre, le travail, l’immigration ou la lutte anti-raciste. Encore là, il est vital de chercher à agir sur la conjoncture et d’ouvrir des perspectives radicales de lutte, mais les luttes sectorielles, même radicales, sont insuffisantes. L’organisation doit servir à développer une perspective politique libertaire globale, ancrée dans le quotidien et fédérant tous les fronts.

L’organisation politique ne remplace pas les groupes de propagande et les groupes d’action directe, elle est complémentaire. C’est une organisation permanente, large et ouverte, qui fait tantôt de la propagande, tantôt de l’action. C’est une organisation, surtout, qui est présente dans les luttes et les quartiers. Une organisation qui milite pour des mouvements sociaux combatifs et l’émergence d’une gauche libertaire large et ouverte. Une organisation cohérente politiquement.

L’organisation telle que nous la concevons n’est pas une avant-garde de révolutionnaires professionnelLEs appeléEs à diriger les luttes et les gens. C’est plutôt une minorité agissante de militantEs communistes libertaires, un regroupement de camarades sur la même longueur d’ondes qui coordonnent leurs activités politiques. Ce n’est pas un groupe secret, un club privé ou un groupe d’affinité mais une organisation publique dont on peut devenir membre si on est d’accord avec ses positions. Bref, un peu comme ce que nous tentons de faire avec la NEFAC…



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À paraître dans le numéro 16 de Cause commune, le journal de la NEFAC