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Ça se bouscule au portillon de l'hôtel de ville en vue des élections du 1er novembre. Deux nouveaux candidats ont déposé jeudi leur candidature pour briguer la mairie. N'empêche, même s'il fait maintenant face à quatre opposants, le maire Régis Labeaume refusera tout débat durant la campagne.
Même si cinq candidats briguent désormais la mairie, les électeurs ne doivent pas s'attendre à assister à un débat. Sur quelque tribune que ce soit. «Bonne chance à tous. Non, non, je ne débattrai avec personne. Il n'y a rien de changé. Et puis, vive la démocratie!» a lancé le maire jeudi soir.
L'un de ses rivaux, Yonnel Bonaventure, qui se présente à la tête du Défi vert, a bien tenté d'interpeller le maire au conseil municipal, puis dans un corridor de l'hôtel de ville, mais celui-ci a refusé coup sur coup de lui répondre. «Vous voulez nous faire du spectacle? Bon spectacle», a lancé M. Labeaume avant de s'éclipser.
Une réponse qui est loin d'avoir satisfait son rival. «Vous avez vu comment il a répondu aux citoyens? Il ridiculise les gens. On est dans une démocratie, il devrait répondre intelligemment. Ça ne se fait pas de répondre comme ça. C'est lamentable. Je suis citoyen et j'ai des réponses comme ça de mon maire? C'est abominable.» Et d'ajouter, «depuis des mois, il dit qu'il a besoin d'un opposant. Pourquoi il refuse? Je ne suis pas seul, on va être cinq!» s'est emporté M. Bonaventure.
Contre le RMQ
Questionné par les journalistes plus tard en soirée, le maire a jeté le blâme sur l'opposition. «Je veux que les gens se rappellent toujours qu'il n'y a pas de candidat du RMQ. Tout le long de la campagne quand la question va revenir, je vais toujours répondre que le RMQ a manqué à son devoir démocratique.»
Et le Défi vert qui présente 17 candidats, dont un à la mairie? «Le parti rouge, vert, noir et jaune, tout ce que vous voulez, il n'y en aura pas de débat.»
M. Labeaume a par ailleurs déploré voir autant de candidats se présenter à l'hôtel de ville jeudi soir. «C'est le dernier conseil, tout le monde veut se faire voir. Tout le monde veut parler, même les élus qui se disent que c'est peut-être la dernière fois et ils veulent que les gens les regardent à la télé.»
Régis Labeaume mise sur la crainte des employés de la Ville de Québec pour mener à bien sa réforme administrative entreprise depuis sont élection en 2007.
Pour le maire de Québec, une saine gestion rime avec la peur des employés de l’autorité patronale. Cette autorité doit se faire sentir de haut en bas de la machine administrative, ajoute-t-il. «Ça part d’une saine crainte dans toute l’organisation. Il faut que les gens craignent le maire. Ensuite ça percole», a exposé M. Labeaume à l’occasion d’une entrevue éditoriale.
Pour imposer cette crainte, le maire doit «gueuler» aussi souvent que possible, dit-il. «Je pète une coche régulièrement et si je n’ai pas de raison de le faire, j’en trouve une», ajoute M. Labeaume. À son avis, il doit en être ainsi dans toute la ligne hiérarchique. «Si ton patron n’aime pas ta gestion, il faut que tu le saches vite.»
D’ailleurs l’administration Labeaume se montre de plus en plus sévère envers ce qu’elle considère comme des écarts de comportement de la part des employés. Plus d’une centaine ont écopé de mesures disciplinaires despuis 2006.
D’autres mesures de contrôle sur les pratiques de travail ont été mises en place. «Tous les véhicules de la Ville seront bientôt munis de GPS et de puces électroniques. S’il y en a cinq qui vont au Tim Horton on va le savoir», prévient le grand patron de l’hôtel de ville.
De plus, les employés de la Ville ont dû accepter de souscrire à un code de conduite auquel ils doivent se conformer sous peines de sanctions. «Il faut changer les pratiques», plaide le maire.
