samedi 5 décembre 2009

Violence contre les travailleurses du sexe: réagissons!

L'hyprocrisie des autorités policières contre le travail du sexe fait des ravages, que les travailleuses du sexe paient de leur dignité et même de leur vie. Stella, organisme de défense des droits des travailleurs et des travailleuses du sexe, invitent la population à dénoncer la violence ciblée dont sont victimes les travailleuses alors que trois agresseurs attendent leur procès (2 présumés violeurs en série et un présumé meurtrier).

Depuis août, Stella note une dangereuse augmentation des attaques contre les travailleuses du sexe: meurtre non-résolu, tentative de meurtre, agressions armées, séquestration, viol, menace... Même si la décriminalisation du travail du sexe n'enrayera pas le problème de la violence qu'elles subissent, elle permettra au moins aux travailleurs et aux travailleuses d'avoir des droits reconnus, d'avoir un point d'ancrage sur lequel s'appuyer pour que l'impunité des assassins, des violeurs, des agresseurs, cessent; pour une reprise en main des femmes et des hommes qui travaillent à gagner leur vie dans ce système pourri capitaliste.

Pour réagir dès maintenant, Stella vous invite:
7décembre-10h
Présence devant le palais de justice de Montréal pour supporter les 5
travailleuses du sexe qui ont porté plainte contre Giovanni D’Amico,
présumé violeur en série.
1, rue Notre-Dame Est

9 décembre-10h
Présence devant le palais de justice de Saint-Hyacinthe pour supporter les 3 travailleuses du sexe
qui ont porté plainte contre Marco Chevalier, présumé violeur en série.
1550, rue Dessaulles
9h00 départ de chez Stella en autobus (veuillez confirmer votre présence à l’avance)
Si vous avez un parapluie rouge, amenez-le, ainsi que vos talons hauts (optionnel)!

17 décembre-16h
Marche contre la violence faite aux travailleuses du sexe
Métro Papineau
18h-Panel au Café Cléopâtre, Sainte-Catherine/Saint-Laurent

Comme quoi 20 ans après Polytechnique, les violences faites aux femmes sont toujours des gestes quotidiens, même souvent banal pour les autorités. Campagnes de sensibilisation, même si ce sont des hommes les porte-parole (!) ne vont pas à la source du problème. C'est une politique d'envergure qu'il faut! Et surtout, c'est la prise en main des communautés locales pour que cesse la banalisation des gestes violents et dégradants envers les femmes. Femmes: révoltez-vous! Hommes: Désolidarisez-vous! Dans nos milieux respectifs, ne laissons pas la violence faites aux femmes impunie!

Pour consulter le site internet de Stella (ça vous la peine, croyez-moi!)

vendredi 4 décembre 2009

[Vidéo] Fred Hampton

Il y a quarante ans aujourd'hui, Fred Hampton se faisait assassiner aux États-Unis. Voici une courte vidéo commémorative qui circule en ce moment.

jeudi 3 décembre 2009

Voix de faits dans tes oreilles

L'émission de cette semaine est disponible en ligne.

Au menu:
- Protestation pendant le relai de la flamme olympique à Québec
- Finances publiques dans le rouge
- Recension du livre «Révolutionnaires du Nouveau Monde»








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Voix de faits c'est l'émission de radio du Collectif anarchiste La Nuit (UCL-Québec).

Actualité sociale, contre-culturelle et politique, info sur les luttes, coups de gueule et coups de cœur, ‘Voix de faits’ est la version radiophonique du blogue du même nom. Une autre façon d’occuper le terrain, d’exister politiquement. Une arme de plus dans les luttes sociales et politiques. Un point de ralliement dans la bataille des idées.

Le relais de la flamme perturbé à Québec

Voici le communiqué émis par «Flamme Québec» suite au rassemblement d'hier. Notons que Michaël Lessard, militant du CMAQ, a accepté de partager avec nous quelques photos du rassemblement (elles sont ici).



Le relais de la flamme perturbé à Québec

Une trentaine de manifestantEs ont répondu à l'appel du Réseau de résistance aux olympiques hier alors que la flamme olympique arrivait dans la ville de Québec.


Dès 17h00, des tracts pour inviter les passantEs au rassemblement et souligner quelques enjeux reliés au passage de la flamme ont été distribués autour du site des «célébrations». À 18h00, le rassemblement a pris forme à Place d'Youville où des personnes ont déployé une bannière où on pouvait lire: Allumons la flamme de la résistance. Muni d'un porte-voix et d'un tambour, le groupe a rapidement décidé de se déplacer à l'intersection des rues St-Jean et Honoré-Mercier pour attirer davantage l'attention.

Pendant une heure et demi, plusieurs personnes ont distribué différents textes d'information sur les olympiques. Les principaux enjeux soulevés: occupation de terres volées, dévastation écologique et gaspillage, coup publicitaire pour les multinationales, augmentation des discriminations, embourgeoisement de la ville et destruction de logements abordables, crise des finances publiques, délire sécuritaire et érosion des droits et libertés... Dans un Cause Commune express préparé et distribué par le Collectif anarchiste La Nuit, on pouvait également lire un argumentaire contre la venue des Jeux Olympiques à Québec en 2030. En tout, environ 600 documents ont été passés.

Si l'appel à manifester avait de quoi provoquer (Éteignons la flamme olympique!), la réaction policière était démesurée: sur place, il y avait plus de policiers que de manifestantEs et ce, sans compter les autobus d'anti-émeutes prêtes à intervenir et les dizaines de voitures de police qui escortaient la flamme, tout cela bien sur, aux frais des contribuables. Si les chars allégoriques des commanditaires ont été hués, le passage de la flamme a été accueilli à coup de «Pas d'olympiques sur les terres volées», slogan que les manifestantEs ont scandé en accompagnant la flamme jusqu'à la Place de l'assemblée nationale où avait lieu le show de boucane officiel, en présence du premier ministre et des maires de Québec et de Vancouver. Après une entrée remarquée sur le site avec leur bannière, les manifestantEs ont finalement plié bagage, supportant difficilement d'entendre chanter l'hymne national d'un pays colonialiste qui s'apprête à recevoir le monde entier sur des terres jamais cédées par les autochtones!

La flamme olympique poursuit son chemin aujourd'hui dans différents quartiers de Québec, pour se diriger ensuite vers la rive-sud. Rappelons que le relais de la flamme olympique de cette année a été perturbé dès son départ d'Athène puis, dès son arrivée à Victoria. On note aussi différentes formes de manifestation le long du parcours, notamment à Halifax, à Fredericton et à Sept-Îles. Des activités militantEs contre les Olympiques sont également prévues entre autre à Sherbrooke, Drummunville, Montréal, Toronto, Guelph, Winnipeg.....

Pour en savoir plus sur les raisons de s'opposer aux olympiques, consultez le site du Réseau de résistance aux olympiques ou encore http://wwww.no2010.com

mercredi 2 décembre 2009

L’arnaque olympique

Des membres du Collectif anarchiste La Nuit vont se joindre aux camarades de «Flamme Québec» pour le rassemblement de ce soir. Voici le texte du tract que nous allons diffuser aux passant-e-s.

Du 12 au 28 février prochain, la ville de Vancouver aura «l’honneur» d’accueillir les Jeux Olympiques d’hiver. Alors que l’on se rapproche de l’événement, une pression de plus en plus forte s’exerce sur celles et ceux qui tentent de faire valoir un autre point de vue sur ces Jeux. Harcèlement policier, arrestations « préventives », visite de courtoisie du SCRS chez des militants et des militantes : tout est bon pour justifier le budget gigantesque (près d’un milliard de dollars!) que les divers paliers de gouvernement ont investi pour assurer la « sécurité » et le bon déroulement du cirque olympique.

Pourquoi investir autant d’argent dans ces dispositifs policiers? Sans doute pour faire taire l’opposition de plus en plus farouche qui s’élève contre la tenue de cet événement. Comme l’explique le Réseau de résistance aux Olympiques, les Jeux n’ont rien à voir avec la promotion de la paix et de l’humanisme. Ils sont d’abord et avant tout une entreprise multinationale générant des milliards de dollars en retombées économiques pour les promoteurs immobiliers, l’industrie touristique et les médias de masse. Les Jeux permettent également d’engraisser une vaste bureaucratie, regroupée au sein du Comité international olympique (CIO), dont la corruption à tous les échelons est notoire.

Bien sûr, il faut remettre en question le fait que des multinationales comme McDonalds ou Coca-Cola profitent des Olympiques pour mousser leur image de marque, pour tenter de faire oublier leurs coups tordus (1) et de nous convaincre qu’on peut manger leur « junk » tout en restant pétant de santé. Cette association avec de grandes entreprises n’est pas nouvelle en soi, comme le souligne candidement le CIO sur son site internet : « Depuis sa fondation en 1894, le Mouvement olympique a été dépendant des partenariats avec la communauté des affaires afin de faire connaître les Jeux Olympiques et de soutenir les athlètes olympiques. Aujourd’hui, les partenaires marketing font partie intégrante de la famille olympique. »

Retombées : pas que du positif

La commercialisation à outrance du sport-spectacle ne doit pas nous faire oublier l’essentiel. Plus fondamentalement, la présence des Jeux Olympiques dans une communauté signifie généralement de gros problèmes pour les classes populaires qui ont le malheur de vivre à proximité. C’est ce que de nombreux groupes autochtones sur la Côte Ouest ont rapidement compris en dénonçant l’organisation des Jeux Olympiques sur leurs terres ancestrales, notamment à cause de l’impact désastreux de l’industrie touristique (tout particulièrement les centres de ski) sur les milieux naturels. À Vancouver, le centre-ville a fait l’objet d’un nettoyage social en règle, la police s’acharnant particulièrement sur les populations «indésirables» (itinérant-e-s, marginaux et prostitué-e-s) pour faire de la place aux touristes et à l’establishment sportif, politique et économique. Pendant que la police s’attaque aux sans-voix et aux sans-droits, elle ferme les yeux sur l’important trafic sexuel qui accompagne tous les grands événements sportifs à l’échelle internationale.

Faut-il à notre tour s’inquiéter du fait que nos élites locales proposent de se lancer dans la course pour obtenir la présentation des Jeux Olympiques d’hiver d’ici 2030? Nous pensons que oui. Les Olympiques sont une manne pour les capitalistes qui, à Québec, ont besoin d’une offre constante de grands événements culturels et sportifs pour maintenir à flot leur business. Louer des chambres, vendre de la marchandise, remplir des restaurants, construire des infrastructures, entretenir le verni lustré de Québec comme carte-postale tout en chassant les pauvres des derniers quartiers populaires du centre-ville. Tout cela financé par de l’argent public (plus de 6 milliards de dollars dans le cas de Vancouver!), sans lequel aucune ville ne peut aspirer à être sélectionnée pour tenir les Jeux. Des gens se poseront la question : en quoi tout cela est-il négatif? Après tout, ça fait rouler l’économie, non? Le problème est le suivant: en dépossèdant les habitants de leur ville et en attaquant nos droits collectifs, la classe politique prends des décisions qui ne profitent véritablement qu’au secteur privé (ex : construire un nouveau colisée au lieu de fermer définitivement l’incinérateur de Québec, qui empoisonne littéralement le quartier Limoilou). On se balance des conséquences sociales et écologiques au nom du prestige associé à la tenue de l’événement.

Les Olympiques sont l’arnaque par excellence, en permettant le transfert massif de fonds gouvernementaux vers les poches des capitalistes, tout cela au nom des vertus proverbiales du sport pour notre belle jeunesse. Ils servent aussi d’excuse pour nous expulser des quartiers où nous habitons, afin de laisser le champ libre aux promoteurs en tout genre. Les Jeux mettent l’activité sportive au service d’intérêts économiques et politiques qui n’ont rien à voir avec le soi-disant idéal olympique («l’important, c’est de participer»). Comme le disait Pierre de Coubertin: « La première caractéristique essentielle de l’olympisme ancien aussi bien que de l’olympisme moderne, c’est d’être une religion. En ciselant son corps par l’exercice comme le fait un sculpteur d’une statue, l’athlète antique honorait les dieux. En faisant de même, l’athlète moderne exalte sa patrie, sa race, son drapeau. » Les Olympiques symbolisent aujourd’hui ce qui tue justement l’activité sportive: le chauvinisme, la marchandisation, l’élitisme, le culte de la performance à tout prix.

La farce a assez duré : à Québec comme ailleurs, allumons la flamme de la résistance!



Note :
1) Pour ces deux entreprises, on n’a qu’à penser à leur politique ouvertement anti-syndicale, allant jusqu’à l’assassinat pur et simple de travailleurs (dans le cas de Coca-Cola, en Colombie notamment).

Dico anticapitaliste : Qu’est-ce que la socialisation des moyens de production ?

René Dumont, un des pères de l’écologie politique, affirmait en 1974 : « C’est un seul et même système qui organise l’exploitation des travailleurs et la dégradation des conditions de vie et qui met en péril la terre entière. La croissance aveugle ne tient compte ni du bien-être, ni de l’environnement. »

En disant cela, Dumont a logiquement posé la question environnementale en complète interaction avec la question sociale. Parce que la propriété privée des moyens de production soumet toute l’économie à l’impératif d’enrichissement de la classe capitaliste. Et que cela ne peut se faire qu’en organisant l’injustice sociale et la destruction de la planète.

Ceux et celles qui n’osent pas remettre en cause la propriété privée des moyens de production se condamnent à n’aménager le capitalisme qu’à la marge sans supprimer ses effets dévastateurs.

Les pays dits « communistes » ont jadis étatisé les moyens de production – usines, terres agricoles… –. L’organisation de la production, de ce qu’il faut produire et de la répartition de cette production était simplement passé de la classe capitaliste à une nouvelle classe sociale parasitaire : la bureaucratie.

La socialisation des moyens de production, c’est une logique totalement différente de l’étatisation ou de la privatisation.

Le service public englobera toutes les productions et services vitaux pour la population : habitat, éducation, santé, eau, énergie, moyens de communication, transports… Si les objectifs de production seront décidés par les organes démocratiques que se donnera la société, l’organisation du travail au sein de ces services publics appartiendra aux premières et aux premiers concernés : les travailleurs. Personne ne pourra prétendre tirer quelque profit que ce soit de ces activités, mais toutes et tous en bénéficieront à égalité.

Concernant le reste de l’économie – l’économie non « vitale » –, les entreprises seront réquisitionnées et autogérées par ceux et celles qui y travaillent. Les travailleurs décideront tous ensemble, tant de l’organisation du travail que de la répartition des richesses créées.

Quant à celles et ceux qui travaillent seuls – petits paysans, commerçant et artisans –, si la société les incitera à s’organiser collectivement pour bénéficier de moyens de production plus efficaces, mais ils et elles feront comme bon leur semblera… du moment qu’ils ne salarient personne. Dans une économie socialisée, nul ne doit pouvoir tirer profit du travail de quelqu’un d’autre.

La socialisation des moyens de production fera disparaître la classe capitaliste. Ce n’est qu’alors que la démocratie, jusqu’ici bafouée par les diktats du marché et de la finance, pourra prendre un sens. La société aura alors le pouvoir sur les questions essentielles, l’organisation rationnelle de la production pour satisfaire les besoins de l’humanité tout en préservant la planète.

Un texte de Jacques Dubart paru dans le numéro de novembre 2009 du mensuel Alternative libertaire.